‹ Histoire de l'église de FranceChapitre 8 sur 100 · II · texte numérisé non relu

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sâmblag» àm doefarkies si différentes, proclamées également comme la parole de Dieo^ et il loi sembla irtile de démontrer qnc cette parole WB pourrait être dam eette Babel des pensées humaînes. Sa première idée flÉit de présenter le tableau de ces variations^ qirïl aurait mis en lêlB da livre de VEscpomiion de ta doctrine catholique , afia de plafior en regard l'nmfé et h divershé. Mais son travail prit sous «a phune des proportions beaucoup trop grandes pour un discours pcâînsinaive; tes études historiques qu'il fut dbligé de foire, les eoBatdémtîons théologiques qui en découlèrent naturellement^ formèrent un ouvrage considérable^ connu sous le nom à*Bist€nre des wiriaMns et qui n'est que l'histoire doctrinale du Protestantânie dans toutes ses branches.

Parnaî les Protestants qui attaquèrent cet ouvrage de Bossuet, le plus sérieux et le plus docte fut, sans contredit, Jacques Basnage de Beauval, ministre de Rotterdam. Une discussion savante s'éleva eeire hii «t Bossuet, qui montra la même logique et la même érudilioB dans la Diféme de V Histoire des variations que dans Foutvage ha-méme. Bayle, quoique peu favorable aux catholiques, vint en Me k Bossuet par son ouvrage intitulé : Avis aux réfugiéi, qui contenait contre le Protestantisme les aveux les plus importants. Basnage, malgré sa science, fut vaincu par Bossuet et par Bsyle. Un adversaire, moins digne de Tévêque de Meaux, s'élança dans l'arène contre lui ; c'était Jurieu *, natif de Mer, dans le Ble- IMB, ministre réfugié en Hollande. Jurieu avait des connaissances^ ■lab son fanatisme était tellement exagéré que ses coreligionnaires, pour la plupart, ne lui accordaient pas leur estime et le regardaient comme compromettant pour leur cause. Il écrivit contre Bossuet des Lettres pastorales, dans lesquelles il traitait le grand é^ue de Meaux comme un courtisan, dont le métier n'était pas d'étudier.

Les lettres insolentes de Jurieu donnèrent naissauce aux AverêiÊsemenis aux Protestants, dans lesquels Bossuet traita les plus hautes questions de la théologie avec cette éloquence sublime et cette science profonde qui forment comme le double cachet de ses œuvres.

Bossuet dirigea encore contre les Protestants ; YExplitatùm de V Apocalypse; le Traité de la eomimnioH som fe» déunp espèces; sa conférence avec Claude, sur i'ÉgUse, et tant d'aotvte ouvrages

^ Bossuet, Avertissements aux Protestants.

DB L'iaUM M PEA?ICB. 115

qiii seront toujoufii ecmsidénés comBie les eheft^^œuvre da la cobtrorene cathdiqiie.

Amauld^ dans ie même temps^ défendait aussi FÉglise oo&lrt les Protestants^ et peut être regardé^ datts la oontroverse, comme k digne émule de Bossuet.

Arnauld avait joui de quelque jrepos dans son exil et y avait employé tout son temps et ses talente à la défense de cette Église catholique^ dont les Jésuites le prétendaient ennemi. Un des pre* Buesrs fruits de son exil fut son éloquente Apologie pour les €aih(H lique$ '. Une multitude d'écrits calonmieux^ que les Protestants répandaient en Hollande et ailleurs^ donna Heu à cet ouvrage. Le d&ir qu'avaient les Catholiques d'Angleterre, opprimés par les Puritains qui dominaient dans le Parlement, d'obtenir la liberté de conscience^ et quelques négociations entamées à ce sujet, avaient excité, en 1678^ un grand orage, dont plusieurs furent victime. Ou les accusa de conspiration y et l'on Ht un procès à un grand nombre d'entre eux; quelques-uns furent mis à mort. Les Protestants les moins fanatiques ne crurent pas à cette conspiration ; Leibnitz la regarda comme une chimère inventée par la haine de la secte presbytérienne. D'autres y crurent, et l'mi d'entre eux publia un pamphlet, intitulé : La polUiqtie du clergé ^ dans lequel il£'attaquait^ non-seulement au clergé catholique en général, qu'il accusait de soutenir des opinions contraires à l'ordre social ; mais au clergé de France en particulier et à Louis XIV lui-même.

Ce fut ce jpamphlet qui détermina principalement Arnauld à entreprendre V Apologie pour le$ Catholiques. Ce bel ouvrage est divisé en deux .parties; dans la première, il pose les principes qui doivent être regardés comme ceux du clergé catholique; et les distingue parfaitement des opim'ons d'ultramontains fanatiques^ qui ne peuvent être^ sans iugustjce, attribuées u l'Église ; dans la seconde partie, il discute les preuves de la conspiration qui servait de fondement à toutes les calomnies élevées contre le clergé. Louis XIV et le père de La Chaise ayant été impliques dans la conspiration, Arnauld prit noblement [a défense ,de ces deux hommes, qui toe songeaient qu'à le persécuter. Leur haine ne fut pas désarmée par cette grandeur d'âme; et V Apologie pour les Catholiques fui considérée, à la cour de Franee, c^oune un livre. mauvais, dont on

* Arnauld, (ouvres complètes, t. xiv; Vie d^ArnauIcl, :2« part., ch. 34.

