Sur tous les points du diocèse la persécution et le van
• A V Appendice on trouvera quelque complément et des explications sur cette liste d'exécutés.
* Sur cette exécution Cf. Notes historique* sur Cauuade, par feu M. l'abbé Salèles, 1852 in-folio, avec plan de l'église, etc.; ÉphémérûUs montalbanaUes, p, 87-88.
68 HISTOIRE DE L*ÉGLISB DE MONTAUBAN.1 * ' !i ,,/ '
dalisme suivaient leur chemin. Un décret du 25 'février Itfltà avait autorisé les communes à convertir en canons' une' partie liés cloches de leurs églises; le 23 juillet la Converitioh'tiéfcrékV^^ n'en serait laissé qu'une seule datas chacjûe partisse ^'Pré^iré partout les ordres furent exécutés afec une âf dêifr ''et ûrtè' bitfbarie dignes d'une société sauvage. Le 28 pluviôse afi M (1 ÎS fèVtféi' 1794) le comité de surveillance dé la commune de MbntAûBan, présidé par le citoyen Salvetat, prit iln arrêté dont Voicf' l'analyse succincte : c Considérant qu'il existe encore'daiis plusieurs endroits et sur plusieurs édifices dés marques extérieures' dû culte... qui rappellent' des idées dé superstition' et de fanatisme d'une telle ostensibilité, qu'ils irritent les regards..1.'; Considérant que le temple même de la Raison (îa Cathédrale)1 est couvert des types de Terreur et du mensonge... qu'il est souillé par la représentation de ces personnages trompeur^ ou trompa qui ont répandu les prestiges de l'illusion sur une partie dti globe...; Considérant que la République a un gràhfl b'èsofo 'de ces métaux mortifères qui, secondant la valeur dé nos frères d'armes, portent Pépouvante parmi les satellites des tyrans...; Arrête que l'administration du district et le conseil générait de la commune sont instamment invités à faire enlever tous les signes extérieurs du culte, tous les signes royaux et féodaux, principalement les croix en fer, et à employer ces mônumterits de la superstition et de la tyrannie à la fabrication d'armes, à transformer les statues intérieures et extérieures dû temple de la Raison en statues relatives au règne de la liberté et de l'égalité; enfin à faire transporter toutes les cloches, excepté celles des horloges, à la fonderie de canons '. * Quelques jours après (12 mars), le représentant Bô, ex-médecin, délégué dans les départements du Lot et du Cantal par la Convention nationale, prit l'arrêté suivant, qui fut imprimé et placardé dans toutes les communes de notre territoire: c Considérant que
» Voir les Registres des délibérations, aux Archives municipales, et Éphémiridei, p. 16-17.
l-^pi^^^la^a^pn.vieat d'éclairer les citoyens du déparie- W#p.t ^4)1,1^,81}? les .yr^jç, principes religieux..,, que la vertu ^ popr lepapleque lfr.copur.de l'homme, d'autres actes extér^epr^^uela.bienfaiwncp et la confraternité ; Considérant qu'il i.np.port^au {tévelpppement des lumières philanthropiques (Je faire disparaître Jes signes quLseryent à rappeler au peuplé les dangers et les crimes de la superstition,.., qu'il ne peut plus subsister un, monument qui retrace les cérémonies imaginées par l'orgueil et la cupidité dçs tyrans des âmes, Arrête : Art. i : Dans \ù courant degermirçal prochain, tous les clochers des communes (Jff, départei»ept serpnt démolis à la hauteur des bâtiments de l'église- Art. 2 ; Si le clocher est d'une trop grande épaisseur., op.çe contentera de démolir la flèche,, et on placera sur la partie carrée uoe ç.tatue de la liberté ou tout autre signe de la Révolution *. » Plus, intelligentes que le citoyen représentant, les municipalités,, à de rares exceptions, ne firent point exécuter qet arrêté* qui avait blessé les sentiments religieux de nos populations8. Au reste, nos édifices religieux portaient encore les mutilations faites par les protestants ; le grattage des armoiries çj de$ emblèmes religieux ordonné par la Convention rendait as$ezr tristes la plupart de nos monuments sacrés. Grâce aussi àJ'iptelligjBace de? consuls de la cité:mère, les statues qui ornajepj;l$ façade de Péglise-çathédrale furent respectées. Parmi les .communes où l'on se livra à ces actes de vandalisme nous sÂgPftlerQns celle de Montpezat. Là, un patriote fit abattre le çjocher 4P l'église monumentale, le jour même de Pâques (J796);
« Cf. Pafiûche-pïacard, et les Êphéùéridet, p. &.
