‹ Histoire de l'église de Corée, précédée d'une introduction sur l'histoire, les institutions, la langue, les moeurs et coutumes coréennesChapitre 36 sur 90 · I.XXXV · texte numérisé non relu

I.XXXV

De même que nous disons en français : un égal, les petits, etc., on dira en coréen : kâtheun-èkè, à un égal ; tsiôkeun-eu-ro , par un petit, etc.

Le comparatif s’exprime par les mots : tô, plus, ou toi , moins, placés devant l’adjectif (participe ou verbe). Ex. : tô nap-ta, être plus haut ; toi peulkeun kôt, la chose moins rouge (litt., moins rouge-étant chose). On peut employer aussi le verbe po-ta , voir. Ex. : i sarâm-i na po-ta kheu-ta, cet homme est plus grand que moi (litt. cet homme moi voir être-grand). — Enfin po-ta peut s’employer avant les mots tô et loi. Ex. : hè tâl po-ta tô nop-ta , le soleil est plus haut que la lune {litt. soleil lune voir plus être-haut) ; hè piôl po-ta toi nop-ta , le soleil est moins haut que les étoiles.

• Le superlatif relatif se rend par le mot tsioung-é , entre, parmi, qui précède l’adjectif. — Ex. : moteun saram tsioung-ê kheu-ta, être le plus grand des hommes (litt. tous hommes entre être-grand).

Le superlatif absolu se forme avec les adverbes tsikeuk-hi , très, extrêmement; ontsion-i, entièrement, etc., placés devant l’adjectif. Ex. : tsikeuk-hi nop-ta , très-haut (litt. extrêmement être-haut).

Noms de nombre. — La langue coréenne n’a de noms que pour les unités et les dizaines.

I, hâna; 2, toul; 3, sèt; 4, net; 5, tasat ; 6, iôsat; 7, ilkop; 8, iôtalp ; 9, ahop; 10, iôl.

II, iôr-hâna (dix-un); 12, iôl-toul (dix-deux), etc...

20, seumoul; 30, siorheun; 40, maheun; 50, souin ; 60, ièsioun; 70, irheun; 80, iôteun; 90, aheun.

Les noms : cent, mille, dix mille, etc., sont tirés du chinois, et quand on les emploie au pluriel, leur nombre doit être indiqué par les noms chinois des unités. Ex. : trois cent soixante-cinq ans, le mot pèk , cent, étant chinois, on ne peut pas employer le mot coréen sèt, trois, et dire sét-pèk; il faut prendre le mot chinois sam, trois, et dire sam-pèk. Ensuite, si le nom de la chose comptée est coréen, soixante-cinq se dira en coréen ; si ce nom est chinois, soixante-cinq devra être également en chinois ; par conséquent, selon qu'on emploiera pour le mot : année, l’expression coréenne hè, ou l’expression chinoise niôn, on dira : sam-pèk ièsioun-tasât hè, ou bien sam-pèk-niouk-sip-o niôn , trois cent soixante-cinq ans.

Les noms de nombres cardinaux se placent avant le mot dont

ils désignent la quantité. Exemple : seumoul-saram , vingt hommes.

Ces noms employés seuls peuvent se décliner comme tous les autres noms; mais, placés devant un substantif pour le qualifier, ils deviennent adjectifs, et par conséquent restent invariables.

Les nombres ordinaux se forment en ajoutant aux nombres cardinaux coréens la terminaison tsè. Ex. : toul-tsè , deuxième ; Ukop-tsè , septième. De même qu’en français on ne dit pas le unième, en coréen on ne dit pas hana-tsè , mais tchiôt-tsè , le premier. Les nombres ordinaux chinois s’obtiennent en préfixant aux nombres cardinaux le mot tiei. Ex. : tiei-sarn, troisième ; tiei-sip , dixième ; tiei-pëk , centième. Ils s’emploient avec les mots chinois, selon la règle expliquée plus haut.

Les noms de nombres ordinaux précèdent le substantif et sont invariables. Employés seuls, ils peuvent se décliner.

Pronoms. — Le coréen n’a que deux pronoms personnels : nn, je, moi; et no, tu, toi. Comme dans les autres langues de la même famille, c’est un des pronoms démonstratifs qui sert pour la troisième personne : il, lui. Le plus ordinairement employé est tiô, celui-là, celle-là, cela.