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devait entraver la cîrculaiioii ^ 11 n'en est pas moins certain que la controverse catholique compte peu de livres aussi savants, d'une logique aussi serrée, d'une éloquence aussi entraînante '.

Amauld se trompa, dans ce livre, sur un foit attribué à un Anglais du nom deSouthwell; celuî-K^i lui en écrivit et lui donna des preuves de son erreur. Le pieux docteui^ offrit aussitôt à Southwell toutes les satisfactions qu'il pouvait désirer; non content de publier une addition pour détruire son erreur involontaire, il envoya cette addition à Bayle, en le priant de la faire connaître dans ses NouvdUi de la république des lettres. Bavie se rendit à ce désir, en disant que cette rétractation publique « ne serait pas l'endroit le moins glorieux de la vie de M. Arnauld, lorsque I on ferait son histoire, j»

Amauld avait un tel amour de la vérité que rien ne pouvait Tempécher de la dire; il n'est donc point étonnant qu'il ail mis tant d'empressement à faire justice d'une erreur involontaire qu'il avait commise. Ses adversaires étaient loin d'en agir, à son égard, avec autant de loyauté. Si encore ils ne l'avaient pas calomnié sciemment et dans le seul but de lui nuire !

V Apologie pour les CatholiquestuWc dernier ouvrage d' Amauld contre le Protestantisme. Il n'écrivit plus sur cette controverse que deux opuscules pour défendre ses ouvrages relatifs à la morale des Calvinistes. Le Fèvre, docteur de Sorbonne, avait jugé à propos de prendre le parti de la morale calviniste contre Amauld; son écrit, encouragé par Harlai, était rempli d'invectives et d'injures. Arnauld lui répondit avec une douceur qui lit l'admiration de Ba)[le '; Le Fèvre continua ses diatribes, et Amauld, qui comprit d'où le coup partait, les méprisa avec raison. Harlai avait plus d'un motif de ne pas aimer la morale enseignée par Amauld, conl'ormément à l'Évangile.

Arnauld eut, quelque temps après, une controverse importante avec le P. Malebranche ; il estimait les travaux philosophiques de cet homme éminent, aussi bien que ceux de Descartes, son maitre; mais il était trop pénétrant pour ne pas apercevoir qu'on en pouvait abuser contre la révélation et la doctrine de l'Église. Maie-

> F. la Correspondance d'Arnauld, possim.

< On peut voir oe que dit de Tapotogie pour les GathoUques le cardinal Uaur}-, dans son Essai sur Véloquenee de la chaire,

* nay!e, Nouvelles de la république des lettres.

bruKhe avait perfeetkHiaé la philoaophie de Deseartet ; ses idées les plus abstraites et ses démonstrations mathématiques étaient rerètuesd'un stjte attrayant et pur ; sa Beckereke de la vérité lui ivait acqub k réputation la mieux méritée, malgré les <^pinions trop systématiques qu'il y soutenait, particulièrement sur la nature des idées.

Pour son malheur^ Malebranche voulut mettre le pied dans le domaine de k théologie, et publia son Traiié de la naUêre et de la grâee. Bossuet, ayant eu communication de cet ouvrage encore manusbrit, l'avait réprouvé avec une grande énergie : « Plus je me waviens d'être chrétien, avait-il dit S plus je me sens élmgné des idées que ce système nous présente, d L'opinion de Malebranche était hérétique aux yeux de Bossuet, et ce n'était pas sans efiroi <pi'il voyait l'invasion que faisait la raison, sous le faux nom de philosophie, dans le domaine de la révélation.

Araauld n'avait pas une meiHeure opinion du livre de Malebranche ; mais, comme l'auteur était son ami, il lui écrivit avec beaucoup de douceur que plusieurs de ses opinions seraient fort mal reçues et qu'il ferait bien de corriger un grand nombre de passages. Amauld était alors à Amsterdam. 11 y apprit que Elzevir imprimait 1er Traité de la naitire ei de la grâce. Il le pria d'en suspendre l'impression jusqu'à ce qu'il reçût de nouveaux ordres de l'auteur, et il profita de ce délai pour faire de nouvelles démarches auprès de Malebranche. (1 en chargea le P. Quesnel, qui appartenait à k Gmigrégation de l'Oratoire, comme Malebranche, et avec lequel il était lié. Quesnel échoua, et le philosophe envoya de noiiH veaux ordres à Ëbevir pour Timpression de son livre.

