‹ Histoire de l'église de FranceChapitre 22 sur 100 · DE L ÉGLISE DB FIANCE · texte numérisé non relu

DE L ÉGLISE DB FIANCE

pressions de cette lettre ayant choqué plusieui's personnes^ Tévéquc H'Auxerre en composa, de concert avec le chancelier, une seconde plus simple et plus modeste, qui fut envoyée dans les diocèses et proposée à la signature des évéques. Plusieurs la copièrent et la renvoyèrent au régent avec leur signature*, et Ton prétendit que Irente-deux évéques s'étaient alors joints aux opposants pour demander des explications. Quelques historiens diminuent de beaucoup ce nombre ; mais le cardinal de Noailles affirma au cardinal deRohan qu'il y en hwsiiiplus de quarante qui demandaient au pape des explications '. Quoi qu'il en soit, les lettres, devenu. :*s publiques, fournirent aux Jésuites et à leurs amis l'occasion de publier une foule de libelles, plus hardis et plus injurieux les uns que les autres. Ils déclamèrent dans leurs sermons, et excitèrent le fauatisme de leurs affiliés. On leur opposa de bons ouvrages et des pamphlets non moins nombreux '. La guerre était dans tous les diocèses de France, et certains évéques, comme ceux d'Apt, de Toulon et de Marseille, connus par leur aveugle dévouement pour les Jésuites, avaient organisé dans leurs Églises un véritable système d'inquisition contre les anli-constitutionnaires.

Le régent, qui voulait la paix, prescrivit un silence absolu, et donna ordre aux parlements de le faire observer. Les évéques d'Apt, de Toulon et de Marseille * ne jugèrent pas à propos de se soumettre à ces prescriptions, et ils ne manquaient aucune occasion d'exciter la guerre ; c'est ainsi que l'évêque de Marseille, qui profitait, comme nous l'avons vu précédemment, des événements politiques pour nuire aux anti-constitutionnaires, prenait occasion de la température même pour leur nuire; il leur attribua la sécheresse qui, en 1716, désolait son diocèse *. Le parlement de Provence eut avec ces évéques de longues et graves discussions |K>ur les forcer à garder quelque mesure pendant le tempîi «|ue l'on négociait la paix. Les autres parlements déployèrent la

* On trouve aux Archives de l*Ëmpirc celle de Tévèque de Tarbes. ' Journal de l'abbé Dorsanne, juin 1716.

' Ces pamphlets contradictoires sont tellement nombreux qu'il faut iiéccs- «airement renoncer à en faire une simple nomenclature, dans une histoire générale comme celle que nous écrivons.

^Archives de TEmpire, eect. Hist., L. 1; Journal de Pabbé Dor^iuine, Aim. 1715 et 1716.

* Son mandemcnl est aux Archives de TEmpire, L. 1, sect. Hi»l.

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