Na et no se déclinent suivant la règle générale. Deux cas seulement font exception. Le nominatif, qui se forme avec la terminaison ka, est pour la première personne : nè—ka au lieu de na-ka ; pour la seconde : nê-ka au lieu de nô-ka. L’instrumental de la première personue est nal-lo , celui de la seconde est nôl-lo. Enfin, on trouve au datif, outre la forme régulière, les formes contractées : nè-kkê, né-kkè.

Le pluriel de la première personne est : oun, nous ; celui de la seconde : nôheué , vous. On emploie également d’autres pluriels dérivés des précédents : ouri-teul , nous ; nôheuè-teul,\oas. Tous ces pluriels se déclinent suivant la règle générale.

Chez toutes les nations, mais surtout dans les pays asiatiques, T usage des pronoms personnels est restreint par les règles de la politesse. En Corée, un homme du peuple, s’adressant à un mandarin, ne s’avisera jamais de dire : je ou moi, il dira, en parlant de lui-même: sio-in, petit homme. A plus forte raison ne dira-l-il pas à son interlocuteur: tu ou toi; il emploiera le litre voulu, comme nous disons nous-mêmes : Votre Excellence, Votre Grandeur, etc... Mais ce sont là des règles de civilité, et non de grammaire.

Il n’y a pas de pronoms, ou, si l’on veut, d’adjectifs possessifs ; ce sont les pronoms personnels qui en tiennent lieu. Nè, ne, oun, nôheué , placés devant un substantif, deviennent adjectifs par position, et signifient : mon, mien, ton, tien, notre, votre.

Il va sans dire qu’ils demeurent alors invariables. Le substantif seul se décline et prend, le cas échéant, la marque du pluriel.

On pourrait également employer le pronom personnel au génitif, et dire, par exemple : na-euè tsoê , de moi le péché, au lieu de nè-tsoè , mon péché.

Les pronoms et adjectifs démonstratifs sont : i, tiô, keu, tsa, pa, qui tous signifient : ce, cet, celui, celle, ceux, celles, ces.

i désigne les personnes ou les choses rapprochées, et correspond à : celui-ci, ceci, etc. — tiô s’emploie pour les personnes où les choses éloignées, et signifie : celui-là, cela, etc. — keu indique la personne ou la chose dont on vient de parler. — tsia et pa s’emploient avec les participes relatifs des verbes. Ex. : kousiok hân tsia (salut ayant fait celui), celui qui a sauvé; pou-mo sârang hânân pa (père-mère amour faisant celui), celui qui aime ses parents. — tsia se dit des personnes, pa se dit des personnes et des choses.

Tous ces if*onoms, quand ils ne sont pas joints à un substantif, se déclinent suivant la règle générale. Quand ils précèdent un substantif, ils deviennent adjectifs et restent invariables.

Les pronoms et adjectifs interrogatifs sont : noui, noukou , qui ? pour les personnes ; mouôt , quoi? pour les choses ; ônâ, ôttôn, quel? pour les personnes et les choses, ônâ signifie proprement : lequel? d’entre plusieurs (guis) ; ôttôn , quel ? de quelle espèce? (qualis). Ex. : ônâ sarâm inia , quel homme est-ce? ioan-i olsieta ( Jean être), c’est Jean, ôttôn sarâm inia , quel homme est-ce? koéak hân sarâm-i olsieta (mal ayant fait, mal faisant homme être), c’est un mauvais homme. Ces pronoms se déclinent quand ils sont employés comme pronoms, c’est-à-dire isolément. Comme adjectifs, ils restent invariables.

Le pronom réfléchi est tsakeué, soi-même, qui se décline régulièrement. On emploie aussi tsô, tsê qui se décline comme le pronom de la seconde personne no, né, etc...

Il n’y a pas en coréen de pronoms relatifs, on y supplée par les participes relatifs joints aux substantifs ou aux pronoms démonstratifs, comme nous venons de le voir.

Verbes , conjugaison. — Il y a, en coréen, des verbes actifs et des verbes neutres, mais ces dénominations n’ont pas exactement le même sens que dans nos langues. Un verbe actif, en coréen, est celui qui exprime une action, qu’elle soit faite ou reçue par le sujet, qu’elle se passe en lui ou hors de lui ; ce qui inclut les verbes transitifs, intransitifs et passifs de nos grammaires. Faire ,

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