DX L*A6LI8E DS PBANCB
TéTéque de (j^iève^ qui modifia en conséquence le premier plan de la Congrégation^ et qui dressa ses constitutions^ lesquelles furent approuvées par Urbain VIII^ en 1696. Les couvents de la Visitation devaient être soumis aux Ordinaires^ sans avoir de supérieur général. Les premières maisons établies après Lyon firent celles de Moulins^ de Grenoble et de Bourges. En 1619^ Madame de Chantai vint à Paris^ et fit un établissement au faubourg Saint-Michel. La première messe y fut célébrée par saint François de Sales, qui se trouvait alors à Paris.
L'établissement de la Congrégation de l'Oratoire * suivit de très près celui de la Visitation. Le fondateur fut le cardinal de Bérulle, dont Bossuet a parlé ainsi *:
« En ce temps, Pierre de Bérulle, homme vraiment illustre et rêcommandable, à la dignité duquel j'ose dire que même la pourpre romaine n'a rien ajouté, tant il était déjà relevé par le mérite de sa vertu et de sa science, commençait à faire luire à toute l'Église gal* licane les lumières les plus pures et les plus sublimes du sacerdoce chrétien et de la vie ecclésiastique. Son amour immense pour l'Église lui inspira le dessein de former une Compagnie à laquelle il na point voulu donner d'autre esprit que l'esprit même de l'Église, ni d'autres règles que ses canons, ni d'autres supérieurs que ses évéques, ni d'autres biens que sa charité, ni d'autres vœux solennels que ceux du baptême et du sacerdoce. Là, une sainte liberté fait un saint engagement : on obéit sans dépendre; on gouverne sans commander; toute l'autorité est dans la douceur, et le respect s'entretient sans le secours de la crainte. La charité qui bannit la crainte opère un si grand miracle; et, sans autre joug qu'ellemême, elle sait non seulement captiver, mais encore anéantir la volonté propre. Là, pour former de vrais prêtres, on les mène à la source de la vérité : ils ont toujours en main les saints livres, pour en chercher sans relâche ia lettre par l'étude, l'esprit par Toraison, la profondeur par la retraite, l'efBcace par la pratique, * la fin par
^ Vie du cardinal de BéruUe, par Tabaraud ; Vie du môme, par Habert ; Histoire de la Congrégation de TOratoire, par le P. Àdry (Mss. archiv. s^ct. iiist., D.o 439) ; Annales de la maison de I^Oratoire établie rue Saint-Honoré, depuis son établissement jusqu*en 1711 (Mss. arohiv. 8eot« hist* ïkj^ 440).
* Bossuet, Oraison funèbre du R. P. Bourgoing, supérieur général de la Gongrégatioo d« TOratoire.
la obarité^ k laqnoUe tout se termine et ^i est l'umgm$ tritmt eut. ekriiiîmimm» S comme |iarie TertuUiai. »
Dus tout le diteoiirs dont nos yaDooa de dter quelques ligMi> Bossuet parie arec un iréritaUe euthousÎMmeet une profonde vénérati(Mi de la Gongrégation de l'Oratoire,
Pierre de Bérulle, qui dota l'Église de France de cette sainte et respectable Gongrégationy naquit le 4 février 1575, au château de Sérîlly, près 'Froyes. Son père» Ckarles de Bérulle, était conseiller au Parlement de Paris, et sa mère était Louise Seguier, tante du chancelier de ce nom. Pierre entra dans Tétat ecclésiastique et fut ordonné prêtre en 1599. Peu de temps après, il fut nommé auroônifir du roi, et il se livra avec la plus grande ardeur aux fonctions du saint ministère. L'état déplorable ou se trouvait le clergé attira surtout son attention et lui inspira la pensée de former une société d'ecclésiastiques destinée à dionner l'exemple et le précepte de la bonne discipline.
Tous les écrivains sérieux de Tépoque s'accordent à dire que la clergé avait alors un extrême besoin de ces instructions et de ces exemples.