* En ire bien d'antres nous signalerons la paroisse Saint-Julien, ou la population s'opposa de toile sorte à la fermeture de l'église et à la descente de la cloche, que les. municipaux venus pour « la fermer et fermailler » avaient beau faire menaces sur menaces, furent obligés V é se retirer sans pouvoir satisfaire à VexécUÉioa duâit arrêté. * (Cf. Registre de* dêti~ bëraliomde la commune de Mon t al z a t.) — Les habitants de Monljoy s'opposent* à l'in- , voutaire et envoy aux districts de toutes les matières dfor, de vermeil, d'argent, de cuivre, plomb, fér et autres métaux qui se trouvent dan* les temples et églises de tous les cultes. * Considérant que c'est un acte de rébellion, les municipaux envoient la gendarmerie dans l'église de Campagnac (4 nivôse an II ; Archives départementale* du Lot-et-Garonne, Directoire, série Q).
70 HISTOIRE DE L*ÉOLTSB DE "MOTTàlhlÀN.
il avait forcé tes ouvriers de l'endroit à exécuter cette besogne sous peine d'emprisonnement. Au reste, ce jacobin forcené, dont ndus tairons le nom, eut ie courage de dénoncer le prêtre que lui-menu avait appelé dans sa maison pour donner les derniers sacrements à sa mère mourante *. À Auvillar la démolition du clocher est mise à l'adjudication pour la somme de 5,975 livres, et la municipalité se réservait les matériaux9.
40. À ces démolisseurs d'église et égorgeurs de prêtres, il fallait un culte et des ministres de leur façon. La religion de l'Être suprême éleva ses autels ombragés par la déesse Raison. Désirant faire connaîtra c à la République entière l'ardeur avec laquelle les citoyens de la commune de Montauban » célébrèrent cette fête, le 8 juin 1794, la Société populaire' délibéra, le 22 prairial an II, t d'en rédiger le précis historique, dé le livrer à l'impression, et de l'envoyer à la Convention et aux sociétés populaires affiliées. » Le projet fut réalisé et le compterendu fut publié en cette forme : c A la lecture du décret qui consacre une fête solennelle à l'Être suprême et à la Nature, la Société populaire de Montauban témoigna, par des applaudissemens universellement répétés, que ce décret étoit gravé dans tous les cœurs, et délibéra de marquer ce jour par un bienfait qui fût agréable à l'Être suprême et à la Nature. Elle arrêta de faire sept mariages et de doter la pauvreté, mais la pauvreté appuyée sur la vertu et environnée du patriotisme... Une Salve d'artillerie annonce la naissance» de ce jour mémorable. A l'instant toutes les maisons sont décorées de flammes tricolores: la cité entière respire la fête de l'Éternel. A une heure après midi, tous les fonctionnaires publics se réunissent à la Maison commune. Les futurs époux, partis des salles delà èociétô populaire, s'y rendent, accompagnés des commissaires, pour remplir les formalités prescrites par la loi. Leur union
» Cf. Journal du Lof, n° 21 % du 26 frimaire an V. 1 Archives du Lot-et-Garonne, Directoire, série Q.
