‹ Histoire de l'église de France: composée sur les documents originaux et authentiques (volume 2)Chapitre 33 sur 50 · nisToiRR · texte numérisé non relu

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tenant que ces motifs de trouble n'existent plus, tous n'en sont pas moins atteints de malice, comme d'une maladie contagieuse , et commettent, pour ainsi dire sans motifs, les crimes les plus horribles, les plus exécrables; on ne reconnaît plus ni lois divines, ni lois humaines : parjures, sacrilèges, incestes, trahisons, tout eek n'est compté pour rien , et, ce qui ne se voit nulle part ailleurs, des concitoyens, des parents, des frères, se font prisonniers, se pillent mutuellement, se tuent sans aucun sentiment de oompassion ou de repentir. Plusieurs font prisonniers les pèlerins qui vont au tombeau des apôtres ou en reviennent, les tourmentent avec plus de crpouté que les païens, et en exigent des rançons plus considérables que toute leur fortune. Votre roi , ou plutôt votre tyran est la cause et le principe de tous ces maux, car, guidé et inspiré parle démon, il passe sa vie entière dans le crime et Tinfamie; gouverneur inutile et misérable , il donne non-seulement occasion , par sa faiblesse , aux crimes de son peuple, mais lui en donne l'exemple par sa mauvaise \ic. Ce n'était pas encore assez pour lui d'avoir mérité la colère de Dieu, par le pillage des églises, par ses adultères, ses vols, ses parjures et toutes les fautes qui lui ont attiré de notre part des réprimandes réitérées, il vient encore d'extorquer, comme un voleur de profession , une forte somme d'argent à des marchands qui s'étaient rendus de divers pays pour une foire qui avait lieu en France. Jamais roi jusqu'ici ne s'était conduit de la sorte; l'antiquité païenne elle-même ne nous offre pas un pareil exemple; celui donc qui devait être le défendeur des lois s'est fait pillard et n'a pas voulu renfermer ses crimes dans les limites de son royaume! Ce sera à sa conrusion.

a Frères, nous vous prions, nous vous avertissons avec charité de prendre garde d'attirer sur vous cet anathème du prophète : Maudit soit t homme dont le glaive craint le sang; c'est-à-dire , comme vous le comprenez bien , l'homme qui n'ose pas dégainer la parole de vérité contre les hommes charnels. Vous aussi, frères, vous êtes coupables, car vous ne résistez pas aux crimes de votre roi avec une vigueur vraiment sacerdotale, vous les favorisez, au contraire, par votre mutisme; je le dis avec peine et en gémissant, mais je crains bien qu'au lieu delà sentence du pasteur, vous ne subissiez, au dernier jour, la sentence du mercenaire, puisque vous fuyez en voyant le loup déchirer le troupeau du Seigneur; puisque, semblables à des chiens qui ne savent pas aboyer, vous allez vous ca* cher silencieux... Si vous croyez ne pouvoir le reprendre de ses

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crimes, sans manquer à la fidélité et au respect que vous lui devez, TOUS ôles dans une erreur étrange, car il est facile de prouver que celui-là lui est plus fidèle qui cherche à le tirer, même malgré lui , du naufrage de son âme, que celui qui, par une cruelle conde»cendance, le laisse périr dans le gouifre du crime. Il est inutile de parler de la crainte que vous pourriez avoir ; si vous vous unisse?^ fortement pour la défense de la justice, vous aurez tant de force que, sans avoir rien à craindre , vous pourrez corriger votre roi desop habitude de faire le mal ; mais quand il faudrait vous exposer à la mort , vous ne devriez pas pour cela manquer de remplir votre devoir avec liberté.

a Nous vous prions donc, nous vous ordonnons, en vertu de l'autorité apostolique, de vous assembler, de délibérer ensemble sur ce qui doit être fait pour le bien de votre patrie , pour votre réputation, pour votre salut. Ensuite, allez ensemble trouver le roi, avertissez-le de la confusion où il met son royaume et du danger auquel il s'expose lui-même; cherchez à le toucher en lui remet*^ tant devant les yeux ses crimes et ses injustices... S'il ne veut pas vous écouter, s'il s'endurcit et persiste à n'être touché ni de la crainte de Dieu, ni de son honneur, ni du salut de son peuple, dites-lui, de notre part, qu'il n'échappera pas longtemps au glaive apostolique. De votre côté, imitez la sainte Église romaine, votre mère; séparez-vous en même temps qu'elle de la communion du roi, ne lui obéissez plus, et défendez de célébrer l'office divin dans toute la France. S'il résiste encore après cette excommunication, il faut que tout le monde sache que nous emploierons les moyens en notre pouvoir pour le priver du royaume de France.

a Pour vous, si je vous trouve tièdes en cette circonstance, nous en conclurons qu'il ne reste incorrigible que parce qu'il se fie sur votre faiblesse; alors nous vous considérerons comme complices de ses crimes et nous vous* déposerons, en conséquence, de l'épiscopat. Dieu nous est témoin que personne, ni par prières ni par présents, ne nous a engagé à prendre cette résolution; nous n'écoutons en cela que notre conscience, et nous y avons été porté par la vive douleur de voir périr, par la faute d'un misérable, un si noble royaume et un peuple si nombreux. Souvenez-vous donc de cette parole de l'Ecriture : Celui qià craint un homme tombera vite; celui qui espère dans le Seigneur se tiendra fort. Agissez de manière à prouver que vous avez un cœur et une langue libres.