Abelly, évéque de Uhodei S constate que « un renversemeat presque universel de tout ordre et de toute discipline ecclésiastique » avait suivi les troubles du xvi.^ siècle. « D'où provenait, igoute cet auteur, qu'en la plupart des provinces les peuplée Paient comme de pauvres turebis dispersées, sans pâture spirituelle^ sans sacrements, sans instruction, et presque sans aucun secours extérieur pour leur salut, p
Quelques conciles provinciaux et quelques bons règlements re« nouveléspar eux ne purent remédier à ces désordres, et, si de bons évéques firent des efforts pour l'amélioration de leur clergé, il faut avouer que la plupart des premiers pasteurs ne songaient qu'à jouir des revenus de leurs évéchés et ne remplissaient pas leurs devoirs épiscopaux ; heureux encore lorsqu'ils ne donnaient pas de scandales I
Les désordres de l'état ecclésiastique étaient cause, dit encore Abelly, a que le sacerdoce était sans honneur et même dans un tel mépris, en quelques lieux, qu'on tenait pour quelque sorte d'avi-
< ChritUani wminU Theumrm; Tertall., de PoKanCi n*o i% * L. Abelly, la Yie du V. Vinecat de Psal, liv. 1, c. 1. On peut aussi eoanilter la Vie du P. de Condreo, par Amelotte.
DB VÈaum W FRANCK. 75
liasomeikt^ aux penonses de coadilimi tant soil peu boimàtea se* Ion le monde^ de se mettre dan» let saints ordre»^ à moins que dV voir qnel^pie bénéfice considérable pour en convrir ia honte î et^ selon la commune opinion du mande, c était alors une espèce de contumélie et d'injure que de dire à quelque ecclésiastique de qua* lité qu'il était un préir^. De ce défaut de verto et de discipline dana le dergé, procédait un autre grand maU qui était que le peuple, et particulièiHBment càm de la eampagne, n'était point instruit ni asisté comme il devait être dans ses besoins spirituels ; on ne sar vait presque ce que c'était que de faire des catbéchismea ; les curéi de vàlage, pour la plupart^ étaient comme ces pasteurs dont parie le prophète, qui se contentaient de prendre b laine et tirer le lail de leurs brebis, et se mettaient fort peu en peine de leur drainer la pâtore nécessaire pour la vie de leurs âmes, de sorte qu'on voyait de tous côtés des chrétiens qui passaient leur vie dans une si profonde ignorance des choses de leur salut, qu'à grand peine savaient-41s s'il y avait un Dieu ; et, pour ce qui est des mystères de la Sainte- TYinité et de l'Incarnation du Fik de Dieu, que tous les fidèles doivent croire explicitement, on ne leur en donnait aucune explication ni intdiligence, et encore moins de ce qui concerne les sacrements qu'ils devaient recevoir et des dispositions qu'ils y devaient apporter. D
Les prédicati(»s étaient plus fréquentes dans les villes ; mais la connaissance de la religion y était stérile ; on n'y pratiquait pas les préceptes les plus essentiels du christianisme, a Pour les aumônes, ajonte l'auteur cité plus haut, on ne s'y adonnait que fort petitement; de telle sorte que les personnes les plus accommodées croyaient faire asseï lorsqu'elles donnaient quelque double ou quelque sol anx mendiants ordinaires ; et, s'il arrivait que quelqu'un fit quelque aumône un peu plus considérable, cela passait pour une action de charité tout extraordinaire. »
Tel était l'état de la religion en France an commencement du xvn.* siècle, lorsqu'on entreprit toutes les réformes que nous esquissons.
Pierre de Bérulle ^ fut, sans contredit, un de ceux qui contri-
^ L*abbé de Saiiit-<^yraii écrivait à un Père de FOratoire en 1029 : c Je lui attribue quasi tout le bien qui est arrivé à notre royaume et à TÉglise de France depuis quelques années. » Lettre de Tabbé de Saint-Cyran, t. i., lettre 65.«.
76 HtSTOlBE
huèrent le plus à ramélioration du clergé et de la sodiété chrétienne^ par ses travaux apostoliques et par rétablissement de sa Congrégation. Avant de jeter les fondements de cette institution, il en conféra avec les personnes les plus reoommandahles, entre autres avec saint François de Sales et le B. César de Bus, qui approuvèrent ses vues. Après avoir mûri son projet, Pierre de Berulle s'associa quatre prêtres animés du même esprit que lui, qui se nommaient Bence, Gastaud, Hétezeau et Bourgoing ; ce dernier fut le troisième supérieur général de la Congrégation, et a eu la gloire d'avoir Bossuet pour panégyriste. Paul Y approuva le nouvel ordre, le 10 mai 1613, sous le nom de Prêtres de l'Oratoire. Leur première demeure fut l'hôtel du Petit-Bourbon, rue Saint-Jacques ; mais leur nombre s'étant accru, Berulle acheta l'hôtel du Bouchage, rue Saint-Honoré, et y ouvrit une petite église qui fut déclanêe chapelle royale. La proximité du Louvre y attirait les personnes de la Cour; on y faisait des conférences spirituelles et des instructions familières. Peu après, on jeta les fondements d'une église plus vaste S et dont la première pierre fut posée, en 1621, par le duc de Montbazon, gouverneur de Paris.