QUATRIÈME PÉRIÇWB, .— ,SWPRPKfô«U« DU. WOCiB* (4790-1808). 7t
est suivie dieSi cris, mille fois restés, de Vipp la. République. Un ooup de canon; annonce le dép&vt. r&e. -cortège} :sp. met en p^Ur uwpeôt vep.lei Temple. (U Caibédcate)« Une. partie de la troupe achevai oqvre ,U marchp. Un des cavaliers porte uoe ban^ièça ftvec, cettp .ipflciiptiaJK^Af Beuple.Frmçws réarmait 4'exwtew& d0>l)JBùrAj!fpr&>m< ,« «Vient enwite. la compagnie dea caocronieirs avec deux pièces d'jartillerift, .suivie 4e quatre sapeurs,,. Vingt tambour? pt vingt-cinq musiciens ^xpripent Alternativement la majesté de la cérémonie,,. Les éppu* .vpfus uniformément, dé-r eprés e|u bonnet dç la liberté, g et les épouses, habillées de biape et .çeiptes. du rpban trjpolpre, suivent unçhar traîné par quatre taureaux ornés de festonp., de. guirlandes, et conduits par «quatre laboureurs. Vingt-quatre citoyennes, vê tues jde blanc, et .portant la ceinture ^ricplorp, entpurçnt lç çb^r, oq .brille un faisceau ^'aripes,, surrçontp du niveau et du bqnnet de la liberté, et où flottent sur les deji* côtés deujx drapeaux tricolores... Un spcpnd piquet de cavalerie fprme Ja man^o, et. l'un des cavaliers, flprtp uije bannière çiyec cette inscription: IzPeuple Français, reconnaît, l'immortalité de l'àme. > Arrivés w temple, le président de la société «.adressa à l'Éternel une prière sublime, extraite d'un papier pq|)Up. Pa$toret prononce un discours sur i'existeocq de l'Être suprême. U|)e ode du même, auteu^, sur le môme £uj.$t, est solennellement exécutée, pfir Bonnet avec .toute, la pojnpe de la piusique., », On adresse une allocution aux époux; d'autres poètes et musiciens lisent et chantent des hymnes de leur façon. « Au sortir du Temple, "le cortège ceint l'arbre de la liberté, en chantant des hymnes patriotiques.. Un repas frugal est servi aux nouveaux époux par les, commissaires. La musique ég^ye l^e repas, et les citoyens défilent en ordre pour, les voir sougpr.,On porte des santés, à Y Auguste Convention, à la prospérité de la République, et à la Société populaire de Monlauban. Une des nouvelles épouses entonne un cantique patriotique, que répètent en chœur tous les assistans. » Enfin « la fête est terminée par un bal qui laissera long-temps dans l'esprit des pauvres le
72 ' tflSTCM* DE L^fiQU» «5 tM0NTAUB4ll4 < . «., n . s .
souvenir de la fête de l'Être suprême K » ; fit. On ;qpftëlaU, <#$ bacchanales des fêtes religieuses ! •':..*.:
41. À^Bcnôn moia& de folie :1b Société ipopulaim^étôbrft. la fête dei,as6as$iaat>et de te sauvagerie, nous voulons dure l'annir vervérsaiire Ue la prisé de la Bastille. Dèîi la Jever du Wleil, le 14 juillet, une salve tf artillerie annonça oettefôte» .À 3 heures, après-midi, tous les foûctioanaires et oor|»con$litués ^e réjMMh rent à la Maison oommuae pour se pendre w tewple -cte»!*. Raison. Le cortège marefaait daosPorcbe suivant 2 Les vétéwos, divisés en deui colonnes; le bataîlfon dd rEspérauce^ eotoposé d'enfants et de jeunes gens de Ut a 16 ans ; 2& wna*nier$ avec une pièce d'artillerie; SO tambours^ 35 musîcieas, l'état-anajor de? la garde nationale, la marine, un braacard, sur lequel ,ét*it figurée la Bastille* porté par quatre citoysus entourés dje douze autres, armés de pelles et de'piophes; un raoher représentant la Montagne, surmonté d'une arche dans laqjueUe>étaient dépo* sée1 les Droits de irhûnwrae, perte par quatre 6aQS»C4*l04tçs, ha~ bitiésen gilet sans: manches et tenant d'une main une massue». La Liberté, rÉgalité, la Vittoiare,: représentées paritrois ôiojônf nefe, déeorées ^'attributs allégori^wes, étaient . placées, su» un char trainé flar de&x taureaux;. Sur* Je même ehHTI étaient le» bustes defirotusy Lepelktier et Marat, soutenue par le prési-, deht de l'adtoinistralion du diàtrict, la maire et l£ président <iu comité de surveillance; 'Sur une bannière portée par un garde national on lisait: Les hamm$ du i^j^éUleL L'ex^mattre de pension. Paistoret, prononça le* discours obligé, qui^ oéfengé da vers empruntés à la tragédie de Swrrole; • n'était qu'uae gterifieatiqn de, la journée du 14 juillet 1789. Après, un éloge l> Jeanbon Saînt-Apdré, président de la fête, le cortège alla entourer l'arbre de la liberté .planté sur la place d'Armes, et, au chant de .la Marseillaise > ^e rendit sur la promenade du Cours,