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établit un autre du même nom et écrivit aux habitants du Puy pour leur recommander de lui obéir \

Grégoire se tenait au courant des affaires de toutes les églises par les légats qu'il envoyait dans les différentes contrées et qui entretenaient avec lui une correspondance active. Parfijis des évéques traitaient mal ces légats. C'est ce que fit Isembert de Poitiers, lorsque Amat , évéque d'Oleron , et Goscelin y archevêque de Bordeaux , se rendirent dans cette ville pour juger au nom du pape l'affaire du comte Guillaume de Poitiers q^ui avait épousé sa parente. Le pape cita Isembert à Rome pour rendre compte de sa conduite envers les légats, et ordonna à Guillaume de Poitiers de se séparer de da parente '. La papauté travaillait toujours à conserver au mariage toute sa sainteté. Le pape craignit qu'Iscmbert ne se rendit pas à la citation, et avertit son métropolitain Goscelin de Bordeaux de l'excommunier dans ce cas , ou de le suivre à Rome pour soutenir l'accusation contre lui , s'il y allait '. Isembert ne s^étant pas rendu à Rome, le pape l'excommunia jusqu'au prochain synode où il le cita, et il écrivit en même temps à Goscelin de faire en sorte que toute obéissance lui fbt refusée, s'il ne tenait pas compte de cette citation *, Cette dernière lettre était adressée en même temps à Guillaume , comte de Poitiers , qui était très-dévoué au saint-siége et en avait suivi les avis.

On voit par les nombreuses lettres que nous venons de citer, et qui furent toutes écrites dans la même année ^ quel soin Grégoire apportait aux affaires de l'Eglise de France. Il en était de même pour toutes les églises, et, en parcourant sa volumineuse correspondance , que nous n'avons pas cependant tout entière , on reste firâippé d'étonncment devant cette effrayante activité.

Le concile de Rome, auquel Isembert de Poitiers fut cité, se tint au commencement du carême de l'année 1075.

Outre l'évêque de Poitiers, plusieurs autres évêques de France y avaient été cités et devaient y rendre compte de leur conduite. Parmi eux étaient celui deToul, accusé de simonie et de concubinage, et Gamier de Strasbourg, accusé de simonie. Ceux qui avaient usurpé

4Greg.,Eplsl.80, Ub«l.

'/^M.,Epbt.3, 3,lib. 3.

' md., Epi8L 4.

4/Mi/.,Epist. 23,24.

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lès biens de Tégllse de Die * et avaient consenti & ferre droit aux réclamations de Hugues, leur nouvel évéque, durent se rendre de même au concile pour y recevoir du pape la pénitence qu'avait méritée leur usurpation.

On ne possède que le sommaire des principales décisions prises dans ce concile. On y lit ' ces mots : o Philippe , roi des Français , sera excommunié s'il ne donne pas aux légats qui seront envoyés en France l'assurance de se corriger et de satisfaire pour les torts qu'il a jbits. »

Le légat chargé par le pape de le réprésenter en France fut Hugues, évéqne de Die. Outre la mission de conclure différentes affaires qui n'avaient pu être terminées au concite, Hugues fut chargé de poursuivre, en France, l'application des règlements • sévères que Grégoire avait promulgués sur le célibat dans un èélèbre concile qu'il tint à Rome en 1074, et qui fbrent renouvelés dans celui de «075.

Ces règlements avaient déjà trouvé une forte opposition à Milan > en Allemagne et en Angleterre. Grégoire , sans être découragé, avait été profondément affligé de cette opposition. Un peu avant le concile de 1075 , il avait confié ses atigoisses à son afni Hugues de Gluni, dans cette lettre * t

« Je voudrais, si c'était possible, que vous connussiez l'immense tribulation qui tn'environne, le travail incessant qui m'accable; vous auriez alors compassion de moi , vous verseriez des larmes , vous prieriez Notre Seigneur Jésus, par qui tout a été fait et qui gfouveme tout , de me tendre la main et de délivrer un malheureux. Souvent je l'ai prié ou de m'ôter la vie, ou de se servir de moi pour le bien de notre mère commune ; mais, jusqu'à présent, il ne m'a pas tiré de mes tribulations, et ma vie n'a pas été aussi utile que je l'espén^ à notre mère à laquelle il m'a attaché. Une douleur poi-

^ Grci;., EpisL ad Hug., lib. 2, epIsL /ï3.

