janvier
30. Le Eév. M. West écrit à propos des Canadiens et des métis français : " Il est difficile de se faire une idée exacte de la dégradation morale de ces gens, ainsi que de celle des voyageurs canadiens. Qu'il suffise de dire que c'est une dégradation qui surpasse sous certains points celle des Indiens eux-mêmes" (Journal, p. 137). Leur état devait être réellement bien déplorable, d'autant plus qu'ils ne voulaient avoir rien à faire avec le ministre, tandis que, en ce qui était de leurs prêtres, M. West ne pouvait " s'imaginer que le système qu'ils enseignaient put leur faire aucun bien au point de vue moral " (Ibid., p. 121.)
Quel dommage que le brave homme ne soit pas resté au pays pour y constater la régénération opérée par eux au milieu de ces pauvres métis sur le^ sort desquels il paraissait s'apitoyer tant! Il y aurait vu une régénération telle que même un ministre de la trempe du Dr 6. Bryce devait plus tard lui rendre hommage (Manitoba, p. 312). Les éloges prodigués par les protestants à des métis français comme le juge F. Bruneau, les Honorables Dauphinais, P. Delorme, P. Breland et Salomon Hamelin, ainsi qu'à de parfaits gentilshommes comme les MM. Charles Nolin, Eoger Goulet, oncle et neveu, Xavier Batoche, Roger Marion et tant d'autres, suffisent non seulement pour attester leur parfaite intégrité et leur honorabilité, mais encore pour prouver l'excellence du " système " si méprisé de M. West.
148 l'église dans l'ouest canadien
la direction d'un M. Sauvé, autre séminariste qui avait même six élèves dans les éléments latins.
Le vicaire général crut alors nécessaire de faire un voyage à Québec, afin de rendre compte verbalement du progrès et des besoins de sa mission, et aussi pour prévenir, s'il était possible, une mesure de la plus haute importance pour lui-même et pour la colonie de la Rivière-Rouge. Il se croyait d 'autant plus libre d'entreprendre ce grand voyage qu'il venait d'obtenir les services d'un autre missionnaire, M. Thomas Destroismaisons qui, ordonné le 17 octobre 1819, était arrivé à la Rivière-Rouge avec le M. Sauvé, natif de Vaudreuil, dont nous venons de parler. La présence du nouveau prêtre dans l'Ouest rendait moins fâcheuse l'absence du vicaire général.
Celui-ci partit le 16 août, emmenant avec lui M. Edge, qui ne paraissait pas avoir de vocation à l'état ecclésiastique.
Nous allons présentement voir ce qu'était la mesure dont Provencher se croyait menacé.