« Pour avoir le Précis in-extenso, voir aux Épfiénxcridet, p. 79-82. On réitéra plusieurs fois cette solennité dans la ville de Mon tau ban et dans les principales localités»
QUATRIÈME PBRIOMi •**- SUPffKSSION BU MOCBftKt 44790-4808). 73
appelée atars OhaAps-de^Ma-rs. La fête fot clôturée? par des farandoles f. -
42. Ge serait1 un bien pénible contraste) ai «tous wyuliOBs, après le rébit do ces folles réjouissances, exposer la situation. lamehfcàMe de nos prêtres? et dés vrais datboliques* La Teicear sévissait afrec tdut ce qu'il y avait de plus cruel et de plus' orfiétix: tes efôfclésiastiques qui n'avaient pas pu émigrer, on s'étafentaôfcstratt a U déportation et aux- Teeberobes Minutieuses des mtf nicipalité&, viraient comme les martyrs et les confesseurs des premiers siècles. Us offraient le saint sacriBce dans des retraites obscures et cachées. D'autres erraient dans les campagnes, et sous des déguisements les plus singuliers ils s'avea- Miraient k porter tes secours et les- consolations de la religion* tl êttit presque impossible de célébrer les cérémonies lieligieu* sfefc dfc mariage. Quant au baptême on l'administrait dans les maisons; mais lés parents -étaient obligés, vu ie& lois, de différer ce- sacreme&t pour leurs nouveauxHMB. La première cou*menton était donnée nuitamment au fond de quelque cave ou dans les combles* des vieilles demeure*. Un moment cependant te&f terroristes parurent remloic suspendre- la persécution. Le 21 février 1795, un décret permit à tout citoyen le libre exercice de son culte ; et dans te mois de mai les communautés durent autorisées à céder, peur les cérémonies religieuses, les églises qui Savaient pas été aliénées. On vit alors reparaître lès glorieux débris du «lergé- Bon nombre qui avaient fait le serment de la Constitution civile le rétractèrent. Us ne pou-* raient plus se dissimuler qur cette Constitution avait été condamnée par l'autorité légitime, et la conduite que ses principaux partisans avaient tenue, dans ces derniers temps, suffisait pour les éloigner d'un parti qui avait donné tant de scandales. Ceux qui se tenaient cachés parurent au grand jour ; mais bientôt il fallut rentrer dans l'ombre, car les assermentés ne se firent pas faute
< Cf. Les ÉpJiémiridei, de M. Foretlié, p. 101-103. •
74 HIST(MAK OB l'ÉGUSB DR. MONTA OBAN,
de protester et de susciter, par- leurs rapports, 4e naaveaaxédHs de proscription. Le 25 octobre de cette même ai) née la ,pers^r( cutioû reprit son cours. Dans l'intervalle bien des églises .{waieat été rouvertes, et. le culte put pendant quelque mois s'y dérouler daû6 un calme relatif. A, Montaubaa, le 23 thermido? (10 août), sur la demande d'e aviron 600 citoyens,, la muaicir palité avait c accordé l'ouverture et l'usage, ^aur l'exercice, da leur culte, des quatre églises çMevaiU, paroissiales de Saiat-r Jacques, Saint-Jean de Villenouvelie, Sapiac et -Saipt-rGrens, h la charge de se conformer, aux disposions prescrites pailla loi, soit pour l'entretien desdite* églises, soit. pour .la soumisr sion que les ministres sont tenus de. faire V * Des arrêtée vinrent à tout instant limitpr les pouvoirs des prêtres et gêner les fidèles dans l'accomplissement de leurs devoirs.. C'étaient sans cesse rappel des lois. antérieures, restrictions dans, les libérâtes données, ingérance dans les affaires spirituelle etc...2. Malgré tqut, nos prêtres préféraient encore cette dçmi liberté; et comme dans la ville épiscopale tous ne pouvaient pas user des églises rendues au culte, quelques-uns le célébraient dans les maisons qui leur avaient seryi de refuge. La première messp après la Terreur fut dite publiquement le 24 mars4795, chçz Mme de Gaumont.
