‹ Histoire de l'église de France: composée sur les documents originaux et authentiquesChapitre 4 sur 26 · DE L*£6L18E DE FRANCE · texte numérisé non relu

DE L*£6L18E DE FRANCE

cnUefU se mêler de tout y car cela passe leur pouvoir et leur connaissance.

> En France^ le désir que j'avais de vivre en charité avec eux m'avoit fait mander, en toutes les maisons qu'il a plu à Dieu nous donner, qu'on les logeât par hospitalité, toutefois et quantes qu'ils y passeroient. Mais 1/5 ont bien mal usé de cette charité, s'en servant pour venir souvent à Dieppe et y loger chez nous, dans le dessein de traiter avec ceux de la ville, a notre déçu, et nous enlever le eoBége que nous avons dès le commencement de notre établissement, en la ville, et qui est plus fondé par nous que par la viUe méme^ ei étant logés chez nous, en dressoient les mémoires chez nous mêmes, lesquels ont été trouvés depuis ; et se voyant exclus de ce projet, ils n'ont pas laissé dès depuis d'y laisser deux de leurs Pères, sans être appHés ni désirés de la ville^ sans être fondés par monseigneur Varchevêque, ni par aucun, et sans y être fort utiles, y ayant des Révérends Pères €apucins et des Pères Minimes, et des prêtres de l'Oratoire, qui est bien assez pour une petite ville; et leur soin principal est de contrarier a ce que nous y faisons^ de Osninuer le collège en ce qu'ils peuvent, d'en divertir les écoliers pour les envoyer ailleurs; ce que nous suppprtons en patience et silence, réservant de nous j opposer s'ils passoient plus avant; et Messieurs de la ville nous ont avoué que les Révérends Pères Jésuites en avoient traité avec eux et disent, pour excuse^, qu'ils croyoient que ce fût de notre consentement, parce qu'ils étoient logés chez nous; ce qui donne sujet à des personnes de grande puissance, de qualité et de mérite, de m'écrire exprès pour m'en avertir et de me faire plainte de la facilité et simplicité de nos Pères de Dieppe de se fier ainsi aux bons Pères Jésuites.

» A Rouen, le P. Phelipeaux a prêché publiquement contre les dévotions de l'Oratoire, encore que les conditions du temps et de la ville, qui est remplie de plusieurs hérétiques, fassent assez connaître qu'il y a des choses plus dommageables et plus dignes d'exciter son zèle. En étant averti, j'aimai mieux disposer nos Pères à le souffrir en silence et patience, sans aucune réplique, pour ne point faire de brm't dans un lieu si plein de libertinage et d'hérésie, et ne pas émouvoir le scandale que son zèle, accompagné d'aussi peu de science que de prudence, y avoit préparé ; et encore qu'il soit notoire que, par la grâce de Dieu, nous avons d'aussi bons docteurs, pour défendre ces exercices, que lui pour les attaquer; et au lieu de ces mauvais offices, il a plu à Dieu de

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tlisposer les nôtres, en divers lieux, à louer en chaire lew Compagnie.

D A Bourges, leurs ewcis sont publics en Tafiaire des religieuses Carmélites. Un nommé le P. Babardeau a dit des caiemmiès étranges et €Uroces de moi à monsieur le Prince, et ce Père ei ks autres ont publié ces calomnies dans la vUle^ en sorte ^ue c'étoH ta créance du peuple. Quelques dames de qualité, qui ont une autre opinion de moi, par la grâce de Dieu, passant par «ette ville, étant toutes étonnées et mal édifiées tle semblables disQonrs, leur en tirent des plaintes; mais elles n'eurent d'eux autres réponses que celles-ci : qu'elles étaient des BéruUistes et çu'^llee étaient ensorcelées de moi; paroles peu séantes en la boucbe de religieux et de supérieurs de religion ; et toutefois le P. Provincial, étant informé de tous ces désordres, les laisse dans la même inUe où ils font tant d'excès et oit ils entretiennent ouvertement lê$ mêmes troubles et divisions quils y ont formées, et au lieu que j'ai à me plaindre de plusieurs d'entre eux, et presque en tous lieux de France, je ne sache point avec vérité qu'ils se puissent plaindre d'aucun d'entre nous, que d'un particulier, lequel ayant tenu quelques propos, dont ils se plaignolent, je le retirai du lien où il leur faisoit peine, et enfin hors de la Congrégation.

