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13. Geo. Dugas, Monseigneur Provencher, p. 137; Montréal, 1889.
178 l'église dans l'ouest canadien
Cependant les soucis inhérents à la charge pastorale n'absorbaient point tout son temps. Provencher était le père de son peuple et l 'ami par excellence de tous ceux qui se réclamaient de son ministère. Nous doutons que jamais pasteur eut aussi à cœur tout ce qui touchait à leurs besoins temporels. Dans un pays si éloigné de tout centre de civilisation, la vie était parfois bien difficile. L'évêque catholique s'appliqua constamment à la rendre aussi douce que possible à son troupeau, et dans ce but il n'est point de détails dans lesquels il n'entrât.
Dépourvus de toute espèce d'industrie et d'ailleurs peu portés à l'agriculture, ses Canadiens, métis et sauvages ne pouvaient, pensait-il, briser avec leurs habitudes de vagabondage si l'on ne faisait quelque chose pour les attacher à la glèbe. Il se crut donc personnellement obligé de les pousser à abandonner cette vie errante qui, pour beaucoup, était l'occasion de danger d'ordre moral, en même temps qu'il voulut contribuer de son mieux à la prospérité générale de la colonie.
Il voulut leur enseigner l'agriculture, et il le fit d'exemple aussi bien que de parole, ne rougissant pas, en dépit de son caractère sacré et du rang qu'il occupait dans la société, de mettre lui-même la main à la charrue. Nombreux sont encore à Saint-Boniface et dans les environs ceux qui se rappellent l'avoir vu, la soutane retroussée jusqu'à la ceinture, labourer son champ ou engerber du blé en compagnie de gens auxquels il rendait par là un double
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service: il les aidait à vivre en les gardant à son emploi, et il leur enseignait à faire vivre leurs familles en leur montrant le moyen de faire contribuer le sol à leur subsistance.
Et cette sollicitude ne se borna pas aux seuls Canadiens et métis. Dès 1822, il avait, à force de bonnes paroles, porté les Sauteux à semer du blé en quatre différentes localités ". De plus, il fit venir du Canada plusieurs espèces d'arbres à fruit et s'efforça de les faire croître et produire. Puis, comme il ne pouvait réussir avec des plants importés, il essaya de leur semence, malheureusement sans plus de succès.
Il tourna ensuite son attention du côté de l'industrie.
L'oisiveté de son peuple lui faisait mal. Il comprenait qu'elle ne pouvait avoir que les plus désastreuses conséquences pour leurs mœurs aussi bien que pour leur bien-être matériel. Afin de leur procurer du travail à la maison et pour les tirer, autant qu 'il était en lui, de la pauvreté dans laquelle un trop grand nombre croupissaient, il fit enseigner l'art de filer et de tisser à son école de filles. Cette industrie lui suggéra de cultiver le clianvre, et nous le voyons aussi faire venir des cardes à laine du Bas- Canada ^^.
Dé fait, une des raisons pour lesquelles il plaida avec tant d'insistance en faveur du concours des