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chant la réforme des mœurs, la trêve de Dieu et la croisade, terminant toutes les querelles de juridiction qui existaient entre le clergé séculier et les moines. Les principaux conciles qu'il présida sont ceux de Limoges , de Rouen , de Tours, de Saintes, de Nîmes ^
Les prédications du pape et des évéques produisirent des résultats extraordinaires.
Leur parole, dit Guillaume de Tyr ', ne tombait nulle part sans produire de bons fruits. Le mari se séparait de son épouse, l'épouse de 8^n mari ; les pères quittaient leurs enfants et les en&nts leur père ; Famour n^était pas assez fort contre le zèle de feu qui pénétrait les cœurs. Du fond même des cloîtres, de ces prisons où s'étaient enfermés les captifs volontaires de l'amour de Dieu , les moines sortaient en foule pour marcher vers les saints lieux. Cependant, ajoute le grave historien de la terre sainte, le zèle de Dieu n'était pas pour tous l'unique motif d'une telle résolution , et la prudence, mère de toutes les vertus, n'était pas toujours consultée. Quelquesuns ne partaient que pour ne point se séparer de leurs amis, d'autres pour n'être pas accusés de lâcheté ; d'autres ne se décidaient que par légèreté ou pour se soustraire aux poursuites de leurs créanciers '.
Un grand nombre cependant étaient guidés par des motib plus nobles, et la masse du peuple n'écoutait que son enthousiasme religieux. Dans tout l'Occident, chacun semblait oublier son âge, son sexe, sa condition; tous, sans distinction, se donnaient la main
* y. Labb. et Coss. Conc, t. i, p. 598 ad 611.— -Urbain, dans ses Jugements tor les querelles de JuridIcUon , donne presque toujours raison aui moines , su!- Tant le système adopté par ses prédécesseurs. Au concile de Clermont, le monastère de Marmoutiers fut exempté de la Juridiction de l'archevCquc de Tours. Les droits de cet archevêque sur la Bretagne furent reconnus , et le pape Urbain confirma de nouveau les droite de l'archevêque de Lyon sur les métropoles des quatre lyonnaises : Lyon , Sens , Tours et Rouen. — F, op. dt, p. 517, 5S9, 506 ; Pétri de Marca dissert. ibid. a pag. 510 ad 587.
3 GuiUelm. Tyr. loc. dt.
* Les privilèges accordés aux croisés en décidèrent beaucoup à partir. Ces prllUéges ont éprouvé des modifications de la première à la dernière croisade ; cependant on peut les rapporter à ces quatre points principaux : 1" ils furent exempts des redevances féodales; 2* leurs dettes, quoique échues « ne furent point exigibles ; 3" leurs propriétés furent mises sous la sauvegarde de TEglise ; 6* Us eurent la faculté de ne relever, sMls le voulaient , que de la Justice ecclésiastique , excepté dans les causes capitales sur lesquelles II était défendu aux Juges ecclésiastiques de prononcer.