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rier dressa les constitutions. Sa réforme fut approuvée à Rome; liuil chapitres de Lorraine Tadoptèrent^ et Pierre Fourier dirigea toute l'association sans cesser d'exercer les fonctions pastorales. En 1639^ les guerres le forcèrent de se réfugier à Gray, en Franche-Gomtéy ai^ec plusieurs de ses confrères et les religieuses de Notre-Dame^ qui furent très utiles aux populations de cette contrée.
Pierre Fourier mourut le 9 décembre 1640, en odeur de sainteté *.
La réforme des chanoines de Sainte-Geneviève, à Paris, avait précédé de quelques années celle duB. Pierre Fourier.
Grégoire XY avait chargé, par un bref, le cardinal de La Rochefoucault de travailler à la réforme des monastères. Ce prélat, devenu abbé de Sainte-Geneviève, résolut de commencer par ce chapitre la mission dont il était chargé. Un jeune chanoine, Charles Faure, fut l'instrument dont se servit la Providence pour faire réussir cette entreprise. Charles Faure *, né à Lucienne, en 1594, montra de bonne heure le goût et les habitudes de la piété. Il fit ses vœux en 1615, dans la maison des chanoines réguliers de Saint- Vincent, à Senlis. Étant venu à Paris pour perfectionner ses études fhéologiques, il fit partie d'une petite communauté ecclésiastique que venaitde fonder le P. Bourdoise, et il s'y fortifia dans l'amour de la discipline. De retour à Senlis, il s'appliqua à la réforme du chapitre de Saint- Vincent, et réussit si bien, que le cardinal de La Rochefoucault le chargea d'opérer le même bien dans la célèbre abbaye de Sainte-Geneviève. Faure y eut le même succès qu'à Senlis, et sa réforme fut approuvée d'un grand nombre de chapitres, qui s'unirent à la Congrégation de Sainte-Geneviève ; tels furent ceux du Val-des-Écoliers, de Saint-Jean de Chartres, de Saint-Lô de Rouen, de Saint-Martin d'Épernai, de Toussaint d'Angers et beaucoup d'autres, qui formèrent une vaste association, connue sous le titre de chanoines réguliers de la Congrégation de France.
Dans les provinces méridionales, Alain de Solminihac \ qui il^
1 Benott XIII le déclara bienheureux en 1730.
s F. Yie du P. Faure, par le P. Ghartonnet ; Héljoi, Hist. des Ordres mo« mastiques, t. ii ; Hist. des chanoiues réguliers de la Congrégation de France, par Du Moulinet (Mes. de la bibliothèque Sainte-Geneviève, H. n«21.).
* Vie de Alain de Solminihac, par le P. Ghassf net ; Hélyot, Hist. des Ordres monastiques, t. ii.
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lustm depuis le siège épîscopal de Gahors, suivait les traces de Charles Fanre et de Pierre Fourier. I>eveBu ahbé du chapitre de Ghancelade, il en fit uûe noutelle commanaofé, où les Tertus ecclésiastiques prirent la place des vices et des abus dont elle avait dotiûé auparavant l'exemple. Phisieurs chapitres s'associèrent à celui de Chancelade, et formèrent une Congrégation édifiante, que Alain de Solminîhac gouverna avec beaucoup de sagesse.
Dansfe même temps, le P. Mussard instituait les réformes duTîers- Ordre de saint François connu sous le nom de Picpus * ; les Capucins, les Récollels, les Augustlns, les religieuses du Calvaire, une foule de Congrégations hospitalières s'établissaient 00 se réformaient ; les Carntes fondaient leur maison célèbre de la rue de Vaugirafd, à Paris ; de pieux ermites sanctifiaient le Mont-Valérien ; les frères de î^înt-Jean-de-Dieu fondaient la maison (fe &i CAiïri/^*. Mais les institutions ecclésiastiques et charitables de Saint-Vincertt-d(*-Paul éclipsèrent toutes les autres et acquirent rapidement la plus grande importance.
