Provencher à l'évêque de Québec, 6 juin
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que pareilles bâtisses n'étaient nullement impossibles à la Rivière-Rouge, et M"' Provencher était justement occupé à remplacer (1829-1830) par une maison de ce genre celle qui lui avait jusque-là servi de « palais ». La pierre en était ramassée le long de la rivière et transportée à Saint-Boniface dans des bateaux plats.
Cette offre du gouverneur fit impression sur le bon prélat. Il résolut de passer en Canada et d'y chercher des fonds supplémentaires, ainsi que des recrues pour son clergé.
Il partit donc au mois d'août 1830, et passa plus d'un an à solliciter des aumônes dans le Bas-Canada. On ne les ménagea pas à l'homme apostolique. En 1832 il retourna dans l'Ouest, arrivant à Saint-Boniface le 17 juillet. Mais l'absence de maçons le contraignit à ajourner le commencement de son entreprise, vu que le seul homme de ce métier dans le pays avait déjà promis ses services à la compagnie de la baie d'Hudson.
Les fondations du nouveau temple furent posées dans le mois de juin 1833, et cinq maçons à l'œuvre firent bientôt des progrès si satisfaisants qu'en juillet de l'année suivante le prélat se plaignait d'être dans l'impossibilité de les fournir assez vite de pierre pour éviter toute interruption dans leur travail.
L'église avait 100 pieds de long sur 45 de large, et lorsqu'elle fut achevée, elle devint l'orgueil de la colonie et fut immortalisée par le poète Whittier
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comme l'édifice «aux tours jumelles». Elle ne fut terminée qu'en 1837, et, en juillet de cette année-là, il restait encore un peu de maçonnerie à faire au porche *.
En rendant compte des travaux qu'elle occasionna, M^"" Provencher mentionne sa nouvelle résidence en pierre, qu'il déclare tomber insensiblement en ruines, et qu'il nous montre comme la cause de beaucoup d'embarras les jours de pluie. Comme la chaux n'était pas encore connue à la Rivière-Rouge quand elle fut bâtie, l'évêque avait cru la remplacer avantageusement par une espèce d'argile qu'on trouvait dans certains endroits, le long de la rivière. Il avouait maintenant son erreur. En même temps, il constatait que, après les grandes dépenses nécessitées par l'érection de sa cathédrale, il ne pouvait être question de bâtir une nouvelle maison pendant quelque temps.
Les fonds destinés à ces travaux ne furent pas l'unique résultat de son voyage au Canada. Il en avait amené un sujet qui, le premier de tous ses prêtres, devait s 'appliquer exclusivement à l 'évangélisation des tribus indiennes éparpillées sur les prairies et dans les bois de son vaste domaine.
Le lecteur n'a pas oublié que le premier point des instructions données par M^"" Plessis aux missionnaires de la Rivière-Rouge avait été la prédication
4. " Mon église est couverte en planche et se couvre en bardeau. Il y a en ce moment un peu de maçonnerie à faire pour finir le portail. Tout ce qui est fait paraît solide" (Mgr Provencher à" Mgr Signay, 4 juillet 1837).
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de l'Evangile aux indigènes et la préparation des grammaires et dictionnaires de leurs langues. Mais il est inutile de remarquer que, avec l'insuffisance numérique parfaitement évidente de son clergé, tout ce que M^'^ Provencher pouvait faire était de pourvoir aux besoins spirituels des catholiques. Canadiens, métis et autres. Pourtant, de faibles efforts avaient de temps en temps été faits pour se conformer quelque peu aux directions de l'évêque de Québec sous ce rapport.
Humainement parlant, cette œuvre n'avait rien d'attrayant, et les résultats obtenus n'étaient guère encourageants.
M. Dumoulin, en particulier, n'avait pas emporté le meilleur souvenir possible des Indiens de la Rivière-Eouge. En 1820, l'un d'eux lui avait tiré un coup de fusil pendant qu'il disait son bréviaire le long de la rivière Pembina, et la balle avait traversé son chapeau. M. Georges Dugas, donne à entendre que l'objet du Peau-Rouge était alors de constater si le prêtre était vulnérable ou non \ Si c 'était là réellement le cas, il faut croire que la première expérience de l'Indien ne le satisfit point, puisque le printemps suivant le même individu la renouvela avec un résultat identique ®.
Cette fois quelques-uns des paroissiens de M. Dumoulin étaient proche. Ils s'emparèrent du sauvage et le garrottèrent. « Un bon nombre voulaient