La Providence, la prédestination et la grâce ; les caractères de Tunion bypostatique de k divinité et de Thumanité en Jésus-Christ ; tous les points les plus essentiels de la religion se trouvaient compromis par le système de Malebranche; Aniauld comprenait qu'il était nécessaire de le réfuter solidement, mais il hésitait à entrer en lice contre uu ami. Bossuet l'y engageait fortement, ue trouvant que lui de capable de vaincre Malebranche, à cause de la profondeur de ses idées philosophiques, unies en lui, d une vaste et fioiide connaissance de la théologie ; Tévéque de Gastorie était du même avis que Bossuet. C'était déjà pour obéir au vœu de ces deux

I Bossuet, Lettre 130.^, à un disciple du P. Malebranctic; Vie d*ArD&uW, 2.e partie; Correspondance d*Arnau)d, pa$Hm.

évéques ({d'At^liuld viai eomposé \'Apot»jfié pour lt$ CatkÊH^ ifuet '. Il «e rendit encore à leurs preisastet saHiaMirmsi mzn, afin de rMuire en pondre le B^stème de Ifelefar^iAe, où tontet les parties étaient fortement enctutnées, il fattaH[ua d'abord psr sft base an moyen de son Traité dt» vraies et rfw fatum ittéa; Bossuet approuva ce travail et n'en demanda qu'ayee plus d'io»tasce )a réfutation directe da Traité de la natmre H delm gràct *; ce qu'Amauid exéeuts quelque temps après par ses M/kaimu fhiloKphiqiUë et tSMogiqwe» *.

Armiuld atart pris soin de faire aTerlir Halebruidie du denein où il était d'attaquer son systètne él de k résohitim oà il était d'éviter, dans celle polémique, font ce qui pourrait altérer l'anitié qu'il avait pour sa personne ; il tint pan^, et ses ouvrages sont ècriti avec une convenance et une politene trop rares daoR les livres de controverse. Malebranche, qui avait pns tes mémea engftf^ementi qu'Arnauld, n'if fut pas fidèle et répondit par des tasolles aux preuves invincibles bous lesquelles son système était pulvérisé ; assuré d'être écouté d'un certain parti , il ma reprod>«ft Amauld de dogmatiter sur les matières de la grAoe et de fsm de nouveaux dogme». Un fart certain, c'est que le dogmMiietr n'était point Arnauld et que ce grand tiomme prouva une fois de plus, par cette polémique, la pureté de ses opinions sur les matières de la grftœ. Il ne fbt point ému des injures de son adversaire et il lui adressa huit lettres, dans lesquelles il diacula ass réponses avec le calme d'un homme certain d'être dam le vrai et ta douceur d'un vrai chrétien. Ce fut après la publication de ces leldTA i|ii' \['i,itil,l ilonna Hu public ses Rtflexiow pMOMpkifmi ft iMolngiquef.

tjn V. Malpbrnncbe était soutenu, dans sa polémique, ptr Haplal. srcli"*vé(i«e de Paris, te P. de La Chaise et la coot de PrMce, qui tnnivntciit Wn tout ce qui était dirigé contre Arnauld. Leur crédit et celui âca Jésuites de Home ne purent empédier ta condamnatûin dos ouvrages de Malebranche *;ils voulurent du moins

< BoESuel, fipist. T7, ad cpfseop. Castùr. ; et 99, Cutor. ai MetdsBB. eftat.

■ Bossuet, Epist. 105, ad eplscop. Castor.; Kpisl. Castor, ad IMd., 1(M.< parmi les Leitres dircisea de Bogauel.

' Rëflaxions plijlosophiques el tliéulogiques sur le afstèma de la iwiura et de la Grâce, t. ixxii des (Kuvres complètes. Le Trailé dei vraia et in fauMet UUet se trouva au I. ttirin ds la mAms collccUoa.

» Le décret est du 20 mai laiO.

DE hÈQêJmM M PIAN». 419

faire siibir le même saci k ceux d'Anuidd, qui forent dénoncés i rioqujsîtion; on les examina minutîeuseBieQt et ils sortirent vicUh rieux de l'épreuve. Du Vaucel, qaâ était à Aome^ ténoin de Uw les fliouvements que les Jésuites se donnaient pour empêcher k condamnation des livres de Malebrancbe et ùàr^ coadamner œux d'Âmauld^ proposa à ce docteur ' d'écrire au cardinal de fiowUon, qui avait été envoyé k Borne par la cour de France^ de ae poiat s'opposer k la censure de son adversaire, c C'est ee <)ue je ne ferais pas pour tout ]'or du monde, répondit Arnauld. Qu'ils en lassent à Rome ce qu'ils voudront jnais ce ne aéra point k m<m instigation Cela serait très mal reçu par tous les honnêtes gens, e t avec raisoa* »

L'ahLé de Fénélon entra, i la suite d'Arnauld, en lutte avec le P. Malebranehe , à propos de son Traiii de la nmtmre et 4e ifi Srâce; avant de parier de son ouvr(ige, nous devons faire ooihoaltre cet homme célèbre, qui joua depuis un rôle si éclatant dans les affiures de l'Ëglise.