Vincent-de-Paul •, né au diocèse d'Acqs, le 24 avril 1576, était d'une famille pauvre et fut employé, pendant sa jeunesse, aux travaux de la campagne. Les dispositions qu'il montrait pour s'histniire et son goût pour la piété engagèrent ses parents à l'envoyer h Acqs, pour y faire ses études. 11 reçut la tonsure à Page de vingt ans, et suivit le cours de théologie à Toulouse. Quoique nous ayons peu de renseignements sur ces premiers temps de sa vie, on ne petit douter qu'il ne se soit familiarisé de bonne heure avec le» vertus dont il devait donner un jour de si grands exemples. Ayant été ordonné prêtre, il aima mieux renoncer à une cure dont il fut pourvu que de soutenir un procès avec un compétiteur qui revendiquait ce bénéfice. Au retour d'un voyage qu'il avait fait à Marseille, il tomba entre les mains d'un corsaire barbaresque et fut conduit en esclavage à Tunis. La Providence, qui le destinait à secourir les captifs, voulut qu'il connût par lui-même l'excès de leur misère : il resta près de deux ans en esclavage, et toucha par sa piété des chrétiens captifs comme lui. Après sa délivrance, il se
1 C*est le nom que portait le lieu où la première maison M fondée à Paris.
^ On peut consulter, sur toutes ces institutions, THistoire des Ordres monastiques du P. Hélyot.
^ Vie du V. Vincent de Paul, par L. Abelly, ëvéqae de Rhodez ; Vie de saint Vincent de Paul, par Collet.
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rendit à Rome, d'où II rcvirtt en France an commencement de 1809, chargé d'une mission auprès dix roi. Il vécut cependant ignoré à Paris, visitant les malades dans les hôpitaux, et élevant dans le silence et la retraite Fédiflce de sa propre sanctification. On le voit demeurer quelque temps avec le P, de Bénille et ses premiers associés, et c'est alors que le fondateur de Fpratoire conçut pour Vincent-de-PattI un attachement et une estime dont H luî donna toujours des marques. Bérulle lui fit accepter la cure de Clichy, près Paris, et l'engagea peu après à entrer comme précepteur chez le comte de Joigny, de la maison de Gondi, général des galères de France. La comtesse de Joigny apprécia bientôt le trésor qu'elle possédait chez elle, et elle prit le vertueux prêtre pour son directeur. Vincent ne se contentfdt pas de porter h la piété les personnes de la maison ; son zèle se répandait au dehors ; il instruisait les pauvres et les gens de la campagne dans les terres de la famille de Gondi. En 1617, il donna sa première mission k PôUeville, et il célébrait chaque année la mémoire de ce commencement d'une œuvre qui devait prendre tant d'accroissement et produire tant de fruits. Il sortit pour quelque temps de la maison de Gondi, sans doute par humilité, et pour se soustraire aux égards et aux atten lions qu'avait pour lui la comtesse. La retraite qu'il choisît était fort éloignée de la capitale ; il alla occuper la cure de Chfttillon-les-Dombes, en Bresse. Ses instructions fréquentes et l'exemple de sa vie ramenèrent l'esprit de religion parmi les habitants du lieu ; il institua une confrérie de charité pour le service des malades, gagna plusieurs âmes à Dieu, et convertit quelques Protestants. Cependant, la comtesse de Joigny mettait tout en œuvre pour le rappeler auprès d'elle ; elle fit intervenir des personnes pour qui Vincent témoignait une grande déférence, et, au boni d'un an d'absence, il consentit à rentrer dans la maison de Gondi. Toutefois, il n'eut plus dès lors qu'une inspection générale sur les enfants du comte, et put se livrer à son zèle pour le salut du prochain. Il s'adjoignit pour les missions des prêtres vertueux, tels que Coqueret, docteur de Navarre ; Berger et Gontière, conseil* lers-clercs au Parlement ; Duchesne , archidiacre de Beau vais ; Feron^ depuis archidiacre de Chartres. Le théâtre de leurs premiers travaux fut les paroisses de Villepreux, Montmirel et quelques autres. A Paris, Vincent instruisait les galériens, et il en toucha
eisieurs par sa charité ; car il pourvoyait en même temps aux soins du corps et à ceux de Tâme^ et il ne négligeait rien pour
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adoucir la situation de ces malheureux. Ori ie nomma aamAnier général des galères, et il fit le voyage de Marseille pour annoncer les vérités de la religion à des hommes qu'il regardait comme doublement à plaindre, et pour leur sort présent, et pour leur vie passée. Il aUa rendre le même service aux galériens de Bordeaux ; chemin faisant, il établit dans quelques villes les confréries de charité, dont il avait eu l'idée à Châtillon. Telles furent les prémices du ministère d'un homme qui attacha son nom à tant d'oeuvres glorieuses et utiles, et qui déploya tant de zèle dans la carrière des missions.