» A Bordeaux, ils avaient formé le dessein de me rendre eus» pect d'hérésie en assemblée publique, sur le bujet d'un papier de dévotion que j'ai fait imprimer depuis, pour anéantir cette accusation, lequel papier a été approuvé de plusieurs prélats, docteurs et religieux de grand nom et mérite. Mais ce coup leur ayant manqué, par l'arrivée inopinée de M. l'évoque de Nantes, ou plutôt par la Providence de Dieu, qui veille sur les siens, et comme ils répandaient par les maisons la même accusation, cela obligea M. de Nantes d'aller dans leur collège et de leur faire entendre que, s'ils ne cessoientde parler ainsi, il étoit obligé, ayant approuve mon livre, de monter en chaire pour le soutenir publiquement À rencontre d'eux.

» Dans la même ville, depuis peu de jours, un des principaux ifentre eux a dît à des personnes de qualité, eu leur parlant ée moi : iste honw natus est ad pessirna, (Cet homme est né pour les plus méchantes choses.)

» C'est encore dans cette même ville de Bordeaux que, par leurs «vis et conseils, deux religieuses de grande piété et de mérite, et qui, étant danslo monde, les ont obligés en f&ur particulier, en

opt été iadignement traitées, hiea que la piété de Tune et la qualité de l'autre fût si éminente, qu'elles méritoieot bien un autre traitement; Tune est la mère Marguerite, que vous connoissez, Monseigneur, et Tautre, madaoae d'Austras, sœur de M. le prési* dent S^;uier, leur unique et puissant protecteur au temps de leur opprobre ^, et belle-mère de M. le Président de Gourgues, leur fondateur dans Bordeaux et leur singulier appui dans la Gascogne : mais ils voulaient violer tous droits et tout reepect pour violer f Oratoire ; et il falloit qu'à cause que ces religieuses n'obéissoienl pas au conseil des Jésuites, pour 'obéir au pape, à leur supérieur et à leur Ordre, elles fussent chassées et illégitimement excommuniées par un qui n'en avoit ni commission ni ordre; et que celles qui suivoient le conseil des Jésuites et désobéissoient au pape, avec opprobre du Saint-Siège, ne fussent pas valablement exxsommuniées par ceux qui en avoient la chaîne et le pouvoir de Sa Sainteté même ; ce qui est une nouvelle et dangereuse théologie et un grand privilège pour ceux qui suivent les excès des Jésuites. D Je ne veux point rapporter tout ce qu'ils ont fait à Bordeaux, à Saintes, à Limoges et à Bourges, ce sont choses plus dignes de larmes que de paroks. Je dirai seulement que le désir que j'avois de vivre avec eux en repos, respect et charité, me faisoit les introduire, employer et autoriser plus que moi-même dans tous les monastères des Carmélites qu'il a plu au Saint Père de nous commettre ; et ils se sont servis de cet accès que je leur donnais y pour euseiter contre nous cette division qtte vous savez. On estimeroit et appelleroit cela dans le monde une perversion insigne, fondée eur calomnies, et encore contre une personne qui ne les a jamais desservis qu'en fondant l'Oratoire par commandement de Sa Sain^ teté, et ils ont maintenu cette division et l'ont portée dans les extrémités qui sont connues à la France^ à l'Italie et à la Flandre. (iss Pères Carmes se retirèrent pour obéir au pape ; euœ qui auparavant étaient cachés sous leur manteauœ, ont paru lors jmblique-

* Pierre de BëruUe avait pour mère Louise Seguier. Les Jésuites, par liaine contre lui , détestaient jusqu'à ses parents, qui avaient été leurs bienfaiteurs. Ces religieuses de Bordeaux forent persécutées par les Jésuites, parce qu'elles reconnaissaient pour supérieur P. de Bénille, nommé, par un bref du pape, visiteur des Carmélites, comme nous Tavons déjà observé. Les Jésuites ne voulaient pas que les Clarmélites loi reoonaussent ce titre, et persécutaient celles qui le considéraient comme leur supérieur légitime. Tel ^tait le respect des Jésuites pour les ordres d*un pape !

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meni, ioiUenani ieuU îe$ excès ei les violeneei de cette caute tani de fois condamnée par Sa Sainteté.