François de Saljgnac de Lamothc-Fénélon ' naquit au châteav de Fénélon, en Périgord, le ê août 1651. il fut élevé dans la inaii^ son patamelle jusqu'à l'âge de dou&e ans; on l'envoya ensuite i l'Université de Cahors, puis au collège du Plessis, à Paris, où il termina ses études; il s'y fit remarquer par une facilité extraoi^ dioaire. U entra ensuite aii séminaire de SaintrSuipice pour y faire ses études ecclésiastiques. Ce séminaire était alors dirigé par TroBsoa; Fénélon y reçut les ordres, fut agrégé à la Congréga*iMMi des S«dpicieBs, puis nommé, par la protection de Harkù, supérieur de la communauté des NoûveUee CathoUques, Cette ai^i sodatioD avait été formée dans le but d'instruire les jeunes Proies* Unies converties. Féaélon avait vingt-sept ans lorsqu'il en fut nommé supérieur. II en remplit les fonctions jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. (1686) U fut alors envoyé en Poitou,en qualité de miasionnake, avec l'ahbé de fiertbier, qui fut nommé quelque temps aptes évêque de Blois, l<mque ce siège épiscopal fut établi, (1607) Il y fut peu de temps, et, dès 1686, il manifestait le plus rif d^ de revenir à Paris. C'était Bossuet qu'il rendait confident des ennuis qu'il éprouvait en Poitou, et dont il réclamait la proies tien K Fénékm avait été présenté an g^rand évêque, qui Favait

> K. la Gorrespondanoe d*Àrnauld.

* De Beaoffiet, Ulilaire da Fénelon, Mr. 1.

* Lettre de Fénélon à Bossiv't, d» S Bars i66S. V. la Vie deF<^#on, par M. 4e BeaassH, Uv. 1, eh.».

120 HisTOiie

accueiUi avec cette boaté qui faisait comme le fond de âon ca-i ractère. La piété et rintelligeDce da jeune abbé avaient plu h Bo88uet, qui se faisait un devoir de protéger et d'encourager tous ceux qui pouvaient devenir utiles à TÊglise par leurs talents *. De retour à Paris, Fénélon cultiva principalement l'amitié de la famille de BeauviUiers, intimement liée avec madame de Maintenon* En i889> le duc de Beanvilliers, ayant été nommé gouverneur du duc de Bourgogne, choisit Fénélon pour précepteur ; et madame de Maintenon fit agréer ce choix au roi. Les Fablet, les Dialogueê de$ m&riê et le Télémaque sont les monuments les plus remarquables qui nous soient restés de l'éducation dirigée par Fénélon ; il ne faut que les rapprocher de VHiêtoirê universelle^ de la CofUMMiMince de Dieu et de mH'tnhne, de la Politique tirée de f Écriture eainte, pour voir la différence qui existe entre le plan de BossUet et celui de Fénélon. Bossuet, précepteur du premier Dauphin^ avait envisagé d'une manière toute chrétienne l'éducation de celui qui devait être à la tète d'un grand peuple. Fénélon n'avait pas^ comme Bossuet, un génie chrétien; il s'était plus inspiré d'Homère et de Virgile que de l'Écriture Sainte et des Pères de l'Eglise. L'éducation qu'il donna an duc de Bourgogne fut toute poétique, on pourrait dire payenne, puisqu'il lui proposa pour modèle les personnages de la fable plus que ceux de l'Évangile ; que l'on ajoute à ce fonds payen quelques broderies chrétiennes, et l'on aura une juste idée de l'éducation tant vantée dn dnc de Bourgogne ; il ne faut donc point s'étonner de la rigueur avec laquelle Bossuel en jugea les monuments. Les paroles suivantes, tirées du journal de l'abbé Le Dieu ', secrétaire de Bossuet, nous feront connaître l'opinion qu'avait ce grand homme du chef-d'œuvre de Fénélon :

« Dès que (ce livre) parut et qu'il en eut vu le premier tome, il le jugea écrit^d'un style efféminé et poétique, outré dans toutes ses peintures, la figure poussée au-delà des liomes de la prose et en termes tout poétiques. Tant de discours amoureux, tant de descriptions galantes, une femme qui ouvre la scène par une faiblesse déclarée et qui soutient ce sentiment jusqu'au bout, et le reste du même genre, leur fit dire ' que cet ouvrage étoit indigne, non-

< Mémoire) ëe TAbbé Le Dion, sur la vie et les ouvrages de Bossuet.

' Journal de Tabbé Le Dieu, janvier 1700.

