‹ Histoire de l'église de FranceChapitre 30 sur 100 · H18TOUE · texte numérisé non relu

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culte, c'est que Law était protestant. Tencin le convertit facilement et reçut son abjuration^ qui aplanît les difBcultés. Le jour de Noël suivant^ Law rendit le pain bénit à Saint-Roch, sa paroisse^ et communia avec madame Law^ lesquels personnages n'étaient point mariés et ne pouvaient vivre ensemble sans commettre un double adultère. Une telle difOcultc ne pouvait arrêter un Casuiste aussi distingué que Tencin. Tel fut le président du concile qui reçut mission de eondanmer Soanen, dont la vie tout entière avait toujours été un modèle de vertus, depuis l'âge de quinze ans, où il était entré à l'Oratoire. A côté de Tencin s'assirent^ en qualité de juges : de Bourchenu, évéque de Vence, de Grillon, évéque de Glandève, Anthelmy, évéque de Grasse *. Le premier était épileptique; le second était sorti depuis peu de la marine, où il n'avançait pas ; le troisième était une créature de Fleury, dont il avait été prévôt à Fréjus ; tous trois ne jouissaient que de très peu de considération.

L'Édil du concile d'Embrun et la lettre de convocation sont datés du 15 juin 1727*. Tencin n'y faisait aucune mention du jugement de l'évéque de Senez. Il se contentait d'annoncer qu'on y statuerait sur ce qui serait nécessaire et utile pour conserver pur le dépôt de la foi, diriger les mœurs selon la règle de la vie chrétienne, corriger les abus et redonner une nouvelle vigueur à la discipline ecclésiastique, et qu'en conséquence on y réprimerait r>eux qui refusaient à l'Église l'obéissance qui lui était due, et Ion prendrait des mesures pour éviter les profanes nouveautés de paroles, aOn qu'il n'y eût dans l'Église de Dieu qu'un cœur et qu'une âme. Le principal but du concile était ainsi dissimulé sous des paroles sonores qui ne trompèrent personne.

Soanen ayant reçu la lettre de son métropolitain, lui répondit le 25 juin :

(c L'idée du concile provincial ne peut que donner une grande consolation à un évéque qui, par la grâce du Seigneur, aime un peu l'ancienne doctrine de l'Église et la saine morale. J'ai vécu

' Los autres suflragants d*Kmbrun étaient : Tévéque de Digne, qui était malade, el Tévêque de Nic«, qui n'était pas sacré, et qui, du reste, n*ét«jt pas Français et ne pouvait pas servir à la déposition.

' Concilium Provinciale Ebreduni habitum, etc. ; Gratianopoli ap. Petnim Faure 1728, in-4.o ; Vie et Lettres de M. Jeau Soanen, évéque de Seoez, édit. in-4.o; Histoire de la condamnation de M. l'évéque de Senez ; Nourelles ecclésiastiqties, t. i.

Di l'Idgusi DB niANGI. 381

pour les précber^ je mourrai pour les soutenir. Je bénis Dieu de ce que rÊglise gallicane ayant demandé tant de fois inutilement la liberté de rétablir les conciles provinciaux^ Ta enfin obtenue après cent ans; et comme le roi^ plein de religion^ nous fait Thonneur de nous assurer que les affaires y seront traitées selon les formes ei les lois canoniques, j'espère que les intrigues de- la nouveauté y succomberont sous l'autorité de la tradition. » Le bon cvéque de Senez semblait se flatter qu'on suivrait les règles canoniques dans le concile d'Embrun. La charité ne pense pas le mal; mais la plupart de ses amis n'auguraient pas aussi bien d'une assemblée qui avait Tencin pour président. Un auteur anonyme ' dénonça les projets de la cabale : a Si la réforme des moeurs^ disait-il^ est le véritable objet du concile d'Embrun^ pourquoi cette province, une des plus petites de l'Église de France, est-elle la seule qui demande et à qui 1 ou accorde la permission de s'assembler? N'y a-l-il donc de réforme à faire que dans les montagnes écartées d'Embrun et sur les rocbers de Senez? Pourquoi d'autres provinces n'ont-elles pas le même désir et le même privilège de se réformer? d Après â*étre posé de semblables questions sur les objets qui pouvaient faire la matière des délibérations du concile d'Embrun, l'auteur conclut que Tunique et véritable but de cotte assemblée était de condanmer Soanen. « Nous allons donc voir, dit-il, ce vénérable \ieillard, le père des évêqucs de sa province, et l'homieur de tout le clergé de France, cité, accusé, jugé dans la plus grande rigueur. Nous verrons ce saint homme, consommé dans les travaux apostoliques, Tédilication de son troupeau par sa vie sainte et irréprochable, comme il avait été d'abord l'admiration de la ville et de la cour par le zèle et la noblesse de ses prédications, entrer dans un concile pour y être traité de novateur et de rebelle, menacé, frappé d'interdiction, de déposition, d'exil. » L'écrivain anonyme était bon prophète. Du reste, le projet du concile d'Embrun faisait l'objet de toutes les conversations, et tous ceux qui n'appartenaient pas à la cabale en parlaient comme l'auteur des Questions diverses. Soanen ayant reçu de nombreux avis touchant les projets du concile d'Embrun, se crut euGn obligé de faire signitier à son métropolitain, et en sa personne à tous les évéques ses comprovinciaux, un acte à l'effet de récuser le futur concile

