‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 69 sur 195 · Ilid., p · texte numérisé non relu

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celle-ci avait dans son exemplaire des Ecritures tronquées et plus ou moins mutilées un passeport qui devait infailliblement lui ouvrir les portes du ciel.

Son but principal était donc de faire des prosélytes par ce moyen facile; mais il dut finalement changer de tactique, en face du ridicule dont il se couvrit en donnant ses volumes à d 'humbles métis qui n'auraient pu les distinguer d'un livre de cuisine ^*. Même à la Rivière-Rouge on sentait que l 'âge des fétiches était passé.

Malgré que ce ministre eût une si piètre idée de l'influence du clergé catholique dans le pays, on s'aperçut vite que la paix et la concorde commençaient à régner là où le chaos et les plus violentes passions avaient auparavant dominé. « Les protestants d'ici sont extrêmement contents de la mission catholique, » écrivait M. Dumoulin à M^"" Plessis. « Ils paraissent y prendre le plus vif intérêt, particulièrement le colonel Dickson. Il est, dit-il, enchanté de nos travaux et en écrit souvent en Angleterre. J'ai

28. A la page 79 de son Journal, West prétend que, un certain jour de fév. 1822, (pendant une de ses visites à Pembina), des émigrés suissses " assistèrent à l'office divin, et se montrèrent très reconnaissants de ce qu'il leur avait lu le Testament français, ainsi que du ministère qu'il avait accompli au milieu d'eux ". M. West doit avoir eu une facilité toute spéciale pour l'acquisition des langues, ou bien les remerciements des Suisses doivent avoir été basés sur la bonne volonté manifestée par le ministre plutôt que sur la manière dont il s'était acquitté de sa tâche. Car, à peu près un an auparavant, ce même ministre avait demandé à M. Destroismaisons de lui enseigner le français en retour de leçons anglaises qu'il s'offrait à lui donner, et ce dernier avait été dissuadé d'acquiescer à sa demande (Dumoulin à Mgr Plessis, 6 janvier 1821). Ne pourrait-on voir dans ce refus une des raisons de cette aversion pour les prêtres de la Eivière-Kouge dont il fait si souvent preuve dans son journal î

fait faire, le jour de Noël, la première communion à sa fille et à M"^ Powell, née d 'un père protestant -^ »

Cette salutaire influence du prêtre en faveur de l'ordre en des localités qui avaient peu auparavant été déchirées par la plus affreuse discorde, apparaît d'une manière encore plus sensible si nous comparons le nouvel ordre de choses introduit par son ministère avec les luttes sans cesse renouvelées et les échauffourées se terminant trop souvent par l'effusion du sang, qui troublaient à cette même époque le lointain district d'Athabaska, que la main bienfaisante de la religion ne pouvait encore atteindre "°.

Le 25 mai 1821, il y avait déjà 313 baptêmes, 53 mariages et 31 enterrements au crédit de la mission de Pembina, tandis que l'école locale prospérait sous

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