‹ Histoire de l'église de France: composée sur les documents originaux et authentiques (volume 2)Chapitre 15 sur 50 · Bisioiin · texte numérisé non relu

Bisioiin

lien) de Fraace refouler la Urtiarie mmulmaDet ««uirer rSgiipQ et protéger de leur vaillante épée le siège de mut Pierre,

Amulph d'Orléans conclut son discours en disant qu'on devait consulter les canons pour savoir combien il fiUail d'évéques pour en juger un autre.

On le fil et on s'assura que le quatrième mofem de dMenae ap* pinrté en faveur de l'archevêque Amulph ne pouvait étra adinis.

Les défenseurs en convinrent et firent leurs excuses au oonoile.

L'archevêque Àmalph Ail alors introduit et s'assit an milieu des évêques. Amulph d'Orléan$ lui représenta avec douceur la gravité de l'aocusation qui pesait sur loi, les bveurs qu'il avait reçues du roi et l'ingratitude dont il les avait payées. L'accusé chercha à s'ei» cnser sur la position où il s'était trouvé , étant k la merci d'une puissance enneroie. Mais le prétro Adelgar témoigna contre lui y et ee fat en vain qu'il s'écria : « il ment ! p Adelgar ne répondît à eelto injure que par cette réflexioH : « Pevsonne ne m'a poussé à ram aecuser, j'aurais pu m'enfmr depiiis qoe je aw^ idi et jeTonaai toiqours été très fidèle ; je ne vous ai aceuié que peur me justifier de la trahison qui pesait sur raoi| et j'ai été eÙgé pour «la de déclarer que je n'avais fait que vous obtir, a

Widon de Boissons demanda ensuite k l'archevêque Amulph pourquoi il ne s'était pu rendu au oonciie defieniis, après y avoir été cité par le roi et les évêques. « J'étais accusé auprès du roi , répondit^ily je n'osai me présenter dans la crainte de compromettre ma vie et ma liberté. —* Je vous ofiria cependant pour garants et otages mon père et mon frère, reprit Widon. a

Retnier lui-même, confident d'Aranlph , se dédara centre lui , tant sa trahison était odieuse. < Hfttea-vous, lut dil*il , de confesser vos péchés aux évêques j afin de sauver au moins irotve ame, autre* ment je les pubUerai devant les évêques et devant tout le peuple qui est à )a porte, et, afin que l'on me erme, j'en ferai aéraient, et nn de mes hommas marchera sur des fers rouges ^ »

Amulph était ému. D'après le conseil des abbés qui avaient entrepris sa défense, on liii permit de choisir parmi les Pères du concile ceux qu'il voudrait pour se consulter avec eux en secret. H choisit Seguin de Sens, Arnulph d'Oriéans, Branon de Langres et

* Les hommes é* qaslili eonrara Relaler ne sa soamtttslsat pas aux éprevTfS f et lountifsieat i|o homme pour les subir à iear place.

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fiodsintn d'Amiens, et se retira aveo eux dans la crypte de l'église dont on ferma bien les portes.

Bn leur absence, on poursuivit raceusation* Après quelcfue temps , les évéques qui s'étaient retirés appelèrent les autres et leur dirent qu'ArnnIph s'était jeté à leurs pieds, qu'il avait déclaré ses péchés en confieBsion, et qu'il était dans l'intention de renqnoer h î'épiscopat. c Ne vous aeousea pas faussement, lui dirent les évé-t ^meB, car nous vous défiendrons et nous vous mainttendrops sur votre siéfe malgré lesrms, si vous pouvez prouver votre iaoo^ cence. 9

Amulpfa persévéra dans son aveu. On fit entrer alors dans h crypte trente des plus savanlA clercs et abbés, pour arrêter avec eui ce que l'on devrait faire. On conyint d'abord qu'il n'y avait plus lieu de se plaindre qqe l'on eût dédaigné le jugement de Romey puisque l'accusé avait kinméine dioisi ses juges. C'était en effet une règle de droit généralement admise, que Tévèque qui choisi»-? sait ses juges était jugé par eux directement et sans appel. On s'o&r eupa ensuite des formes à suivre dans la déposition , et on arrêta qu'après la sentence prononcée, Arnulpb rendrait l'anneau, le bâton pastoral et le pallium , et qu'il donnerait un éQrît pour ap^ prouver lui-même sa déposition.

