‹ Histoire de l'eglise de GeneveChapitre 37 sur 88 · Reg. Coinp. 30 mai Um · texte numérisé non relu

Reg. Coinp. 30 mai Um

Il (Hait aisé de prévoir que Turrelin modifierait profondément la forme et les tendances de renseignement théologique dans l'Église et dans l'Académie de Genève. En effet, il demeura fidèle aux grands dogmes de la Réforme; mais voulant rapprocher du christianisme les esprits qu'effrayait l'inflexible rigueur des confessions de Calvin et de Dordrecht, J.-A. Turrelin s'appliqua sans cesse à mettre en lumière Tidée chrétienne, en abandonnant les formules du seizième siècle. 11 espérait, par ce moyen, rétablir la paix et l'union dans l'Eglise divisée, et ramener à l'Évangile les hommes froissés dans leur intelligence par la rudesse des vieux théologiens.

Voici l'exposé de la doctrine chrétienne que présente J.-A. ïurretin.

Abordant en face les grandes difficultés quj agitaient les Églises évangéiiques, il disait :

« Nous trouvons dans le Nouveau Testament qu'il existe un seul Dieu, qui est le père de tous, et de qui procèdent toutes choses, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par lequel toutes choses ont été créées, et c'est pour lui que nous sommes. — Dieu est créateur du monde, première cause de tout. — Dans la personne de Jésus Christ existe un principe divin; la raison, la sagesse éternelle, toute la plénitude de la divinité habite en lui. Enfin, une force, une puissance céleste a inspiré les apôtres, et leur a commu-

niqué les dons miraculeux qui opèrent encore dans Famé des fidèles pour les sanctifier et les consoler. — L'Écriture met quelque distinction entre ces trois principes; elle les appelle Père, Fils et Saint-Esprit; mais elle n'explique point tout-à-fait comment ils se distinguent. Elle ne multiplie point la nature divine; elle nous avertit soigneusement que ces trois ne sont qu'un seul Dieu. — Nous ne savons rien de plus; nous ignorons en quoi consiste cette distinction ; il faut suspendre son jugement là-dessus; c'est le seul parti à prendre1. »

Après cet orthodoxe exposé de la divinité de Jésus-Christ, J.-A. Turrelin aborde la controverse brûlante touchant la prédestination et la grâce.

« La question vitale du temps concerne les conditions de l'élection de l'homme au salut éternel ou son exclusion de la faveur divine. On peut se réunir sur ce point;. — car tous, nous convenons que tout bien procède de Dieu. — Le mal vient de nous. — Tous, nous savons que l'homme est libre, qu'il est digne de blâme et de louange, de peines et de récompenses. — Tous, nous avouons que l'homme n'est pas excusable lorsqu'il pèche. — Nous admettons également que le pécheur croyant à l'Évangile, plein d'un sincère repentir, est le bienvenu auprès de Dieu, et participe au salut que l'Être miséricordieux

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