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CHAPITRE XVI

Où en était l'instruction dans l'ancienne Genève ?

VjUDion [aosM de plasîeurs protfslnnls. — Jagemeot porté par

"■liffe sur ce sujet. — PrescriplioDs da eoDeile de Lalran. —

^Ics épiscopales de Saint-Pierre. — U'où sont sortis les iloc-

II '^Qrs el liceofiès, si nombreux à fienève ? — Projet d'une uuiter-

t*'W. — Collège de Vfrsonnei. — Itèglement». * C'est nue chose digne de remarque, qu'au lieu qu'avant ïtéformation, Genève n'avait fait presqu'aucune figure Os le monde; au contraire, depuis cette époque, elle ^st rendue célèbre, et son nom s'est répandu sur toute iS terre. •

F-Ainsi s'exprimait en 1614 le ministre protestant Ruchat, Bs la première édition de ses Délices de la Suisse (1). I^n jugement a été répété sur tous les tons par les auteurs ^testants.

I A en croire les innombrables apologistes de la Genève llviniste, liberté, indépendance, lumière, progrès, science, ^rature, industrie, commerce, tout commença en 1535

) T. IV. p. 766.

Auparavant, il n'y avait rien de cela ; Genève végétais sans pins d'éclat qu'un humble village de la Savoie.

Ecoutons plutôt le pasteur Monchon préchant le Joar de Noël 1793 à Saint- Germain; il était alors question d'introduire dans la nouvelle constitution genevoise le principe de la liberté des cultes, dont le consistoire ne voulait entendre parler à aucun prix :

• Sans la religion réformée, que serait aujourdl&iiS Genève ? Une triste bourgade, honteusement asservie a prince qui la convoitait I Par quel étrange renversemen. penserait-on à rapprocher de notre christianisme épnr l'ouvrage avilissant de la barbarie et de Vignoranee....

« Genève ne serait donc plus ce réservoir sacré des pures et salutaires qui formait son enceinte I Vous le serez infecter de ces ruisseaux que vous même creusie^^ autour de lui (1). •

Lacorbière, en présentant au conseil un de ses le terminait par ces mots : • Après ce que je viens rapporter, il est naturel de montrer les avantages que Réforme a apportés à Genève. Je ne puis mieux le qu'en la comparant ensemble et en abrégé. •

Genève papiste Genève pbotestant^b était IONOBANTE est devenue êclaikêe (2*^

L'auteur du Jubilé de la Eéformcdion (le pasteur rier), est plus explicite encore : • Les Genevois d'autx*^' fois ne valaient pas ceux qui sont venus après eux. Clx^s eux point d'instruction, ni écoles, ni grand collège, to\ auditoire; on songeait à faire des cérémonies, mais gtt&^<^^ à obéir aux commandements de Dieu (3). »

(1) Discours lif M. le [)ast»'ur Mducijon.

(2; Archivos. Mémoires de Lacorbièrc.

(3; Le Jubilé de la Ké format ion, 1835, p. 9.

relever ce qu'a d'injurieux pour les Genevois d'aal'assertion de M. Célérier, nous allons essayer de lettre l'ancienne Genève à la place qu'elle occupa et elle méritait.

Si nous vouliong faire la contre partie et montrer ce le Genève et Genevois devinrent après 1535 et pendant deux siècles que l'hérésie enserra sans opposition la ille République de ses filets mille fois recroisés, nous rions beau jeu pour tracer un triste tableau intellectuel moral, mais tel n'est pas notre but.

Noua ne voulons qu'une chose, donner de Genève vivant, Toissant, et se développant sous l'influence unique et irecte du catholicisme, une idée nette et vraie du degré instruction de ses enfants.

Opposons d'abord au témoignage des auteurs cités d'un protestant qui a étudié à fond l'ancienne Genève ns ses sources véritables. Voici ce que dit M. J.-B. Ga- :e, professeur d'histoire à l'académie de Genève :

Les auteurs que nous réfutons (MM. Bungener et iberel) ont encore vanté outre mesure les prétendus bienfaits que l'ancienne population (celle qui précéda immédiatement la Héforme) reçut au frottement de la nouvelle, sous le rapport des lumières et de l'instruction, et, tout naturellement, ils n'ont pas manqué de recourir aux contrastes les plus désavantageux pour l'ancienne Genève. •

