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ensuite anx croisés de faire une procession autour de Jérusalem pour invoquer la miséricorde et la protection du ciel.
Après avoir jeûné trois jours , les pèlerins sortirent en armas de leur camp, marchant pieds-nus, la tête découverte, et firent le tour des murailles de la ville sainte. Les prêtres, vêtus de blanc, marchaient en tête, portant les bannières des saints et chantant des psaumes et des cantiques. Les enseignes étaient déployées et les trompettes des croisés sonnaient, compte autrefois celles des Hé^ breux autour des murs de Jéricho,
Les croisés commencèrent leur pèlerinAge par la vi^ée de Ra-» pbaïm qui se trouve en face du Calvaire , s'avancèrent vers le nord , entrèrent dans la vallée de Josaphat où ils saluèrent les tombeaux d'Etienne et des premiers disciples de J.-C. Continuant leur miàrche vers la montagne des Oliviers, ils cîontemplèrent la grotte où J^C, répandit une sueur de sang et le lieu où il pleura sur Jérusalem, Lorsqu'ils furent arrivés sur le sommet de la montagne , ils virent h leurs pieds toute la Tille et son territoire. A cette vue, leur enthou^ siasme devint du délire, Arnould de Robes leur adressa un discours pathétique qu'il termina en les exhortant à oublier toutes leurs quo* relies et à s'aimer les uns les autres comme des frères. Le br^ve al généreux Tancrède, touché de ces paroles, embrassa aussitôt Ri^y<mond avec lequel il avait eu de fréquents démêlés. Les autres chefs^ tous les guerriers imitèrent son exemple et jurèrent soleQnelleinent d'oublier leurs discordes et de s'aimer comme de vrais disciples de J,-C.
Tandis que les chrétiens se livraient aux transports de leur piété, ks Musulmans, rassemblés sur les remparts, prodiguaient les plus grossiers outrages aux signes vénérés de la religion. Pierre l'Ermite saisit cette occasion pour exciter l'indignation de l'armée chrétienne : «Guerriers, s'écria«<t-il, vous entendez les menaces et les blasphèmes des ennemis de J.« C, jurez de le défendre ! o Un immense eri de vengeance répondit à ces paroles, a Oui, continua l'éloquent ermite, j'en jure par votre piété , j'en jure par vos armes, le règne des impies touche à sa fin; l'armée du Seigneur n'a qu'à paraître et ce Til troupeau de Musulmans se dissipera eomme une ombre... Bnoore quelques instants, et ces murailles, qui furent troplonf* temps l'abri d'un peuple infidèle, deviendront la demeure des chnétiens. »
Les croisés rentrèrent dans leur camp, électrisés parle discours de Pierre FErmite, et se préparèrent, par la confession et la
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communion, à l'assaut terrible qu'ils résolurent de donner à la ville.
Le jeudi 14 juillet 1099, dès la pointe du jour, les trompettes sonnent l'attaque dans tout le camp des chrétiens. Les guerriers saisissent leurs armes avec ardeur , et volent aux murailles , précédés des machines de guerre ; le premier choc fut terrible, mais ils éprou* vèrent une résistance opini&tre et se retirèrent après douze heures de combat. « Malheureux que nous sommes! s'écriait, en rentrant au camp, Robert de Normandie, Dieu ne nous juge pas encore dignes d'entrer dans la ville sainte et de vénérer le tombeau de son fil». »
Le lendemain , le combat recommence avec la même ardeur. Les évéques, les prêtres parcourent les rangs; Godefroi, Tuicrède, Robert de Flandre, et Robert de Normandie, Raymond , tous , cbe6 et simples guerriers, rivalisent de courage et d'audace. Les assiégés leur opposent une résistance désespérée. Les croisés se battaient avec furie depuis six heures; leurs machines étaient en feu, et ils ne pouvaient encore se flatter de l'espoir d'entrer dans la ville. Ils commençaient à perdre courage lorsque tout à coup ils aperçurent sur le mont des Oliviers un chevalier qui agitait son bouclier et donnait à l'armée le signal d'entrer dans la place. Godefroi et Raymond, qui le voient les premiers, s'écrient : <r C'est saint George, c'est le patron des guerriers qui nous vient en aide! » Ces paroles volent de bouche en bouche; l'armée entière contemple avec joie le céleste chevalier et son ardeur redouble. Les femmes elles^-mêmes, les enfants, les malades se jettent dans la mêlée, apportent de l'eau, des vivres, des armes et aident les guerriers à pousser contre les murailles les tours roulantes qui ne sont pas encore consumées par les flammes. Celle de Godefroi s'avance au milieu d'une teirible décharge de pierres, de traits, de feux grégeois. Le pont-levis de cette tour s'abaisse sur la muraille. Godefroi, Tépée à la main , s'élance sur les remparts, suivi de ses plus braves guerriers, refoule les ennemis et pénètre &leur suite dans Jérusalem. D'un autre côté, Tancrèdey entrait en même temps, après d'incroyables efforts; les Musulmans, effrayés, s'enfuient; les croisés entrent en foule , par les tours , par les échelles , par les brèches en poussant leur cri de guerre: Dieu le veui I Godeifroi et Tancrède se rencontrent auprès de la porte Saint-Etienne, la brisent à coups de hache, et la foule des pèlerins se précipite dans les rues de la ville sainte.
L'armée chrétienne fit un carnage horrible des Musulmans ; les