Voir le texte du Consensus aux Pièces jusiificalives
égard, et que Calvin, Pellican, Zwingle, Luther, admettaient la nouveauté des points-voyelles. »
Adopté, malgré ces observations.
Quant au 4e canon, la Compagnie le trouve conforme à son règlement.
Le 5e de même.
6e. « Quelques-uns n'ont rien dit; mais M. Tronchin est sorti lorsqu'on Fa lu; la pluralité le déclare conforme au règlement. »
7e. « Quelques-uns trouvent qu'il va plus loin que le règlement: d'autres non; la majorité est pour la conformité. »
8e. « Quelques-uns le trouvent obscur et plus avant que le règlement; la majorité pense le contraire. »
Le 9e et le 10e sont conformes.
i Ie. « Peccatum ofiyinule duplex. » Expression nouvelle. Toutefois on passe.
Enfui, le 22 février 1678, la Compagnie déclare au Conseil qu'elle est prête à signer le Consensus. Mais le Conseil veut avoir une copie française de ce document avant de se décider; puis, au bout d'un an, 5 janvier 1 679, les magistrats conseillent à ce qu'on adopte ce formulaire, avec des observations critiques sur les trois premiers canons.
Si les signataires du Consensus avaient espéré que cette nouvelle chaîne pourrait resserrer l'union de l'Église, ils ne durent pas conserver longtemps cet espoir. Un an plus lard, 16 juillet 1680, le remords troubla leur conscience; les effroyables calamités qui décimaient l'Église française firent réfléchir, et sous le fouet de l'adversité on devint plus charitable. Ceux qui proposèrent un rapprochement autre que
des signatures sur le papier, «reconnaissaient qu'il y a des difficultés entre les professeurs de théologie, qui sont au grand détriment des études et de l'Église. » — En effet, on constate que des tendances fâcheuses se manifestent dans l'Académie; l'auditoire de théologie est partagé en deux camps, et les disputes les plus aigres s'élèvent chaque jour. Les sermons, au lieu d'être édifiants, roulent sur la controverse, et voici l'état des choses. Dans les propositions publiques prèchées par les étudiants en théologie, dans les Congrégations du jeudi, MM. Mestrezat, Tronchin, Butini, etc., se plaignent de ce qu'ils n'ont que des chagrins lorsqu'il s'agit de parler de la grâce, et soutiennent qu'ils ne sont pas obligés par les ordonnances d'y assister, ce qui peut être très-dangereux pour l'Académie. — Après les avoir ouï, la Compagnie charge M. Dufour, modérateur, de leur faire une grave et sérieuse remontrance.
« Les professeurs rivaux touchant la doctrine doivent vivre dans une fraternité véritable et dans l'union chrétienne, se prévenir les uns les autres par honnêteté, se visiter avec assiduité, s'entretenir ensemble parmi les proposants, assister aux sermons les uns des autres, et tous ensemble, autant que faire se pourra, suivre les mêmes propositions pour l'honneur et le bien de l'Académie.
» Enfin, pour ôter tout sujet de se plaindre des censures dans les sermons des étudiants, on demande à chacun le sacrifice de ses opinions individuelles; MM. Tronchin et Mestrezat refuseront eux-mêmes les premiers les propositions qui insi-
nueront les doctrines de la grâce individuelle, disant qu'une telle doctrine n'est pas admise dans notre Eglise. De son côté, M. ïurretin ne permettra pas que les autres proposants affectent de combattre ces sentiments, et disent rien qui puisse choquer les frères qui les ont, mais les exhortera, en traitant cette matière, à se contenter de l'établir selon ie but de l'auteur sacré, duquel ils auraient tiré le texte, avec grande prudence et douceur, et on agira de même dans les conversations où quelques-uns de ces messieurs se rencontreraient. »
Malgré ces concussions, la victoire était complète pour le parti calviniste; toutefois la scène devait bientôt changer. Les hommes qui avaient soutenu ces luttes étaient fort âgés; Mestrezat, François Turretin, Louis Tronehin, moururent dans les dernières années du siècle, et furent remplacés par deux hommes d'un mérite éminent, Bénédict Pictet et J. A. Turretin, qui, dans des tendances opposées, mais avec un esprit éminemment chrétien, jetèrent un grand lustre sur l'Église et ramenèrent à un degré de prospérité et de science digne des plus beaux temps de la Réforme.