» U m'est notoire qu'ils ont procuré cette division dans tous les lieux où cet Ordre est fondé, quoiqu'elle n'ait pu réussir bien, selon leur intention, qu'à Bordeaux, Saintes, Bourges et Limoges.

» Il m'est encore notoire qu'ils continuent leur même dessein en plusieurs Ueux; et depuis peu de mois, trois d'entre eux, en trois différentes villes, à Metz, à Lyon et à Nevers, y voyant de nouvelles supérieures, les ont été trouver exprès pour les solliciter de recommencer cette faction assoupie ^ ; et, espérant qu'elles seroient d'un avis différent aux supérieures précédentes, ils ont essayé d'effrayer ces âmes par des raisons de conscience et de théologie. Ce qui est bien étrange, après tant d'excès passés et intolérables, après tant de commandements de Sa Sainteté, qui ne reçoivent point d'excuses en leurs personnes, en la condition de cette affaire qui ne les touche en rien ; car quel intérêt ont-ils de s'en mêler, sinon en tant qu*Us peuvent nuire à VOratoire, puisque ces âmes ne leur sont point commises ? QueUe apparence de suivre et de vouloir faire suivre leurs pensées après tant d'ordonnances de Sa Sainteté? Quelle violence ne témoignent-ils pas par cette conduite, puisque les Pères Carmes, qui étoient seuls excusables de s*en mêler, délaissent ces mauvaises affaires, et eux, qui n'ont aucun droit de s'en mêler, recommencent plus que jamais leurs poursuites? quel prétexte et quelle excuse ont-ils, puisque c'est contre leur propre usage et maxime ? car ils publient partout que les religieuses sont mieux hors de la conduite des religieux. En Flandre, suivant leurs maximes, ils sont cause que, de cinq monastères, deux se sont soustraits des Carmes; et en France, ils les veulent tous donner aux Carmes, parce que le supérieur de VOratoire est un de ceux qui en ont soin.

o A la vérité, ils sont coupables^ et de grands prélats nous ont avertis de leur interdire du tout l'accès de ces monastères, puisqu'ils y travaillent avec si peu d'obéissance envers le pape, si peu de tranquillité envers l'ordre, si peu de sincérité envers nous, et si peu de charité envers les âmes, ei puisqu'ils continuent persévéram^ ment en leurs desseins et passions déréglées»

^ Les Jésuites déelament dans tous leurs ouvrages, à propos de ceux qui se servent des religieuses pour arriver à leur but. Us ont en tue les solitaires de Port-Royal et oublient leurs propres actes.

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9 Ouire le$ calomnies atroces contre moi et lés conseils violents et pernicieux en Taffaire des Carmélites, ils ont fait encore à Bourges ce qu'ils ont pu pour y empêcher notre établissement, et, par des wnes indignes, ils y ont prêché publiquement contre les actions du Père Gibieuf, docteur de Sorbonne, homme grave, sérieux, très docte et très modeste. Cependant, il n'a point prêché contre eux pour se défendre, aimant mieux se garantir par modestie, par patience, que par répliques. Ils y entretiennent encore les factions qu'ils y ont suscitées, et feroient encore pis si la présence de M. le Prince et l'autorité de Mgr l'archevêque, auquel ifs s^opposent^ ne les empéchoient.

D Entons lieux, ils divertissent publiquement les écoliers de s'associer à notre Congrégation, pour l'éteindre en sa naissance et l'étouffer en sa semence ; ce qui nous oblige de prendre plus tAt, et en plus de lieux que nous ne voudrions, quelques collèges, pour avoir une jeunesse et une institution indépendante de leurs persuasions, qui serve de séminaire à cette Congrégation.

» J'omettois de dire qu'un de ceux avec qui j'avois toujours vécu avec un respect et une confiance particulières depuis longtemps, a sollicité M. Duval de se séparer d avec nous en la conduite des Carmélites, afin de donner plus beau jeu aux Pères Carmes par ce divorce; c'est ce que M. Duval m'a dit lui-même de sa propre bouche, et que le P. Bauny a imprimé un livre contre moi et réimprimé, faisant accroire que c'est à la requête de M. de Marillac, ce qui n'est pas véritable, et par le commandement de son supérieur, à quoi je m'en rapporte. »

Après avoir parlé des dangers de ce livre du P. Bauny, Pierre de BéruUe continue ainsi :

« Enfin, après tant d'animosités témoignées par eux si universellement et si persévéramment^ après tant de libelles diffamatoires S appuyés et même donnés et distribués par eux-mêmes, qui les portoient dans les compagnies, même jusqu'à des billets quils ont fait courir et porter dans les maisons et les mains des princes et des grands prélats de ce royaume, ceux-ci nous ont obligé de faire un livre pour dissiper tous ces nuages et arrêter ces esprits, et il a plu à Dieu de lui donner bénédiction et approbation pu-

1 Lorsque les Jésuites furent chassés de France, on trouva dans leurs papiers des libelles inflimes contre le cardinal de BéruUe.