• Or, quiconque a pu étudier nos annales, surtout dans les sources, sait fort bien qu'à cette époque (avant 1535) la lecture et l'écriture n'étaient nullement dans Genève !S accomplissements réservés aux personnages du rang le plus élevé, mais, grâce à nos excellentes écoles, le partage de tous les citoyens. »

■ On sait qu'à cette époque, non-seulement les magistrats, mais encore les simples marchands et industriels genevois

correspondaient en firançaîs et en latin et que bon nombie d'entre enx y ajoutaient la connaissance de Tallemand et de l'italien, qnelqaefois même de l'espagnol. Aussi, n'étaitce pas alors que les conseils avaient besoin, comme plus tard, de recourir i Hes étrangers pour se faire traduire les lettres de nos combonrgeois de Berne. >

• Des savants de premier ordre, des professeurs distiiignés peuvent se rencontrer isolément dans les pays les pins ignorants, mais une instruction aussi générale et aussi bien entendue que celle qui distinguait les anciens Genevois, ne pouvait appartenir qu'A un pays trèsavancé (1). 1

Genève ancienne, pourvue d'écoles et à'excettentes icoks^ n'était donc pas un foyer de crasse ignorance, elle pouvait rivaliser avec les cités les mieux partagées sous ce rapport. Et comment aurait-il pu en être autrement? Genève était une ville épiscopale. Aurait-elle échappé aux prescriptions des Souverains Pontifes, qui imposaient aux évêques des diverses parties du monde catholique Tobligation d'ouvrir des écoles gratuites, accessibles aux enfants du peuple aussi bien qu'aux fils des grands seigneurs ? Voici Tordonnance du second concile de Latran, tenu à Rome sous le regard d'Alexandre III, en l'an 1179 :

t Comme l'Eglise de Dieu, en qualité de mère tendre, est tenue de venir au secours des indigents pour leurs besoins spirituels et temporels, le concile ordonne que dans chaque église cathédrale, on assigne un bénéfice à un maître qui enseignera gratuitement les clercs de cette église et les écoliers pauvres, afin que ceux qui sont dépourvus des dons de la fortune ne soient pas privés de

(1) Quelques pages d'histoire exacte^ p. 90 et 91.

|l facilité d'apprendre et que la voie de la science soit kverte à toas (1). •

( Dans le désir de voir les écoles se multiplier, le même mcile ordonne que tous ceux qui sont aptes à enseigner ^fassent librement, sans qu'on puisse exiger d'eux ni taxe I présents (2).

a quatrième concile du même nom, tenu à Rome sous mocent III en 1215, les Pères reviennent sur ce sujet et I statuent que, à l'avenir, il n'y aura, non-seulement lus les églises cathédrales, mais dans chaque église, un litre capable d'enseigner gratuitement, afin que les i pauvres, aussi bien que les gens riches puissent instruire dans la grammaire et les autres sciences (3). ■ II demandera peut-être si ces ordonnances furent obées à Genève. La réponse se trouve dans l'enquête rigée contre Aymon de Grandson et publiée par Spon (4). e chanoine de Brienzi est interrogé sur cet article : Li'évéqne s'est-il conformé aux prescriptions du concile ! Latran relativement au maître qui doit enseigner. • Il pond : t Oui, il y a réellement un docteur chargé de mner les leçons. > I est donc constaté que, déjà au treizième siècle, il vait à Genève des écoles, cléricales, épiscopales ou îcclésiastiques, peu importe le nom.

t Ils se trompent donc ceux qui disent ; La Réforme a «vert les premières écoles de Genève.

Si nous voulions nous en rapporter à une cbnrie non publiée jusqu'à ce jour et dont nous possédons une copie, 1 y aurait eu, en 1290, une ordonnance de Guillaume de

.) C'incil. Lïlrr. cn|]. XVlll.

0 nilil.

ri Cooril. Ulnr IV, Oip XI. De inanialri^ si

k) Sron. I. II. Pr., p. iie.