' Questions diveraes sur le concile indiqué pour la province d*Cmbrun, io-4.« de 44 peges.

HlffTOlAK

oomme juge de Tapp^l et de tout ce qui tenait à la constiiutioa Unigenitui. Après avoir parlé des questions qui sont de la cocnpétence des conciles provinciaux^ il ajoute : ^ a La voix publique^ qui se fait entendre de toutes parts, ne nous permet pas d'ignorer que le concile convoqué dans la métropole de cette province a un autre objet, et elle nous développe ce qui est indiqué dans la lettre de convocation que M. Tarchevéque d'Embrun nous a écrite. Nous voyons, dans cette lettre, que la convocation du concile provincial est la suite et l'exécution de la détermination de rassemblée du clergé de 17i5, où Ton conclut, malgré les contradictions de plusieurs prélats, de demander au roi la permission d'assembler des conciles provinciaux^ particulièrement dans quelques-unes des provinces du royaume, et nommément dans celle de Narbonne, pour procéder contre M. Tévéque de Montpellier, au sujet des ouvrages qu'il a publiés contre la constitution Unigeniius et pour le maintien de la paix de Clément IX, ouvrages que nous avons adoptés en nous opposant à la délibération de celte assemblée.

» Cette notoriété publique et cette, lettre de convocation de M. l'archevêque d'Embrun, qui témoignent que la tenue du concile provincial auquel on nous invite est l'exécution de la délibération de l'assemblée de 1725, ne nous permettent plus de douter du dessein qu'on a formé contre notre personne et contre les écrits que nous avons publiés pour rendre un nouvel hommage aux saintes vérités, que nous devons défendre jusqu'au dernier soupir de notre vie. » L'acte d'opposition de Soanen fut rédigé conformément aux consultations de plusieurs docteurs de Sorbonne et des avocats les plus éminents qui avaient été consultés par lui. Une foule d'ecclésiastiques embrassèrent sa cause et lui écrivirent pour l'encourager^ six cents signèrent un mémoire qui fut rendu public.

De son côté, Tencin prenait ses précautions. 11 n'a pas jugé à propos de publier les lettres qu'il écrivit à Rome, mais il a fait connaître les réponses qu'il en a reçues ; dans ses lettres, le pape semble avoir été instruit des desseins que Ton avait à Embrun contre Tévéque de Senez et les approuver. Pour comprendre la portée des quelques mots assez obscurs qui se rapportent à cette affaire, il faudrait connaître la manière dont Tencin la lui avait présentée. Le secret de ce prélat sur ce point peut faire soup-

L'acte de Tévèque de Seiiez fut imprimé. In-4.o de 4 pêf^f .

Dl L ÀaUU IIB FRANCE. MS

çomier que Us intrigues ordinaires de la cabale onl joué un râle considérable.

Quoi qu'il en soit, Soanen, certain de se trouver à Embrun avec des ennemis^ ne s'en mit pas moins en route, malgré les conseils de plusieurs de ses amis, qui rengageaient à user de la dispense canonique que lui fournissait son grand âge. Il s'arrêta à une lieue d'Embrun, à Savine, pour faire signiQer à rarehevèque Tacte d'incompétence du concile dont nous avons parlé plus haut, et il en rendit compte le jour même au roi *.

