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Reg. Cors, et Reg\ Corap. 4 sept

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» dés, puis se placent sur les toilettes des dames, sur » les cheminées des salons; ils passent jusque dans » les mains des artisans; ils parviennent aux jeunes » gens des deux sexes; ils courent partout à titre de y> nouveauté, comme une pièce de théâtre, comme » une jolie chose à la mode. Ces ouvrages sont de » fausses interprétations de quelques endroits de l'É- » criture-Sainte, des railleries, des bouffonneries, des » invectives atroces, des obscénités contre la divine » personne de notre Sauveur.

» Voilà les sources empoisonnées où s'abreuvent » notre public; tels sont les moyens employés pour » séduire notre jeunesse, et le monde frivole, qui adore » ces productions, recherche un dangereux amuse- » ment, et se trouve bien moins frappé par les argu- » ments que par les plaisanteries. »

Le Conseil, frappé de ces tristes et sévères paroles, redoubla de vigilance, et le Dictionnaire philosophique lui paraissant dépasser la mesure ordinaire des mauvais livres, il chargea l'auditeur Revilliod d'en rassembler tous les exemplaires existants à Genève.

Le procureur-général Tronchin prononça un réquisitoire énergique sur cette affaire, et le 24 septembre 1764 le livre fut lacéré par la main du bourreau et brûlé devant l'Hôtel-de-Ville.

Alors la colère de Voltaire ne connut plus de bornes; il avait si souvent redit à ses amis du dehors et

à ses familiers de Ferney que les magistrats et les pasteurs de Genève tremblaient devant sa plume, et lui étaient au fond tout dévoués, que cette manifestation était très-difficile à expliquer favorablement. Il s'en vengea en multipliant les pamphlets; il renouvela les anciennes calomnies contre le professeur Vernet1; mais étant sommé par le Conseil de produire les lettres qui inculpaient M. Vernet, il désavoua le pamphlet et garda un lâche et significatif silence2. Une circonstance affecta péniblement les pasteurs. L'Encyclopédie se réimprimait à Genève chez les frères Cramer3. La Compagnie se plaint de ce qu'on laisse subsister en entier l'article de d'Àlembert contre la religion de cette ville. Les imprimeurs répondent qu'ils ne peuvent abandonner cette entreprise sans des pertes immenses, mais qu'ils s'engagent à ne publier l'article Genève qu'après qu'il aura été revu par la Compagnie. Le Conseil ordonne qu'il en soit ainsi, et qu'il soit interdit de mettre le nom de Genève dans cette édition.

La vieillesse ne calma pas Taniraosité antichrétienne de Vohaire, et dans ses dernières années il semblait prendre à tâche d'employer à parachever son œuvre le peu de temps qui lui était laissé.

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