* C'est-à-dire à Bossuet et à ceux qui oonvcrfaieml avec lui, parmi lesquels

DE L^ftcLISe DE FRANCF. \'2\

feoiement d'un évéque % mais d'un prêtre et d'un chrétien, et plu nuinUe que profitable au prince à qui Fauteur Tavoit donné. M* de Meaux en avoit vu le manuscrit, il y avoit plusieurs années, et je lavois ou! sonvent en reprendre seulement le style poétique; c'est qu'il s'étoit contenté de courir dessus sans attention, et ne s'étoit laissé frapper que des peintures outrées. Il avoit cru que M. de Cambrai avait eu tout au plus l'intention de proposer cet amusement à M. de Bourgogne pour le divertir dans ses études et l'attirer h la lecture ; il fut fort surpris de le voir imprimé ' et ne douta pas que ses amis n'eussent pris le temps que la condamnation du livre des Maximeê des sainti * étoit venue, pour le répandre dans le public et y conserver au moins à l'auteur la réputation

du meilleur écrivain de la France, comme ils le prétendoient

n Depuis qu'on eut le deuxième et le troisième tomes, dont M. de Meaux n'atoît jamais rien vu, il jugea que le dessein de ce livre étoit pernicieux, et que l'auteur étoit bien hardi et bien téméraire de le donner au public. On sait, en effet, que M. de Cambrai se plaignit d'abord de l'indiscrétion de ses amis, d'avoir fait imprimer l'ouvrage dans Paris même : ce fut une sagesse k d'antres aussi de ses amis de l'avoir supprimé d'abord ; mais dans ee temps-là même on vit des lettres de M. de Cambrai oii il mandoit que puisque son Télêmaqtte avoit été publié, il ne pouvoit s'empécber de prendre soin lui-même d'une édition, afin qu'il parût tel qu'il étoit, et que d'ailleurs il étoit impossible de le retirer des mains du public : ses amis y avoient bien pourvu, car il en vint tout à coup quatre ou cinq éditions, et de tout l'ouvrage , de Paris, de Rouen, de Lyon et de Hollande, et celle enfin qui porte le nom de la ville de Liège, en petit caractère, divisée en dix livres avec des sommaires, faite par l'ordre et par le soin de l'auteur même, comme il l'avoit promis.

• M. de Meaux trouva donc que les derniers livres de ce roman éloicat une censure couverte du gouvernement présent, du roi même et des mini«tres. C'est ce que tout le monde y a vu, et le roi

était fabbé Fleury, qui était, il est Trai, sons-^préeepteur du duc de lloargogn<», nais ne partageait pas les idées de FénéloD, comme on voit.

* Le THimaquef composé, au moins en partie, pendant l*ëducat{on du duc de Bonrgofoe, ne fut publié qa*aprè8 Télévation de Fénélon rar le nége de Cambnii.

' \n mois de mars 1609. (Note de Tabbé Le Dieu.) ' Xous parlerons bientM de cette affaire.

^fQ HISTOIBB

i^^ttmt \t^ AirtrM ^ Pourquoi donc publier on écrit de eelfe

t*' i t^*ik Km pour M. de Cambcai? c C'est encore

« i)N.^* M. de MeauXj un dessein de ses amis pour lui mériter

I ^! iipv V public^ avec la réputation du meilleur écrivain, lluimaew

> J:*ivt,ùr $eul le courage de dire la vérité, s

v'v'tii paroles de Bossuet paraîtront moins sévères, lorM|ue niNis «\irv^n$ présenté Fénclon tel qu'il fut. 11 nous semble^'il est lempa de dire la vérité sur ce prélat qu'on a trop adulé dans cerUîn parti, .àii détriment d'hommes qui n'étaient paa noim dignesquelui de IVstime publique. Nous ne contestons à Fénéloa ni son intdttigcnee brillante, ni ses manières aimables et iosiiiuaaies, ni sa coanaîssauce de l'antiquité profane ; mais il ne connaissait point les rac^ nnments de la science ecclésiastique, et il fut persuadé que sa £aci* Ijté pouvait lui tenir Hqu d'études. Des textes compilés par d'antres, et quelques ouvrages mystiqu&s formaient tout son fonds théokogique ; et si l'on a eu un tort grave, ce fut de le poser en antagoniste sérieux de Bossuet, dont la voix n'était que Técbo des Pères de l'Église.

Fénélon, ce génie facile et brillant, écrivain plein d'élégance, n'avait ni assez de profondeur, ni assez d'études pour faire rien de remarquable au point de vue tbéologique; aussi les contradictîoBS et les inconséquences abondent-elles dans les écrits où il a entrepris de traiter les hautes questions religieuses; et si le cLarme de son style suffit pour les cacher aux gens peu altentiCs et aéduits, il n'en est pas de même pour les esprits sérieux, qui abandonnent la forme pour pénétrer au fond des choses.

Louis XIY ne considéra jamais Fénélon que comme un e^rii chimérique: aussi, d peine l'éducation du duc de Bouigogne fut^ elle terminée, qu'il le nomma archevêque de Cambrai, pour l'éloigner, dit-on, de la cour. Nous verrons plus tard, par l'étude que nous

1 M. de BeuiSMl, i|m éomu⻫ait ce passage du JlsiinMil dafaMié LalHaa,

s*est bien gardé de le dter, quoiqull ait priienAu émàu le jogemcHt ûê Bussuet sur le Télétnaque. (K. Histoire de Fénélon, liv. 4, ch. 5, 4.e édiU) M. de Boau^sot , d*api es Féaéion lui-même, prétend que le Télémaque n*a pu ô.re une critique du gouvernenieot, par la rais^m quM a été compoeé à la Cour, lorsque Féaéion D*avait atiOHoe raison de critiquer. D*eborJ, le IVIAiMh que a-t-il été composé en êtUitr pendant TéducatioB 4a àoù da Soorgogie? Uussuel, qui eut alors oommuaioaiiMi du manascnl, n*M eonuaisnlC qoa la commencement. Ensuite, Fénélon a travaillé (on roman élant archevêque de Cambrai, et disgracié; n*a-t-il pa^ pa y mettra alors dit aUnioBS at ées portraits qu*il n'y aurait pa^ mis pendant qo*U était à la Oour ?

