Yamachiche, 18 mai
rir. Il en a déjà deux, et quelques autres n'attendent qu'un mot de lui pour venir. Un métis du nom de Bruneau ® doit finir ses études dans deux ans, dit le prélat; mais une triste expérience le porte à se demander si ce jeune homme est réellement fait pour le service des autels (22 juin 1827). L'année suivante il était encore avec lui, à la tête de son cours classique, et Provencher chérissait à son sujet des espérances qui devaient être encore déçues.
Une autre question, déjà mentionnée incidemment dans cet ouvrage, préoccupait vivement M^"" Provencher; nous voulons dire l'éducation des filles. En 1821, M. Harper qui devait bientôt être promu à la prêtrise, faisait la classe à Saint-Boniface tout en terminant ses propres études théologiques. Mais les filles étaient plus ou moins négligées, et l'évêque eut voulu fonder pour elles un établissement spécial.
Or il avait fait la connaissance, à Pembina, d'un ancien traiteur nommé Nolin qui avait cinq filles métisses, dont quelques-unes avaient reçu une éducation soignée au Canada. L'une d'elles, Angélique, pourrait, pensait-il, faire une bonne religieuse, ou du moins une maîtresse d'école passable. En juillet 1824, il en écrivit à son père, la lui demandant pour la fondation de son école de filles à Saint-Boniface. Mais la réponse du vieillard ne fut point telle que l'évêque la désirait. Nolin prétexta son grand âge, 82 ans, pour la retenir près de lui.
6. Le même qui devint plue tard un magistrat respecté de tout le monde pour son intégrité et autres qualités bien connues.
Provenclier ne put s 'empêcher de le croire un peu déraisonnable, puisqu'il avait quatre autres filles en âge de lui être utiles. Il soupçonna pourtant que l'opposition au départ d'Angélique venait plus de ses sœurs que de son père.
L'année suivante il revint à la charge, mais sans plus de succès. Le vieux traiteur paraissait inexorable, bien que sa fille eut hâte, apparemment, de se consacrer à Dieu. Provenclier dut attendre jusqu'à 1829 pour mettre ses plans à exécution. Angélique Nolin vint alors à Saint-Boniface, accompagnée d "une de ses sœurs. Sans être « métamorphosée en religieuse», comme son père spirituel s'attendait à la voir quand il jeta les yeux sur elle ', cette jeune fille ouvrit, au mois de janvier 1829, la première école de jeunes filles qui ait jamais été en opération dans les limites de ce qui est aujourd'hui le Manitoba, de même que l'évêque catholique avait luimême fondé en 1818 la première école élémentaire et en 1822 le premier collège dans le même territoire.
Jusque-là le prélat, qui avait sous lui un district presque aussi vaste que l'Europe, ne possédait qu'un seul prêtre, M. Destroismaisons. Le l^' novembre 1824, il promut au sacerdoce M. Jean Harper, que nous avons vu lui prêter le concours de sa bonne volonté à la tête de son école de paroisse, à Saint- Boniface. M. Destroismaisons était un homme doux et de dispositions bienveillantes ; mais ce n'était point un orateur. Avec l'aide d'un interprète, il