Reg. Comp, 12 mai 1713, 12 août
le Dictionnaire de Bayle, ce qui paraît d'une dangereuse conséquence. »
La Compagnie ne s'en tint pas à cette protestation1, elle voulut combattre le mal. Un examen sérieux de la prédication prouva qu'il fallait modifier le choix des sujets. « Le temps n'est plus où l'on » peut se borner à l'exposé du dogme et parler aux » fidèles de paix et d'union religieuse. Il faut main- » tenant s'opposer à l'impiété, à la négation de l'au- » torité divine des Écritures. 11 faut prouver la vé- » rité de la religion chrétienne, et ne pas s'attacher » exclusivement à la morale, qui, quoique très-néces- » saire, ne suffit pas. Il faut parler souvent de cette » vérité dans les conversations particulières, intéres- » ser à cette œuvre les laïques, dont les paroles et les » arguments auront beaucoup de poids. »
Le premier écrivain genevois qui entreprit cette œuvre apologétique fut M. De Roches. On venait de publier un ouvrage intitulé la Religion essentielle à l'homme. L'auteur de ce livre établit que la seule religion possible est la foi à l'existence de Dieu et quelques préceptes de morale; il traite avec un souverain mépris les hommes qui reconnaissent la divinité de l'Évangile révélé. M. De Roches répondit en 1740, et réfuta le livre sur la Religion essentielle. Dans cet ouvrage, comme dans l'esprit des libres