‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 74 sur 195 · PEEMIER ÉVÊQUE DE L^OUEST · texte numérisé non relu

PEEMIER ÉVÊQUE DE L^OUEST

qu'en avançant en âge plus qu'en vertu, je me voie forcé de regretter un état pour lequel j'ai eu de l'attrait dès mon enfance?»

Puis, la pensée lui vient qu 'on peut attribuer à de la lâcheté son refus de l'épiscopat. Il continue donc: « Ne croyez pas que ce soit la peur des misères et des fatigues qui me fasse parler ainsi. Je ne me suis pas fait prêtre pour amasser de l'argent; j'irai s'il le faut consacrer ma jeunesse à la Eivière-Rouge, mais comme simple prêtre; parlez, je vous obéirai. Mais pour l'épiscopat, c'est autre chose: jamais je ne pourrai me persuader que je suis né pour être élevé à un si haut rang ^ »

M. Provencher écrivit le même jour à un ami personnel qui devait, cinq jours plus tard, être sacré évêque de Telmesse et devenir coadjuteur de l'évêque de Québec pour Montréal. Il sollicitait de lui une opinion sans réticence sur la ligne de conduite qu'il devait suivre dans les circonstances. «Monseigneur [de Québec] devrait me connaître assez pour ne pas penser à moi, » mandait-il à M^' Lartigue. « Enfin, je suis bien décidé, sans faire grand bruit, à me défendre tant que je pourrai. »

Le comble de l'humilité est, pensons-nous^ de vouloir passer pour un orgueilleux et un ambitieux. Or, M. Provencher appréhendait les jugements du monde sur le refus qu 'il faisait de la dignité offerte ; il craignait aussi de malédifier par une contention

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