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blîquc. Les Pères Jésuites seuls, et presque imanimemc^t^ sans respecter ceux qui l'ont approuvé, ont témoigné leur aversion continuellement sur ce sujet ; et chacun d'eux diversement, les uns en le dépriynant extrêmemenl, les autres en le blâmant excessivement; quelques-uns même disoient qu'il favorisoit les hérésies, ce qui est h la vérité un degré rabattu des accusations précédentes ; maïs les uns se couvrent d'un profond silence dans les a{)probations, et les autres font courir le bruit par le peuple qu'ils y répondoient; et le titre de la réponse s'est publié si fort sous le nom d'un théologien, qu'on l'a cherché chez les libraires; tout cela afin que le monde crût qu'il y avoit ou qu'il y attroit une réponse, encore qu'il ne fût point vrai, et que cela diminuât le poids et l'autorité du livre, artifices plus séants aux profanes qu'aux religieux. Et ce théologien qiii devoit paraître étoit le P. Garasse, leur écriimn ordinaire. Ce même écrivain ayant fait un livre, publié et vanté, sé^ Ion leur coutume^ avec excès, il est arrivé que ce livre a été uni- \er8ellement improuvé de tous; et notiobstant cela, nous n'en par- Ions point, nous n'y feignons point de réponse, bien qu'elle fût aussi aisée à faire qu'à feindre ; et nous demeurons daiis les terme» de notre devoir et retenue, et eux en sortent à tout propos, pourtu que ce soit au préjudice de V Oratoire,

» J'aime mieux finir. Monseigneur, que de rechercher davantage leurs excès envers nous, vous suppliant très humblement. Monseigneur, de considérer que leur conduite est fort élevée^, leurs esprits peu différents, et leur humeur fort difficile ; et qu'il est notoire qu'ils ont peine à vivre en Italie avec les Théatins^ en Espagne avec les Dominicains, en Flandre avec les Capucins, en Angleterre avec le clergé et tous les religieux ; et4)artant, il n'est pas raisonnable de nous imputer s'ils ont peine à vivre avec nous, puisque ce malheur nous est commun avec presque tout le reste de rÈglise au regard d'eux. »

Cette lettre, aussi explicite que modérée, n'a pas besoin de commentiiires.

Une Congrégation dont l'établissement concourut, avec celui des précédents est l'Institut des Ursulines, qui se partagea en plusieurs branches, et prit des accroissements extraordinaires *. La B. Ân-

< Ccsi-à-dire orgueilleuse.

* V. Chroniques de TOrdre des Ursulines ; Histoire de TOrdre de Sainte- Ursule ; Histoire des Ordres monastiques, par le P. Hélyot, t. iv.

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gèle de Brescla avait institué les Ursulines en Ilalie en 1537 ; mais ce n'était alors qu'une association libre de personnes pieuses, qui s'engageaient seulement à remplir dans le monde les devoirs de leur condition. En 1594, une pieuse fille, nommée Françoise de Bermond^ fonda, à Avignon, une association du même genre, pour travailler gratuitement à l'éducation des jeunes filles. D'après les avis de César de Bus, qui les dirigeait^ les compagnes de Françoise de Bermond se réunirent en communauté. Madame de Sainte- Beuve, parente de Madame Acarîe, concourut puissamment h l'extension de la nouvelle Congrégation en fondant pour elle une maison à Paris, dans le faubourg Saint-Jacques. Françoise de Bermond dirigea les commencements de cette nouvelle maison, qui fut peuplée principalement de jeunes fiDes élevées par Madame Acarie, et qui n'avaient pas paru propres à supporter les austérités de l'Ordre des Carmélites. Les Ursutines de Paris devinrent une communatité religieuse proprement dite, faisant des vœux, observant la clôture et se consacrant à l'éducation des jeunes filles. Plusieurs dames de la Cour prirent sous leur patronage la nouvelle institution, qui possédait^ à la lin du xvn." siècle, plus de quatre-vingts maisons.