Le même jour, 11 août, il entra à Embrun et fut reçu par l'archevêque avec de grands dehors d'amitié. Malheureusement, ik n'avaient rien de sincère. Tencin lui parla, dès cette première visite, de la dénonciation de son Testament spirituel. Soanen luimême nous l'apprend dans une lettre datée du 18 août : a Dans la première visite, dit-il, que je fis k M. l'archevêque, il me déclara, au milieu des plus belles caresses, que le promoteur lui avait dénoncé mon instruction. Je le priai de m'en apprendre les erreurs; il ne m'en marqua, ou du moins ne m'en prouva aucune, et parla beaucoup en Tair. » Le promoteur dont Tencin parlait n'était pas celui du concile, puisque l'assemblée n'était pas encore formée, mais celui de l'officialité métropolitaine. Ainsi Tencin se faisait dénoncer à lui-même l'instruction pastorale qui devait faire la base du futur jugement. Lelendemain, Tencin étant venu rendre sa visite à l'évêque de Senez, entra plus résolument en matière ; il {tarla du formulaire et de l'appel au futur concile. Mais s'il était bon diplomate, Soanen était théologien, ce qui valait mieux pour parler sainement de ces questions. L'évêque de Senez parla de la paix de Clément IX comme de l'unique moyen de rendre la paix à l'Église en conciliant le respect dû à des actes du Saint-Siège et les droits de l'orthodoxie et de la raison ; Tencin ne voulut considérer cette paix que comme une chimère. C'était le système des Jésuites. Touchant l'appel, Soanen soutint que c'était une voie canonique et légitime à laquelle il n'avait eu recours que pour sauvegarder la bonne doctrine. Tencin prétendit que l'Eglise avait parlé par la bulle, et qu'on ne pouvait appeler de l'Eglise au concile, a Si l'Ëglise a parlé, répondit Soanen, dites-moi ce qu'elle a décidé. Depuis quatorze ans on nous dit que l'Église a parlé, et l'on ne s'accorde point sur ce qu'elle a dit. Qu'on explique nettement les

Ltttra de ^anen au roi, en date dia f 1 eoM I7IT.

dogmes qu'elle a définii et toute division cesKra, puisque loui les ■roubles résultent des opinions difTérenles que l'on attribue i la constitutioD, selon la manière dont on l'interprète. » Tencin prétendit qu'U fallait laisser de pareilles chicanes auz théologiens, el suivre aveuglément le parti pris par la majorité des évéques unit i leur chef. D'après ce raisonnement, saint Athanase el saint Hilaire de Poitiers auraient dft être déposés, puisqu'ils réclanièrenl contre une décision prise par la majorité des évéques unis au pape Libère. Tencin et les antres évéques de la province eurent d'aiilrei entretiens avec Soauen avant l'ouverture du concile. Ces évéquej ne conservèrent pas loujoui's même les «impies convenances envers leur respectable confrère. Soanen recueillit ce qu'ils lui dirent de plus dur et l'inséra dans ses réfutations, dont il sera parlé. Un grand nombre de députés se croyaient obligés de suivre l'exemple des évéques el de profiler de leur visite à Soanen pour l'attaquer. « J'ai à peine le temps de respirer, écrivait le docte vieillard ' ; les lisiles aciives el passives, jointes à diverses attaques qu'on m'a déjà livrées pour me porter à quelque condescendance, m'ont déjà pluh faligué que tout le voyage. C'est chez moi un llux cl reQux de personnes dilférenles, qui me fatiguent par mille difficultés, auxquelles, néanmoins, je ne puis me dispenser de répondre. »

Dès le 14 août, on conunença à exercer la violence contre l'évéque de Senez. Voici comment il raconte le fait dans la lettrecirctilaire qu'il adressa aux évéques de France le 27 du même mois : M L'n de mes amis m'ayani envoyé de Digne un messager, chargé de quatre mémoires importants pour ma défense, ce messager fut arrêté aux portes d'Embrun, d'où il fui mené cbei M. le lieiitenanl du rot, et de ses ordres ou autres, fut conduit eu prison, où il est encore détenu depuis quatorze jours. Mes papiers lui furent enlevés, et quelque remontrance que j'en aie faite ù M. le lieutenant du roi, à M. le major, et enfin à M. l'archevêque, ils m'ont tous assure ignorer ce fait, qui, cependant, est public dans toute la ville, et je n'ai pu obtenir là-dessus aucune justice. » On publia, sous le nom d'un evique du concile, dfs observations sur le fait dénoncé par Soanen daus sa letlre-circulaire ; on n'osa pas le nier positivement, mais on chercha à faire croire que le commandant de la place fût seul coupatde. Lorsqu'après le concile, le messager fut mis en liberté, les aflirmations de l'évéqne

< Lellrt de Sntinfiii. en date du 14 aoai.

DE L ÂGLISS DB FKANCB. 385

de Senez furent tellement justifiées ^ qu^l est impossible de les révoquer en doute^ pour peu qu'on ait de bonne foi ; on voulait donc non-seulement juger ce pieux évéque, mais lui ôter aussi tout moyen de défense.

