‹ Histoire de l'église de MontaubanChapitre 73 sur 132 · Tome II. VII · texte numérisé non relu

Tome II. VII

82 HISTOIRE DE L'ÉGLISE DE MONTÀtJBÀN.

La Roquette (suùc. du Born). Peuple assez nul;1 ènvfroh 35 communiants. « Il ne reste qu'une vieille église, quiétoit interdite longtemps avant la Révolution. » La plupart 'des paroissiens se rendaient à Verlhac. M. Marti n'a prêté aucun serment, et fut approuvé en 1800 comme curé.

Bourret. L'intrus Bardon, curé de Lavilledieu, fait de temps en temps des excursions dans cette paroisse; mais ne jouit d'aucune considération. M. Bouloc, du diocèse de Rodez, y exerce le ministère ; M. Domingon en a accepté l'administration spirituelle. 11 y a environ 1,300 communiants. La paroisse a été très attachée à la religion jusqu'au jour où son curé prêta le serment, à la suite d'une attaque d'apoplexie. On désire an bon prêtre.

Br es sol s. M. Vigoureux, curé légitime, a juré le serment et s'est marié. Un vicaire-régent, M. Care, exerce publiquement. « Le caractère du peuplé est, en général, assez bon ; on a tu avec horreur tout ce qui s'est Tait contre là religion, grâce à quelques mauvais sujets. > On y recevrait avec plaisir un prêtée fidèle ; environ 300 communiants.

Brial. 200 communiants environ ; peuple généralement assez bon. Un prêtre y serait bien reçu, mais difficile de l'entretenir et de le loger. Le curé Depeyre a été déporté ; l'administration est confiée au P. Barbot. Il y a un intrus, le P. Lugan, de Tordre des Carmes, venu de Villebourbon; mais il n'exerce aucune fonction.

Saint-Lizier (suce. de..J « C'est une simple chapelle, où Mme de Gensac faisoit dire la messe parce qu'elle est très à portée de son château sur la paroisse de Bressols. »

Brive-Castel. Mesplé, curé légitime, jureur, mort dans son péché; M. Delpech y dit une seconde messe. Le peuple est naturellement bon ; la très grande majorité s'est constamment très bien comportée. Il y a environ ISO communiants.

Çampsas. M.-Fauré, déporté en Espagne, rentré. (Voyez à Monbéqui.) M. le curé y envoyé le P. Barbot, de Monbéqui.

QUATRIÈME PÉBIODE. — SUPPRESSION Dtf DIOCÈSE (4790-4808). 83

Il y a environ 450 communiants ; la très grande partie de cette population s'est fort bien conduite à l'endroit de la religion.

Fabas (suce, de Campsasj. En avril 1802 est nommé curé M. Mance, revenu d'Espagne. On y compte à peu près 200 communiants. Le peuple, quoique bon et ami des prêtres, se laisse facilement entraîner au schisme, à cause du voisinage de Canals et Fronton.

Canals. Près de 500 communiants. La population s'est assez mal comportée pendant le cours de la Révolution ; le défaut d'instruction peut excuser. Un prêtre y ferait du bien. Le curé, mort confesseur, a été officiellement remplacé en février 1802 par M. Gayssat.

Castelmayran. M. le curé Trélissac ayant prêté le serment, s'est retiré a Castelsarrasin ; l'administration a confié la paroisse à M. Balzac, prêtre caché, revenu de la déportation. L'intrus P. Albert, récollet, y est très méprisé. Il y a environ 730 communiants, c Le peuple est assez bon et honnête ; on l'entraîna par peur à des excès et des sacrilèges dans le temps de la Terreur. La très grande majorité reprit des principes de religion ; mais elle a été malheureusement entraînée dans le schisme. » Il ne sera pas difficile de la ramener. Il y reste environ 20 catholiques.

Castelsarrasin (Saint-Sauveur J. Environ 4,000 communiants, t La majorité de ce peuple a donné a corps perdu dans la Révolution ; la bande noire y étoit très nombreuse. Les honnêtes gens y ont été très maltraités. On y est en général insouciant pour la religion. > M. Lassalle, vénérable curé, qui administra longtemps sans beaucoup de succès. Le couvent des grands Carmes était de faible secours pour la religion. Par contre, ceux des Capucins, des Dominicains et des Ursulines aident beaucoup par leurs exemples et leurs bons services. Le vénérable M. Bely, rentré d'Espagne, est chargé de l'administration ; il a pour auxiliaires M. Ressayre, ex-déporté ; le P. Miquel et le P. Mauri, carmes. Parmi les intrus : Candelon, ex-curé de Yen-

tillac ; Caminade, Lacassaigne, Delpech-Bemardîn et Borredon, ex-vicaire de Saint-Sauveur, fort méprisés par le peuple.

