‹ Histoire de l'Eglise de BrouChapitre 14 sur 40 · HISTOIRE. 2B · texte numérisé non relu

HISTOIRE. 2B

gogne et de Bresse, d'installer sans délai les Augustins déchaussés de la congrégation de France dans le couvent de S^Nicolas de Tolentin ; il leur enjoint de tenir la main à ce que ces religieux jouissent pleinement et paisiblement de la donation qui leur a été faite, et de leur prêter, pour cet effet, toute l'assistance dont ils pourront avoir besoin.

En conséquence des ordres du roi, M. Charbonnier de Grangeac, accompagné du procureur du roi et des syndics de Bresse, s'achemina, avec trente religieux de la congrégation de France, vers le couvent de Brou; lorsque le père Chambard se présenta pour les recevoir, le lieutenantgénéral lui remit une lettre de cachet du roi de France, contenant ce qui suit:

Au révérend père Chambard^ prieur et commissaire du couvent de Brou.

« Révérend père, ayant eu pour agréable la donation entre vifs du couvent de St^Nicolas de Tolentin de Brou, faicte en la faveur des Augustins réformés déchaussés de la congrégation de France par mon cousin le duc de Savoie, et désirant qu'ils soient installés et mis en possession du dit couvent, afin de pourvoir au plus tôt aux réparations qui sont nécessaires et satisfaire aux charges et conditions portées par les lettres de donation qui leur ont esté accordées, je vous fais la présente pour vous dire que vous ayés a faire scavoir ma volonté aux PP. Augustins de la congrégation de Lombardie auxquels vous ferez signer les dictes lettres de brevet que j'ay fait expédier; en conséquence

262 teUSE DE EROC.

à ee qu'ils Êjeoi a les exécuter de leur part sans relardement; aqwyjr m'asseunot qne voiis satîsleici pone- Uielleinent, je prie Dieu qu'il vous avt, R. P., en sa sainte garde.

« Escript k Paris le xin de lévrier 1659.

« Signé Loms.

« Et plus bas, DE LowÉinE (î).

Pendant que le père Chambard prend connaissance de cette lettre et en conummiqne le contenu à ses religieux, M. de Crangeac fait placer des gardes à toutes les portes du couvent. En même temps il introduisit dans l'église les Déchaussés qui, arrivés devant le maltre-autel, entonnent le Te Deum^ font sonner les cloches à grandes volées. A l'issue de la cérémonie rdigieuse, on leur remet les clés de l'église et du couvent et Ton dresse acte de leur prise de possession. Les sieurs Tamissier et Goiffon, syndics de Bourg, interviennent et disent qu'il demeure entendu que les RR. PP. Âugustins déchaussés « ne « pourront quester dans le clos de la dilte ville ny <c estendue de la province ; plus encore, que toutes « acquisitions qu'ils pourroient faire cy-après , à « quel titre que ce soit, mesme pour cause de fonce dation de service, seront sujettes au payement des « tailles, à la ratte du prix de la valleur des dicts (( biens, b Sur le fait de la quête, les Déchaussés

(1) Archives dorAin.

répondent d'une manière claire et formelle « qu'ils « s'obligent eux et leurs successeurs au dict couvent « de Brou de ne Faire aucune queste, de quelle na- « ture qu'elle soit, ny dans la ditle ville ny dans « aucun endroit de la ditte province. »

En ce qui concerne les tailles, leur réponse est évasive ; ils se contentent dédire a qu'ils feront toutes « les choses ausquelles ils se trouveront légitimece ment tenus et obligés. 30 Sur ces entrefaites , le père Ghambard revient et annonce qu'il est disposé à obéir aux ordres du roi. Tous les fonctionnaires et les religieux apposent leur signature au bas du procès-verbal; six des moines Lombards ajoutent à la leur la restriction suivante : Senza preiudicio délia congregazione (1).

 peine installés dans le monastère de Brou, les Déchaussés de France s'occupent de faire l'inventaire de Targenterie, des tableaux et ornements de l'église et de la sacristie. Nous extrayons de cette pièce les détails qui nous paraissent les plus intéressants et que nous mettons en note (2).

(1) Archives de TAin.

(2) L*AEGEiiTERiB t Premièrement, un pclit reliquaire d'argent, en forme de soleil, dans le quel sont enchâssez deux espines de la couronne de Nostre Seigneur.