La Congrégation de l'Oratoire prit dès lors de grands accroissements et reçut plusieurs sujets distingués par leur noblesse, entre autres : le marquis de Coligny, le baron de Sanci , le Boutfaellier, deCréqui, de Chanteloube, de Condren. Les Pères de l'Oratoire furent appelés successivement dans un grand nombre de villes. En 1615, ils s'accrurent par l'adjonction d'une société de prêtres, formée en Provence vers la fin du siècle précédent, par Rollin Ferrier, prieur-curé de Catignac, pour desservir la chappelle du pèlerinage de Notre-Dame des Grâces. Cette association, approuvée parClément VIII, en 1599, était composée d'ecclésiastiques voués à diverses fonctions, de docteurs, de chanoines, mais leur nombre n'était pas très considérable. Comme leurs règlements étaient conformes à ceux des Pères de l'Oratoire, André Tod, leur second supérieur^ s'entendit avec Pierre de Berulle, et ils furent, de leur consentement, unis à l'Oratoire. Quatre ans après, une partie des doctrinaires de la Congrégation de César de Bus, s'étant séparés des autres, sous la conduite du P. Romillion, grossirent encore les rangs des disciples de Berulle,
L*ÉgUso do rOratoirc exi.<io encore, ot est devenue un temple protestant»
itt L Éoun M nuMci. 77
Les Oratoriens ne contractaient pas d'autre obligation que celle de vivre en bons ecclésiastiques, sous la conduite des évéques. Ils étaient placés, comme les autres prêtres, dans des cures, ou se chargeaient de la direction des collèges et des séminaires. Vers la fin du xvn.^ siècle, leur Congrégation possédait soixante-quinze maisons; elle a produit beaucoup d'hommes de mérite, des prédicateurs, des théologiens, des savants, des littérateurs, des prêtres, qui offraient l'exemple de toutes les vertus ecclésiastiques et surtout de rhumilité et du désintéressement; elle a surtout rendu des services importants à l Église et à la société dans la carrière de l'éducation.
Elle rencontra sur ce point des antagonistes dans les Jésuites, qui, depuis qu'ils étaient établis en France, avaient poursuivi le projet de s'emparer de l'enseignement. Les Oratoriens, aussi modestes qu'éclairés, ne demandaient qu'à faire le bien à côté de ceux qu'ils vpttlaient considérer comme des frères ; mais les Jésuites se montrèrent bientôt jaloux de la nouvelle Congrégation et cherchèrent à lui nuire par des moyens détournés. Nous avons, à ce sujet, une lettre de Pierre de Bérulle lui-même, que nous devons insérer en entier comme un monument historique fort peu connu et cependant bien digne de l'être, et qui jette de vives lumières sur une cause depuis si longtemps débattue.
Cette lettre de P. de. Bérulle fut écrite en 1623, au cardinal de Richelieu. Il s*y exprime ainsi :
a J'aimerois mieux, Monseigneur, vous satisfaire en tout autre sujet et vous rendre compte d'autres affaires que d'être obligé de parler et d'écrire dans cette occasion. Aussi je ne le fais que par obéissance et nécessité, et le plus tard qu'il m'est possible, car je voudrois bien plutôt employer le temps à demander à Dieu la grâce de patience pour faire un bon usage de semblables accidents, que de l'employer à nous plaindre de ceux qui nous intéressent, encore qu'ils soient extrêmement diserts et abondants à se plaindre de nous en toutes rencontres, et à faire valoir fort peu de choses, et qu'ils soient gens à répandre leurs plaintes jusques dans les provinces étrangères, comme s'ils vouloient que ceux qui sont connus pour innocents où ils sont soient tenus pour coupables où ils ne sont point. Car c'esi leur procédé de parler tous en divers lieux un même langage contre nous *, ainsi que je l'ai de nouveau
^ Sasbold, délégué du Saint-Siège en Hollande, au commeneemeot du xvu.«
78 BMTilRC
reconnu et tpiKwé eo ce dernier voyage» cooune s'ils en avoient des avis communs et en tinssent registre; au lieu que pas un d'entre nous n'est instruit de ces différends et n'en parle ni en oommun ni en parlicttlier*
» S'ils étoient plus mémoratifs des bienfaits que des offenses^ ils se sou\iendroient et avoueroient ingénument que je les ai jservis et en général et esà particulier^ même en iempê que pas un de ce royamne ne Voeoit faire, et ce pendant longues années et durant le courroux de notre grand roi sensiblement offensé, dont je n'ai point considéré l^indigaation^ nonobstant le péril, pour considérer leur besoin et leur faire charité dans l'oppression publique et lorsqu'ils étoient abandonnés de tous. Et même ceux que j'ai rbonneur d'avoir pour parents ont été presque les seuls q«i les* ont assistés dans leur affliction et protégés, même avec périls très grands, dans l'accident de Chàtel, qui mit les Pères Jésuites en ruine, comme on sait, et ceux qui les protégeoient lors : ce que je 4lis est notoire en France à tous ceux qui savent l'histoire du temps.