Notre-Dame d'Alem. De grande ressource pour la paroisse, cette chapelle est à peu près anéantie. M. Gouges, théologal de Moissac, rentré d'Espagne, a espoir de la remettre sur pied.

Saint-Jean. Curé légitime M. Maury, nommé par M. Vernède et ses confrères. Il y a environ 1,800 communiants. La conduite du vicaire Borredon, qui s'y étoit installé en curé, a fort contribué à gâter cette population.

Saint-Jean de Coquessac. M. Pachi, déporté. Pas de prêtre à poste fixe; ceux des annexes y font le service. En 1802 l'administration y nomme M. Montané. Environ 400 communiants, t L'opinion y est généralement assez bonne. Les bordiers des Granges, Tourreil et quelques autres se sont constamment distingués en donnant l'hospitalité aux prêtres, qui vont de temps en temps rendre service à cette paroisse. Il ne sera pas difficile d'y faire refleurir la religion. »

Le Causé. Raymond, curé légitime, jureur obstiné ; passe pour fou à Sérignac, son pays, où il s'est retiré et s'est marié. Le peuple s'est ressenti de l'influence et de la négligence de son pasteur. Intrus, M. Puymirol, du diocèse de Lombes; assez modéré, mais très ardent dès le principe ; a, pour l'assister, Barbot, curé de Saînt-Angel, et Lasserre, curé de Goas.

Conquêtes. « Il y a environ 1 30 communiants. Ce petit peuple

est assez tranquille. * M. Gardes, jureur, mort dans son péché.

1 L'église est démolie; on pourra unir cette paroisse à Mézens;

c'est le curé de cette dernière, M. Brugères, qui a le soin de

Conquêtes.

Notre-Dame de Grâce (suce, de Conquêtes). Environ 60 communiants; peuple assez tranquille. M. Brugères administrait; en 1802 on en chargea le curé de Rabastens, M. Cathala, qui gérait aussi Condel.

Corbarieu. M. Périé, jureur, mort dans son péché. Le P. Barbot y ayant fait quelque bien, on lui a confié l'administra-

tioq, Enjfirpp J0O communiants. Le peuple c'est fort bien comporté pendant la Révolution ; on n'a perdu que les vases sacrés et. ce qui servait au culte. Un prêtre catholique y serait vu avec plaisir, mais difficile de le cacher.

Cordes. 11 a y environ 900 communiants. La conduite scandaleuse du curé Izerne a donné de l'horreur pour le schisme, quoique la Terreur en ait fait succomber bon nombre. Le prêtre assermenté, mais rétracté, Depierre, religieux de Belleperche, y faisait les principales fonctions du culte. Celui-ci accepte pour la messe Blanquios, ordonné par Sermet, mais son ignorance est « si crasse, > qu'il est rejeté de toutes les paroisses, notamment de Labaslide-du-Temple où il voulait s'implanter.

Coutures. Le peuple y est doux et religieux ; si les lois autorisaient quelque prêtre catholique à faire les fonctions, il se rendrait en foule. 11 y a 200 communiants. M. D***, prêtre jureur et marié, a envoyé sa démission en 1801; touché par les remords il s'est retiré à Saint-Nicolas de la Grave. Intrus, le capucin Cavaillou, généralement méprisé et fort ignorant.

CuaiON. t Le curé Ambialet, jureur, s'est retiré dans son païs. » Il y a aussi le P. Albournac, cordelier, jureur et rétracté, mais auquel l'administration ne donna pas de pouvoirs. La population relativement bonne s'est bien conduite pendant les mauvais jours; elle soupire après un prêtre catholique.