L'œuvre des missions prit bientôt un grand accroissement , et eUe eut de si heureux résultats que des âmes pieuses voulurent la consolider par une fondation expresse. La comtesse de Joigny, chez laquelle le saint demeurait, résolut, avec son mari, d'établir des missions à perpétuité, et de charger Vincent de Paul et les prêtres qu'il s'associerait, d'acquitter cette fondation, à laquelle ils consacrèrent une somme de Î0,000 livres. L'archevêque de Paris, Jean- François de Gondi, qui était frère du comte de Joigny, approuva l'établissement, et chargea Vincent du soin de gouverner le collège, dit des Bons^Enfants, qui devint le berceau de la Congrégation. Vincent prit possession de ce collège a\ec son premier associé, Antoine Portail, prêtre du diocèse d'Arles, auquel vinrent se joindre, l'année suivante, six autres prêtres animés du même esprit, presque tous docteurs ou élèves de Sorbonne. Ils allaient dans les viUages catéchiser, exhorter, confesser, commençant par les lieux pour lesquels la mission était fondée, et se répandant ensuite dans les autres paroisses, principalement du diocèse de Paris. Louis XIII autorisa le nouvel institut par des lettres patentes; depuis, Urbain VIII approuva la Congrégation par une bulle. Vincent de Paul profita de ces encouragements, envoya ses missionnaires en difiérentes provinces et particulièrement dans les campagnes, et alla lui-même dans le Lyonnais. Ces courses, et la connaissance qu'il avait de Tétat du clergé, le convainquirent de la nécessité de travailler, non-seulement pour les peuples, mais aussi pour les prêtres. Les troubles précédents, les guerres, le relâchement de la discipline qui en était la suite nécessaire, le défaut d'écoles et d'établissements où la jeunesse ecclésiastique fût formée dans le silence de la retraite, étaient autant de circonstances fâcheuses dont Tinfluence ne s'était que trop fait sentir. Vincent en conférait souvent avec des prêtres zélés, tels que le Père de BéruUe
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et Adrien Bourdoise ; ils cherchaient ensemble le remède au mal, et se communiquaient leurs vues. La première idée de Vincent fut d'établir des retraites pour les ecclésiastiques qui devaient être promus aux ordres ; il s'en ouvrit h Augustin de Gesvres , évêque de Beauvais^ et ce fut par les conseils du saint que ce prélat résolut de ne conférer les ordres qu'à ceux qui auraient fait une retraite et auraient assisté à des instructions suivies sur les devoirs du sacerdoce. Il reçut les ordinands dans son propre palais, et Vincent, assisté des docteui-s Duchesne et Messier, y dirigea les exercices de la retraite, qui produisit les plus heureux fruits. L'évêque de Beauvais raconta ces succès à l'archevêque de Paris, et celui-ci résolut de prendre la même mesure pour son diocèse, et ordonna , par un mandement, que ceux qui seraient admis aux ordres dans son diocèse feraient une retraite de dix jours pour s'y préparer. Le collège des Bons-Enfants, où Vincent s'était établi, fut désigné pour le lieu de la retraite. De pieux ecclésiastiques de la capitale vinrent aider Vincent à diriger les exercices et à faire les instructions. L'onction de ses discours et l'exemple de son zèle ne manquèrent pas de produire leur effet. Les ordinands apportèrent plus de ferveur à la réception des ordres ; distribués ensuite dans les paroisses, ils se firent remarquer par leur régularité. Des dames pieuses proposèrent à Vincent d'étendre son plan et d'admettre à ces retraites les ecclésiastiques même des autres diocèses , qui se présenteraient pour l'ordination ; et, comme une maison naissante n'aurait pu sufBrcf à une si grande dépense, et qu'on ne voulait, d'un autre côté, exiger aucune pension des ordinands, la présidente de Herce s'engagea d'abord à fournir cent pistoles pour chaque ordination, pendant cinq ans. Les dames de la Charité , dont nous parlerons bientôt, et entre autres la marquise de Magnelais, soeur de l'archevêque de Paris, concoururent à cette bonne œuvre. Anne d'Autriche, étant venue un jour au collège pendant une des retraites, assista à un des entretiens qui fut fait par François de Perrochel, disciple du saint, et depuis évêque de Boulogne. Elle en fut si satisfaite, qu'elle voulut aussi contribuer à soutenir ces exercices. Pour Vincent de Paul , toujours plein de confiance en la Providence, la crainte de la dépense ne l'arrêtait pas ; il tendait les bras à tous les ordinands, et, lorsque l'archevêque eut décidé que ceux qui recevraient les ordres mineurs feraient la retraite comme les autres, il les reçut avec la même bonté, et recommandait à ses prêtres de les accueillir. Bientôt, l'usage de retraites pour
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les ordinands s'établit dans d'autres diocèses^ et saint Vincent fut prié d'envoyer de ses prêtres pour présider aux exercices. Cette mesure devint , par la suite , générale dans toute la France, et fut adoptée dans les pays étrangers; on peut la regarder comme un des grands services rendus par saint Vincent à l'Église et au clergé.