43. La nouvelle persécution reprise sur les dernier^ joars de
1795 dura jusqu'en 1799. A certains intervalles il était cepfiUr dant accordé quelque peu de répit. Ainsi, depuis le 24 octobre
1796 les prêtres cachés purent exercer librement leurs fonctions. Les journaux de l'époque relatent avec quel empressement et quel calme la population profitait de ces faveurs, c Pendant les deux fêtes 4e Noël, liions-nous dans une de ces feuilles, le peuple s'est porté en foule dans toutes les églises. 11 n'y eut point de messe de minuit. Le jour de Noël il fut chanté, dans
* Voir cet arrêté aux Archives départementales, série Q, regislro 7, fol. toi ad calcem. » Nous avons déjà signalé divers imprimée de celle époque, et qui sont au dépôt dos Archives départementales, série Q, Cf. placards in-fjliosdes ans II, III et suivants.
QUATRIÈME PÉMODK. — SUPPRESSION DU ÔIOCESE (4790-4808). 75
la paroisse Saint-Jacques, deux grandes messes, Tune au point dtt jour et l'autre à dix heures ; cette dernière fut célébrée avec toute la solennité ordinaire; il y eut des motets en musique qui furent très-bien exécutés. Le lendemain, jour de saint Etienne, premier martyr, on y prêcha Pamour de Dieu, le pardon des ennemis et l'entier sacrifice de toutes les souffrances passées. On a remarqué que tous nos prâtres étaient calmes et sereins comme autrefois; qu'aucun murmure* aucune plainte n'est sorti de leur bouche. On voit se vérifier en eux ce précepte d'Horace : ASquam mémento rebute in arduis servare' m&ntem : non seeus ac bonis; à les entendre, a les voir, on dirait qu'ils n'ont jamais souffert * . *
44. Cependant le jeune général Bonaparte allait enchaîner la Révolution k son char de victoire, bien disposé aussi à lui lâcher la bride toutes les fois qu'il le croirait nécessaire aux projets de son ambition. Ce dompteur intrépide était à la tète de l'armée d'Italie et préparait le martyre d'un grand pape, lorsque l'évèque intrus du Lot songea à assembler son cïergé en synode diocésain. L'ouverture eut lieu le 50 messidor an V (18 juillet 1797). Réunis dans la cathédrale de Cahors autour de leur évêque, 133 prêtres, aussi illégitimes que leur chef, entendirent la lecture de la Lettre-circulaire des évêques réunis à Paris aux évêques métropolitains de France *, convoquant un Concile national, et établissant les réformes à opérer. La lecture terminée, les membres du synode chantèrent le Veni Creator, et assistèrent à la messe pontificale. À l'Évangile, le citoyen Pontié, curé de Saint*Géry, de Cahors, prononça un discours, « auquel il préluda par plusieurs passages en latin des œuvres de saint Cyprien, afférans à la dernière persécution, qui surpassa celle
< Extrait du Journal du Lot, n° du 10 nivôse au V, p. 196.