Lamothe (suce, de Cumon). Peuple naturellement rebelle, s'est fort mal comporté pendant la Révolution. Il y a environ 250 communiants. L'intrus Bernier, natif de Tournecoupe, ordonné par Barthe, évêque constitutionnel d'Auch, exerce le ministère,

Dïeupantalle. Curé, M. Laparre, déporté en Espagne. Dom d'Hostes, bénédictin fort recommandable par ses talents et ses vertus, y fait le service en cachette. En rentrant, le curé légitime reprit le Service; à sa mort l'administration nomma le curé de Brial, M. Depeyre. 11 y a 400 communiants environ.

vu.

Le peuple s'est bien conduit, et dans la masse est resté attaché à la religion. On demande un bon prêtre.

Escatàlens. Environ 600 communiants. « La presque totalité de cette paroisse a été constamment dans les mauvais principes; l'intrus Morin les y a malheureusement confirmés. » Plusieurs maisons honnêtes verraient un prêtre catholique avec plaisir, mais il lui serait « difficile de se dérober aux poursuites des méchants. » Le vrai curé, M. Sarraut, étant mort, t le P. Domingon, capucin, très vieux, y exerça le ministère jusqu'au jour où l'administration lui retira le pouvoir. » Alors le prévôt du chapitre, M. Domingon, natif de cette localité, fut approuvé pour toutes les fonctious du saint ministère.

EscAZEAUX.Le curé, M. Joffre, jureur, mort dans son schisme; assisté du religieux Lafleurance, tout à fait décrié, c II y a environ 500 communiants. Ce peuple s'est très mal comporté pendant la Révolution. Un prêtre catholique y seroit mal vu, et ne trouveroit point de quoi vivre. *

Escudés (suce. d'EscazeauxJ. « Il y a environ 50 commu* niants. Ce peuple est assez doux et humain. Quoique la majorité suive les intrus, il serait très facile de les ramener aux bons principes. »

Espar sac. Le curé Dupux a été déporté en Espagne et est rentré. « L'intrus Malecase, qui jouit de quelque réputation à cause de sa sœur et d'une nièce mariées dans le pays, est très disposé à faire persécuter les prêtres catholiques, quand même il ne les surprendrait qu'au passage. » Il y a environ 350 communiants, c Les enragés de Beaumont ont entraîné ce peuple religieux, » à maltraiter leurs curé et vicaire, qui ont dû fuir.

Gimat (ann. dEsparsac). Peuple en général obstiné pour le schisme; environ 150 communiants. L'intrus Bêle, religieux cordelier. a pris part à l'insurrection de Beaumont.

Fajolles. t M. Pouilh, accablé d'âge et d'infirmités; caché. M. Gaillaguet, vicaire de Saint-Urcisse, encore en Espagne, neveu de M. Pouilh ; très bon prêtre. » L'intrus de Gimat réside

parfois dans Fajolles ; « on croit qu'il se rétracteroit, s'il osoit. » Peuple facile a ramener du schisme; 200 communiants à peu

Facdqas. Deu* constitutionnels: le carme Arnaud, qui est fort n^l vu, etTaupiac, prêtre de Sermet, qui, dit-on, passa au poste de contrôleur à Lavit. Le vrai curé, M. Girels, jureur rétracté et déporté. En 1802 des lettres de vicaire-régent sont données à M, Dufaud. }fi peuple naturellement bon s'est mal comporté.

. Le Fav, !,€ M. Castel, jureur rétracté; sans moyens intellectuels. »

Finhan. 1,100 communiants environ. Peuple généralement, bon; f un petit nombre de mauvais sujets s'est signalé pendant la Terreur, par des impiétés. Le curé, M. Pons, a été déporté. Dom d'Hostes, bénédictin,, est chargé de la cure, dans laquelle jl est. aidé par le P. Barrié, natif du lieu. *

Monbéqui (suce, de Finhan). « Le P. Barbot, récollet rétracté, paraît bien converti. M. le curé de Campsas est encore sur cette paroisse* mais très caché. Ses talents et ses vertus méritent les plus grands éloges.^ » La majeure part de la population s'est assez mal comportée dans tous les temps. Malgré tout, on verrait avec, plaisir un prêtre catholique. Environ 300 communiants.

GjL\dalou. Le curé Ruffat, mort déporté en Espagne. M. Goujges, théologal de Moissac, qui habite sa campagne de Roux, est chargé du service. L'intrus Ressayre, ordonné par Sermet, ne jouit d'aucune considération. Peuple entièrement égaré par les intrus, qui s'y sont succédé presque sans interruption ; il y a environ 900 communiants.