La sollicitude de cet homme vénérable pour la réforme de l'Ordre sacerdotal, ne li^i faisait point oublier ses auti:ps vues pour le bien du prochain. Il avait établi en plusieurs lieux, comme nous l'avons dit, des confréries de charité pour l'assistance des pauvres ; et il ne manquait guère, dans les missions qu'il donnait, de former de ces associations, si propres à soutenir la piété, par l'exercice des bonnes œuvres. Il aurait souhaité pouvoir retourner ensuite dans ces différents lieux, afin d'y ranimer le zèle des confréries, mais, ne le pouvant faire par lui-même, et voyant ses prêtres perpétuellement occupés aux travaux du ministère, il se fit remplacer par madame Le Gras. Louise de Marillac, dame Le Gras, était nièce du garde des sceaux; elle était née à Paris, en 1591, et avait épousé Antoine Le Gras, secrétaire des commandements de Marie de Médicis. £lte vivait dans la pratique de la piété, et elle eut l'avantage de connaître et de recevoir saint François de Sales, pendant le dernier séjour qu'il fit à Paris. Étant devenue veuve, en 1625, cette dame s'était consacrée au service des pauvres, et, dans ce ministère de charité, elle joignait le zèle le plus actif à la prudence la plus délicate. Elle s'était mise sous la direction de Vincent, dont elle suivait les conseils avec une pleine docilité. Elle commença donc à visiter les confréries de charité ; d'autres dames pieuses l'accompagnaient dans ces voyages. Elles parcoururent ainsi plusieurs diocèses autour de Paris, ranimant le zèle des femmes qui composaient les associations de charité, leur apprenant à servir les malades, le^ir distribuant du linge et des médicaments, et leur laissant des aumônes pour les besoins ipiprévus. Madame Le Gras ne bornait pas là ses soins ; elle réunissait les filles dans les différentes paroisses, leur faisait le catéchisme et les entretenait sur des sujets de religion et de piété, espèce de mission dont la pieuse veuve ^'acquittait avec autant d'adresse que de courage. Elle visita ainsi un grand nombre de paroisses, consolidant les anciennes associations ou en établissant de nouvelles Elle en' forma une entr'autres, ù Saint- Nicolas-du--Chardonnet, sa paroisse, et son exemple fut suivi dans les autres paroisses de la capitale. Des dames distinguées par leur
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naîflsaBce et leur rang y entrèrent; mais commet malgré leur sèle, elles ne pcovaient rendre aux malades toutes sortes de services^ saint Vincent de Paul pensa qu'il serait possible de les faire assi»^ ter par des filles pienses, qui se chargeraient des détails les plus pénibfea. Il avait remarqué, soit par lui-même, soit par les rapporte de Madame Le Gras, qu'il se trouvait, 4ans besaicoup de campagnes, des jeunes personnes touchées de Dieu, qui, sans avoir d'attrait pour le mariage, n'en montraient pas non piuspourle cloître, et il crut que ce serait remplir 4es vues de lu Providence flw elles, que de leur offdr des œuvres extérieures de charité» qui tourneraient en même temps au bien de la religion et de k société, de projet était à peu près le même que saiat François de Sales avait conçu dans l'origine, lorsqu'il commença Tlnstitut de la Visitation, et il n'avait renoncé à ce plan que d'après les représentations de quelques personnes, qui n'avaient pas cru qu'il fèt possible que l'esprit de piété se soutint dans une communauté de filles répandues au dehors. Vincent, après avoir réfléchi mûrement à son dessein, comme il le faisait pour toutes ses entreprises, engagea Madame Le Gras à réunir quelques filles cbes elle, et à les former aux œuvres de miséricorde. Elles soignaleftit les malades dans les paroisses, allaient dans les hôpitaux et s'occupaient de l'instruction des jeunes filles. Tel fut le commencement de la Congrégation des Sœurs de Charité, de cette institution qui suffirait pour faire bénir la mémoire de saint Vincent de Paul.