Le 16 août^ Tencin fit l'ouverture de son concile^ composé de cinq évéques y compris l'accusé^ avec une solennité que Ton ne surpasserait pas à l'ouverture d'un concile général. Dans son disooursy il parla d'un loup couvert de la peau de brebis, qu'il chas* serait en se couvrant du bouclier de la foi. Sous cette figure, ne se peignait-il pas bien lui-même? Nous ne dirons rien des préliminaires. Le dimanche, 17 août, eut lieu la première session publique. Tencin y lit au peuple un discours où l'on remarqua plus d'une erreur, ce qui parut choquant dans un métropolitain qui s'apprêtait à juger de l'orthodoxie d'un de ses frères ^ En parlant de l'élise, il fit encore allusion au vénérable Soanen, qui l'en* tendit : a Si l'Église impose des lois, dit-il, si elle punit même k rébellion, ce n'est que la rébellion persévérante. Elle présente encore une planche après le naufrage; le repentir sincère là désarme. Dès que fe< plus grands pr^aricaieurs viennent à ses pieds avouer et pleurer leurs crimes, leur amnistie est toute prête. »

Quel était le grand prévaricateur? Etait-ce Soanen, qui, par amour pour l'orthodoxie, croyait devoir eu appeler à l'Eglise^ suivant le conseil de Jésus-Christ, de la bulle d'un pape interprétée hérétiquement par ceux qui l'avaient provoquée ; qui ne se croyait pas obligé absolument d'interpréter d'une manière hétérodoxe le livre d'un évéque mort dans le sein de l'Eglise, après avoir fidèle-* ment rempli les devoirs de l'épiscopat; ou Tencin, dont la vie n'était qu'un tissu d'immoralités, dont le nom était inséparable-* ment lié à celui de Law, l'agioteur, dont le crime de can/idenee était juridiquement prouvé? Chargé de tous ses crimes, Tencin, avec l'aplomb d'un diplomate de la régence, osait donner le titre de grand prévaricateur h Soanen, dont la vie était la plus parfaite image de celle d'un apôtre! et cela, devant tout le peuple assemblé ! Il y a des fronts qui ne savent plus rougir, des hommes si habitués au crime, qu'ils veulent le considérer comme vertu, et qu'ils se croient, dans leur orgueil, d'autant plus vertueux qu'ils sont plus coupables. Tel était l'infâme Tencin. S'il s'était contenté.

^ Ce 4iâCouK fut imprifiié, &in«ii qu*ime Mire où Ton relevait ses erreiwâ.

d'éfn vicieux, bous aurioos tiré un voile prudeat bur ses dé«ordrM; mais puu(|Uti, comme les Maillj et les Uuboi», il voulu) eaeher ses vicet sous le masleau de l'orthodoxie, le devoir d'un historien de l'élise est de répudier ces hontuux défeoeeurB, de peur que l'Eglise de Jésus-Chriel ne parlicipe à l'uifamie de ca hypocrites athlètes. On peut admirer' Tenciu déuoQçaDl à toul un peuple le pieux Soaneu comme un rtheile et un précaricattwr: mail, du moins, il doit être permiti de rappeler le caractère de wt aoeiuateur public.

Dès ia seconde congrégation générale ', le promoteur du concile dénoufa le Tettament spirituel de l'évéque de Senez. Il élaîl convenu que, dans la congrégation particulière des évoques qui se tenait le malin, on arrêterait les matières qui devraient être traitées dans la congrégation générale du soir. Le 18 août, la séance du matin fut ingignifiante ; on voulait dissimuler jusqu'au dernier moment ce quG l'on projetait contre Soanen. Dans la •ongrégation générale du soir, après qu'on eut parlé des procurations, Tencin s'adressa au promoteur du concile, qui n'étail autre que aoD vicaire-général, Gaspard de Hugnee, et lui demanda s'il n'avait rien à dire. Celui-ci répondit qu'il n'avait rien à dire sur le rapport des procurations, mais qu'une affaire beaucoup plus Hoportante devait occuper le concile; et, s'élant levé, il fll sa dénonciation de l'Instruction pastorale de l'évêqne de Senei en ce« termes :

fl Meue^curs,

■ Ce saint ooncilc étant principalement assemblé pour traiter des affaires les plus pressantes qui concerneni le dogme et la foi, je n'ai point trouvé d'objet plus digne de votre attention que de rou* parla- d'un ouvrage qui, dès qn'il a paru, a révolté le public, scandalisé les faibles, alarmé lea Catholiques, excité le aèle de phisieurs saints évéques ; ouvrage dans lequel l'auteur s'efforce de détruire les lois et de corrompre le dogme de l'Eglise; ouvrage qui vous intéresse d'aulunt plus qu'il est né sous vos yeux et qu'il porte MA nom retpeclable dans celte province.

■ A ces traits, vous reconnaissez sans doute rinslruclion paslo-

' V. la RetatJOD faiti> par lo secrùlairo du cùiicile ; l'IIisloirB de U comJtœitioo de M. de Seoei; Im Actes du concile d'Embrun.

DB l'É6L1SE DB FRANCE. 997

raie imprimée sous le nom de Monseigneur Tévéque de Senez^ eti date du Tingt-huitième aoôt mil sept cent ^îngt-six, jour de saint Augustin.

a Je ne saurais dissimuler la peine que je ressens d'être obligé d'attaquer un écrit que le public et le titre même de l'ouvrage attribuent à ce prélat.