Gàrgànviu. Curé, M. Rouère, retiré a Nègrepelisse, très viçuxet aveugle. Les pouvoirs ont été confiés au déporté d'Espagne, M. Fontanié. Pour intrus, Contensou, ordonné par Sermet, avec lequel il finit par se brouiller.. Peuple fort exalté; f il y en a bien peu qui n'ayent à se reprocher la dévastation de l'église et tout ce qui s'en suit. » Environ 800 communiants.

vu.

Gariés. t Ce peuple est sauvage, et s'est eu général mal comporté dans le cours de la Révolution. » Il y a environ 200 communiants. Pas de curé légitime; l'intrus Fontanié, tertiaire, est assez mal estimé.

Gensàc. Curé légitime M. Lapeyre ; intrus M. Soubiran, € qui a offert de se conformer aux fêtes décadaires. » Il y a environ 100 communiants. La très grande majorité a donné dans le schisme, malgré les soins du respectable curé, mort dans le cours de la Révolution.

Haumont (suce, de Gensac). « Ce peuple s'est laissé entièrerement suborner par l'intrus. > Environ 200 communiants.

Glatens. Le curé légitime M. Pauly, jura et se maria; il perdit toute considération. L'intrus de Lamothe allait aussi y dire la messe. L'administration nomma pour administrateur M. Laclavère aîné. Il y a 200 communiants environ, c Ce peuple est naturellement bon, il suit matériellement l'intrus. »

Goas. Lasserre, curé légitime, jureur, retiré au Causé.

Grazac. Environ 200 communiants. Le curé légitime Viguier a juré et scandalisé la paroisse par son mariage.

Condel. La population est spécialement. bonne; il y a 100 communiants environ. Le 5 juillet 1802, M. Cathala, de Rabastens, revenu de la déportation, est chargé d'administrer cette paroisse.

Labastide Saint-Pierre. M. Duclos, curé légitime, a été déporté. Le peuple suit malheureusement l'intrus Delport, ordonné par Sermet. Il y a environ 300 communiants ; seulement trois ou quatre maisons n'ont pas donné dans le schisme, et désireraient un bon prêtre. Le plus grand nombre a commis des scélératesses pendant la Révolution.

Labastide du Temple. Le curé Traxat, rentré d'Espagne, s'est retiré à Lafrançaise. La majorité de la population pense très bien et verrait un prêtre catholique avec plaisir. Mais ce pays étant très découvert, il serait difficile de s'y cacher. 800 communiants environ.

Labouisse (cure de Malte). L'intrus Foumier, ex-capucin, natif de Rabastens, y est généralement méprisé.

Lacour Salyt-Pïerrb. Le curé, M. Mistrol, jureur rétracté, a été autorisé a reprendre ses fonctions, sur les bons renseignements donnés par ses supérieurs du diocèse de Gominges.

Lafite. Il y a environ 600 communiants. « Ce peuple est en général assez bon , mais manque d'instruction, ce qui n'a pas peu contribué à l'entraîner dans le schisme. L'intrus Combedouzou, qui rétracta son premier serment entre les mains du grand'vicaire, M. Vernède, a redemandé la protection de Sermet. , Pour administrer il y a le P. Mouchet et son neveu, tous deux tertiaires, doués de zèle et de talent ; le P. Miquel, très bon religieux, revenu d'Espagne, et un autre déporté, M. Azam.

Larrazet. M. Marzials, curé jureur, mort dans son péché. L'intrus Druilhet exerce les fonctions. Le peuple est très incliné à l'irréligion ; il y a environ 600 communiants.

Lavinouse (suce, de MondurauseJ. Peuple tranquille, mais un peu insouciant. Un prêtre y vivrait difficilement, vu la pauvreté des gens. Le curé de Verlhac, M. Méja, fut chargé, le 8 juillet 1801, d'administrer la paroisse, en l'absence du titulaire, M. Laporte. Environ 80 communiants.

Layrac. Le curé légitime, M. Viguié, qui resta caché contribua beaucoup à conserver cette population. Peu se livrèrent à des excès pendant la Terreur. « Il s'est opéré quelques conversions de marque. » Il y a environ 220 communiants.

Laperriêre. M. Verdiguier, rentré de la déportation, fait son service publiquement dans sa paroisse et les environs; ce qui l'expose. Le peuple y est bon ; on y compte 100 communiants à peu près.

