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DE L* ÉGLISE DE FBA>CE

écrivirent au roi pour se justifier des reproches admis au coiii:eil contre leur lettre au pape; ils y prouvèrent en particulier qu'il était bien légitime de se plaindre d'un pape et de le déférer au concile général^ et apportèrent^ à l'appui de cette opinion^ des preuves et des témoignages contre lesquels les Ultramontains euxmêmes n'avaient rien à dire.

Les constltutionuaires ne trouvaient pas qu'il suffisait des lettres de cachet et des arrêts du conseil pour combattre leurs adversaires. Ik renouvelèrent la question de la signature du formulaire^ qui leur fournissait un puissant moyen de découvrir jusqu'aux opposants les plus modérés et de les dépouiller de leurs places et de leurs bénéfices. On écrivit de la cour à tous les évéques^ aux Facultés de théologie, à plusieurs chapitres et aux chefs des communautés religieuses des lettres dont voici la substance :

« M. le régent a appris avec surprise que l'on néglige d'exiger la signaturedu formulaire, prescrite^ depuis si longtemps, parles déclarations du feu roi. L'intention de Son Altesse royale est que Ton ne donne aucune provision ni visa pour aucun bénéfice ni aucun titre^ sans avoir exigé préalablement la signature pure et simple du formulaire^ sans aucune restriction, d

Plusieurs évéques ne tinrent aucun compte de cette circulaire ; mais le plus grand nombre augmentèrent encore les troubles qui existaient déjà dans leurs diocèses en exécutant à la rigueur les ordres qui leur étaient donnés; plusieurs même les exagérèrent. De Janson, archevêque d'Aries^ ne se contenta même pas de l'ancien formulaire, et en reçut un plus complet des Jésuites^ ses confrères. Ce prélat était si heureux d'avoir reçu du général Tambourinus une lettre d'affiliation à la Société des Jésuites, qu'il voulait être enterré avec cet acte dans une main et la bulle dans l'autre».

Colbert^ évêque de Montpellier, un des quatre appelants^ ayant reçu les ordres de la cour^ réunit la Faculté de théologie de sa viUe épiscopale, et lui proposa de délibérer sur le formulaire, dont le roi prescrivait la signature *. La conclusion fut que le formulaire devrait être signé par les candidats qui demanderaient les degrés^ mais on ajouta que l'on n'était obligé de le signer qu'avec la distinction du fait et du droit admise par Clément IX. Uu

* V. Tacte d^affitiatîon dans le Journal de Tabbé Dorsaooe, ann 1722.

* OEavres àa CoU>ert, évêquo de Uontpellier, 1. 1, édit. ln*4.o.

arrêt du cootteil, du 11 mare 1723, BUpprima l'avis quu U. Faculté avait mis en télé du formulaire; mais Colberl en loutinl la légîlimité dans se« Remonirancti au rot et dans une Inttruclion pailoraie. Le (avant évéque traite fort au long, daiis ces ouvrages» la question de la paix de Clément IX, que la cabale jésuitique avait tant d'intérêt à dénaturer.

Sur ces entrefaites, Dubois fut créé premier ministre. Unm XV touchait à aa majorité, et le régent voulait conserver auprès de lui son iotlueuce tous le nom de celui qu'il était habitué k regarder comme l'esclave de ^es voloolés. Dubois se distingua, daai ses nouvelles fouctions, par l'émission d'une foule de lettres de cachet, qui atteignirent particulièrement des religieuses. U était digne de ce personnage d'obliger des femmes à signer une formule qu'elles ne comprenaient pas ; il avait sans doute la conscience aussi délicate au sujet du dogme qu'il l'avait peu sur la morale, il est vTai que les autres membres du conseil de conscience pouvaient revendiquer une partie de l'honneur ; il avait si bien organisé l'iaquintioQ, qu'il était accablé de mémoires et de dénonciations; malgré son lèle, il ne pouvait plus y suffire. Les curés, les religieux, les ecclésiastiques de tout ordre, les religieuses elles-mêmes couvraient les cbemioB, se rendant au lieu de leur exil ; d'autres étaient emprisonnés ; les bénéOciers étaient privés de leurs titres et interdits. Dans presque tous les diocèses régnait un désordre lameotable '. Noailtes, à qui on avait promis de ménager les appelants après l'accommodement, se plaignit en vain de ces violences. U résolu! de faire comprendre d'un seul mot au régent combien sa conduite étaitodieuse. cQuand établirei-vous l'Inquisition en France? ■> lui demanda-t-i). Le régent fut surpris et irrité de cette demande. ir Opendant, ajoute Noailles, votre conduite présente n'e«t pas plus opposée k l'Inquisition qu'aux maximes que vous suivies au oonunencement de votre régence. I^es Jésuites se flattent de l'espoir de voir établir l'Inquisition et d'être grands inquisiteurs *. n

Au milieu de ces désordres, le 10 août 1723, l'infAme Duboi* mourut des suites de ses débauches. Le 2 déceml»^ de la même iinnée, le régent eut le même sort. Le duc de Bourbon fut

' Noua avons fcuillelù mille écrits qui ne ïunt que l'échu des persécuté-. que nous pourrions citer h l'appui da ce que nous avan^oDS, tt que nous n'indiquons que d'uue msniére générale k «use de leur nombrE.

■ Journal de l'abbé Dorsanne, joiltel 1T:!2.

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