I. HÔPITAL HOTBB-DAME DU PONT
Le plus ancien hôpital, dont nous retrouvons la trace dans les documents qui nous restent, est celui du pont du Rhône. Il en est fait mention dans un acte de 1236 passé près du pont du Rhône (1), devant l'hôpital {ante hospù toUy ad pontem Bodani), acte par lequel un chevalier, nommé Pierre de Vulbens, reconnaît avoir injustement contesté la valeur d'un don fait par un de ses hommes à la chartreuse d'Oyon (2).
Une seconde fois l'hôpital du pont du Rhône se trouve désigné dans un acte de vente faite en 1259 par Âymon, évêque de Genève, à Guillaume de Bart, curé de Saint- Gervais. C'était une maison située devant l'hôpital du pont du Rhône (sitam ante hospitàle pontis Bodani). Elle devait servir à l'utilité de la paroisse (3).
Dès ce moment, il est fréquemment parlé de l'hôpital du pont du Rhône dans les actes d'acquisitions faites par les Dominicains de Plainpalais, voisins de cet hospice. Il porte habituellement, dans les actes, le nom de Sainte- Marie^ quelquefois celui de Notre-Dame de Consolation (4).
(1) Mallbt. m. D. C, t. VIII, p. 443.
(2) 11 n'était pas rare, à cette dpoqne, que les notaires stipulassent en plein air pour consuter tantôt les limites des propriétés, tantôt la définition des droits en litige.
(à) M, D, C, t. III, p. 377.
(4) La chapelle éUiit consacrée à Notre-Dame de Consolation; elle se trouvait au bas de la cité, dans la direction du pont du Rhône.
C'est que la maison destinée priiDÎtivement à recevoir tea paavres avait été plactJe sous la patronage de la bienheureuse vierge Marie, comme le disent les syndics de la ville dans une supplique adressée, en 1532, à l'évéque.
Cet établissement fut primitivement destiné à recevoir les pauvres qui afi!uaient à Gcnèue, {Pro af/luentihus pauperibus rccipiendis et hospitanâis). II paraît que, suivant les circonstances, le nombre en était très-conaidérable C'étwt parfois des pèlerins harassés de fatigue qui y demandaient l'hospitalité. Elle leur était accordée gratuite-, "lent un jour et une nuit. S'ils étaient malades, on leur ilconait, durant trois jours les soins que réclamait leur Position. Plus tard, les pauvres de la ville y furent en-
La direction de cet hôpital était confiée à un recteur niknoiné par le Chapitre de la cathédrale, Il avait tout-àla fois le soin des pauvres, la gestion des fonds et la desserte de la chapelle de Notre-Dame de Consolation, atleoante à l'Iiôpital,
Ses ressources étaient assez limitées; elles consistaient en de faibles redevances, payées par les fermiers des granges de l'hospice ou par les locatuires des maisons attenantes à l'hospice. En 1300, le revenu total n'était que de 80 sous genevois (J), C'est assez dire que la charité privée dut y suppléer par des offrandes qui vinrent en augmenter la valeur.
kPlus tard, les fonds de Thâpital s'augmentèrent par des 'Qaiîous ou des redevances, soît en blé, soit en argent. lut^t ce furent les fidèles qui aidèrent les recteurs & bvenir aux besoins des pauvres, tantôt les prêtres, qui t'nrentà honneur d'y faire des fondations pies. Ainsi, en
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s huil deniers.
1351, Robert de Saint-Germain, chanoine de Saint-Pierre, met à la charge de ses héritiers ane redevance annuelle de six sous genevois, qui devaient être payés au recteur de rhôpital du pont du Rhône (1).
•En 1376, Jean de Pollet, ancien recteur de la chapelle de Notre-Dame, veut que son héritier, Pierre de Civio, son cousin, paie à l'hospice de la bienheureuse vierge Marie, six florins d'or, afin d'acheter chaque année, avec le revenu, sept coupes de blé, qui seront distribuées aux pauvres de l'hôpital (2). En 1382, un autre recteur, Etienne de Dompmartin, fait une fondation du même genre. En 1404, Jacques de Monthoux, prévôt du Chapitre de Saint- Pierre, remet à Girard de Villier 16 livres de bonne monnaie pour l'acquisition d'un fonds de terre qui devra rendre quatre coupes de blé à l'hôpital de Notre-Dame.
C'est ainsi que la charité publique accroissait l'héritage des pauvres. Â la fin du quatorzième siècle, l'hôpital de Notre-Dame du pont du Rhône possédait cinq maisons situées dans les rues Basses, deux autres à la Cité, trois granges avec jardins à Plainpalais, deux vignes à Pregny, deux autres au Petit-Saconnex, et plusieurs autres pièces de terre au delà de la croix de Cornavin (3). Le rapport, à la vérité, en était très-faible; néanmoins, il permettait à l'hospice de soutenir un très-grand nombre d'indigents.