DB L'é«LIâB DE FBÀNCE. 143

ferons de sa corre$pondance, combiea cet exil^ si honorable cepeu* dasty lui fut pénible, et avec quelle persévérance il travailla pour te faire rappeler à la cour.

Pour lé moment, nous n'avons à parler que de l'ouvrage qu'il composa contre le Traité de la nature et de la grâce de Msdebranche. Cet ouvrage^ peu profond, était composé dans les bons principes que Fénéton combattit et soutint selon les circonstances. Thomiste dans son Traité de r existence de Dieu; Moliniste exagéré dans ses ouvrages sur la bulle Unigenitus, il est Augustinien dans sa réfutation de Malebranche. Bossuet approuva les principes de ce dernier ouvrage, principes en tout conformes à ceux d'Aruauld^

Fénélon n'avait pas alors^ pour ceux qu'on appelait Jansénistes, les sentiments qu*il manifesta depuis, pour faire sa cour au père Tellier. Pendant longtemps, il avait courtisé les amis de Port- Royal, et à force de sollicitations, avait été admis a à quelques repas particuliers que quelques importants d'entre eux faisoient alors une ou deux fois la semaine chez la duchesse de Brancas*. m Au moment où il composa son ouvrage contre Malebranche, Fénélon cultivait aussi la protection de Bossuet, l'oracle de la cour sur les questions doctrinales. 11 lui donna donc son manuscrit à corriger*, et se garda bien de s* éloigner des principes de ce grand théologien.

Nous devions constater ce début de Fénélon dans les discussions sur la grâce et faire connaître les commencements d'un homme que nous verrons bientôt mêlé aux plus grandes affaires de l'Église.

Revenons à Arnauld. Sa discussion avec Malebranche dura jusqu'à la fin de sa vie, mais ne l'empêcha pas de publier en même temps d'autres ouvrages d'une très haute importance, soit pour la défense de l'école de Porl^Royal, soit contre l'Ultramontanisme^ Eu 16S9 et 1690, il dénonça au pape une grave erreur des Jésuites connue sous le nom de PécM philosophique*. Un Jésuite de Dijon,

de Féttëloa* par M. ds Boausset. Ur. 1, ch. 33. * Mteoires dv due de Mal-Simon» 1. 1, oh. W; ëdit ;dn marquis do Saintr

* BBiomet, loe. dl.

. ^ Fùekmi eontre le P. Kscanl, Jtoile, I. m. des OBiivres eomplèiet ; Edtlrcissetnent sur rautorité des eonciles généraux et des papes, etc., contre i« DisserlatfoD de Sehelstrate, t. xt ; Jugement équitabli», ete., contre lot IHèses de Steyaert, M4,; Le FantOme du Jansénisme, i. xx¥.

* àraaald, OBuvres complètes, (. xxtf ; D*Avrigny, Mëm. elimnol.t ann. <M,trDu?e le sentiment du P. Muanier très Innocent, ef n*y veut rfAt qu*unS pQ(e hypothèse. Il rafsoAm d^ la même manière sur Tcphiion d*un entra Je-

f24 HffTOlHI

nommé Musnier, <ivait fait soutenir quelque temps auparavant une thèse publique dans laquelle on trouvait celte proposition : « Les péchés les plus contraires à la nature et à la droite raison ne sont point des péchés mortels qui méritent la peine étemelle^ lorsque ceux qui les commettent ne connoissent point Dieu, ou ne pensent pas actuellement à lui. Dans ce cas, ces péchés ne sont que philo* MnpUques et nullement théologiqiie$j c'est^-dire qu'ils ne sont pas des offenses à Dieu. i>

Amauld composa contre cette erreur cinq dénonciations, dans lesquelles il démontra évidemment qu'elle n'était que la consé* quence des principes des Jésuites sur la morale, et surtout de celui par lequel ils soutenaient que <t l'homme n'est point obligé d'aimer sa dernière fin, ni dans le commencement, ni dans le cours de sa vie morale. » Il dénonça cette dernière proposition, eu même temps que celle du Péché philosophiqtie, qui furent condamnées l'une et Tautre le 24 août 1890.