3 Ap. Labb. et Cossart. Cooc, t x, p. 344i«

> Grégoire avait arréié que tous l«s prôlros luariés ou coacubinaires no pour* raient plus dire la messe ni niôoie servir à l'autel daosics ordres inréricurs. Il défendit même aux laïques d'asslslcr à la messe de ces prôtrcs. Les règlements du Concile de Rome contre la simonie ne sont pas moins rigoureux. Quiconque avait aelieté ^ek|U60rdr« os dignité occléstastiqoe davait «tradéposé. Ctm quiavalcat acheté des t^oéûcca devaient en être dépouillés.

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gnante urassiège de toutes part». D*un cAic, l'Église orientale s'est séparée de la foi catholique; si je tourne mes regarda à Foccident, au midi , ou au septentrion , c'est à peine si je distingue quelques cvéques qui soient entrés dans l'épiscopat ou qui y vivent suivant les canons, qtii gouvernent le peuple chrétien par amour et non par ambition. Parmi les princes séculiers, je n'en connais pas qui préfèrent l'honneur de Dieu à leur honneur, et la justice à leur intérêt. Ceux au milieu desquels je vis, c'est-à-dire les Homains, les Lombards et les Normands , sont pires que les païens et les Juifs , comme je le leur ai souvent reproché. Quand j'en viens à roe considérer moi-même, je me trouve si accablé sous le poids de ma vie tout entière , qu'il ne me reste aucune espérance de salut, si ce n'est dans la seule miséricorde du Christ. Si je ne conservais l'espoir d'une meilleure vie, et d'être de quelque utilité à I Eglise, je ne resterais jamais à Rome où je suis forcé, Dieu m'en est témoin, d'habiter depuis vingt ans. Mais, partagé que je suis d'un côté entre des chagrins qui se renouvellent sans cesse, de l'autre entre des espérances dont l'effet s'éloigne, hélas! trop longtemps, je suis comme agité par U tempête, et je vis comme entre mille morts. J'attends cRLL'i qui m'a mis dans ces liens, qui m'a conduit à Rome malgré moi , qui m'y a environné de pièges. Souvent je lui dis : Hàtez-vous, ne tardez pas , délivrez- moi pour lamour de la bienheureuse Marie et de saint Pierre. Mais la prière d'un pécheur ne mérite pas d'être si tôt exaucée. Priez donc pour moi, vous dont les prières sont dignes d'être écoutées. »

Grégoire réclamait souvent le secours des prières de ses anciens frères de Cluui , dans ses tribulations et dans cet abattement dont ne peuvent se défendre les plus grandes âmes au milieu des contradictions. Mais Grégoire, découragé quelquefois, n'était jamais vaincu et n'en poursuivait qu'avec plus d'ardeur le plan des réformes qu'il avait conçues pour le bien de l'Eglise.

Son légat , Hugues de Die , était digne , par son zèle , son activité et son intelligence, de la confiance que Grégoire avait en lui. Depuis l'année 4075, où il fut chargé de la mission de faire adopter en France les règlements du pape touchant le célibat, jusqu'en 4082, il parcourut toute la France, assemblant partout des conciles, déposant les prélats simoniaques et concubinaires, travaillant en digne légat de Grégoire VII à établir partout les règles de la plus pure discipline.

Le premier concile que tint Hugues de Die fut celui d'Anse en

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Bourgogne } le second y celui de Qermont , où il déposa les évéques de Clermonl et da Puy, qui avaient usurpé leurs sièges. Hugues tint un troisième concile à Dijon, où fut déposé Humbert, archevêque de Lyon, convaincu de simonie, et un quiitrième à Autun *. Ce dernier concile fut assemblé principalement pour exa~ miner la ciiuse de Gérard II, évéque de Cambrai et d'Arras, qui avait reçu l'investiture de son évéché de Henri , roi de Germanie. Après de graves discussions, qui n'ont aucun rapport avec cette histoire, Grégoire avait excommunié Henri lY et défendu à tous ses sujets de le reconnaître pour souverain. Gérard II avait reçu de lui rinvcstilure après cette sentence. Craignant d être, pour cette raison , déposé par le légat Hugues de Die , il se rendit à Rome, avoua sa faute, donnant pour excuse Tignorance où il était de la sentence portée contre le roi Henri. Le pape écrivit à ce sujet la lettre suivante '^ à son légat :

a Grégoire, serviteur des serviteurs de Dieu, à Hugues, vénérable évéque de Die , salut et bénédiction apostolique.