» Cette Lettre, qui commence par ces mots : « La primauté du Biegc de saint Pierre..., » était signée par Éléonore-Maric Desbois, évoque d'Amiens; Vandelaincourt, de Langres; Grégoire, de Blois ; Boyer, de Beiley ; Saurine, de Dax; et Clément, de Versailles. Voir Copie, Collection Forestiô.
7« „•,,... H^xqips,^ fJtwftM .jiQHTArçM* iUI()„ia i< dp* Ywbklm ,,f»n^.)W cfthojrçm^ dfAjfci^ ^n^tfxtetfut
r£glige;et <teja patfi^rexçi^)L 8e3:çppfrèr^và!J'ufliaj^,pteTW tanUes <bienfaits.de la Révolution. Chacun récita à haute voU le symbole de Constantiuople, et le .secrétaire de r Assemblée fit* au nom de tous, La profession da foi et la déclaration des sentiments du clergé de France '. Après cette cérémonie, la jpia $tait,. paraît-il, à,so,n cpp^blp.U^ npuyelle. séance, fat tenu* ta %q\v à A \mf&i ieplçrgé.se Jrj()Hy^,eaQq?a,plysBPînftr^^..Q^ qçtmjn? \§Htyé$\iéw fotur Co^MPu^P^f^^^c^ftire^ çofliftaîjtre le détail d^.^ayajiXjpr^r^r^,^ ç0|CQ»cilfrr4*»ii se cqnfprme,r .aux *\m fle$ év^qu^ prwofcçpps d$ çettp .<ww<b le synode ordonna: 1° un- j^Ouegfinér^poqr l£.$am^:1#;a0AV à roccâ3Jpn du Concile (jp^t l'ouverture; à Pftr;sptait fopç.ag JAor,de rAsgfiinp)4on ; 2.° qve ,tpus. les prêtjça Ciraient à, la ojçssç )a cçllecte in celejbrationq synodifrppo Ecclesia^ prafiapa; 3* q,q'on chantpraij a^rès les vêpre^ deux . dimanches* chaque mois, jusqups ^ lafvp.da.Conqi^.lp.Jjfikerere, faT.wluwergot le tout suiv} de )a JrêuédicMpn du T.-S. Sacrerççjtf* , *[ A„la SHi^e.cle^.acolaifta.tionsd'ifs^gç, l'évoque iutrq* bépit m P^Ar^ft quelques jours après,, rçne lettre pastorale Cessée à JpuMtft curés du rçssjortj, lçn/r.fais^it savoir l'issue de ty réupioi^.apnQn* çajt lp départ, de l'é*êque M du délégué pour 1$ Concile, natjQ* nal> et, accompagnait un exemplairs des Actes àpt>(& synodft schîsmatjquç *t . , . , „
?4 0|i ctaftaJI ces iSarttahfe, dont le plus gifenrf nonfaé sont condamnes pal l'Église.
