‹ Histoire de l'Église catholique dans l'Ouest canadienChapitre 9 sur 195 · HÉRAUTS DE LA CROIX · texte numérisé non relu

HÉRAUTS DE LA CROIX

L'homme nécessaire au succès d'une entreprise aussi périlleuse que la découverte de l'Extrême- Ouest n'avait point encore attiré l'attention publique. C 'était un Canadien au cœur noble qui avait embrassé la carrière de traiteur moins par goût que par nécessité. Il s'appelait Pierre Gaultier de Varennes, et avait assumé le surnom de la Vérendrye, (qu'il abrégeait d'habitude en Lavérendrye) sous sous lequel il est connu dans l'histoire.

Né aux Trois-Rivières le 19 novembre 1685 d'un gentilhomme français, René Gaultier chevalier de Varennes, et d'une jeune Canadienne, Marie, fille de Pierre Boucher, le premier de la célèbre famille de ce nom, Pierre Gaultier avait servi dans l'armée française et avait même été laissé pour mort sur le champ de bataille de Malplaquet, où il avait reçu neuf blessures.

Pourtant la récompense de son dévouement à la couronne de France n'avait consisté qu'en un vain titre, et, à l'instar d'autres nobles canadiens, il avait été comme forcé d'embrasser la carrière de traiteur de fourrures pour subvenir à ses besoins. Doué d'une

énergie inlassable, d'une droiture d'esprit et d'une honnêteté peu communes alors parmi les hautes classes de la société canadienne, et surtout dirigé dans sa conduite par des convictions religieuses inébranlables, Lavérendrye était indubitablement l'homme idéal pour la poursuite des projets de la Cour de France et de ses représentants sur les bords du Saint-Laurent.

Signature de Lavérendrye

Etant en 1727 stationné au lac Népigon, il avait entendu les sauvages parler d'une voie qui devait conduire à la mer de l'Ouest, et avait en conséquence formé un plan qu'il soumit au gouverneur du Canada, Charles de Beauharnois, par l'entremise du P. Nicolas Degonnor, S. J., l'un des missionnaires de l'Ouest \ Ce prêtre, s 'étant rendu à Montréal, plaida la cause de Lavérendrye qui, en 1730, avait la charge du fort Kaministiquia. Comme résultat de son intervention, ce dernier partit de Montréal pour l'Ouest inconnu le 8 juin de l'année suivante, à la tête de cinquante hommes et accompagné de trois

1. Le P. Degonnor (dont nous trouvons le nom généralement écrit de Gonnor) naquit au diocèse de Luçon, France, le 19 nov. 1691 (d'autres dirent 1671), et entra dans l'ordre à Bordeaux le 11 sept. 1710, arrivant au Canada en 1725. Il mourut à Québec le 16 déc.

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