‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 63 sur 195 · V. la reproduction, un peu réduite, de l'original · texte numérisé non relu

V. la reproduction, un peu réduite, de l'original

craignait l'iiostilité de la compagnie du Nord-Ouest et de ses agents, le même gouverneur des deux Canadas leur donna pour escorte le chevalier Jean- Baptiste de Lorimier, un des officiers du département indien les plus respectés. Puis, pour assurer encore davantage l'avenir de la mission qu'ils allaient fonder, le noble lord la dota, « en considération de la somme de cinq chelins de bon et légal argent de la province du Bas Canada», d'une seigneurie de cinq milles de long sur quatre de large à l'embouchure de la rivière la Seine, sur la rive droite de la Rouge, presque en face de la jonction de l'Assiniboine. A ce domaine il ajouta encore, de l'autre côté de la rivière Rouge, une pièce de terre de quinze chaînes carrées.

Cette mesure avait naturellement pour but de pourvoir aux besoins de la mission proprement dite, et ne devait servir aucun intérêt d'ordre personnel. Mais Lord Selkirk voulut encore donner aux missionnaires eux-mêmes des marques non équivoques de son estime, pendant les quelques jours qu'ils durent passer à Montréal pour faire leurs derniers préparatifs de départ.

Et le comte écossais ne fut point seul dans les attentions dont il les combla. Lady Selkirk ellemême fit tout ce qu'elle put pour leur être utile. « Je n'ai encore jamais vu de dame aussi savante, spirituelle et prévenante que Milady Selkirk, » écrivait M. Dumoulin à son évêque. «Elle a fait l'inimaginable pour nous procurer tout ce dont nous pouvons

avoir besoin, et toujours de si bonne grâce qu'elle augmente de moitié le prix de toutes ses attentions. Il paraît que Milord ne fait rien sans la consulter ". »

De son côté, M. Provencher appréciait tout autant ses prévenantes attentions. « La comtesse de Selkirk nous a préparé une belle cliapelle, » écrit-il, « et elle se propose de faire davantage ^° ».

Ce n'est que rendre simple justice à la mémoire des deux nobles bienfaiteurs que de faire connaître aux catholiques de l'Ouest et d'ailleurs ce que leur Eglise leur doit.

Ainsi prémunis contre tout obstacle possible, les deux missionnaires dirent adieu à Montréal, le 19 mai 1818, en compagnie du séminariste G. Edge, qui pensait continuer ses études à la Rivière-Rouge.

Leur itinéraire était la vallée de l'Ottawa qu'ils devaient remonter jusqu'à Mattawa; de là par le lac Nipissing aux lacs Huron et Supérieur jusqu 'au fort William. Puis, après avoir navigué le long de la Kaministiquia jusqu'à la hauteur des terres, ils allaient se trouver en face d'une chaîne de petites pièces d'eau sans commmiication entre elles qui devait donner lieu à de longs et ennuyeux portages, au bout desquels ils allaient atteindre le lac la Croix (Cross L.). De là le voyage était plus facile: ils n'auraient qu'à descendre les cours d'eau et tra-

Page 1