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Les Jésuites français^ italiens et allemancb ont soutenu les mêmes principes immoraux que ceux d'Espagne et de Flandre; Bauny n'est pas moins répréhensible qu'Escobar, Tamburini et Busambaûm ne leur cèdent ni à Tun ni à l'autre. C'est en France que les casuistes ont trouvé un apologiste dans le P. Pirot ; les théologiens qui ont soutenu la morale évangélique sont aussi rares chez les Jésuites^ que les casuistes relâchés le sont dans les autres congrégations religieuses. De là^ il suit que Pascal n'a point été calomniateur, en attribuant à la Compagnie des Jésuites les princi-pes des casuistes. Cette Société n'est pas un être de raison, et se compose de ses membres; dès quje l'immense majorité des Jésuites a professé les principes de Bauny et d'Ëscobar, non-seulement on peut, mais on doit faire porter à la Société la responsabilité de ces principes.
Mais cette Société avait-elle conçu le projet de semer l'immoralité dans le monde, de corrompre la société? On a reproché à Pascal d'avoir eu cette opinion; ceux qui ont jugé à propos de lui faire ce reproche tout à fait gratuit étaient peut-ôure disposés à lui prêter une idée absurde, atin de le combattre avec quelque avantage. Pascal n'a jamais cru que les Jésuites eussent, de parti pris, conçu le dessein de corrompre la société ; seulement, il a pensé qu'à force de vouloir accommoder les préceptes de la morale aux sentiments du monde, ils avaient posé des principes qui ne tendaient a rien moins qu'à excuser les vices les plus allreux, et à laisser libre carrière à toutes les passions. Cela ressort si évidemment de toutes les Provinciales, qu'il est difficile de croire à la bonne foi de ceux qui ont attribué à Pascal une autre pensée.
Enfin, les Jésuites ont reproché à Pascal les sarcasmes sous lesquels il les a accablés.
Nous avons lu les principaux ouvrages que les Jésuites ont adressés à l'école de Port-Koyal, et ceux que cette école leur a opposés. De cette lecture, faite sans esprit de parti, et à une époque où nous étions plus favorable aux Jésuites qu'à leurs adversaires, il nous est resté cette impression : que les Jésuites traitent ordinairement les solitaires de Fôrt-Hoyal avec une colère, avec une injustice qui étonne; lorsqu'ils veulent faire de l'esprit, ils
confrères, les aveux de ces ennemis de l'Évangile. (Feller, v» Escobar, Caramuel, etc.) Le biographe jéàuit« ne s*est pas aperçu que les paroles qu*il cite sont d*autant plus humiliantes pour les casuistes qu^elles sont plus sympathiques.