Magnianac. Le curé jureur Barrère a disparu. Il y a environ 300 communiants. Le curé jureur entraîna la population dans le schisme, malgré les bons antécédents des paroissiens. On n'y compte guère que deux familles de confiance.

Marignac. Le titulaire légitime, M. Roux, déporté en Espa-

g ne, réside à Castelsarrasin. Il craint de ne pouvoir exercer tranquillement, à cause de l'intrus Druillet.

Meauzac. Un très vénérable prêtre, M. Turq, rentré de la déportation, travaille avec beaucoup de zèle, tout en étant caché.

Mézens. Le curé Bétou meurt émigré en Espagne. L'administration de la paroisse est confiée à M. Joseph Bruyères, du diocèse d'Alby. Il y a environ 300 communiants ; la population a conservé les bons principes, et verra avec plaisir un prêtre fidèle.

Montbartier. M. Majorel, curé déporté- A . sa rentrée il reprend l'administration jusque-là confiée à M- le au ré de Lapeyrière.

Montbeton. Il y a environ 100 protestants, et à peu près 300 communiants. Le peuple, qui.est bon, a vu de mauvais œil trois ou quatre intrus qui se sont succédé rapidement, jrçnni lesquels Mila; celui-ci est rentré après 19 jours à Sainf-Porquier, son pays.

Mont-Durausse, Le curé Laporte étant absent, l'administration est confiée au curé de Verlhac, M. Méja. Il y a 200 communiants environ. Paroisse pauvre, qui ferait vivre difficilement un prêtre, qu'elle désire beaucoup.

Mont-Gaiixaw). Environ 200 communiants. Peuple assez cruel et ignorant, mais plus porté pour le catholicisme que pour une secte. Le titulaire, M. Sarrau, qui a rétracté le serment, embrasse trop facilement les lois contraires à la conscience.

Sainte-Catherine, (sucq. de MonlgaillardJ. Il y a environ 160 communiants. Ce peuple est assez tranquille.

Mont-lougue. Le curé, M. Méjanés, étant retiré dans le Rouergue, l'abbé Rolland, de Rabastens, fait de temps en temps le service. Il y a deux intrus, le P. Fournier, capucin, .et son frère, qui entretiennent l'erreur parmi certains patriotes. Peuple assez tranquille et bon ; environ .180 communiants.

Montech. Il y a environ 800 communiants. Ville divisée entre

elle ; les campagnards très indignés contre les mauvais traitements des prêtres. On y verrait un bon prêtre catholique, Le bénédictin dom Moussaron est fort suspect. L'administration confie le spirituel Si M. Gerbaud et au cordelier le P. Garrigues. Trois intrus : Àrgans, Chambert et Barrière, qui scandalisent la paroisse et se font mépriser.

Montaïn. Contrairement k l'opinion répandue, le curé, M. Palonié, meurt dans le sein dé l'Église et en bon prêtre. Il y a deux intrus: Bardon, de Lavilledieu, et Pons, originaire du diocèse de Lectoure, ancien vicaire de Saint-Nicolas de la Grave. H y a environ 200 communiants. On suit l'intrus avec acharnement.

Labourcade (suce, de MontaXn). 200 communiants environ. Mêmes principes qu'à la paroisse-mère.

Montauban (Saint-Jacques) . M. de Lavaur, curé, rentré de l'Espagne. Parmi les intrus : les carmes Labrousse, Cantuel et Grimai, tous trois exécrés; Cornac, bernardin, jureur obstiné ; Trêlissac, ex-curé de Castelmayran, a rétracté le premier serment.

Saint-Orens. M. Delmas, curé exilé. Exercent en secret M. Savy, le P. Sudré et M. Montané. Un intrus, Lugan, pèTe carme, a exercé pendant trois ans. À Gasseras, annexe de Saint- Orens, te vicaire Gondalma remplit secrètement le saint ministère.

Mont-Valen. M. Valette, curé, auquel succède M. Moisset, rétracté deux fois ; il tomba en démence après sa seconde rétractation. L'intrus Viguier, neveu du curé de Grazac, professe les mêmes doctrines que son oncle. Il y a environ 200 communiants ; la masse est entrée dans le schisme; peuple naturellement bon.

