‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 84 sur 195 · juin · texte numérisé non relu

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Ce souhait ne devait pas se réaliser.

Ni de son propre vivant, ni pendant la plus grande partie de l'épiscopat de son successeur immédiat, aucun métis ne parvint à la prêtrise dans l'Ouest canadien. Mais au point de vue des avantages qui découlent d'une éducation supérieure, on ne peut assurément qu'admirer et enregistrer pour la postérité ces efforts d'hommes qui manquent presque du nécessaire et donnent pourtant à ces humbles enfants de mères indiennes une éducation qui les place intellectuellement au-dessus de la plupart des blancs.

Eu égard à l'état prospère de la grande institution maintenant si universellement connue dans l'Ouest sous le nom de collège de Saint-Boniface, il peut être opportun d'ajouter un mot sur ses débuts. Ses premiers élèves dont les noms nous soient parvenus furent un Canadien-français du nom de Sénécal et un métis appelé Victor Chénier, dont le père, originaire de Lachine, se trouvait en 1825 à Pembina, où il vivait dans des conditions de fortune peu brillantes.

Quant à la date de la fondation du cours classique, et partant du collège actuel, nous croyons pouvoir la fixer à l'année 1821. En effet, dès le mois de juin 1821, M. Sauvé avait, comme nous l'avons vu, demandé des livres de classe latins à M. Provencher, alors à Yamachiche, et, vu l'enthousiasme que ce dernier manifesta dans la suite pour l'éducation supérieure, il est invraisemblable qu'il ait négligé de faire droit à la requête de son séminariste, alors

qu'il lui était si facile de l'accorder. D'un autre côté, rien ne nous porte à croire que ces livres une fois à la Rivière-Rouge, on les ait laissé moisir dans les armoires de la mission.

De plus, en se rendant en 1822 à Saint-Boniface avec M^'' Provenclier, M. Harper dut prendre avec lui « un exemplaire de chant avec quelques dictionnaires latins-français et français-latins ^ ». Enfin par les progrès que les latinistes de Provenclier avaient déjà faits et les auteurs qu'ils avaient traduits en entier au printemps de 1824, il est évident qu'ils avaient dû commencer leurs études classiques beaucoup plus d'un an auparavant.

Nous sommes donc fondés à croire que le présent collège de Saint-Boniface fut fondé peu avant le retour de M^"" Provenclier à la Rivière-Rouge comme évêque, alors que les responsabilités de sa nouvelle charge lui faisaient penser aux moyens à prendre pour se recruter un clergé.

Pendant nombre d'années consécutives, nous voyons le bon prélat s'occuper péniblement de son collège en formation, demandant des livres ici, des fonds là, et périodiquement forcé d'admettre son amer désappointement. Les capacités mentales des élèves étaient tout ce qu'il fallait; mais, arrivés à un certain âge, ceux-ci devaient s'en aller faute de vocation ecclésiastique.

En 1827, il se résout à prendre des pensionnaires s'il peut amasser assez de provisions pour les nour-

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