Confians, prescriviit aux jeunes clercs d*étadier li gnmmiire. la logique et la phflosophie. Gomme ce document n'a pas les caractères d'une authenticité absolue, nous ne faisons qu*en mentionner le passage relatif aux liTrei confiés i YArwKuriu$ ou gardien des armoires , et à h copie des livres en usage dans le Chapitre de Saint-Pierre : • Les livres seront entretenus avec soin et le gardioi Teillera a ce qu'ils ne soient pas détériorés ni par la famée ni par la poussière, se souvenant qu'un livre est une nourriture précieuse dont Tesprit tire sa substance. •

D V avait aussi des primes accordées aux clercs intelligents qui s'appliqueraient i copier les missels ou gradoela a Tusage de la cathédrale. Qs recevaient une livre, petit poids de la monnaie épiscopale, à la fête de Saint-Pierre et douze petits pains de froment i la Saint-Martin. On leur donnait chaque jour un sol à Theure de Primes, et chaque année ils étaient gratifiés le dimanche in albis^ de deux caleçons, d'une tunique noire, d'un bonnet et d'une paire de sabots avec des chausses en laine.

Saluons d'un souvenir ce laboratoire, érigé à l'ombre dos tours de Saint-Pierre, école sans laquelle on ne pourrait expliquer ui les missels de cette époque ni les Eeuret orr.omoDtées qui font encore l'admiration des amateurs de miniatures antiques.

Un coup à\vil jeté sur les chartes du quatorzième sioclo. >u!nt pour démontrer quelle était la force deî ôtuilos à Gonèvo. On se tremperait grandement si Toi siuKiginait qu'au treizième et quatorzième siècle on étaii sobre d'ocriiuros Cessions, ventes, abergements, rccon naissances, testaments, tout se formulait par actes nota ries, diffus à la vérité, mais très-corrects et scrupuleu scnicnt rédigés. La latinité en est pure, récriture soignée Ce qui frappe surtout lorsqu'on parcourt les actes publics do cotte date, c'est le grand nombre de ceux qui instni

wîntenl. Dans le reDtîer du Chapitre de Saint-Pierre, on compte plus de trente-trois noms de notaires durant la première moitié dti quatorzième siècle. En 1477, le nombre est plus grand encore. Le docteur Chaponlèrc nous apprend qu'il y en avait plus de cinquante en ville. Parmi les proimms exercées à Genève, celle qui présentait un nombre Hci-[itionnel de praticiens est la classe des notaires. On en comptait pins de cinquante ; peut-être leur métier n'était-il pis tout à fait le même que celui d'aujourd'hui (I).

Sms vouloir résoudre cette question ni fixer la limite dïs connaissances requises pour l'exurcice de cette protesBion, il est évident, à la seule lecture de leurs actes, <tueles notaires savaient parfaitement la langue latine. Galiflfe fait remarquer dans ses Matériaux pour l'hiskede Genève, que ■ l'étude du droit était très-dispeneuBe au quinzième siècle, puisqu'elle exigeait des som- BB considérables pour l'achat de livres excessivement lers (2). I Nous devrions en conclure que le nombre des icteurs était circonscrit à Genève, taudis qu'au contraire 1)8 en rencontrons une très-grande quantité, soit parmi ■ magistrats, soit dans les rangs du clergé. En 1268, Bienvenu de Compeys, présent à l'ouverture I testament de Pierre, comte de Savoie, porte le titre de professeur en droit civil • Juris civilis professor (5). Dn ) témoins de la transaction entre Béatrix Comtesse de aiDois et EléoDore de Lucinges, Jaques de Ravenna est 'ert en droit (juris perilus) (1276) (4). Benarqnons que ce ne sont pas des faits isolés dans 'toire. Ces dénominations se reproduisent dans une

*. Jï. c.i. vm, p.3ûs.

^aUriatix pour l'hUtoire de Qenéoe.

^•«.urr. Af. D. C. t. Vil, p. K3. *. J). C, i. XV, pod. i.

foule de pièces du quatorzième siècle. Il n^est pas d'actes de cette époque qui ne porte comme témoins des docteurs {doctores) des juristes ou licenciés en droit (Juri^eriH ^ Licenciait). Citons une seule transaction passée en 1417 ^ entre l'administrateur du diocèse et les citoyens, nous, rencontrons deux chanoines, professeurs en théolope, ui docteur en droit et trois jurisconsultes. Les syndics Aymo^f^ de Sallanches, Richard Vernier, Raymond d'Oréièn^^ étaient, tous les trois, docteurs ès-lois. (Jurisperiti). I^ n 1417, on adopta comme mesure réglementaire qu'à cfaaqc^e séance du conseil il y aurait trois et même quatre d(^ c;tcurs, dont on prendrait l'avis, pour ne jamais commett.T-e d'actes contraires à la justice.

