Une hernie
2. Kamouraska, 15 mars 1818. Les dettes de Provencher se montaient à 252 livres sterling, 12 chelins et 9 pences. C'est un signe significatif de l'estime dont il jouissait à Kamouraska que de voir un de ses paroissiens, A. Dionne, écrire alors à Mgr Plessis: " Je n'ai jamais tant désiré la fortune qu'en ce moment, afin de pouvoir le tranquilliser de ce côté" (Mgr H. Têtu, Histoire des familles Têtu, Bonenfant, Dionne et Perrault, p. 467; Québec, 1898).
Et pourtant, humainement parlant, Provencher aurait pu avoir des raisons d'ordre personnel pour désirer changer le théâtre de s>es travaux; car il avait rencontré à Kamouraska l'opposition de quelques esprits brouillons, qui avaient essayé d'entraver ses plans. Mais M. Dionne déclare positivement dans la même lettre que " les larmes qui ont été répandues dans l'église. . , quand le respectable M. Provencher a annoncé son départ pour la Rivière-Iîouge sont des témoignages non équivoques du bien qu'il a fait dans cette paroisse, durant
l'église de saint-boxiface 123
Mais Provencher était l'élu de M°' Plessis. Il dut donc se soumettre et refouler dans son cœur les protestations de son humilité.
Aussitôt qu'il lui eut trouvé un compagnon dans la personne de l'abbé Joseph-Nicolas-Sévère Dumoulin ^, l'évêque de Québec envoya à tous les curés de son immense diocèse — alors le seul dans tout le Canada — une circulaire par laquelle il sollicitait des contributions pour l'établissement de la mission de la Rivière-Eouge *. Datée du 29 mars 1818, cette missive assurait qu'une souscription avait déjà été ouverte dans ce but qui était « puissamment encouragée par nombre de protestants >»•, et exprimait le vœu que les catholiques considérassent comme un point d'honneur de les surpasser en générosité pour une œuvre destinée à étendre graduellement notre sainte religion dans les immenses territoires de l'Ouest.
Puis M"' Plessis conféra à M. Provencher les pouvoirs et facultés de vicaire général et adressa aux deux missionnaires des instructions détaillées sur la ligne de conduite qu'ils devaient tenir dans la poursuite de leur grande entreprise ^
Les futurs apôtres devaient apprendre les dialectes de leurs néophytes et en préparer des gram-
le peu de temps qu'il l'a desservie, et elles ont bien prouvé qu'il est généralement regretté, sans en excepter ceux qui l'ont tourmenté l'hiver dernier ".
3. Né à Sainte-Anne, île de Montréal, le 5 déc. 1793, et ordonné le 23 fév. 1817. Il avait fait ses études au séminaire de Nicolet.