Saint-Sébastien (suce, àe Mont-Valen). Environ 100 communiants. L'église fut achetée par l'intrus Viguier et un habitant, qui la firent démolir. Une autre annexe du nom de Saint- Laurent n'avait plus d'église depuis longtemps.

vn.

Saiot-Nauphary. Ire curé, M. Arbus, a* été. déposé. La p^ roisse est confié au curé du Fau, dont l'église était tombée en ruine, et où il n'était pas possible, de vivre* vu la misère (les catholiques. Il y a environ 150 communiants. Peuple bon crt humain, qui verrait avec plaisir un prêtre fidèle.

Noïc. M. Agan, le curé, est déporté ; à sa rentrée il se cache et remplit ses fonctions jusqu'à sa mort. On y compte environ 300 communiants. « Ce peuple est entièrement livré aux impulsions sacrilèges du curé du Terme, qui a trop bien réussi a effacer les bonnes impressions qu'avoit fait le curé légitime. >

Saijnt-Porquïer. Paroisse de 1,000 communiants environ, s'est fort indignement conduite vis-à-vis de son prêtre et duraat tout le cours de la Terreur, Le curé, M. Duillé, a été déporté; en son absence, depuis 1799, M. Gras s'occupa du ministère; il fut aidé par M. Tandol, a sa rentrée d'Espagne. L'intrus Mita, retiré de Montbeton, n'ose y faire aucune fonction, car le peuple le méprise.

Saint-Martin (sum. de Samt-Porqtrier). U y a environ 800 communiants. Le peuple a été presque entièrement perverti par l'intrus d'Escatalens, M* Morin. Le bénédictin Gui tard, jureur rétracté, y jouit de peu de considération.

Reigniês. Le curé Saillant, rentré d'Espagne, a repris publiquement le ministère et réside à Moulis. L'intrus Balthasard, qui se fit pourvoir d'une prébende au chapitre, ordonné par Sermet, y est fort déconsidéré. M. Gombrouze, ex-doctrinaire, y fit aussi le service paroissial. La paroisse entièrement pervertie compte 500 communiants environ.

Moulis (suce, de Reigniês). « U y a environ 100 communiants» Ce peuple est très sauvage ; entiché de l'intrus de Reigniês ; il n'a en général aucun principe de religion.

Sainte-Radegonde. M. Aiaux, curé légitime, qui prêta d'à* bord le serment, se rétracta et « fut guillotiné dans le temps de la Terreur. On nous a assuré qu'il afficha ses regrets sur sa première démarche, et qu'il parla avant de mourir d'une

manière très édifiante. L'église est démolie; elle étoit champêtre. I) n'y aura pas le moindre inconvénient d'unir cette paroisse à Beaumont. » Environ 60 communiants, dispersés dans les métairies.

Roquemavke (archiprêtréj. Le curé, M. Crouzet, a été déporté. L'intrus, Crubilhé, ex-capucin, jureur rétracté, y a exercé les fonctions du ministère. Il y a environ 220 communiants; quoique égaré depuis le temps de la Terreur, ce peuple revient facilement aux saines doctrines.

MmEPOfx (suce, de Roquemaure). Environ 150 communiants. Grâce aux bonnes instructions des archiprêtres, notamment du dernier, le peuple s'est assez conservé. Le vénérable M. Crouzet a été reçu avec enthousiasme k sa rentrée de l'exil. Le P. Félix, de l'ordre des Carmes déchaussés, y a fait du bien, t quoiqu'il n'entendît pas assez l'idiome du païs. »

Real (suùc. de Ifaquemaure). Le P. Théodore Lautrac, chartreux, a le malheur d'exercer les fonctions alors qu'il est interdit. Le 4 mars 1802 l'administration fut confiée au P. Sébastien Repnous, qui se retira bientôt après pour raison de santé. Cette annexe compte 80 communiants environ ; la très grande majorité est dans les bons principes.

SAHUûtTET (te), t II y a très longtemps qu'on ne fait aucun service dans cette paroisse. L'église est' tombée de vétusté, et la dixme nte valait que 100 livres environ. Le curé de Cùmorit recevoit les paroissiens du Sahuguet dans son église. Onnommoil cependant de temps en temps à cette cure, pour procurer à quelque ecclésiastique les avantages des titulaires de bénéfices. M. Delmas, actuellement curé de SainfrOrens, de Montàuban, est le dernier titulaire» *

Sàint-Sàrdos. M. de Lasserre, curé légitime, a été déporté en Espagne; ils rentrèrent avec son vicaire, M. Bessey, et furent acclamés par la population. Un prêtre du Rouergue, M. Bouloc, fit le service, tout en se tenant caché. Le peuple y est fort zélé pour la religion; il y a environ 600 communiants.

