Fort Donglae, 15 août
150 l'église dans l'ouest canadien
pour diriger sa mission ; mais il espérait que le choix des autorités tomberait sur d'autres épaules que les siennes. Le seul fait d'être éveque à la Rivière- Rouge impliquait une résidence à laquelle la mort seule pourrait mettre fin dans cette contrée alors si 13eu favorisée de la fortune. Rien que la pensée d'un si long exil suffisait à donner le frisson. Avait-il assez de détachement de lui-même pour se résigner à pareil sort?
De plus, est-ce que les mots évêque et supériorité intellectuelle ne sont pas généralement considérés comme synonymes ? Or Provencher savait ce qui lui manquait sous ce rapport. Et puis, il n'était pas sans avoir ses antipathies aussi bien que ses sympathies : il ne pourrait évidemment, pensait-il, gouverner avec ce degré d'impartialité nécessaire pour commander une prompte obéissance.
Grande fut donc sa consternation lorsque, à son arrivée à Montréal, le 17 octobre 1820, il apprit qu'on avait obtenu pour lui des bulles datées du 1^"^ février précédent qui le nommaient évêque titulaire de Juliopolis et coadjuteur de l 'évêque de Québec pour le Nord-Ouest. Quand, quelques jours plus tard, on les lui remit à Québec, il ne voulut même pas en prendre connaissance, mais les rendit aussitôt à M^"" Plessis, demandant du temps pour réfléchir sur les conséquences de pareille nomination et se réservant le droit de la refuser.
M^' Plessis jugea à propos de ne pas insister pour le moment; puis, comme le pauvre missionnaire était