>. imprimes Qanor% chez. Richard, p$re et fila, imprimeur du département, ni 4% de 24 para. — Voici le nom de nos paroisses qui curent leurs curés dans ce synode : Trôjouls, 'GaridcAiles, toilhoc, Cayrac, Boîsse, Cayriech, Saint-Georges près Caussade, Saint- Qbr^it«pht,SaiûhViocentd'Aiil^jpc,G»ïillac> Saiftt-Urcisse de Vaux, Moatpeaat,; Fauroaj* Touffailles, La Penche, Puylaroque, Sainte-Juliette, Saint-Jean de Lolmière, Malause, Miramon, Lauiérte, Aoty,- Bouloc," Saint-Georges» Monlbarla, Saint-Amans, Sainf-Sympnorien, Sajqt-tyarttp 4° Gaissac, Majerac, Tissée, Saux, Moissac (Saint-Pierre), Moissac (Saint- Jacques). Envoyèrent leur adhésion les curés de Saint-Amans de Lourcinade, Gaxals et Viartwe. ' ■ •
quatrième PÉRltttei i&'ttuAMltari W torbtifcfr1 (4 790-4 808). 77
' 'ini'VnVtBfoto'VttWN de âêSd^gaûîSatibn ^dpériît1 prog^siîiétllëtir ôXii^dîffël-ehés pbuleà'f la'fennetedés écbleset là stfp^ pMtàl dfe't^îisèigâÉftaefût qui' tie ctfnïenatf 'fripant fàtoticKe* égafitairés. ' I!; est vrai' qu'uni dar1ebirs: illustrés, Fotiqtiïef.TînvaiB, feu* aVâH1 dbririê ié iîgiiW, Mo^s^bë, 'hâtaelé par ceux qui* vantàièat 1â?:Scî^nèe ^dèlia^disler,'!! le fil monter sur l'échafeîiâ eu jetant à îseS:d&ehseurs celte phrase mémorable: t La République n'ai fris 'fceàttiâ'âë $bKnàtits:î'i/ Et cependant que' n'a-t-oiï pas éfit^é 'de1 bfétièbtfgèé pbtir1 pttnivér ^tiè' nôtre instruction' est tfufe au* ttotatiaés dé89ï Jufciju'à eu* ïl'Vy afait étt <|ue des îgbotarits, -fe peuplé était illettré1, dnti'avait fait que deï'ofccurttoffentel Cè^ët satis dôùte pôur'éfclâfférîî jètfnesse (jtfe dans là4 WulèlMte rfé MbatâUtari Oii Vit, eti 179Ô-, plus <W 80 écdlèS otl " étàMlisaétoetitè a'iWstfùctitm ' frappés d'inteïdité. ÀUM'Iè V'ptafltoè- Ùti'ViV {WlïtMlétf,ïxii Btèmbre* de l'adiùinîsttatioit sîgrialé "te1 VàndiliÉe iàdviqUë de la plupart des Instituteurs et hfttWktrtttes tfe ' là 'côïtfmùne, 'eÉ ieùr résistance au* lois quf prescrivaient c flei? conduire lëséfeVes àfc temple dèéadairô. » L'^toitrisfrahoà,- < considérant les dahgeris pour le présent ôt poufr l'avenir, de laisser ces instituteurs exercer leur profession ;i eétàsidérant' qu'il sefaît inutile de faire de nouveaux éffôrtk j^otir les taméhef à dès Sentiments patriotiques; cônsi* dëràtat qu'ils n'ont jamais conduit letirélèVes' au reiûp!e décadaire,» prft "t arrêté ti-après: * Les établissements d'instrùciioti !des feito^ens ïlourô, Bcrussarôt, etc1. (au nombre de 18) seront fermés sur le champ. * L'administration centrale dit Lot approuva cette mesure avec éloges. Gomme les institutrices, notamment l'ancienne Dame Noise, Mme Caprony, avaient pris une patente de couturières, afin de se soustraire aux lois et de continuer à avoir des élèves, le ministre informé du fait, écrivit : c II faut les interdire, k moins qu'elles ne conduisent leurs élèves aux réunions décadaires. » Mais les intéressées ayant observé que ces réunions ù'étaient pas convenables, il leur fut répondu : c Quant au peu d'ordre qui règne dans ces réunions,
78 HfôTOIRS DB L'ïOUS» DB MOOTAJJJIJft , ,
c'est aux magistrat» à y maintenir la décaaee.. » Le 48 thermidor de la même année (5 août) Je sous-chef des seyants. dç la cornmune fut chargé de notifier à 41 instituteurs ou institutrices l'ordre de fermer leurs écoles. Or, un extrait du procô$-*eri)al fera connaître les motifs de ces mesures tyranniques.: c Le citoyen Lhomme a 30 élèves; n'a pas la réputation de professer des principes républicains; bonnes mœurs; apprend à lire et à écrire. Influence dangereuse ; ne s'est jamais présenté aux fêtes décadaires, et n*a pas prêté serment. » Entendre la messe d'un prêtre non assermenté était un motif suffisant de révocation ; et mille autres prétextes que le club révolutionnaire exploitait pour fermer les écoles religieuses. Aussi l'instruction fut-elle désor- * ganisée à Montauban pendant plus de dix ans.