94 BfSTQlftK DS L'ÉGLISE pR MOXTAUSAH.

Sébignàc. Le curé légitime, M. Laborde, a doni^é dans le schisme, et jouit de peu de considération. L'intrus Raymond, curé du Causé, est tombé en démence. Peuple naturellement inquiet et turbulent, et qui a suivi l'intrus dans Terreur, Il y a plus de 750 communiants.

Tauriac. Le curé légitime, M. Montels, a apostasie. Le peuple s'est fort mal conduit pendant la Révolution, il a notamment détruit et pillé le château du lieu. Environ 300 communiants. Villette (suce, de Tauriac). Il y a environ 100 communiants. « Ce peuple est assez tranquille et reviendra aisément aux bons principes. >

Le Terme. Le curé Barrère a prêté tous les serments et vit dans la plus grande obstination. La paroisse a environ 300 communiants; elle s'est laissé entraîqer aux excès du curé, et est entièrement en friche, faute d'instruction*

Varennes. M. Main ville, prêtre jureur du serment de haine, mort réconcilié et a réparé tous ses torts le 26 juin 1800. Il y a environ 350 communiants. La conduite de la majorité a été abominable, « particulièrement pendant la Terreur. >

Puylauron (suce, de Varevmea). Environ 80, communiants, c Ce peuple est presque tout perverti ; il faudra , du temps et de la patience pour le ramener. »

Ventiixac. Le curé légitime, M. Candelou, . est jureur et intrus, à Castelsarrasin» cM. Viata, résidant chez M. Darassus- Laterrasse, rend à cette paroisse et à la contrée tous les services possibles, quoique chargé d'une paroisse voisin^ du diocèse de Gahors, d'où il est originaire. Il y a environ 200 communiants; le peuple s'est fort mal conduit pendant toute la Révolution.

Vbrlhac. M. Méja, curé jureur rétracté. Le peuple est en général bon et facile à ramener ; 300 communiants environ.

Beaurépos (suec. de Verlhoe). Il y a environ 150 communiants, c Ce peuple est assez doux et humain ; le défaut d'instruction a égaré le plus grand nombre. Un prêtre catholique

n'y trouveroit pas dé quoi vivre, quoiqu'il y fût vu d'assez bon œil. *

Vigueron. Le curé légitime, M. Château, est jureur obstiné; « mais plus à plaindre qu'à blâmer, à cause de sa tète mal organisée. » On compte à peu près 400 communiants. Le peuple, naturellement bon, suit les principes du curé, qui dit « ne pas professer les principes de l'évêque intrus, et d'autre part refuse de se soumettre au jugement des vrais administrateurs. »

Verliàguet. M. Quillot, curé légitime, a été déporté; M. le curé de Lacourt Saint-Pierre administre.

Yillebrumier. Le curé, M. Descazeaux, a été déporté; l'administration est confiée à celui de Va rennes, en attendant que le prêtre légitime, rentré à Castelsarrasin, puisse s'aventurer sans danger. Le peuple y est assez sauvage, et agit fort mal pendant la Révolution. Un prêtre du diocèse de Toulouse, M. Montastruc, ordonné par l'intrus d'AIbi, groupe la plus grande majorité.

La Villedieu (cure de Malle). M. Bardon, curé jureur (Voir Montaïn et Bourret). Un ancien vicaire de Montauban, le nommé Bayssou, jureui4, vit scandaleusement. Peuple entièrement nul. M. Aillaud lui donna ses soins après la fuite et l'apostasie du curé. Les principaux sont protestants ; les autres succombèrent lors de l'intrusion de Delpech -Bernardin (Voir Castelsarrasin), qui les abandonna cependant. On a vu démolir l'église avec indifférence ; il y a environ 700 communiants.

