Grade qu'il avait dans l'armée anglaise
3. Lettre de Macdonell au comte de Selkirk. Telle est l'ignorance
COLOXIE DE LA KIVIÈEE ROUGE 83
Avec la largeur de vues qui le caractérisait, Lord Selkirk n 'avait fait aucun cas des différences confessionnelles dans le choix de ses colons. Il avait même obtenu pour ceux d'entre eux qui professaient la foi catholique les services d'un chapelain dans la personne d'un M. Charles Bourke.
La première bande d'émigrés quitta Stornoway. dans les îles Hébrides, le 26 juillet 1811, et arriva à la factorerie de York, sur la baie d'Hudson, le 24 septembre suivant, après un passage qui avait été orageux de plus d'une manière. Le nombre total des passagers était à leur départ de « quatre-vingtdix ouvriers et de quinze écrivains », ou commis destinés aux établissements de la compagnie de la baie d'Hudson. Parmi les premiers nous trouvons des noms irlandais, et partant catholiques, comme Costello, John Burke, Michael Bourke, Pat Flynn, Henry et Bryan Gilgan, Pat Quinn, Michael et Phil. Eooney, Davey McEooney, Jo. Walsh, Pat. Corcoran, Cornélius Hoys et Sweeney.
Le « facteur » William Auld, préposé à la factore-
des origines du Canada central trahie par la plupart des écrivains, qu'ils regardent généralement l'histoire de cette partie du pays comme commençant à la fondation de la colonie de Lord Selkirk. Eobert-B. Hill a une référence, brève et hors de propos, à la présence d'un missionnaire dans l'Ouest à une époque incertaine (Manitoba, p. 11; Toronto, 1890); Alexandre Eoss n'a pas un mot des premiers missionnaires ni des explorateurs français, pas plus que J.-J. Hargrave ou Donald Gunn. Bien que, pour écrire l'histoire de l'Ouest canadien, ce dernier se croit obligé de se reporter jusqu'à Christophe Colomb dans son curieux volume, il n'a pas la moindre allusion au glorieux Lavérendrye, pas un mot sur ses pénibles explorations! Autant écrire l'histoire de l'Est canadien sans parler de Champlain !
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rie de York, déclare que les Irlandais se montrèrent intraitables et impropres au pays dans lequel on les avait fait venir. Mais l'officier anglais trahit immédiatement le motif secret de son aversion pour eux. « La différence de leur religion, » écrit-il, « sert à confirmer l'hostilité des Ecossais et des Orcadiens [et sans doute la sienne aussi] pour eux.» D'un autre côté, Macdonell, qui devait pourtant bien les connaître, affirme qu'ils «n'étaient pas plus tracassiers que les autres », et que « les gens de Glasgow étaient à l'origine les plus turbulents * ».
Néanmoins, on ne peut nier qu'il y eut eu des troubles sur le bateau des émigrés, et que les Irlandais n'y eussent été mêlés pour des raisons que révèle une lettre de William Auld. Il parle dans cette communication d 'un William Finley, qui avait tourné en ridicule « les cérémonies observées dans la célébration de l'office divin par le prêtre (qui est si différent de nos propres ministres). « Je pense », ajoute le traiteur, «qu'il reçut en conséquence un traitement tel qu'un individu obstiné et revêche comme lui ne put le supporter sans se laisser aller à des actes peu convenables ^ ».
Même avant d'avoir contemplé la terre promise, le Moïse de ce nouvel Exode fut assailli par des difficultés qui lui vinrent de tous les côtés. Le représentant de la compagnie de la baie d'Hudson voyait d'un mauvais œil ses opérations à cause de l'espèce de colons qu'il amenait au pays ; parce que, en soldat