B Prévenu, dès mon enfance, d'un profond respect pour le caractère épiscopal; élevé dans un état qui fait gloire de reconnaître d'une manière particulière les évéques pour ses supérieurs, j'avais toujours admiré dans Monseigneur l'évêque de Senez le don précieux de la parole dont Celui de qui tout bien procède l'a avantageusement orné; un don si rare, soutenu par la gravité de ses mcmrs et relevé par un e:ttéri€ur modeste et régulier, semblait devoir nous retracer en lui Vidée des hommes apostoliques, dont il est un successeur par sa dignité ; mais c'est en cela môme que je trouve un nouveau motif de persister dans la conduite que je tiens : Plus le suffrage de Monseigneur l'évêque de Senez a de poids, plus les erreurs qui s'autorisent de son nom sont dangereuses.

» D'ailleurs, l'amour que je dois à la religion, le serment solennel que j'ai fait de remplir avec zèle et exactitude le ministère que vous avez daigné me confier, m'obligent de fouler aux pieds toute considération humaine. Non, il ne m'est pas permis de balancer entre mon inclination et mon devoir; point de respect, point d'estime, point de sentiments de cœur que je ne veuille sacrifier aux obligations de mon état : je parle ici au nom de toute la province; les prêtres, les lévites empruntent ma voix pour s'adresser à leurs Pères; le peuple fidèle, alarmé, demande à ses pasteurs qu'ils éloignent, par leur autorité, le pâturage empoisonné qu'on lui offre déguisé sous de belles fleurs.

0 Toute la France, Messeigneurs, a les yeux sur vous ; l'Église entière est attentive à toutes vos démarches. Que ne doit-elle pas attendre d'un concile où se trouvent assemblés, au nom de Jésua-Chrîst, des évoques que leur science^ leur attachement à la saine doctrine^ leur piété et leur zèle pour la religion rendent encore plus recommandables que la dignité dont ils sont revêtus? Que n'attend-elle pas d'un concile dont le chef ayant su par ses rares talents, PAR SA VERTU SINGULIÈRE, par un esprit supérieur, gagner la confiance et V accès familier de deux souverains pontifes^ a puisé dans cette source pure les principes les plus sûr» de la foi et de LA MORALE CHRÉTIENNE, et qui, dans

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ton diocète, est rexrmple de son clergé par ta piété, Vadvurafion et l'amour de ion peuple, PAR SES VERTUS ÈPISCO- PALES. B

L'indignation nous force d'interrompre le prêtre servile qui a eu l'etrroRterie d'accoler au nom de l'înfftme Tencin les mots de vertu, de morale chrétienne et de vertu» épiteopaies. Ces vil» éloges, dictés sans doute par Tencin lui-même à son vicairegénéral, sont d'un cynisme si révoltant, que nous n'avons pu tes transcrire sans indignation. Le promoteur continue ainsi :

« L'écrit que je vous dénonce, Messeigneurs, mérite toute votre indignation ; il contient, je le dis avec douleur, mais Je ne puis le taire et le dissimuler, la force de la vérité m'oblige de parler, il contient des principes monstrueux, des maximes séditieuses, des erreurs capitales plus d'une fois proscrites, plus d'une fois anathématisées dans l'Eglise; le formulaire d'Alexandre Vil, reçu et observé dans ce royaume depuis plus de soixante ans, y e$i condamné, du moins contredit et rendu inutile ; la signature pure et simple du même formulaire y est traitée de vexation, elle y est dépeinte comme la source dif bien det maux gui affligent depuit longtemps l'Eglise de Fi'ancf. La bulle même Vineatn Domini Sabaolh, donnée par Clément XI, y est expliquée d'une manière si illusoire, qu'elle semble n'y avoir été rappelée que pour y être ou indignement jouée, ou ouverlemenl démentie.

» Cette lettre pastorale a'est pas moins injurieuse à la bulle l'nigenilus, qui, par l'acceptation du corps épiscopal, par les lettres-patentes de 1714 cl par la déclaration de niO, fait également la loi de l'Lglise et de l'État. Oserai-je vous exprimer les excès de l'auteur sur ce sujet? 11 nous la représente comme une bulle qui a été donnée pour autoriser des opinions dangereuses sur le dogme, des maxiuies de relâchement sur la morale, des abus sur la discipline et de faux principes sur la hiérarchie: qui donne atteinte, qui renverse, qui proscrit des dogmes orthodoxes, des règles sûres des miriirs, V administration légitime des sacrements, nos lois et nos usages les plus sacrés.

j> Enfm, cette lettre donne les plus grandes louanges au livn' des Réflexions morales de Quesnel ; l'auteur ose présenler et conseiller aux diocésains de Sene^ la lecture de ce livre, égalemeni proscrit par l'autorité suprême de l'Église et par celle du souverain. Voici ses propres paroles : C'est un livre qui non-seulenu^rii ne mérite aucune crnsan- , mais qui est Iris di(jif dette lu.