Dans le sein du Chapitre, il y avait beaucoup de licenciés, non-seulement en droit canonique, mais en droit civil. Tels étaient Guy d'Âlby, prévôt de la cathédrale en 1428, Amblard de Viry, grand chantre, mort en 14 V2, Jaques Pollier, chanoine en 1411, Louis Parisis, députa au concile de Bâle en 1433, Eustache Chapuis, Officiai de révêque, et d'autres. Dans le seul acte de fondation du collège de Versonnex, dont nous parlerons ^ figurent comme témoins six chanoines gradués^ à savoir : Guil* laume d'Arenthou, bachelier in tUroque jure, Louis PariBi* déjà cité, Anselme de Chelnay, bachelier in legibus^ Je&^ de Nicore, aussi bachelier in decretis, Jean Moine, docU^^^ Henry Fabri, licencié en droit, sans compter deux autres témoins portant aussi le titre de docteur.

Ne soyons point étonnés de ce grand nombre de à^^ teurs. Il était la conséquence d'une décision de Martin à son passage à Genève, en 1418. A la prière d'AlHdée VIII, il avait statué que nul ne pourrait devenir cbnoine de la cathédrale de Saint-Pierre, à moins qu'il ne f^^ sorti de famille nobiliaire ou gradué docteur en théolo^'^® ou en droit civil et canonique. Si la noblesse de TextrA^^*

I donnait entrée an Chapitre, la science mettait au finie rang le roturier. Elle le plaçait sur la mâme ligne

que les fils du grand seigneur. Ceux-ci même ne se faisaient pas de leurs quartiers de noblesse un litre à l'ignorance, car plusieurs d'entre eux, comme les de Vîry, les d'Alby, quoique appartenant aux premîëreB familles du pays, tvaieot pris leurs grades de licenciés.

II y avait même dans les statuts capitulaires, rédigés en 1250, un article qui dispensait de la résidence les chanoines désireux d'aller suivre à l'étranger un cours de hautes étu'ies. Il suffisait, à ceun qui profitaient de cette faveur de prûter serment, au moment de leur départ, que leur intention était de vaquer au travail et de produire un certificat du maître dont ils suivaient les leçons (1).

Ils n'eussent pas été obligés de recourir à l'étranger, si la concession de l'empereur Charles IV avait été mise & f'ofit. Sur la demande du duc Amédée VI, il avait autonsé la fondation d'une université à Genève où les étu- '''anis pouvaient prendre leurs grades tant pour la théo- '*'eie que pour le droit civil et canonique, la médecine et 'es belles-lettres. Dans le but de la rendre florissante, ' Empereur accordait une foule de privilèges à tous ceux 1"î viendraient des divers points de l'empire étudier i '^f^tiève. Il les déclarait munis de sa sauvegarde, exempts ^^ tout droit de péage.

Hien ne prouve que ce plan ait été mis à exécution.

**®Ut-étre y vit-on un piège du duc de Savoie, qui soUici-

^ït. à ce moment le titre de vicaire de l'empire sur notre

^£*y3. Quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins prouvé

^Bt'en 1365, sous l'évéque Alamand, il y avait à Genève, le

^Bl}jr«;ntim BuUartum, i. IX, p. M.

goùi des étodes; mus cela, il eût ëtë ridicule de songer à y fonder one oniYersité (1).

Jean de Brogny retint à cette idée ; il fit aux syndics la proposition d'en supporter tous les frais. N'ayant pas irouYé de l'écho dans les conseils qui se défiaient toujours de l'influence ducale, il établit son grand collège d'Avignon auquel il laissa sa bibliothèque, composée de neuf cents manuscrits.

Nous pourrions citer une foule de noms d'hommes distingués par leur science et dont l'éducation s'était faite à Genève, mais un volume à peine nous suffirait.