tf Gérard , élu évéque de Cambrai , est venu k nous et nous a avoué franchement qu'après son élection faite par le clei^é et le peuple, il avait reçu l'investiture du roi Henri; ajoutant, pour sa défense , qu'il ne connaissait ni le décret par lequel nous avons interdit de recevoir de telles investitures, ni la sentence d'excommu* nication portée contre le roi. Q s'en est rapporté pour sa cause à notre jugement. La soumission qu'il nous a montrée et l'élection canonique qu'on nous a dit avoir certainement précédé l'investiture, nous ont disposé en sa faveur , et nous croyons devoir user de beaucoup de douceur à son égard, à cause du bon témoignage que rendent de lui plusieurs de nos frères les évéques qui nous en ont écrit. Cependant, de peur que son exemple ne soit une cause de relâchement, nous lui avons ordonné de se présenter devant vous, devant l'archevêque de Reims et les autres évoques ses comprovinciaux , et d'affirmer par serment qu'il ignorait l'excommonication du roi lorsqu'il en reçut l'investiture, et qu'il ne connaissait pas le décret par lequel nous avons défendu ces investitures laïques.

* Ap. T^bb. et Cossart. Conc, f. ii, p. 35«. —Nous pensons que ce fiil 9U concile de Dijon , en 1076, qu'on déposa Uumbcrt. Il se lit moine dans le monastère du Mont-Jura, et au concile d*Autun , en 1077 , on lut donna un succès^ •eur.

2 Greg. Epist. 33, lib. 4.

a Assemblez, à cet effet, un concile dans la province de Reims, et obtenez pour cela l'autorisation de Philippe, roi des Français, si toutefois c'est possible. S'il ne voulait pas y consentir, assemblezle dans le diocèse de Langres , et entendez- vous pour cela avec Tévéque de cette église qui a promis de nous aider, nous et nos légats. Choisissez , de concert avec l'évéque de Langres , le lieu le pluis convenable; convoquez l'archevêque de Reims et le plus grand nombre possible des archevêques et des évéques de France. Si l'évéque de Cambrai fait le serment qui lui est imposé , confirmez son élection et procédez à sa consécration avec l'archevêque de Reims.

«Apportez, en outre, tous vos soins à terminer les affaires de l'évéque de Chàlons-sur-Marne, des églises de Chartres, de Oermont et du Puy , du monastère de Saint-Denis, et toutes les autres qui vous sembleront nécessaires au bien de la religion. Occupezvous-en avec tant de diligence, que nous puissions nous sentir un peu soulagé. Invitez, de notre part, au concile notre vénérable ftère Hugues , abbé de Cluni. d

Le pape ne savait pas encore, à la date de cette lettre, que les affiûres du Puy et de Clermont étaient terminées.

Il avait bien déjà chargé ^ Manassès de Reims de terminer le différend qui s'était élevé entre l'évéque de Chftlons>sur-Mame et ses dercs, qu'il avait injustement dépouillés de leurs biens; mats l'archevêque de Reims était plutôt disposé à entraver qu'à seconder \ei vues du pape. Grégoire ne le connaissait pas alors parfiiitement et lui confiait parfois * l'eiamen de causes assez délicates; mais Tarchevéque de Reims ne devait pas longtemps conserver une confiance dont il était indigne.

Quant à l'affaire du monastère de Saint-Denis à laquelle le légat devait apporter une attention spéciale, nous avons des lettres ' de Grégoire qui nous en instmisent. Yves , qui en était abbé, avait été accusé à Rome de simonie ; les moines s'étaient divisés : les uns ^Taient pris parti pour Yves, les antres contre lui, et le monastère était dans le trooble.

L'affaire del'église deChartres, que Grégoire désigne spécialement comme digne des soins de son légat, était analogue à celle du mo-

4 Greg. Episu 5e, lUii. S.

3 Ibid.^ Eplst. 57.

> md.^ Epist. Gft, 65.

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nastèrede Saint-Denis. Le légat avait déposé, pour cause de simonie, révoque Godefroi, et un nommé Robert s'était emparé de ce siège par la protection du roi Philippe. Cité, pour ce fait, à comparaître par-devant le pape, Robert s'était vu dans la nécessité de promettre avec serment, devant le tombeau de saint Pierre, de laisser toute liberté aux élections; mais, de retour en France, il oublia son serment. Le pape l'ayanl appris, écrivit* aux fidèles de l'église de Chartres d'élire un autre évéque à la place de Robert , et chargea Richer, métropolitain de la province, de veiller, avec ses suffragants, à ce que l'élection se fit selon les canons. Le roi Philippe voulut soutenir Robert et l'envoya au pape. Grégoire en écrivit ^ aussitôt à son légat et lui enjoignit de se transporter sur les lieux , afm d'y faire éhre doit Robert, soit un autre, suivant les règles canoniques. Mais Godefroi porta sa cause par-devant le pape et fut rélabU.