» Us se sonviendroieat que le P. de Sancy les a obligés de sa vie et de ses mains k Gonstantinople; et ils le reconnaissent mal fowr être trop vioknU en i4ur$ deeêeine^ trop peu sensiblee en leurs devoirs et irop aveugles en leurs iniéréii.
«ède, s*eipnme tiasi toucbaut ce proeéâé des iésaites : a Fovr eitltcr leur nom, i\a s'approprient les actes des autres, grossissent les plus petites choses, font tout parvenir à leurs confrères pour qu'ils le réjpandent dans tout tunivers. »
Cwt par cette oorrespondanee entre eux lous et cet aocord qu*îls parfienlient à auire à leim adversaires el à s*exaller «ux-«iêiBes.
« y ai lu, dit eaoore Sasbuld, que les xeligieux de U G>mpagQie de Jé^us a?aient, dans leurs lettres, beaucoup fait valoir leurs travaux et leurs succès (en Hollande) ; mais, pour moi, f affirme simplement que leurs récits ne sont <pêe ées faussetés eides tnvenHsm contraires à ta vérité, fii'iff oontioi»êsêU Men. Je ne veux point qu'on trompe le pentifo et qu'on se joue lie CÉ^ gUse par de fausses relations»
« Qu'ils en disent ce qu'ils voudront, dit encore Sasbold, les choses sont ainsi... Ils comptent pour rien de nier leurs propres foutes et de les imputer «HxaTBlres. » (K. les lettres deSas^ld à<jrraviU8.)
Dans ses lettres au cardinal MeUhii, Sasbold n'est pas moins eiqplisite tonfeve les Jésuites.
Pie IX, dans sa lettre apostolique, ex çuà Die, en date du 4 mars 1853, loue Sasbold comme un homme très reeom$nandable et enflammé de %éU fMwr l9 naMilMMi.
DE l'ÉGLNB De niANCB. 99
» Ht éa flouvtendroinit qw, dt^s «voir dressé l'Oraloife^ je les ai DUigéft à Rouo!, à Oriéun^ à Troyes» i Alençott et ma plu« mim attirai Heuz.
B A Rouen^ j'ai refusé la ville^ qui nous donuoît on collège pour noua loger, encore que noos fiissioiia suia ancua fonds ni logemeol, HeeyjfmtrBatisfaireà kur$ désirp et its Miitmr ée l'otnbre qu*i^ m)oieni fu$ fo vilh ne $'nffeclwnnûi à nous peur la régence plus qu'à eux ; et^ après notre refus^ une sainte famiUe religieuse n'a pas été si réservée que nous et s'en est fort bien trouvée aocotn- HKKxee*
» A Orléans, nous atons travaillé à les introduire et refusé k collège qui iioos a été ofifert et un boft fonds pour l'entretenir, èâen cpae nc«a y tùssicms sans biens et sans moyens, fi pmtr ne pus les exclure de ceUe ville, en laquelle Us n'mooieni prpêexÊe d'enlrer fur par celle wde, et après avoir disposé M. l'évéque et plutôeurs de, fat ville à tes admettre, gui en êioieni fart «Voifn^s, sitôt qu'ils y ont été reçus, pour récompense de notre ckiariié, ils ont irmwtiUi à nous les rendre eontraires et è twus y rendre les mamvaiê offices fuUs nous ont faits à Bordeaux ^ et aiUeurs,
j> A Tïoyes, depuis trois ans on environ, fe collège nous a été offert par un qui est «acort vivant et de leurs «mis, lequel Jeur a témoigné comme nous Fumons refusé en leur cosuidération^ \elif^ ment qu'ils ne le peuvent ignorer, les témoins étant vivants et de kurs confidents et la dispoeUion de la vMs fortél&ignée de leseet fratifier *; et même les n Aires ont tâché de les introduire da«s k bienveillance de leurs amis.
