CHAPITRE V
PEEMIER ÉVÊQUE DE l'oUEST
En fondant l'Eglise de Saint-Boniface, les autorités religieuses n'étaient pas sans prévoir que, eu égard à la distance qui séparait la Rivière-Rouge de Québec, elle ne pourrait longtemps exister sans avoir un évêque à sa tête. De fait, il semblerait qu'on avait plus d'une fois fait allusion devant M. Provencher à l'imminence de cette évolution commune à tout établissement de ce genre. Moins de deux mois après son arrivée à la « Fourche », le fondateur de la mission avait mentionné ce sujet dans une lettre à M^"^ Plessis. Il écrivait:
« Ce pays-ci est encore bien jeune pour avoir un évêque... Une chose qu'il seroit peut-être bon de considérer, c'est que le choix de ce premier pasteur pourroit tomber mieux sur un autre que sur moi. Vous trouverez facilement dans votre diocèse un prêtre plus capable que moi de remplir cette haute dignité. Je suis déjà bien haut \ »
M. Provencher admettait sans peine la nécessité d'un ecclésiastique muni de pouvoirs épiscopaux