Hugues de Die avait convoqué dans le même temps le concile d'Autun qui se tint dans le courant de l'année 1077 -^

Le roi Philippe s'était sans doute opposé à ce que le concile fftt réuni dans la province de Reims. Le légat avait donc dû s'entendre avec révéque de Langres, suivant les instructions du pape, et Autun fut désigné comme le lieu le plus convenable. Manasses de Reims ne s'y rendit pas, mais à sa place arrivèrent plusieurs de ses clercs qui l'accusèrent de violences et de simonie.

Hugues de Flavigny , dans la Chronique de Verdun, nous a conservé en abrégé ce qui fut fait en ce concile.

Beaucoup d'hommes illustres de France et de Bourgogne, des évéques et des clercs, des abbés et des moines, s'y rendirent. Au premier rang, avec le légat, était Rainard, surnommé Hugues^, qui gouvernait alors l'église de Langres. C'était un homme profond

4 Gregor. Epist. 1& et 15, lib. li.

^ llfid., EpisL 11, Ub. 5.

> Vid, Chron. Vlrduiu; ap. Labb. biblloUi.,t. i; et ap. Labb. et GossarU Conc, t. X, pag. 360.

4 Le P. f^onguexal relève , avec une certaine affectaUon, une Inadvertance du P. Mabllloii relativement i cet évéque. Le savant bénédictin, après avoir distingué Rainard de Hugues, admet, quelques pages après, que ces deux noms désignaient an même personnage. Il faut , dit le P. Longueval après avoir noté cette variation , prendre ce liernler parti si les chartes citées par ce Père ne sont pas supposées. Il y a une autre preuve que ces chartes, c*est le texte formel de la Chronique de Verdun : Hainardus cognomento Hugo, Le P. Longueval ne Tavalt pas sans doute remarqué.

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dans les études de rhétorique^ spirituel ^ éloquent ^ savant, très-a^ fable et plein de sagesse.

Il eut à entretenir le concile des troubles de l'abbaye de Saint* Bénigne de Dijon , et le fit dans la sixième session.

Dans les quatre premières on s'occupa, dit Hugues de Flavigny, d'un grand nombre de choses utiles à la sainte Eglise. Les aflairesde Gérard et de Manassès fixèrent surtout l'attention. Comme le légat avait reçu l'accusation des clercs de Reims quelque temps avant la tenue du concile, il en avertit l'archevêque et le cita à comparaître par-devant lui. Manassès ne tint aucun compte de cette citation. Il fut donc déposé. Cette sentence le mil en fureur. Il dressa des embûches aux clercs qui étaient allés l'accuser à Autun , afin de les faire périra leur retour, détruisit leurs maisons, vendit leurs prébendes et ravagea tous leurs biens. Parmi ces clercs était l'écolàtre Bruno.

Après la cause de Manassès, on s'occupa de choisir un successeur à Uumbert , archevêque de Lyon , déposé l'année précédente pour cause de simonie. On élut Gibuin , archidiacre de Langres. Cet homme, vraiment digne de l'épiscopat, s'opposa à son élection et se réfugia auprès de l'autel. On le saisit malgré ses protestations, ei on le fit garder à vue jusqu'au dimanche où il fut consacré.

Rainard de Langres ne donna qu'avec peine son consentement à une élection qui le privait d'un archidiacre vertueux et capable; mais il céda devant l'unanimité des sulTrages de l'assemblée et se contenta de demander, comme dédommagement, qu'on voulût bien choisir Jarenton, prieur de la Chaise-Dieu, pour abbé de Saint-Bénigne de Dijon. Cette abbaye était dans le plus triste état, et l'évêque de Langres, ainsi que Hugues, duc de Bourgogne, souhaitaient ardemment y rétablir la régularité.

Rainard, se levant au milieu de l'assemblée, fit un discours éloquent dans lequel il se plaignit du dommage apporté à son église par l'élection de Gibuin. a En me l'enlevant , dit-il , on m'a comme arraché l'œil , on m'a ôté mon appui et ma consolation, d Passant ensuite h la désolation o& était l'abbaye du bienheureux Guillaume, il supplia les Pères du concile de lui venir en aide dans le choix d'un homme capable de gouverner ce monastère autrefois si florissant. Le légat lui ayant dit de designer celui qu'il en croyait capable, Rainard montra du doigt le prieur delà Chaise-Dieu, ei dit, en fléchissant le genou : Donnez -moi ce poisson de la fontaine de Dieu. Hugues , duc de Bourgogne ,. joignit ses prières à celles de l'évoque de Langres. Tous les yeux étaient fixés sur Jarenton. Uugues de

DB l'bglisi db vrancb. 269

Die, connaishaat son* caractère un peu dur, considérant, d'autre part, les maux qu'il aurait à guérir, consentit difTicilement à son élection ; mais il dut céder à la volonté presque unanime de l'assemblée. Jarenton eut beau s'enfuir, pleurer, protester contre son élection, l'évéque de Langres le mit sous bonne garde jusqu'au dimanche où il devait recevoir la bénédiction abbatiale. Les moines de Saint* Bénigne, aveiiis du choix qui avait été fait , se rendirent à Autun et l'approuvèrent par écrit, après quoi Jarenton fut béni abbé et Gibuin consacré évéque, aux applaudissements du clergé, des moines et du peuple.