Outre la Congrégation de Paris, il s'éleva, en d'autres parties de la France, de semblables associations, qui, sous la dénomination commune d'Ursulines, et avec de légères différences dans les règlements, étaient toutes consacrées à l'éducation des jeunes personnes. La Congrégation de Bordeaux, entre autres, instituée par Françoise de Cazères, et favorisée par le cardinal de Sourdis, comprenait plus de cent maisons en France, en Flandre, en Allemagne et en Italie

Françoise de Bermond, après avoir dirigé quelque temps la maison de Paris, était retournée à Avignon. Sa Congrégation, connue sous le nom de Congrégation de Lyon, fut distincte de cellp de Paris, et possédait, à la fin du xvn.* siècle, soixante-quatorze maisons. Les autres Congrégations du même Ordre étaient moins considérables. Elles formèrent toutes ensemble environ trois cent vingt maisons en France.

Le même esprit qui multipliait en France les établissements dTrsulines donnait naissance, en Lorraine ^ à la Congrégatioti de Notre-Dame S assez semblable, et pour les règlements qu'on y

* Hëlyot, Hist. des Ordres monastiques, t. il ; Vie du B. Pierre Fourier, curé de Mataincourt ; Vie de la mère Alix.

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suivait et pour k fm qu'on s^y proposait. Elle reconnatt pour son ibndateur le B. Pierre Fourier, curé de Mataincourt. Ce saint prêtre fut aidé dans son entreprise par Alix Le Cîerc, pieuse nlle, née à Remiremont. La Congrégation de Notre-Dame, établie d'abord à Poussey, fut transférée à Mataincourt, puis à saint Mihiel. Alix et ses compagnes menaient une vie pauvre et austère et se livraient avec zèle à l'éducation de la jeunesse. Elles formèrent des établissements à Nanci, à Verdun, à Pont-à-Mousson, à Châlons. Le cardinal de Linancourt obtint en leur faveur une bulle du pape, et fonda la maison de Naaci. En 1G15, Alix Le Clerc vint à Paris avec une de ses compagnes, pour s'instruire de la méthode que suivaient les Ursulines dans l'enseignement de la jeunesse. Elle fut accueillie par Madame de Sainte-Beuve, qui était restée la patronne, et pour ainsi dire la directrice de la Congrégation de Paris, sans faire partie de la communauté. Après quelques mois de séjour à Paris, Alix retourna en Lorraine et fit ses vœux avec ses compagnes entre les mains de Pierre Fourier. La Congrégation de Notre- Dame fit de grands progrès. Elle posséda en France plus de quatre-vingts maisons. La première qui fut fondée à Paris était située rue Neuve-Saint-Etienne *.

Outre la Congrégation de Notre-Dame, on doit encore au B. Pierre Fourier la réforme des chanoines de Lorraine.

Pierre, né le 30 novembre 1 565, à Mirecourt, en Lorraine, avait pratiqué, dès sa jeunesse, les plus éminentes vertus. On fut étonné de le voir entrer comme novice parmi les chanoines réguliers de Chamousey, qui jouissaient d'une assez mauvaise réputation. La Providence avait ses vues dans cette vocation. Pierre fut, à Chamousey un modèle de régularité ; il fut envoyé par sa communauté à Pont-à- Mousson, pour y étudier la théologie ; il s'y lia avec Didier de La Cour, et, après ses études, il fut chargé de la cure de Mataincourt, où il accomplit tous les devoirs d'un pasteur zélé. Les désordres dont il avait été témoin à Chamousey lui avaient inspiré la pensée de travailler à la réforme des chanoines. Le chapitre de Saint-Rémi-de-Lunéville s'étant oiTert pour devenir le noyau de cette réforme, Pierre Fourier y entra avec six autres ecclésiastiques pénétrés des mêmes intentions que lui. Tel fut le commencement de la Congrégation dite de Notre-Sauveuf^ dont Pierre Fou-

> Aiûourd*hui, la maison la plus considérable est située rue de Sèvres, et est connue vulgairement sous le nom de couvent des Oiseaux.

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