DE lV.6LISE de FRANCE. 381)

comme renfermant le langage des divines Ecritures et des saints Pères, omnme rempli de lumière et d'onction, et très propre à nourrir la piété des fidèles en les faisant entrer dans V esprit des mystères de Jésus-Christ et en leur en donnant V intelligence. »

» II y auroit encore beaucoup d autres excès à reprendre dans cette instruction pastorale ; mais en m'arrétant principalement aux trois points qui viennent d'être touchés :

» Je requiers, en premier lieu, que Monseigneur Tévêque de Senez déclare si cette lettre pastorale est en effet de lui ; que s'il reconnaît qu'elle n'est pas de lui, il ait à la désavouer authentiquement et à la condamner de même ; que s'il la reconnaît être de lui, il ait aussi à la condamner et à la rétracter, principalement dans tout ce qu'il y est dit de contraire à la signature pure et simple du formulaire d'Alexandre Vil, et d'injurieux à la bulle Unigenitus et à l'acceptation qui en a été faite, et dans tout ce qu'il y avance pour autoriser la lecture du livre des Réflexions morales de Quesnel, sans approbation de ce qu'il pourroit y avoir d'ailleurs de répréhensible dans cette même instruction pastorale.

» Je requiers, en deuxième lieu, la condamnation de ladite Instruction pastorale, soit en cas d'aveu ou de désaveu de la part de Monseigneur l'évêque de Senez; et je demande acte de la présente réquisition.

I) Délibéré à Embrun, le 18 août 1727.

» Signé : Gaspard d'HuGUES, promoteur. »

Le promoteur se retira après avoir reçu acte de sa dénonciation et laissé sur le bureau l'Instruction pastorale, la dénonciation et les conclusions.

Avant de passer outre, nous devons établir dans toute leur exactitude les opinions de Soanen sur les trois points qui forment le fond de l'accusation dirigée contre lui. D'abord, sur le formulaire d'Alexandre VII: Soanen efQrmait qu'on en avait abusé pour persécuter des ecclésiastique? et des fidèles parfaitement orthodoxes, et que, pour éviter ces abus, il fallait suivre, touchant la signature, les règles adoptées par Clément IX lors de la paix conclue sous son pontificat. Touchant la bulle Unigenitus : Soanen prétendait que les Jésuites en abusaient en lui donnant une interprétation opposée aux dogmes catholiques, à la saine morale et à la pure discipline de l'Église, et qu'ils ne faisaient tant de bruit de quelques acceptations partielles que pour autoriser leurs systèmes hétérodoxes. En de telles circonstances, c'était, selon Soanen, un

j'IO UI«TOIBI

(luKiir |>our le pape de ilissiper ce scandale par des déclarations calégoriques, et, en atleiidaritj le devoir était de prolester contre une bulle dont on tolérait les inlerpréintions hélérodcâes, au moins indirectement, puisqu'on refusait opiniâtrement d'en fixer le sens d'une manière catholique et inconlestable. Enfin, quant au liixe des Réflexions morales, Soanen ne pouvait accepter une condamnation ambiguë, qui mellait la foi en périt. Ce livre, comme tous autres, peut être mal interprété par ceux qui ont de mauvaises intentions ; mais la preuve qu'il le pouvait être d'une manière orthodoxe, c'esl que toute l'Église de France, et le grand Bossuct en particulier, l'avaient entendu d'une manière catholique. Ce n'était donc qu'au point de vae des Jésuites que ce lÏTre pouvait être mauvais; et si le pape avait eu l'intention de le condamner autrement, il devait le déclarer; autrement, il donnait une espèce de consécration à la dnclrine semi-pélagienne et erronée des Jésuites.