Bien d'autres choses utiles & la sainte Eglise de Dieu furent faites en ce concile d'Autun , suivant le témoignage de Hugues de Fia* vigny. Gérard y fit le serment exigé par le pape et fut consacré.

Le légat * se rendit d'Autun à Lyon avec Gibuin , ensuite au Puy où l'évéque simoniaque Etienne voulait toujours se maintenir ', et se dirigea sur Poitiers, en traversant l'Aquitaine. Il se fit accompagner de Hugues de Cluni , qui reçut du pape le titre de légat.

Après le concile d'Autun, Gérard, évoque de Cambrai, montra beaucoup de zèle pour l'établissement des règlements de Grégoire touchant le célibat ecclésiastique. Il interdit l'entrée du chœur aux chanoines qui ne voudraient pas quitter leurs femmes, et avertit qu'il ne donnerait jamais les Ordres à leurs enfants. Les chanoines se rendirent en corps chez l'évéque pour protester contre ces ordonnances. Gérard leur répondit qu'il n'osait transgresser les ordres qu'il avait reçus de Hugues de Die qui l'avait sacré. Les chanoines en appelèrent alors à l'archevêque de Reims, leur métropolitain, et écrivirent à leurs confrères les chanoines de Reims une lettre pour les engager à prendre fait et cause pour eux, et à défendre contre Rome la gloire et la liberté du clergé qu'on voulait soumettre au joug insupportable du célibat , et à la nécessité de mourir de faim en obligeant tout bénéficier à ne posséder qu'une prébende, lorsqu'il en fallait souvent trois ou quatre pour avoir le nécessaire.

« Si vous avez quelque courage, disent, en finissant, les chanoines de Cambrai à leurs confrères de Reims, vous mépriserez tous ces conciles qui nous couvrent de confusion. Pour nous , notre parti

* Cbron. Virdun.

s Cet évoque afait été excommunié par le légat; le pape avait confirmé cette aentence et écrit aux chanoines du Puy de refuser à l'intrus toute obéissance. Grégoire donna avis de ces décisions aux évéques de France , les priant de les faire connaître dans leurs diocèses, r. Greg. Episi. 18 et 19, 11b. 4.

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est pris : nous conserverons des usages sagement établis par Tindulgence de nos pères et nous refuserons de nous soumettre aux nouvelles coutumes qu'on veut introduire.

On voit par ces paroles, et par d'autres preuves que fournissent les règlements des conciles de cette époque, que le mariage des pré* très était passé en usage \

Malgré les protestations de ses chanoines , (rérard voulut main* tenir les règlements. Alors les chanoines ameutèrent le peuple qui prit leur parti si chaudement, qu'on ne pouvait, sans s'exposer, parler contre l'incontinence des prêtres ou contre la simonie. On dit même qu'un homme fut brûlé à Cambrai pour avoir osé dire qu'un prêtre concobinaire ne devait pas dire la messe et qu'il était défendu à tout fidèle d'y assister. Le bruit de cette atroce exécution se répandit à Rome; Grégoire chargea Josfroi, évéque de Paris,

