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début que M^ Provencher n'accorda jamais sa pleine sympathie au nouveau missionnaire qui, plein de zèle et de talent, quoique un peu inconstant et assez volontaire, eut fait plus de bien s'il eut été en pleine harmonie d'idées avec son supérieur immédiat '.
M. Georges-Antoine Belcourt " est le seul prêtre catholique qu'Alexandre Eoss daigne mentionner nommément dans son ouvrage intitulé The Red River Seulement. Il l'appelle «un homme actif, intelligent et entreprenant », ajoutant que « tout paradoxale que puisse paraître l'assertion, M. Belcourt comprenait la langue des sauvages mieux qu'eux-mêmes. Avec une ingénuité et une persévérance caractéristiques, il profita de la nature même de l'idiome sauteux pour ^l'enrichir de composés qui exprimaient fidèlement, et avec autant de force que faire se pouvait, les idées exotiques propres à la civilisation et au christianisme. Sous ce rapport M. Belcourt a un avantage incalculable sur ses rivaux
9. Une des causes du peu d'entente qui existait entre les deux missionnaires, tout bien intentionnés qu'ils fussent, consistait en la position quelque peu anormale de Mgr Provencher. Ce prélat, bien que revêtu du caractère épiscopal, n'était alors guère plus que le grand vicaire de l'évêque de Québec — même pas vicaire apostolique. Conscieux de cet état de choses, M. Belcourt, qui devait à Mgr de Québec son séjour dans l'Ouest, affectait de ne traiter d'affaires qu'avec lui, manière de faire qui, toute correcte qu'elle pût être strictement parlant, n'en mettait pas moins Mgr de Juliopolis dans une position fausse et occasionnait des difficultés inévitables.
10. Né le 22 avril 1803 à Baie-du-Febvre, Bas-Canada, G.-A. Belcourt était le fils d'Antoine Belcourt et de Josephte Lemire. Il fit ses études au collège de Nicolet, et fut ordonné prêtre le 19 mars 1827. D'abord curé de Saint-François-du-Lac, il fut en 1830 transféré à Sainte-Martine.
M. BELCOUET
PBEMIÈRES MISSIONS INDIENNES 193
protestants qui, généralement parlant, doivent s'en rapporter implicitement à des interprètes dont les capacités sont fort peu adéquates ^^ ».
Après avoir étudié le sauteux, M. Belcourt établit (1883) sur les bords de l'Assiniboine, à quelque trente milles de son embouchure, un village indien pour lequel M. Georges Simpson, gouverneur-enchef pour l'Amérique de la compagnie de la baie d'Hudson, fit présent d'une belle pièce de terre de
Signature du rév. M. Belcourt
cinq milles de long ^-. Là furent, avec le temps, érigées une église et des maisonnettes entourées de champs minuscules. Le tout était plutôt le résultat de ses propres travaux que des efforts de ses néophytes. Pour réussir dans son entreprise il n'épargna ni fatigue, ni travail manuel, ni dépense.
Il en était encore à ses débuts quand ses catéchumènes furent dispersés par une bande de Gros- Ventres qui fondirent sur eux au moment où ils s'y attendaient le moins ". On avait justement bâti une maison d'à peine vingt pieds carrés, qui devait servir de chapelle pour le peuple et de logis pour le missionnaire. Elle était alors la seule bâtisse du genre à soixante milles à la ronde du palais épis-