2® Une très belle custode d'argent, dorée en partie et parfaictc-

Gonfonnément aax obligations qu*ils avaient contractées, ils se préparèrent à faire exécuter les réparations que nécessitait l'édifice. Ds firent pour cela venir de Lyon deux maîtres experts. Benoit d'ÂuroUe, maître maçon juré en la ville de Lyon, et Fleury

ment orphévriséc à l'antique, assortie dun beau cristal de roche, ser- ▼ant à exposer quelquefois le très-sainct sacrement.

30 Un beau calice d'argent doré avec sa patène, portant les armes de la ville de Lyon, pour marque qu'il a esté donné à ceste église en suite d'un voeu laict par la ditte ville de Lyon.

40 Un autre calice d'ai^nt, doré en partie avec sa patène, qui a esté donné par la ville de Salins.

Les Tabl£aux : Premièrement, il y a deux tableaux de mesme plaideur, faictz à l'esguillc, enrichis de perles; l'un représente N. S. au sépulcre, et l'autre la présentation au temple ou quelque chose de semblable, fakU de la main de noêtre fondatrice.

De plus, il y a environ 16 tableaux dédiez à la sacristie, dont quelques-uns, donnez par nostre fondatrice, sont anciens, et les autres modernes.

Ceux qui ont estez donnez par la fondatrice et qui sont fort anciens sont:

Premièrement, un tableau de N. D. tenant le petit Jésus, faict en ovalle, que le R. Archcmbaud a emporté et advoué d'avoir.

Une descente de croix.

Un Ecce Hommo.

Le Pourtraict de N. S. , avec une inscription à l'entour : Specioiut forma prœ filOê hominw».

Un très beau tableau de S. Antoine, d'environ un pied de hauteur*

Un petit tableau brisé en deux, faict en ovalle : dans l'un, la Stc Vierge est représentée doléantc entre les bras de S. Jean ; l'autre est un Ecce Homo.

Un grand tableau du Baptême de N. S. par St. Jean.

Il y avoit une fort belle Annonciation, csgarée par le R. Jacques Archcmbaud, lors sacristain.

Protrasson, maître charpentier de la même ville, pour procéder à la visite de Téglise et du couvent et dresser un état des travaux à faire pour en assurer la conservation. Le procès-verbal de l'expertise faite par ces deux maîtres est trop volumineux pour que nous puissions le reproduire textuellement; nous nous bornerons à quelques extraits.

Nous trouvons, dans ce rapport, quelques détails propres à nous faire connaître la forme et le mode de construction du clocher tel qu'il était primitivement :

ce Continuant la dicte visite au-dehors du clocher

i( de la dicte esglise, qui est composé de six étages

« en hauteur, depuis la superficie de terre jusqu'au-

tf dessus de la terrasse, sur laquelle est formée

«c Toctogone du dict clocher, et sur laquelle octo-

(i gone est élevé le dôme en forme de couronne im-

« périale, avec une lanterne, globe et croix au-

<c dessus.

« Au sixième étage du dict clocher au quel sont « les beflroys qui supportent les cloches , ont re- « connu que le dict sixième étage est voûté en cul « de four , supporté par huict arcades de pierre <c de taille pour former la dicte octogone , sur la « quelle a été élevé Taffeu ou tige du dict clocher

266 teusE BB wmoc.

u au-dessus de la terrasse qui a d'hauteur onze

c Ont aussi visité le dict clodier par-dessus la ^ dicte voûte, et eu dedans d'icelhiy ont trouvé tr qu'A y a kmct cfttés d'arcades et un ovale entre a deux de pierre de taille fort surbaissé, peu cein* « tré, Xear élévation n'âant que de daix pieds de « ceintre ; et sur diacun odté des arcades, fl y a il un pilKer carré de pierre de Choin ; ce qui tf fait par conséquent huit pilliers qui soutiennmt « un cul de four sur lequd repose la lanterne du « dict clodier.

c Ont aussi veu et visité le dict dame fait en « forme de oooranne impériale, sa lanterne et gkd^e « au-dessus, de tous cfttés, de fond en dme, et ce, « par le moyen des échaffauds qui ont été faicts pour ii ce regard, et auquel dôme, lanterne, couronne et « globe, ont trouvé la plus grande partie des pierres « de taille qui la forment toutes gelées, fusées et a rompues, au moyen des grandes corruptions qui tf sont en iceUuy, le quel dôme et tout ce que dict « est menasse d'une évidente ruine, et ce, partie « au moyen de ce qu'il porte à faux sur les dits a huit côtés d'arcades qui sont tellement foibles K qu'elles ne saurcnent supporter si grand fardeau

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