* Nous trouvons dans la correspondance de Grégoire VII quelques léUrcs relatives aux affaires de France , qui méritent d'être signalées. li écrit une lettre commune à Udon de Trêves, Thierry de Verdun et Ilériman de Metz (Epistl3, iib. 3), et leur dit de se garder des scliisniatiques , c'est-à-dire des adliéreuts de Henri IV, roi de Germanie, qui les avait d'aliord entraînés dans leur parti « ^ ^^ ramener à la soumission Poppon , évéque de Toul. — 11 avertit Rlctier de Sens des crimes de Rainier, évéque d'Orléans, son suffragant (Epist. 16, llb. 3), et cite Rainier lui-même à se rendre à Rome pour expliquer sa conduite ( Epist. 17, lll>. 3). Dans une autre lettre à Rlcher de Sens, ii ordonne à cet arclievêque de se rendre à Rome avec Rainier qui prétendait n'avoir pas reçu la première lettre du pape (Epist. 0, lib. U)* — Dans une lettre à Rodulphe, arche\éqiie de Tours, Grégoire prie cet arclievêque de ne pas trouver mau\ais que le PalUum ait été donné à i'arche\éque de Dol, car ses droits ont été sauvegardés : la vieille querelle de Juridiction entre l'archevêque de Tours et i'évêqne de Dol durait toujours (Epist. 13, lib. 4)* — L'évêque d'Orléans ayant méprisé les ordres du pape, celui-ci chargea Richer de Sens et Richard de Bourges de le Juger et de le condamner, de concert a\ec leurs sulTraganls (Epist. 8, lib. 5). Il donna en même temps avis à Rainier de la commission donnée par lui k ces archevêques (Epist. 9, lib. 5). Rainier comparut devant ce concile et se Justifia , de sorte que le pape écrivit aux fldèles d'Orléans de lui obéir Jusqu'à ce qu'il eût lui-même rendu une sentence définitive (Epist. Ift, llb. 5). Mais de nouvelles plaintes arrivèrent au pape qui ordonna 4 Rainier de comparaître devant ses légats (Epist. 20, lib. 5). Grégoire écrivit encore en 1070 aux fidèles d*Oriéans qui réclamaient la déposition de Rainier et désignaient au pape Sanzon, qu'ils désiraient pour évéque : Il leur promit de faire examiner par ses légats la cause de Rainier (Epist. 23, lib. 6). Grégoire écrivit aussi à deux comtes bretons du nom de Gausfride ou Geoffrol , de réunir les clercs et les fidèles notables de l'église de Dol pour Juger entre deux prétendants ft ce alége : le pape avait lul*iDêaie ordonné un de ces prétendants , nommé Evetlus , auquel il donna le titre d'ar* dicvéque.

Ces lettres de Grégobre sont des années 1076 et 1077, pour b plupart.

OE l'égusv ds francs. S7i

de prendre des ioformations sur ce point, et d'excoromonier les auteurs et complices de ce crime, s'il était avéré *,

Manassès de Reims ne reçut sans doute pas l*appel des chanoines de Cambrai, non pas qu'il fût plus scrupuleux sur 1 article du célibat que sur tout autre, mais il craignait d'être déposé, et il écrivit alors au papa celte lettre fort soumise ^, pour s'excuser de n'avoir pas obéi à la citation de son légat (1077).

c Au seigneur Grégoire souverain pontife, son seigneur et 90Q père, Manassès, par la grâce de Dieu , archevêque de Reims, fidé*iilé et obéissance, soumission et dévouement. »

Après lui avoir parlé de quelques affaires peu importantes, Manassès arrive à ce qui était le but principal de sa lettre.

« Je supplie Votre Bienveillance, dit-il au pape, de me conserver la dignité que vos prédéceaseiirs ont accordée aux miens et qu'ils ont , par leurs écrits et leurs actes de privilège, confirmés pour l'a- Yenir. Ne rendez pas vain et inutile le privilège que vous m'avez accordé à moi-même de ne répondre à aucune citation , si ce n'est à la vôtre et à celle des légats romains , et non à celle de légats d'en deçà des Alpes qui ne cherchent que leurs intérêts et non ceux de J.*C. , et qui, sous de beaux dehors , songent à leur avarice et non à TEglise de Dieu. Qu'il me soit donc permis , à moi qui seul ai droit de convoquer tous les évêques de France, de ne répondre qu'à vous de ce qui me concerne, jusqu'à ce que je puisse me rendre à Rome; ce qui, j'espère, aura lieu vers Pâques. Je dois voqs dire qu'en mon absence, on a commis dans certaines parties de mon diocèse nu grand nombre de crimes; si, à cause de cela, oi| avait porté contre moi quelque accusation à votre tribunal , j'espère que vous n'y lyouterez pas foi si vite et que vous ne m'en ferez pas un crime avant que de m'avoir entendu. »

On remarque, dans toute la lettre de Manassès, de grandes démonstrations d'obéissance et une intention peu dissimulée de donner au pape une mauvaise idée de ses légats ; c'est dans ce but qu'il dit à la fin de sa lettre :

a II me reste à vous dire que le seigneur évêque Hugues de Die a interdit de ses fonctions notre suffragant Drogon, évêque de Térouanne, qui a été longtemps prêtre, et qui est évêque depuis soixante ans. Nous vous prions de rétablir dans son ministère ce

4 Greg, Epist. 20, llh. 4.

5 BplsU tfanass. ad Greg. ; ap Labl). et Gossart Gooc, t. x, p. 302*

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vénérable vieillard si proche de sa fia et qui pourrait mourir sous l'interdit, d

Grégoire répondit à Manassès en ces termes *:

a En réclamant ce qui peut être utile à l'honneur de votre épis* copat et ce qui n'est point contraire à Tautorité de nos prédécesseurs, vous pouvez être sûr du succès de vos demandes ; vous savez que nous sommes tout disposé à vous écouter, soit à cause de la charité fraternelle que nous avons pour vous, soit à cause des prières et de l'entremise de plusieurs de nos fidèles qui vous sont dévoués. Mais nous voulons en même temps prier Votre Fraternité de ne pas se trouver blessée si nous croyons devoir lui refuser pour un temps, et pour l'utilité commune, ce qu'elle nous demande. »

Après avoir expliqué à Manassès qu'il devait tout aussi bien obéir à des légats français qu'à des légats romains, Grégoire continue ainsi:

tf Nous avertissons Votre Dilection , de la part du bienheureux Pierre, prince des apôtres, de comparaître par-devant Tévéque de Die et Tabbé de Cluni , nos légats, de répondre aux charges élevées contre vous, de satisfaire suivant les lois, et de vous justifier conformément aux canons, b

Le pape avertit ensuite Manassès qu'il envoie à ses légats une commission spéciale pour terminer toutes les affaires dont il lui avait parlé dans sa lettre.

