CHAPITRE I
LA COLONIE DE LA KIVIERE EOUGE 1811-1815
Pendant que les deux compagnies rivales s'efforçaient de s'exclure mutuellement des vallées de la rivière Rouge et de ses tributaires, un homme à l'esprit noble et au cœur grand et généreux mûrissait dans la lointaine Ecosse un projet philanthropique qui avait pour but d'améliorer le sort des classes inférieures de son pays natal ainsi que de la catholique Irlande.
Thomas Douglas, comte de Selldrk, ayant acquis un grand nombre d'actions dans la compagnie de la baie d'Hudson, en même temps qu'il en achetait quelque 110,000 milles carrés d'excellente terre dans les vallées des rivières Rouge et Assiniboine, se mit à la recherche de colons pour peupler ce vaste domaine ; puis il confia la direction de son entreprise à un ancien officier du régiment royal de New York,
82 l'église daxs l'ouest canadien
promu en 1796 au rang de capitaine dans la milice canadienne.
Cet officier était Miles Macdonell, frère du sociétaire Âe la compagnie du Nord-Ouest dans la vallée de l'Assiniboine.
Né en 1767 à Inverness, en Ecosse, Macdonell ^ était probablement venu en Amérique avec son père en 1773. Il avait d'abord vécu sur la rivière Mohawk, puis, à l'ouverture de la guerre d'Indépendance,
Signature de Miles Macdonell
était passé en Canada. Ayant fait un voyage en Angleterre dans les premières années du dix-neuvième siècle, Miles s 'était mis en rapport à Londres avec quelques-uns des directeurs de la compagnie de la baie d'Hudson et, par eux, avec le comte de Selkirk. Comme encouragement pour accepter la position très onéreuse que celui-ci lui offrit, il en reçut, outre la moitié des émoluments attachés au grade d'enseigne", la concession d'une grande étendue de terre dans la colonie dont il devait être le gouverneur ^.
1. Dont le nom est quelquefois écrit McDoneU, McDonnell, et même McDonald. La reproduction ci-dessus de sa signature indique la véritable orthographe de son nom.