‹ Histoire de l'église de France: composée sur les documents originaux et authentiques (volume 2)Chapitre 36 sur 50 · IV · texte numérisé non relu

IV

duprèd d*ëdx qUe son âbiorité spirituelle en vertu dé laquelle 11 pouvait les retrancher du corps de l'Eglise, et les mettre ainsi , à l'égard de leurs peuples, dans uU état de complet isolement et d'abandon.

Cette distinction que tlous venons d'établir entre les princes vassaiit du saiiit-siégé et les princes simplemetit soumis à Tâutorité spirituelle 9 n'a pas été assez retnarquée par les historiens qui ont déclamé avec violetice contre les projets ambitient de Grégoire Vit. Après avoir lu sa correspondance avec attention et sans préjugés , nous avons conçu l'idée la pltis haute de la profondeur du génie po* litique, de la sagesse, de la pureté de vues, de la sainteté , de l'activité prodigieuse du saint pontife si injustement calomnié par les défenseurs de l'absolutisme.

Nous n'avons pu suivre ce grand homme ni ati milieu de ses luttes contre Henri IV et l'antipape Guibert, ni à travers les adversités où il montra une âme si grande et si courageuse. Ces bits n'appartiennent pas k notre histoire. Ndus avons pieusertient recueilli les monuments qui nous restent de la sollicitude du grand pontife pour l'Eglise de France; niais malheureusement sa correspondance s'arrête à l'année 1081, et, jusqu^à l'année 4085 qu'il inourut , 6e qu'il put faihe pour notre Eglise est entièrement inconnu.

Dès le mois de janvier 108â, Grégoire, accablé par les tribulations qu'il avait eues à supporter, ressentit une grande faiblesse. Cet épuisement se prolongea jusqu'au mois de mai, époque où il lui devint impossible de quitter le lit. Il appela alors lés cardinaux et les évéquesqui ne s'étaient pas ralliés au parti de Guibert, et, comme ceux-ci le louaient des grandes œuvres qu'il avait faites : à Mes frères bien-aimés , leur dit-il , je compte mes travaux pour peu de chose. Ce qui me donne de la confiance, é'est que j'ai toujours aimé la justice et haï l'iniquité. »

Ceux qui étaient Auprès de son lit lui ayant demandé conseil sur le choix de son successeur, il désigna les trois hommes qui lui semblaient les plus dignes du souverain pontificat : Didier, cardinal et abbé du Mont-Cassin; Otton, évoque d'Ostie^ et Hugues, archevêque de Lyon et ancien évéque de Die.

Après avoir entretenu les évéques de différeiiis sujets édifiants, le saint pape Grégoire mourut, le 25 mai ; son pontificat avait duré douze ans , un mois et trois jours.

Rarement il s'est rencontré un honime <|ui ait été plus diversement jugé que Grégoire. On n'avait pas approfondi 1 époque où il

vécut. C'est le tort d'an trop graad nombre d'historiens de n'apprécier les actes d'un personnage que d'après les idées dominantes dans le pays et dans le temps où ils vivent : il est plus juste et plus raisonnable de se transporter à l'époque elle-même où vécut l'homme que l'on veut juger; de s'ideùtifier avec les mœurs de cette époque par l'étude approfondie des monuments. C'est l'unique moyen de voir les choses sous leur véritable point de vue, d'apprécier les raisons d'actes qui ne paraissent extraordinaires au premier abord que parce qu'ils sont en désaccord avec les idées du siècle où nous vivons.

Un historien, assez courageux pour s'isoler de son siècle autant que possible 9 et aller vivre en esprit an onzième, par l'étude consciencieuse des monuments de cette époque , ne pourra voir dans Grégoire VII qu'un homme admirable et par sa sainteté et par son génie.

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