Empruntons un dernier témoignage à V Essai du précis de Vhistoire de Genève^ par James Fazy. En jugeant les anciens Genevois, il dit :

« Tranchons le mot, les Réformateurs ont calomnié les Genevois de cette époque qu'ils ne comprenaient pas. Non, ils n'étaient pas aussi ignorants qu'on a voulu les représenter. Bien loin de là, oii trouver, dans ces temps, en Europe, une commune offirant un concours d'hommes supérieurs comme celui qui se rencontra alors à Genève (2)? •

Terminons ce chapitre par quelques mots sur le collège de Versonnex, qui fut l'œuvre spéciale de ce grand et généreux citoyen. Avant lui, n'en déplaise à M. le professeur Bétanty qui a affirmé dans sa Notice sur le col- Uge de Rive (8), que c'est la plus ancienne école dont il soit fait mention dans l'histoire de Genève, avant lui, disons-nous, il existait des écoles disséminées en divers quartiers de la ville. Les élèves, venant du dehors, qui les

V (1) n 6it des AVtflmt oui ont nié cette concession de 1^ part de i^emperenr Gfcuiries. Gependtnt la coarte octroyée per ce prince se trouve anx archives de Tarin, n*^ V, paqnet 7, I" catégorie. Elle a été pobliée par M. Jnles Vu y.

(I) Bs$ai du précis 4e VhUtoire de Genève, U I, p. 243.

(D Ni^tiee $^ U collège de Rive, p. I,

frëquentaient, prenaient pension les uns dans les hôtelleries, les autres dans les maisons bourgeoises.

Ils étaient ainsi exposés à un contact plus ou moias broyant. La discipline çt les études eu souffraient. Le Conseil gt^néral songea à y porter remède, et il fut décidé dans une réunion tenue le 28 février 1428, qu'on procéderait à la construction d'un bâtiment oîi seraient réunies les éeoles, Pour seconder ce projet, le syndic de VuriOBDex, jouissant d'une belle fortune, voulut attacher son nom à cette œuvre. Il fit construire, sur le terrain contigu au couvent des Frères-Mineurs à lîivc, une maison lyant 34 pieds de longueur sur 34 de largeur, et il dét^'wa, en la cédant, fiu'il se proposait l'ainélioratiou de ''^ discipline; • œuvre bienfaisante à ses yeux, utile à '* jeunesse, cha,ssant l'ignorance, disposant à la sagesse, fortnant les mœurs, mère des vertus, qui sont l'élément '*** Vrai patriotisme (1). »

Il veut que les élèves soient ainsi sous la main et l'œil

'J'^ directeur, n'étant plus obligés de prenJre loin de

^cole leur repas, et que les Recteurs ne soient plus

°"Ugé8 de louer des locaux disséminés comme par le

P^Ssé, afin que dans un même corps de briment on donne

leçons de grammaire, de belles-lettres, de logique et

'es

®B autres arts, , lïonneur à cet excellent citoyen, désireux de préparer ^«n pays des fils instruits et assouplis à la règle du 'ï^Voir!

Xl avait compris le bienfait d'une solide éducation, "^^ée sur les principes de la foi. Bien convaincu que la ^ligion ne devait pas faire défaut au vrai citoyen, il avait

IMoÎQt à sa maison d'études une chapellenie à la louange <l| Giuwï. Matérixtux I, p. 139. — J. Vuï, Noten historiques. — ■**. £11 dei Uiitttoire) de rinstilut.

et gloire du Tout-Puissant, de la sainte Vierge Marie et de toute la cour céleste, sous le vocable de Saint-Nicolas et de sainte Catherine.

Il était donc de cette race antique qui ne séparait jamais l'idée de Dieu de celle du dévouement à la patrie.

En réglant sa fondation, ce digne homme déclara vouloir avant tout augmenter le culte de Dieu, comme il convient à tout bon chrétien. Pour toute récompense, il ne demanda aux écoliers qu'un souvenir dans leurs prières. Il stipula, pour le prix de sa donation, que tous étaient tenus de dire tous les matins à genoux devant l'autel un Pater et un Ave pour le repos de son âme, afin que durant toute la journée leur esprit fût tourné vers leur créateur pour mieux le connaître et croître en piété.

Il recommanda aussi, dans l'acte de fondation, aux maîtres de veiller à l'accomplissement de cette clause, exigeant d'eux « l'assistance chaque lundi à la sainte messe qui sera célébrée pour le repos de son âme. »

Ces recommandations, à elles seules, nous disent que le syndic de Versonnex était éminemment catholique, et que les hautes études devancèrent dans notre pays Tépoque de la Réforme.

Concluons donc que l'ancienne Genève n'a pas été plongée dans l'ignorance et les ténèbres sous les évéques, qui se montrèrent toujours les amis de la science et les protecteurs des lettres.

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