Grégoire écrivit ' en effet , le même jour , à Hugues de Die et à Hugues de Cluni , de terminer l'affaire de l'archevêque de Reims.

Mais ce prélat coupable n'osa se présenter devant eux et préféra aller i Rome, espérant, au moyen des amis qu'il y avait, et par son hypocrisie, séduire le pape. Il ne se trompa point dans son attente. Grégoire crut au récit mensonger qu'il lui fit, exigea seulement de lui qu'il promit par serment, sur l'autel de Saint-Pierre, de se présenter devant le légat, après son retour en France, et le renvoya absous, comme nous le verrons bientôt.

Tandis qu'il se rendait à Rome , Hugues de Die écrivait ' au pape pour lui rendre compte de ce qu'il avait fait jusqu'alors dans sa légation et lui demander s'il l'approuvait. Ce légat avait rencontré en France une grande opposition , surtout de la part des trois arche-

< Epist. Greg. 2, llb. 6b 3 Greg. Epist. 3, lib. 6.

B Epist. Hiigon. ad Grog. ; ap. Labl>. et Gossart. Conr., !• x, p. 364.

véque:^ (le Reims, de Bourges, de Sens, et il avait osé les déposer, ainsi que plusieurs autres évoques. Ils portèrent tous leurs plaintes à Rome en même temps que Manassès , c'est-à-dire à la 6n de Tannée i077.

Au mois de janvier 1078, Hugues de Die tint un concile .\ Poitiers : les actes en sont perdus *, mais on possède la lettre par laquelle Hugues rendit compte au pape de ce qui s'était passé.

Voici cette lettre ^ :

«Au seigneur digne et bienheureux pape Grégoire, Hugues, humble évéque de Die, salut dans le Seigneur.

or Nous avons tenu, grâce à Dieu, un concile à Poitiers avec quelque fruit, mais nous avons couru bien des dangers, éprouvé bien des coulradiclions pendant le voyage et dans la ville, dans le concile et hors du concile. D'abord le roi des Français, qui est son propre ennemi à lui-même, en se déclarant ennemi du roi du ciel, nous adressa une lettre dans laquelle il nous assurait qu'il désirait en toutes choses être digne du nom de notre fils, et honorer, autant qu'il lui serait possible, l'autorité de légat dont nous sommes revêtu. En même temps il écrivait au comte de Poitiers et aux évêques de son royaume qu'il les regarderait comme coupables de félonie: le comte, s'il me laissait tenir mes conventicules ou quasiconciles (ce sont ses expressions), et les évêques, s'ils assistaient à ces conciles ou autorisaient nos décrets dans lesquels , disait-il , nous ne cherchions qu'à ternir l'éclat de sa couronne et à rabaisser les princes de son royaume.

Les ennemis de la vérité prirent de là occasion de nous in-

* On aUribue à ce concite de Poitiers dii canons (ap. T«abb. et Cossart., 1. 1, p. 367). Dans le premier, ou défend aux évoques, aux abbés cl aux praires de recevoir i*invcsUture du rul , du conileou de lout autre laïque. Dans le second, un défend la pluralité des bénéfices et Pachat des dignités ecclésiasii(|ucs. Dans te troisième, on décide qu'on ne pourra prétendre aux biens ecclésiastiques par droit de parenté. Dans le quatrième , Il est défendu aux évêques de recevoir de l'argent pour les ordinations; et dans le cinquième , aux abbés ou auires, d'imposer des pénitences publiques; les pénitenciers seuls le pouvaient au nom de i'évêque. Le sixième canon interdit aux abbés, moines ou clianoincs d'acquérir de nouvelles églises sans le consentement de ré^iôciue. Lorsqu'une communauté acquérait ainsi une nouvelle église, un membre de cette communauté avait cbarge d'âmes, c'est-à-dire était curé et était immédiatement sous la Jurldieiton épiscopale. Les septième, buiUàme et neuvième canons sont contre les piéires concubinairea ; le dixième contre les clercs qui portaient les armes , et contre les usuriers.

> Epist. Hug. ad Grcgor. pap. ; ap, Labbe et Cossart. Conc. , t. x , p. 366,

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