46. Cet aperçu, limité à un seul point de notre ancien dîocëte, laisse comprendre où pouvait en être l'instruction des enfants dans le reste du territoire. Nous n'avons paé à nous étendre sur ce sujet; mais le temps est venu de faire connaître par l'analyse succincte d'un document original l'état de nos paroisses à la suite des troubles révolutionnaires, et au moment où des bases de paix vont être posées par le Confcordat de 1801. Ce consciencieux et délicat travail fait à cette époque même est renfertné dans un précieux registre, destiné très certainement à éclairer l'administration' épiseopale1. Nous en extrayons tout ce qui peut, sans inconvénients, être placé sous les yeux des lecteurs et compléter ce que nous avons écrit sur l'ensemble de nos paroisses. Voici sur chacune, et dans Tordre où elles s'y trouvent placées, les détails principaux.
Samt-àgnan. Peuple naturellement timide et- ignorant, qui a suivi toutes les chances de la Révolution. La majorité des fidèles a présenté plusieurs suppliques pour obtenir un prêtre
i Ce registre in-4« du fonds des Archives de l'évôcbé, est intitulé : État du diocèse de Montauban rédigé en 1799. Chaque paroisse occupe une ou plusieurs pages divisées ea trois colonnes, avec cet ordre : Peuple, — Curé ou prêtres légitimée, — Prêtre* conttitutionnels.
QUATRIÈME PÉKKttE. — SflPPHfôSfON DU DÏ0CÈ8B (4790-1808). 79
câlhtfl^dé.^fl f »a« env*nonf 300 oartmoniants. M; Dttpuy* prêtre jtireufv mate ncètrxctë, a des talents au-dessus du commua : Le cowent'de'Fontevïaulti n'est pas de grande Ressource. En 1801 1 -adsffiteistralion donna des lettres d'administrateur de la paroisse à dom François Malecaze, bénédictin.
Càstelfekbus (suce, de Saint-Agmn). Environ 500 communiants; « peuple cruel pour-la religion. » M. Rebout, intrus, aliéné et reconnu. pour tel* Deux ou trois cordeliers dans l'bos* ptee$ mais qui sont peu utiles à la religion, Un bénédictin de Belleperche, le P. Fossat, y fait le service avec son frère, curé dans* le- diocèse de Cahors ; sans avoir prêté le serment, ils sont F«n et l'autre trop facilespour les lois de la nation.
Albefeuille. M. le curé Fauré a été déporté. Il y a environ 400 coûïiwiQiants. « Ce peuple en général doux et humain s'est bien comporté pendant la Révolution. Le récollet Albert, actuel* lement intrus à Castelmayran, y a joui pendant trois ans de quelque considération, parce qu'il faisait entendre qu'il voulait 5e rétracter; il m sortit en 1796. On y verroit avec plaisir un prêtne catholique et on y ferait -uu sort. >
Lagarde (annexe d' Albefeuille). 300 communiants environ;, mèqies mœurs .que la. paroisse-mère; désir d'un curé, pour lequel on ferait des sacrifices. M. Figues, ancien jésuite, homme de talents, y exerce et jouit de beaucoup de considération, quoique partisan du serment de haine.
Sajht- André (wre de Malte)* Église démolie; curé mort intrus à Gandalou ; petite paroisse qui peut être unie à Saint- Porquier.
Sàiïst-Aïsgel, Il y a environ 60 communiants, qui ont perdu de vue les principes de la morale; très superstitieux, dit-on. M. Bar bot, curé jureur, s'est retiré au Cauze, son pays natal. Le 3 décembre 1802 M. Larroque fut officiellement chargé de cette paroisse.
Angeville. Le curé Tierdebat a été déporté. Dom Quillot, bénédictin, revenu d'Espagne, pieux et timoré, n'ose pas accepter