‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 58 sur 195 · mai · texte numérisé non relu

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Ce prélat reçut donc de Montréal nne communication datée du 9 janvier 1817 dans laquelle M. Deschambeault disait : « Permettez-moi de vous réitérer de la part de Lord Selkirk la prière et la demande d'un prêtre au printemps pour la Rivière-Rouge. Sa présence, s'il pouvait passer un hiver avec le lord, ne peut faire que l'effet le plus certain de ramener à la religion les métis. Lady Selkirk se joint fortement à [son mari pour] vous supplier de l'accorder. »

Puis, une fois arrivé dans la vallée de la rivière Rouge — été de 1817 — le noble lord fit circuler dans sa colonie une pétition en bonne et due forme qui fut envoyée à M^"" Plessis.

On y parlait indirectement des troubles de l'année précédente, dont on rejetait la responsabilité sur les maîtres des métis, tandis que ces derniers étaient, assurait-on, «tous bien disposés et d'un caractère doux et paisible, et n'auroient pas eu part dans les malheureux événements qui ont eu lieu l'année dernière s'ils n'a voient pas été poussés par leurs supérieurs. Mais, ayant été informés par des personnes mal disposées qu'ils étoient les maîtres absolus du sol, c'étoit de leur devoir de chasser les gens qu'on nomme ordinairement les Anglois, et ayant reçu des promesses d'être soutenus et récompensés, ils ont cru qu'en les expulsant du pays ils ont fait un acte glorieux et méritoire ».

On y déclarait en outre que presque toute la population chrétienne, soit parmi les colons, soit parmi

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les Canadiens libres, professait la foi catholique.

En conséquence, les sigTiataires de la pétition suppliaient le prélat, « au nom de leurs espérances d'une vie à venir, de vouloir bien leur accorder le secours d'un prêtre de leur sainte religion, secours que leur conduite aura mérité si elle est irréprochable, et qui ne leur sera que plus nécessaire si elle est regardée comme fautive »■.

Ce document était signé par vingt Canadiensfrançais et trois Ecossais. Parmi les premiers nous relevons des noms comme Louis Nolin, Jacques et Jean-Baptiste Hamelin, François Eno dit Delorme et Charles Boucher, bien connus dans l'histoire subséquente du pays. Les Ecossais ou fils d'Ecosais étaient Jacques Bain, Joseph Frobischer et Angus Macdonell. Le nom de Justin Latimer paraît anglais. MM. Louis Nolin et Pierre Chrysologue Pambrun — ce dernier l'un des principaux commis de la baie d'Hudson, qui avait été arrêté par ses adversaires quelques jours avant la bataille de la Grenouillère — attestaient l'authenticité des signatures apposées à cette pétition. Celle-ci fut confiée aux soins d'un Samuel Gale, Anglais qui joignit ses prières à celles des signataires et suggéra même l'idée d'une souscription i30ur aider au succès de la mission proposée ''.

Précédé comme il l'était de requêtes venant de si haut, le rapport de M. Tabeau n'avait guère de

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