Cette grande âme animait tout par son influence et savait embrasser tous les genres de bienfaits et de services. Outre les confréries de charité des paroisses, une autre association se forma sous la direction particulière de Vincent. Son zèle et sa charité passèrent dans le cœur de quelques femmes riches et généreuses, qui se Aargèrent de seconder ses vues par leur activité, leurs soins H leurs largesses. La présidente Goussault, les dames de VDlesavin, de Bailleul, de Mecq, de Sainctot et de Pollalion, furent des premières à se réunir pour des conférences que le saint présidait, et qui étaient employées à créer, à soutenir ou à étendre de bonnes œuvres. Mesdames d'Aligre, femme du chancelier, de Traversai et Fouquet/ se joignirent bientôt à cette association, où entrèrent successivement la princesse de Mantoue, depuis reine de Pologne ; la marquise de Combalet, depuis duchesse d'Aiguillon; la marquise de Magnelais, la présidente de Lamoignon et sa fille, la présidente de Herce, mesdames de Bragelonne, de Brienne, de
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Sennecey^ de Viols^ de Soucarrières. Oa ne 8*y occupait que des intérêts des pauvres, on y exposait leurs besoins, on prenait des déterminations en leur faveur. Ces mêmes dames allaient ensuite i THâtel-Dieu, visitant les malades dans les salles, leur portant ce qui pouvait convenir à leur état, et joignant aux soins, pour la santé des infirmes, de douces exhortations. Cet usage de visiter THôtel-Dieu devint alors habituel parmi les femmes des plus hautes classes.
En 1632, Vincent alla s'établir à Saint-Lazare , maison située dans le faubourg Saint-Denis, qui venait de lui être donnée, et qui devint le chef-lieu de sa Congrégation. C'est depuis cette époque que cette Congrégation de la Mission prit de plus grands accroissements, qui permirent à saint Vincent de Paul d'étendre sa sollicitude et ses travaux. Les galériens, transportés par ses soins dans le quartier Saint-Roch, n'y étaient pas assez bien à son gré ; il obtint pour eux une ancienne tour située près la porte Saint-Bernard, et il y envoyait quelques-uns de ses prêtres les visiter et les instruire. Madame Le Gras leur portait aussi des consolations et des secours, et les Sœurs de la Charité furent attachées dans la suite au service deces malheureux. Le saint contribua également àlafondation d'un hôpital pour les galériens de Marseille, entreprise qui ne fut achevée que quelques années après, par le concours du zèle de deux hommes renommés pour leur charité, Jean-Baptiste Gault, évêque de MarseUle, et le chevalier de LaCoste de Simianne. La duchesse d^AiguiUon fonda une mission qui devait avoir lieu tous les cinq ans en faveur de ces galériens.
Le succès des retraites pour les ordinands inspira à Vincent la pensée d'établir des exercices destinés à rappeler de temps en temps aux ecclésiastiques les devoirs et les vertus de leur état; il en réunit quelques-uns, et leur lit des conférences sur ces matières. La première conférence eut lieu à Saint-Lazare ; les premiers qui y furent admis furent les abbés Olier, Pavillon, de Perrochel, Godeau, Abelly, Fouquet, Vialard. Ces conférences se tenaient tous les mardis, et elles en prirent le nom. Les ecclésiastiques les plus zélés sollicitèrent l'avantage d'y être reçus, et se tirent distinguer bientôt par leur régularité. Dès la première année de rétablissement, ils donnèrent une mission, aux Quinze-Vingts; ils en firent ensuite une pour les artisans , une pour les soldats, une pour les mendiants; Ûs allaient dans les hôpitaux, et visitaient assidûment THôtel-Dieu. Le cardinal de Richelieu applaudit à ces conférences;
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3 voulut 8'en entretenir avec Vincent, et prit les noms des ecclé* siastiques qui les fréquentaient. C'est de cette école que sortirent depuis des évéques zélés, des pasteurs laborieux, et de dignes direc^ teurs de séminaires. Bo^uet y fut admis par la suite, et ce grand homme se rappelait avec reconnaissance les sages instructions qu i. y avait entendues. L'usage s'en propagea dans les provinces : les chanoines du Puy et de Noyon, les ecclésiastiques de Pontoise, d'Angouléme, d'Angers, de Bordeaux, etc., formèrent des conférences sur le même modèle.