< A Bordeamc, les Jésuites avaient aocusé Pierre deJSéndlsde se ailler lie U direction Ues Carmélites sans mission ; ce qui était un mensonge, puisque Paul y Tea avait chargé de la manière la plus authentique. Ils Tavaient, en outre, accusé d* hérésie ^ selon leur usage de vouloir faire passer pour enneém éd VÈ^i» ceux quelle n'aisient pas. P. de llénitle méprisa eeUe «ccasalion et B*y répoadit que dix aas adirés dans «m petit ouvrage qui est h la tdle 4b ses DisGOurâ sur les grandeurs de Jésus. Il &> exprime ainsi: u Après dix ans de patience et de silenco, après trois ans de tempête et d'orage suscités en Italie et en France par des esprits nés d cet exercice ; après phisieurs ealomnies et six libelles injurieux et -dilCamateires soignsasement répandait Je produis ce Disoeuis en évidtaMe, et le produis noa pas pour perler 4a louis personaesi de leurs desseins et de leur conduite* mois pour parler de JésM^ C3irist. »
* Nous raconterons bientôt leurs intrigues pour obtenir le ooUége de 1>oyes nslgré la ville.
80 HISTOIBB
9 A Alençon^ députe six mok, un d'entre nous, seul curé de toute la ville, a diqKMé ses paroissiens à demander les Pères Jésuites dans la ville, et ce particulier a porté leurs affaires comme les siennes propres.
» A la vérité, ils donnent sujet *de croire qu*il$ fConi égard à rien, quili ne $*Migeni de rten, et qu'ils reconnoissent bien mal l'affection qu'on leur a témoignée, ei que leur propre intérêt est leur loi suprême.
» J'oubliois de dire que le P. de Sancy, depuis qu'il est de l'Oratoire, leur a fait don de 12,000 livres, encore que nous ayons assez de besoins pour recueillir la charité des nôtres, par la grande réserve que nous avons de n'être à charge à personne.
ji Je ne veux pas spécifier que j'ai fait appliquer mifle écus d'aumônes, qui étoient à ma disposition, à un de leurs collèges, n'ayant pas voulu en appliquer un sol à aucune de nos maisons; ainsi je ne le marque que pour leur faire connaître que nous n'avons jamais reçu aucune assistance et libéralité de leur part.
» Voilà notre procédé envers eux ; le leur envers nous ne se trouve pas semblable, n'y ayant aucun Jésuite qui ait rien fait pour aucun prêtre de l'Oratoire ni aucune maison de l'Oratoire.
j» Depuis dix ans qu'il a plu à Dieu de nous établir, ils nont omis aucune occasion de nous pouvoir nuire directement ou indi" rectemeni, sans que j'y aie pris part, ayant même pris peine d'ou- Mier ces choses, et non de les remémorer, de les cacher et non de les publier, et nos Pères n'en ont rien su de moi ; et ceux qui nous hantent ne se sont jamais entretenus entre nous de ces plaintes et discours, qui sont toutefois leur entretien ordinaire avec leurs amis, n'y ayant un seul de tous ceux gui les hantent qui ne soit pleinement informé des plus petits sujets dont ils s'offensent, m' étonnant que des dînes religieuses soient remplies de si peu de choses et en remjUissent si souvent les autres.
» Ce dont je me ressouviens, puisque vous me le commandez, Monseigneur, je vous l'exposerai sans rechercher davantage.
» A Rome, il y a dix ans qu'ils nous traversent en l'affaire de saint Louis ^ publiquement par le P. Lorigny, encore que cette affaire ne les regarde aucunement pour leurs intérêts particuliers, car Us n'y peuvent rien prétendre, ayant assez de maisons dans Rome. Aussi, ils n'ont aucun prétexte de s'en mêler, sinon en tant qu'ils
^ Les Oratnriens agiraient avoir TÉglise SAÎnt-Louis-des-Français, à Eone.