Telles étaient les vérilables opinion-; •]•' IV-viiquc de Senpi. Eu les rapprochant des dénonciations du |iriniio1eur, on voit que cet émiEBaire de Tencin les dissimulait <l une miinière tellement criminelle et qu'il j a tant de fiel sous sim calme apparent et sous ses phrases hypocrites, qu'on ne peut gii.Tr^ se dispenser de te marquer au front du stigmate de calomnie hur. Malgré su malveillaDce calculée, on aura sans doute reniarqu.' f|iril n'a pu s'empêcher de faire l'éloge de Soanen el de le com[i.uiL- aux hommes apostoliques. Dans la bouche d'un ennemi, cci {■\tf<j,e ne peut être suspect. Quand on le rapproche des vaincs accioalions de la dénonciation, on comprend mieux que la sentence limit l'ovèque de Sençzfut frappé a été injuste. Au fond, àquoisi^ niluifaieiil les accusations, même exagérées dans le sens du prom.iiiiii? Quant au formulaire, Soanen ne croyait pas que, pour êtr.> iTlhodoxe, on fût obligé d'interpréter d'une manière hérétiqii.' les irmres d'un évêque distingué par sa piété et sa science, ei t|iii était mort dans le sein de l'Egli^. Touchant la constitution l 'ili/enitus, il ne protestait contre cette bulle qu'autant qu'elle p,i ^;iil pour être rexprcssion des systèmes hétérodoxes des Jésuiti-. Il en était de même du livre des Réflexiont moraiei ; il l'interjurlait comme Bossuet et ne tq trouvait mapvais que dans le sens qii.' lui attribuaient les Jésuit«, c'esl-à-dire des ennemis dont on j^nnait légitimement su»pecter les intprprétalions. Reprochaii-on à Soanen une seule erreur dans la foi ou dans la morale, on inâmc dans la discipline ?

Dl L'itoUW 01 irRANCI. 391

Non ; on le trouvait rebelle parce qu'il n'aeeeptail pas aveuglément ceriains actes sur la portée desquels il y avait^ dans l'É^se^ un profond dissentiment. On doit remarquer que^ dans sa dénonciati<«; le promoteur n'osa attaquer comme illégal et coupable Tappet an Aitur concile. Cependant^ c'était bien Ut la base de toute Taecusation. L'appel reconnu légal^ tout le reste en Soanen était logique ; s'il était illégal; on devait le poser comme principe de raccusation.

Il fallait préciser la question avant de passer outre au jugement.

Soanen entendit avec beaucoup de calme la dénonciation portée eoQtie lui; il se plaignit avec douceur de ce qu'on ne l'avait pas averti d'une manière directe des mesures que Ton voulait prendre eontre lui ; fit observer qu'on ne lui reprochait aucune erreur en particulier, et finit en demandant copie de la dénonciation. Tencin la lui promit, mais oublia depuis cette promesse.

Dès que la dénonciation du promoteur et les observations de Soanen furent terminées, Tencin avertit l'évéque de Senes quil convenait qu'il sortît, puisqu'on allait délibérer sur ce qui le regardait. Soanen allait sortir humblement, lorsqu'un de ses théologiens lui dit qu'il devait préalablement faire lire publiquement l'acte d'incompétence qu'il avait signifié. Tencin crut répondre en attaquant personnellement les théologiens de Soanen, qui auraient eu un large champ s'ils eussent voulu se venger; ses accusations étaient tellement dénuées de raison, que l'on ne comprend pas comment il a osé les soutenir. On les a formulées depuis plus catégoriquement ; mais elles ont été réfutées d'une manière tellement péremptoire, qu'on ne peut en tenir aucun compte. Les théologiens, pour éviter tout scandale, se retirèrent.

Pour toute réponse à su réquisition, Tencin pria Soanen de sortira Ce pieux évèque n'indsta pas et se retira. Après une heure de délibération, il fut rappelé et il justifia les théologiens que l'on avait expulsés de tous les griefs élevés contre eux. On n'eut aucun égard à cette justification, et il fut constaté que l'on voulait éloigner de févèque de Senez tous les conseils qui pouvaient l'aider à échapper aux pièges qu'on lui tendait.

Interrogé s'il se reconnaissait auteur de V/nstrucHmi poitaralê qui portait son nom, Soanen, après avoir protesté de vive voix qu'il ne reconnaissait point le concile comme juge, reconnut son ïnêtruction pa$torale et en signa un exemplaire; il demmda

* Concil. Ebred., ëdit. in-4.« de 1728, p. 41.

ensuite à ce qu'on délibér&l Bur sod acte d'iocompétence el sorlit de raEseiiibiée une seconde fois, d'après les actes du concile '■ Selon ces mémee actes, ce serai! seulement alors (|ue l'assemUée aurait entendu la lecture de l'acte d'incompétence et en aurut délibéré. Nous devons faire observer qae ces actes ont été arrangés après coup par les soins de l'arcbevéque d'Embrun, pour donner quelque apparence de justice à In sentence. Plusieurs membres du concile ont attesté qu'on n'avait ni lu l'acte d'iacompétence, ni délibéré sur celte pièce; on trouve même des contradictions entre les actes imprimés et les Observations anonymes qui lurent opposées aux assertions de l'évéque de Senez. En rapprochant ces Observation» et la Relation du secrétaire du concile, des écrits de Soanen, «m reste convaincu d'un complot formé après coup pour donner à l'assemblée d'Embrun quelque apparence régulière ; mais les faussaires n'ont pas été assez habiles, el l'on trouve dans leurs écrits eux-mêmes, rapprochés les uns des autres, des preuves de leur iniquité.

