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maires et des dictionnaires. On leur recommandait de régulariser les unions des Canadiens-français avec les femmes du pays ; on leur enjoignait de prêcher la parole de Dieu et de s'eiforcer de faire observer sa loi. Mais avant tout les missionnaires veilleront, y était-il dit, avec un soin jaloux sur l'éducation de la jeunesse et établiront des écoles partout où ce sera possible.
Puis le prédicateur du fameux sermon sur la défaite des forces françaises par la flotte de Nelson * se révèle dans le neuvième paragraphe de leur « obédience ». « Ils feront connaître [aux indigènes et autres] les avantages qu'ils ont de vivre sous le gouvernement de Sa Majesté Britannique », dit l'évêque de Québec, « leur enseignant de parole et d'exemple le respect et la fidélité qu'ils doivent au souverain ^ ».
Et comme on craignait que la compagnie du Nord-Ouest n'essayât d'entraver l'œuvre de conciliation des deux prêtres, le prélat leur obtint des lettres testimoniales de sir John Cape Sherbrooke,
6. Depuis la cession du Canada à la Grande-Bretagne, les évêques de Québec n'avaient jamais réussi à faire reconnaître leur titre par les autorités anglaises. On leur défendait même de s'en servir officiellement. M. J.-O. Plessis, qui avait été nommé coadjuteur de l'évêque de cette ville, prêcha, à l'occasion de la défaite de la flotte française, un eermon destiné à se concilier l'élément anglais au Canada. Pour la première fois depuis l'extinction du régime français, il donna son titre ecclésiastique à l'évêque de Québec dans ime brochure qui contenait le mandement du prélat et le texte de son propre sermon, et, en considération de ce dernier, on ferma les yeux sur cette innovation.
7. Nous aurons à enregistrer bien des faits qui montrent avec quelle scrupuleuse fidélité cette recommandation de l'évêque fut mise en pratique par ses représentants dans l'Ouest canadien.
l'église de saixt-boniface 125
« capitaine général et gouverneur-en-chef dans et sur les provinces du Haut et du Bas Canada et commandant des troupes de Sa Majesté dans icelles ». Ce document, écrit en anglais et en français, était daté du 29 avril 1818. A cause de la position de celui qui le signa nous le reproduisons en majeure partie ci-après:
« Attendu que les Révérends Joseph-Norbert Provenclier, Sévère-Josepli-Nicolas Dumoulin et Guillaume-Etienne Edge ont été nommés par le Révérendissime évêque catholique de Québec pour se rendre à la Rivière-Rouge et aux Territoires indiens y adjacens en qualité de missionnaires pour y répandre la religion chrétienne et procurer aux habitants les avantages de ses rites, sachez donc que, désirant favoriser une œuvre si pieuse et si utile et accorder aux personnes qui y sont engagées toute la protection et le soutien qui sont en mon pouvoir, j'enjoins par les présentes à tous les sujets de Sa Majesté civiles (sic) et militaires et je requiers toutes autres personnes quelconque (sic) à qui ces présentes pourront parvenir non seulement de permettre aux dits missionnaires de passer sans obstacle ou molestation, mais aussi de leur rendre tous les bons offices et de leur prêter l'assistance et la protection toutes fois qu'ils le trouveront nécessaire pour procéder dans l'exercice de leurs saintes fonctions ^ »
De plus, à la suggestion de Lord Selkirk, qui