Davily, Description de l'Europe
discrétions » des religieux qui venaient à Genève d. On rapporte un jour « que les capucins fréquentent souvent la ville, entrent dans les maisons et les boutiques, et prennent la hardiesse de dogmatiser. Naguère, chez M. Détournes (libraire), un moine entreprit une dispute avec un jeune écolier qui était là, achetant un livre et le payant en monnaie de Genève. Le religieux dit : « Voilà de la méchante et maudite monnaie. » C'est ainsi qu'ils se rendent indignes de la permission qu'on leur donne d'aller librement en ville; aussi on y mettra un soldat pour les accompagner. »
Voici un autre fait qui peint naïvement l'esprit du temps ' . « Les marguilliers de Saint-Pierre rapportent que souvent des étrangers visitent la cathédrale de Saint-Pierre et se prosternent en contemplant les images des voûtes et les peintures des vitraux; ils disent que ces peintures sont miraculeuses, puisqu'elles n'ont jamais pu être effacées. Comme on répare et blanchit le temple, on mettra du plâtre sur les dites peintures, et cela se fera tout d'un train. Quant aux vitraux, il n'y sera pas touché. »
Les discussions, les violences, les tentatives de prosélytisme, troublèrent pendant cent cinquante années la tranquillité publique sur le territoire genevois.