Soaneu étant rentré dans lu concile, l'archevêque d'Embrun lui annonça que l'on regardait son acte d'incompétence comme nul, puisque le concile n'élait pus assemblé au moment oii il avait été signifié. Alors l'évéque de Seucz prit la parole, et après avoir renouvelé son acte d'incompétence du concile en général, il récusa par un nouvel acte, dont il laissa copie sur le bureau, chacun des évéquee présents pour ses J u^es.

Tencin fut récusé à cause du crime de conlidence et de simonie dont il avait été publiquement accusé, et dont il ne s'était jamais justifié ; crime qui lui filait, d'après les canons, non-seulement le droit d'élre juge, mais celui d'être accusateur et témoin. Les trois autres évéques et le procureur de l'évéque de Digne furent récusés conformément i cette maxime de droit : o qu'un juge qui se déclare avant le jugement peut être légitimement suspecté, parce qu'alors il doit être regardé comme un juge prévenu, qui prononce avant l'examen et sans avoir entendu les parties, et qui est dans une disposition tixe, non de juger éq ni tab tentent, mais de condamner, n Des faits incontestables établissaient que lesdits évéques s'étaient montrés fort prévenus et très passionnés contre l'évéque de Senei avant le jugement; qu'ils avaient prononcé d'avance sa

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condamuaHon^ qu'ils s'étaient, cumme coalisés contre lui. De là leur incompétence pour être juges.

Après avoir exposé ses moyens de récusation^ Soanen s'esqprime ainsi:

ff Nous avons davantage de suivre dans ces récusations personnelles, l'exemple de saint Jean Chrysostôm^^ patriarche de Cons* tantinople ; ce grand saint ayant été cité par un concile assemblé au faubourg de Chalcédoine, connu sous le nom du faux concile du Chéne^ écrivit en ces termes à Théophile d'Alexandrie : a Si 9 VOUS avez dessein que je vienne vers vous pour me justifier^ faites A 1® sortir de votre assemblée mes ennemis déclarés^ qui n'ont fait » aucune difficulté de faire paraître publiquement le dessein 9 qu'ils ont conçu de me perdre, et après cela je ne disputerai » point du lieu où je dois être jugé, quoique, selon les règles, ce » jugement dût se faire dans la ville. Or, le premier de ceux que » je récuse comme suspects est Théophile, que l'on sait très cer- » tainement avoir dit dans la ville d'Alexandrie et dans la Lycie : » Je pars pour déposer Jean. La conduite qu'il a gardée envers » moi fait assez voir qu'il a tenu ce discours, puisqu'étant arrivé i en cette ville il ne m'a point parlé, il n'a nullement commu- » nique avec moi. Que ne faut-il donc pas croire qu'il fera après le «jugement, puisqu'il s'est déclaré ouvertement mon ennemi » avant même qu'il y eût aucune action Intentée contre moi? Je » demande aussi que l'on ôte du nombre de mes juges Acace, qui » a dit en me menaçant: je Im ai apprêté son bouillon; et • qu'est-il besoin que je parle de Severien et d'Antioque, dont les » crimes sont si publics, que les théâtres, même séculiers, en » retentissent? Si donc vous avez dessein que je vienne au lieu où » vous me mandez, chassez de votre assemblée ces quatre évê- 0 ques, en cas qu'ils prétendent être mes juges. »

n Telles furent, continue Soanen, les raisons que saint Jean Chrysostôme allégua pour récuser ceux d'entre les évêques qui lui étaient légitimement suspects; mais elles n'empêchèrent pas qu'il ne fût injustement déposé, et banni ensuite par l'empereur.

» Placé dans les mêmes circonstances, et exposé peut-être aux mêmes rigueurs, pouvons-nous nous dispenser de suivre la même conduite? Nous vous déclarons donc à vous, Monseigneur Guérin de Tencin, archevêque d'Embrun, et à vous, Monseigneur de Bourchenu^ évêque de Vence, et à vous, Monseigneur de Grillon, évêque de Glandève, et à vous. Monseigneur Anthelmy, évêque

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de Grasse, et à vous, M. de Poget, comme représentant Monseigneur révéque de Digne : l*' Que nous renouvelons notre premier acte de récusation de tout le tribunal du concile, attendu son incompétence notoire pour juger notre personne et nos écrits, par les raisons que nous avons alléguées dans ledit acte ; S^ Que quand même ledit tribunal seroit compétent pour nous juger, ce qui n'est pas, nous vous récusons tous et chacun en particulier pour nos juges, pour les causes et raisons que nous venons d'énoncer; vous suppliant, requérant et interpellant de vous abstenir de tout jugement, protestant de nullité de tout ce que vous pourrîei faire et attenter au préjudice de nos dites récusations, et de nous pourvoir par les voies de droit pour faire casser les dits jugemento. n Fait à Embrun, ce 18 août 1727,

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