Les Jésuites, humiliés de voir les propositions de leurs casuistes et de leurs philosophes si souvent dénoncées et condamnées par les papes eux-mêmes, travaillèrent de leur côté à extraire des propositions des ouvrages de leurs adversaires et les dénoncèrent au pape^ Elles roulent sur le libre arbitre, l'ignorance invincible, la mort de Jésus-Christ, la grâce suffisante, la crainte des peines, l'ordre de la Pénitence, la Communion, le Baptême, les confessions faites aux Mendiant;:, la Sainte- Vierge, l'autorité de saint Augustin, la bulle dXVbain VIII contre Jansenius. Il va sans dire que

suite , qui soutenait qu*il ii*était pas évident quMI r eût dans le monde une Traie religion (ann. 1603). On peut donc, selon le P. D^Avrigny, soutenir toutes lea erreurs, pourvu que ce soit sous forme d^liypotbèee; eii*on ne peot, sans malice, prendre les hypothèses au sérieux.

f Parmi ces propositions, plusieurs sont extraites du livre de la Fréquente Communion^ sans que ce livre ait été désigné. De ce que ces propositions ont été condamnées, on a voulu conclure que lo livre Tavaitété. Cette conséquence #st fausse. Le livre de la Fréquente Comnmniom étant sorti ridorMNix de Texamen de Tluquisition, comme nous Tarons rapporté, on doit en conckue qu*il était irrépréhensible, et que les prop<jsitions condamnées par Alexan* dre YIII n*étaient mauraiëes que prises isolémmU, et non rapprochées des autres propositions du livre qui les expliquent et les modifient, te moyen détourné adopté par les Jésuites pour faire condamner lo livre d* Amauld , ne prouve que leur embarras et leur mauvaise foi ; ils le firent, dans le même temps, censurer par leur ami révé<|ue de Malines, dont nous parlons ci-après. Ils se donuèrent même le plaisir de le censurer, sous le nom des docteurs de DomL Tout cela ne prouve que leur haine eontre Amauld.

DE l'kCU»! DI FRANCK. tS5

les Jésuites donnakiit, sur ces divers points, comme les vrais senliments de Port-Royal et d'Arnauld en particulier, ceux contre lesquels ils avaient mille fois protesté. Alexandre VIII lescondamna avec raison ; seulement il eut le tort de les regarder comme les véritables opinions de ceux que poursuivaient les Jésuites. Cinq ans auparavant, ces religieux avaient dénoncé les mêmes propositions à Innocent XI ; mais ce pape, qui les connaissait, ne tint aucun compte de leur démarche. On doit croire qu'Alexandre Ylll eût suivi la même ligne que son prédécesseur et qu'Innocent XII qui lui succéda, s'il eût vécu plus longtemps]; car il fut éclairé sur les véritables opinions d'Arnauld et de ses amis par une démarche que fit auprès de lui le savant théologien.

Nousavonsparléailleursdecinq propositions qui furent présentées à Rome en 1663, après les conférences qui avaient eu lieu entre le docteur de La Lane et le Père Ferrier, en présence de l'évéque de Comminges. Ces propositions étaient un abrégé fort clair de la croyance de l'école de Port-Royal sur les matières de la grâce, et avaient été opposées aux cinq propositions ambiguës du docteur Cornet., Les propositions de Port-Royal n'avaient point été condamnées k Rome; mais depuis vingt-sept ans, il n'en avait plus été fait mention et elles étaient inconnues aux hommes les plus instruits. Le P. Quesnel en parla dans son ouvrage intitulé : Tradition de l'Église Romaine sur la prédestination et la grâce. Le cardinal d'Aguirre les y lut et déclara à du Vaucel que si les Jansénistes pensaient ainsi sur les matières de la grâce, ils étaient parfaitement catholiques ^ Du Vaucel se hâta d*en écrire à Amauld. Ce docteur et ses amis décidèrent que Ton donnerait ime nouvelle édition des cinq propositions de Port-Royal, et qu'Arnauld les enverrait au pape en l'assurant qu*elles contenaient la vraie doctrine de tous ceux que, sous le nom de Jansénistes, on voudrait faire passer pour hérétiques. Cette démarche fit beaucoup de sensation à Rome. Les Dominicains et les Augustin» y applaudirent vivement; plusieurs cardinaux changèrent d'opinion au sujet de Port-Royal et entre autres, le cardinaJ d'Aguirre, un des plus instruits du Sacré-CoUége. Ce prélat, connu par ses doctes travaux ttiéologiques et historiques, ayant publié à cette époque, son grand ouvrage sur la théologie de saint Anselme, y rétracta ce qu'il avait

« K. la Gomapondaoce d*Amauld et le itm du P. Quesnol intitulé: Tradition de VÉglise romaine^ etc.