Ainsi finit la première séance du concile de Reims.

Le lendemain, les évéques s'assemblèrent de nouveau 4àns l'é^ glise de Saint-Basle. Ils étaient tons visiblement émus du sort d' Arnulpb. Les uns parlaient de sa naissance, les autres de sa jeunesse ; tous étaient touchés de l'opprobre qui allait retomber sur un de leurs confrères. On était évidemment disposé en sa &venri brsque les deux rois Hugues et Robert entrèrent dans le concile avec leurs principaux seigneurs, et, après avoir loué les évêqu^ du zèle qu'ils avaient montré pour leurs intérêts , demandèrent qu'on leur fit un exposé succinct de ce qui s'était passé,

L'évéque d'Orléans satisfit à leur demande, mais refusa, en termes mesurés, d'accepter les remercîments et les éloges des rois, e Quoiqu'ils s intéressent à leur bonheur, dit-il, le sentiment du devoir les a seul guidés. Ils se sont émus en fiiveur d'un confrère malheur reux , et il n'a pas tenu à leurs vœux qu'il ne se soit justifié. Du reste, on doit le faire paraître lni-*même pour être son propre té^ moin, son accusateur et son juge, et on doit aussi faire entrer le peuple, afin de mettre les évéques à l'abri de tout soupçop 4'io-justice. 9

On fit alors ouvrir les portes de l'église , et le peuple y entra en foule. Un profond silence régna tout-à-eoup dans Timmense assem- Mée j lorsque Taccosé comparut, c Vous voyez tous les regards filés sur vous, lui dit Amulph d'Orléans, pourquoi ne parles*vous pas?» Le pauvre archevêque, tremblant pour son honneur, sa lib^ié et sa vie, ne put prononcer que quelques mots entrecoupés et inin^ telligibles. a Êtes- vous encore dans les mêmes dispositions, reprît l'évèque d'Orléans, et renonces-vous à la dignité épiscopale dbnt vous avez mal usé? — C'est ainsi que vous le dites, répondit l'ao cusé. — Que signifie cette réponse? demanda le comte Brochard '. Il faut une confession plus claire, afin que l'accusé ne puisse prétendre un jour que les évéques lui ont imposé un crime selon leur volonté. » Alors l'archevêque prononça ces paroles : — c Je déclare et je confesse publiquement que j'ai péché et que j'ai violé la fidélité que je devais au roi. Pour le reste, vous pouvez vous en rapporter au seigneur évêque Amulph. Je le prie de parler pour moi et d'exposer ma cause. — L'archevêque Amulph est naturellement taciturne , dit l'évèque d'Orléans, et il a honte de déclarer publiquement ce qu'il nous a confessé en secret; qu'il vous suffise de savoir qu'il reconnaît avoir manqué à la fidélité qu'il devait au roi. — Cela ne suffit pas, reprit le comte Brochard, il bot encore qu'il déclare ou qu'il nie publiquement avoir £ùt son abdication entre vos mains ^ afin qu'on puisse élire un autre archevêque à sa place, b Amulph d'Orléans dit au comte : — a Vous n'avez pas ici la même autorité que les évéques et les prêtres; il doit vous suffire de savoir que l'accusé s'est reconnu indigne de l'épiscopat.» Puis, se tournant vers Amulph de Reims, il ajouta : «— « Que ditesvous de ce que j'ai répondu pour vous?— Je confirme ce que vous avez dit, reprit l'accusé. — Prosteraes-vous donc, répliqua l'évèque d'Orléans, devant les rois vos seigneurs contre lesquels vous vous êtes rendu coupable d'une bute irrémissible , et demandez grâce pour votre vie. »

Amulph se jeta à genoux, et, les bras étendus en croix, demanda en sanglottant qu'on lui conservât la vie et l'usage de ses membres. Ce triste spectacle remua tous les cœurs et fit verser des larmes à tous ceux qui en furent témoins. Au nom du concile , Daîbert, archevêque de Bourges , embrassant les genoux des rois , appuyait

< Ou Burchard , peut-être le même que ce comte de GorbeU qui réforma Seloi- Uâttr-des-Fo88és, âîec l'aide de saint MayeuU

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