Aux conférences, saint Vincent de Paul joignit bientôt un autre moyen de sanctification, savoir, des retraites pour tous les fidèles. Il recevait à Saint-Lazare tous ceux qui voulaient passer quelque temps dans la solitude et se fortitler contre les périls du monde. Là, ils assistaient à des exercices et à des instructions sur les grandes vérités du salut et sur les devoirs de leur condition; des sei* gneurs, des magistrats, des laïcs de toutes les classes, s'y trouvaient réunis avec des ecclésiastiques et des religieux. Les uns payaient leur dépense, le plus grand nombre ne donnait rien; mais Vincent voulait que l'on reçût tous ceux qui se présentaient, et un de ses historiens rapporte que, pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie, il y eut près de vingt mille personnes qui firent la retraite à Saint-Lazare. Le charitable fondateur regardait cette bonne œuvre comme une source de bénédictions pour sa Congrégation, et il arrêta que ses prêtres donneraient des exercices semblables dans les villes où ils s'établiraient. Ainsi, lusage des retraites passa dans plusieurs diocèses. Des évêques, qui avaient suivi les exercices spirituels sous la direction de Vincent, firent jouir leurs prêtres de ce moyen de salut, et des retraites pastorales furent instituées, tantôt tous les deux ans, tantôt à des époques plus rapprochées encore. Ce fut là un puissant moyen de ranimer la piété dans le clergé, et de rappeler aux ûdèles leurs devoirs de chrétiens.
Toutefois, ces pratiques et institutions particulières n'étaient qu'un acheminement à un objet important que Vincent de Paul avait en vue depuis bien des années. Il sentait la nécessité de préparer de longue main les jeunes gens au sacerdoce, et de leur faire contracter des habitudes ecclésiastiques par un séjour de quelque durée dans des maisons de retraite et d'étude. Tel avait été aussi le dessein de Pierre de Bérulle et du P. Adrien Bourdoise. Ce dernier contribua surtout à l'établissement de ces maisons,
connues sous le nom de séminairefl. Il était né k Broo ', au dioeèse ie Chartres, en 1584. Dès 1612, n'étant pa* encore prélre, il commença, au collège de Reims, une pelile communauté de dix asM^ ciés, la plupart bacheliers en théologie. Ils menaient une TÎe pauvTe e! régulière, et étudiaient avec soin les devoirs du sacerdoce. Bour- Aoise, devenu prélre, entreprit des conférences sur les fonctions ecclésiastiques ; des étudiants, des curés même et des docteurs j assistèrent, el elles curent d'excellenis résultats. L'aMocîalion de Bourdoisc, qu'on appela d'abord la Clérirature, prit une forme régulière en lftl8 ; ce fnt alors qu'elle se consacra d'une manière toute spéciale à l'éducation des clercs. Bonrdoise et ses compagnoDi cbanfrèreot plusienr» fois de résidence, jusqu'à ce que Guillaume Compain^, un d'enln- eux, eftt abandonné à h société une maison qu'il possédait auprès de ('église de 8ainl-^icolas-du-Cha^donnet. L'archevêque de Paris autorisa, en 1631, )a nouveBe communaalé pour diriger un séminaire.
Bonrdoise fut appelé par plusieurs évéqnes pour commencer, dans leurs diocèses, l'établissement de séminaires, dont ils comprenaient la nécessité ; mais le petit nombre de ses associés l'empêcha de se charger de la direction de ces maisons, qui furent confiées * d'autres Congrégations. Saint Vincent de Paul imita le P. Boupdoise, en transformant en séminaire son collège des Bons-Enfants, e( en fondant en plusieurs villes des établissements analogues. Le premier qu'il établit en dehors de Paris fut cehii d'Annecv; plnsicurE évéques confièrent dès-lors la direction de leurs séminaires aux Laïnrisies, qui acceptèrent cette mission sans négliger celle que Vincent de Paul avait eue principalement en vue en élablissanl leur Congrégation.
Ce fut surtout la Cmigrégation de Sainl-Sulpîce qui contrîbaa i f'établtssement et à la direction des séminaires en France. Elle cul pour fondateur on verlneux prêtre nommé Olier.
Jean-Jacques (Hier ' naquit A Paris le ï& septembre 1608. Dès 1'^ le plus tendre, il donna les premiers indices de sa vocation k félal ecclésiastique; et dès-lors nn présagea qu'il était élu de Dieu pour travailler à h régénération du clergé. Pierre de Bérulle, Viacent de Paul et le P. de Condren, deuxième supérieur général de
' Vie (lu P. Bvurdoise, par De«ouiTeoLi\ ; Vie ilu P. Bourdoise (Mas. Bi- » Vie de M. Olipr, par M. F.iîllon ; Pnris, t8H.