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avancé contre les Jansénistes, dans ses premiers otrvrages^ et devint^ dans la suite^ le protectenr de Port-Royal à Rome*. Bosstiet, qui ftit l'adversaire du cardinal d'Agoîrre touchant les quatre artîcles> disait de ce docte prélat : o Le cardinal d^Aguirre est la lumière de l'Église, le modèle des monirs, l'exemple de la piété. » De son cAté, d'Aguirre admirait et aimait le grand évéqne de Meanx.*

Les lumières du savant cardinal forent surtout utiles à la cour de Rome, lorsque les Jésuites eurent entrepris d'introduire dans les Pays-Bas la signature du formulaire d'Alexandre Vil, à l'aide duquel As avaient bouleversé TÉglise de France. L'archevêque de Maflnes, qui leur était dé^^oué, lit imprimer ce formulaire en 1092 et en exigea la signature, d'abord d'un Père de l'Oratoire, et peu de temps après, d'im Licencié de Louvain nommé à un bénéfice par rUniversité ; enfln de tous ceux qui se présentaient pour les ordres ; le docteur Steyaert était, dans l'Université de Louvain, ce que Cornet et ses amis avaient été dans celle de Paris ; poussé en avant par les Jésuites, il inséra dans une thèse du 14 mars 1692, un cordïaire de trois lignes, pour foire l'éloge da formulaire a qui serait,. disait-il, aussi avantageux aux Églises des Pays-Bas qu'il l'avait été à celles de France. »

Amauld ' entrevit d'un coup d'œil les intentions de ses ennemis. Dès qu'il eut connaissance de ce qu'avait fait l'archevêque de Malînes, il écrivit à la Faculté de théologie de Louvain pour lui représenter Tobligation où elle était de repousser le joug qu'on voulait lui imposer^ il engagea le docteur Opstraët, un des plus savants de cette Facalté à écrire sur celte matière, et il écrivit à Rome, à du Vaucel, pour lui exposer les motifs qui devaient engager le Saint-Siège h ne pas souffrir Tinnovation de Tarchevôque de Malines. Il le conjurait de regarder celle affaire comme la plus importante qu'il pût avoir, et de la faire envisager comme teHe à tout ce qu'il y avait à Rome de personnes qui prenaient quelque intérêt au bien de la religion et à la gloire du Saint-Siège. Tous, sdon Amauld, devaient employer leur crédit, afin que la chose fût examinée mûrement et que l'on accordât aux deux partis le temps

< y. 1« Tbéok«ie «• saint Anaelne, por le C. »'Agiikre, 8 «toi. io*fuUu.

* V» la Correqiondance du 0. D*Agairre avec Bossuet, parmi ks Lettres diverses de ce dernier.

* K. les ouvrages d* Amauld, sur le Formalaire, dans ses 6Eavred complète», t. XXV ; r. it, su Correspoodance de cette époque.

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gyfamorycpg d'exposer leurs ralsonâ. Arnauld publia en wèxoa temps ses Memargues sur U CoroUaire de Steyaert^ afin de prouver que Ycfn ne pouvait espérer aucun bien de la signature du formulaire et que cette mesure serait^ aux Pays-Bas comme en France, une souree de troubles et de discordes; pour démontrer ce dernier point avec plus d'évidence^ il fit imprimer VSistoire du formulaire H ée Impaiâe et dément IX. Steyaert ayant publié une dédaratiou dans lamelle il prétendait répondre à toutes les difficultés possibles, Areanld I«h opposa des âiffieulté$ qu'il ne put résoudre et qui le rMuistrent an nlence ; cet ouvrage et les deux précédents furent lUBviAKs eMuts I année iwz*

Le fi^gé des Aiys-Bas considéra la situation comme Arnauld, et présenta une requête à Parchevéquc de Malines et aux autres éféques de ces provinces, dans laquelle on représentait que tous les Catholiqnes condamnaient la doctrine des cinq propositions, et qa'3 ne pouvait y avoir aucune utilité à soulever la question de bit, si^^ement étouffa en France par la paix de Clément IX. Cette imiovaiioR , lyeirtait-on dans cette requête , n'est pas autorisée par le pape ; eBe se faH sans aucune forme canonique et contre le sentiment manime du clergé. Cette supplique fut attaquée, mais aussi défendue avec vîgnenr. Toutes ces pièces furent envoyées à Rome et présentées au pape ainsi qu'aux cardinaux. Arnauld écrivit à Du Vaocel pour le prier de les appuyer auprès des membres les pin&tnBneBtB du Bacré-CoUége ; il les trouvait si solides, si modestes, si bien faîtes, qn'eRes devaient convaincre toutes les personnes raiaounaUes et tous les cardinaux qui avaient du bon sens. Il ne fut pas trompé dans ses espérances. La conduite de Tarchevêque de MaKoes et de Tévêque de Namur qui t'avait imité, fut improuvée pir le pape et par les cardinaux ; et, malgré les intrigues des Jésuites, on leur défendit de rien innover au sujet du formulaire. L'intemomse de Bruxelles ayant reçu ces ordres, ne les comiouniqua <IQ'auac intéressés. L'archevêque de Malines se hâta d'écrire k Rome que l'honneor du Saint-Siège voulait que les Jansénistes fussent obligés de signer son formulaire. L'université de Louvain envoya de son cAté k docteur Hennebel à Rome pour soutenir sa cause. âteyaeEl devaM anssf partir chargé des commissions de l'archevêqoe; mais il jugea que la cause était assez mauvaise pour chercher des prétextes afin d'être dispensé dn voyage. Les Jésuites eurent recours aux calomnies les plus horribles pour foire échouer la misàon du docteur Hennebel ; Arnauld les réfuta avec sa logique ordi-

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