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JEAN DE BRIÈVE-CUISSE

Le 22 octobre 1422, Jean de Brièvc-Cuisse fut installé, après avoir prêté solennellement serment, au grand autel de la cathédrale, les deux mains sur le Klissel, de respecter les Franchises.

Jean IV de Briève-Cuisse jouissait d'une réputation bien fondée de science et de bonté. Il était natif du Mans. Heçu dans le collège de Navarre, il gagna, en 1374, ses grades de docteur en théologie à l'Université de Paria. mérite lui valut le titre d'aumônier du roi. En

i( rff< •fpégues, p. 149.

Tabsence du célèbre Gerson, il remplit la charge de chancelier et fut nommé à Tévéché de Paris. Le 23 février 1398, Jean de Briève-Cuisse est indiqué sous le titre de : Maistre eti sainte théologie et comme recevant de Louis, duc d'Orléans, à la Noël 1397, du drap et du velours pour se faire un costume.

Le roi d'Angleterre aurait voulu trouver en lai an homme dévoué à ses intérêts. Jean de Briève-Cuisse ne voulut pas remplir ce rôle ; il avait le cœur trop haut , placé et il n'hésita pas, malgré toutes les attaches qu'il avait dans le Chapitre de Paris, à se rendre aux vœux de Martin V^ qui l'avait désigné pour le poste de Genève.

Jean de Briève-Cuisse composa plusieurs écrits, entre autres un traité sur la foi. Il s'occupa aussi de la question du Pape et du concile. Plus d'une fois il s'adressa aux prétendants à la Papauté, Benoit XII et Boniface IX, pour les engager à se retirer devant le vœu universel des fidèles, qui soupiraient après la fin du schisme.

Nous ne connaissons aucune pièce administrative de Jean de Briève-Cuisse à Genève : son épiscopat fut d'ailleurs de courte durée, car il mourut le 4 mars 1423, c'està-dire six mois après son installation.

Atteint d'une maladie violente, Jean de Briève-Cuisse fit un testament qu'il dicta lui-même au notaire, en face de ses exécuteurs testamentaires. Cette pièce, remarquable à tous égards, conservée aux archives de Genève (Pièces historiques, n^ 443) montre que la fortune de cet évêque était considérable. En voici le résumé :

Après avoir recommandé son âme à la très-sainte Trinité et avoir fait profession de sa foi en Notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, et de sa confiance en la glorieuse Vierge Marie, il ordonne que son corps soit déposé dans l'église cathédrale de Saint-Pierre, là où le vénérable Chapitre jugera convenable de le placer. Il règle

ensuite l'ordre de ses funérailles, demandant que les sept carés de la ville y soient convoqués, ainsi que les Ordrea mendiants, les prieurs de Saint-Victor et lie Saint-Jean et tout le vénérable Chapitre. Il veut que la veille, l'office des morts soit récité solennellement pour le repos de son &iDe, et que le lendemain on chante trois grandes messes au maître-autel, la première de Spirilu sando; la seconde de Beatà Marid; la troisième Pro âefuncUs. Pendant cet office, les chapelains célébreront à voix basse des messes ad summum sex viginli. Ne voulant pas laisser à ses exécuteurs testamentaires le soin de régler la dépense de ces services, il fixe les émoluments qui doivent être payés aux chanoines, aux officiants et à tous les prôtres assistants à la cérémonie.

Le luminaire de ses funérailles sera de quatre cents livres de cire neuve, Cerœ novœ.

Blâmant la coutume des bruyants repas qui accompagnent trop souvent les funérailles, et dégénèrent en festins, qua magis conversationes et gulosœ dissolulionea quam modicte rcfectiones, il défend de préparer un dîner, El ce n'est pour ses quatre exécuteurs testamentaires et pour les prêtres qui auront fonctionné à l'autel, revestiti vcstimcntis sericis.

Les pauvres qui assisteront à l'office recevront une aumône.

Dans ses dispositions testamentaires, Jean de Brlève- Caisse favorisa surtout l'Hôtel-de-Dieu de Paris. Outre une maison, il donna à cet établissement 400 écus, à la charge de faire célébrer à perpétuité trois mesbes par semaine pour lui et sa famille. 11 n'oublia pas ses tidèles serviteurs, qu'il récompensa à proportion de leurs années de serricc. Outre une somme d'argent, il laissa à chacun le cheval qu'il avait monté dans les cérémonies.

La plus belle part de sa fortune fut réservée au Chapitre de la cathédrale de Paris, dont il avait conservé le meilleur souvenir. L'évèché de Genève hérita de son mobilier^ et Notre-Dame-la-Neuve de tous les ornements de sa chapelle. Il y fonda de plus une chapellenie avec un capital de 300 livres courantes pour trois messes par semaine (1).

(1) Arch. Portef. bist., n' 444.

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