Vîllemur. Peuple généralement assez disposé pour la religion, quoique1 la minorité se soit horriblement comportée pendant la" Terreur. La majorité est pauvre, mais désire un bon prêtre; il y a environ 2,000 communiants. Avec le curé légitime, M. Rosière, il y avait sur cette paroisse le titulaire de Bondigoux, M. Dèzes, M. Viguier neveu, M. Agar, curédeNohic, et le P. Desclarau qui jouit de beaucoup de considération. Les Capucins rendaient aussi de grands services. Un intrus, le P. Peyrusse, natif de Muret, feuillant, terroriste ; il était généralement méprisé.

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Saint-Urcisse, Oq compte dans, la pa,roij3se( §Q# .cojrçpiwfti^ts environ. Le peuple e$tbon et humaip; ,uqe ipijiojité,,^^ intrus des- eayiroas» mais sans acharnement. Oa^^verrfiit a.veç bonheur un prêtre catholique, et on lui ferait :u#e.b0npe . situation* quoique on exècre en g^éral k.régipe.des^ig^eur^ Le curé, M. Gaussade, a. été déporté, ,et.à jSW.retopF jlattepdit à Toulouse le retablissement.de Tordre. Entre tpmps.la.pa^pj^e fut desservie par MM- Vaysaière et Sempeyre,; dw;du?P^4e Gahors. L'intrus Mouchet ût me espèce dp , rôt^mjpn,M^t déjà quatre ans avant, le 21 lévrier 1800,, il n'y ^vaîtjplpç de prêtre constitutionnel sur cette paroisse* .., , ,„.,,. t

47. Quand furent consignées dans. le regi^tw, 4'où,nQ))ft.ty extrayons ces précieuses notes,, qui ooçs donnent, la: vraie gbyr sionomie du diocèse, à cette» -époque,, le Concordat entre le premier Consul et le pape Pie VII était signé. JJpe éçlaixcie apparaissait au ciel de l'Église de France. Par( la bjulle Qui Christi Domini, le Souvei^thPpntife, exiculaDt^tte çoi^y^ntion solennelle, établissait la nouvelle organisation dft5 .diocèses. Alors notre siège épiscopal fut suppwné canqnyjuemant. (29 poverobre 1801). Les diocèses» de ToiUopse: et de, Cahprs, dans lesquels la majeure part de notre ancienne Église était passée en 1790, furent maintenus. Celui d'Albi, qui avait reçp le reste de nos paroisses, fut à Montpellier. Le vasje diocèse de. Apdez^ d'où nous viendront plusieurs églises, supprimé momentanément^ releva de l'évêque de Cafeors. Tout Tarchidiocèse d'Auch, dont certaines parties nous intéressent, fut incorporé au diocèse d'Àgen. Par suite, nottre territoire restait encore, divisé entre plusieursêvêchés; la. plu? grande part ressortissait toujours a celui de Cahars. Ce siège fut alors occupé par Mgr Guillaume-Balthasar Cousin de Grainville, qui prit possession le 19 septembre 1802. A Toulouse fut envoyé Mgr Claude-François-

Marie Primat. Agen reçut Mgr Jean Jacoupy. De part et d'autre il fallut lutter pour abattre le schisme de la petite Église et procéder au rétablissement du culte. Dès 1802 paraissaient dans chacun des diocèses respectifs les ordonnances réglant la délimitation des nouvelles paroisses, et portant nomination des titulaires. Pas plus pour les paroisses établies que pour les évêchés, chapitres et séminaires, il ne fut aisé de parer aux allocations et traitements que le Gouvernement s'était engagé à fournir afin d'assurer la subsistance des prêtres et la décence du culte. Aussi le saint ministère éprouva-t-il, pendant plusieurs années, des difficultés bien propres à retarder le progrès de la religion dans nos pays si bouleversés par les secousses de la Révolution. 48. Les tracasseries du pouvoir civil ne tardèrent pas à se faire sentir. Tantôt nos évéques recevaient la défense de ne rien publier sans l'autorisation du préfet respectif; tantôt les préfets prétendaient intervenir dans les règlements et statuts à faire pour les diocèses. Le 18 décembre 1802, signification leur était faite d'avoir à interdire les messes de minuit, à la ville et à la campagne. A un moment, Portalis annonçait que « l'amnistie serait accordée aux prêtres qui la demanderaient ; » quelques jours après, ses magistrats interdisaient à certains de célébrer la messe, et blâmaient ceux qui renouvelaient les sacrements donnés par les jureurs. Le préfet de Toulouse, imitant le beau zèle de son ministre, allait jusqu'à interdire dans toutes les paroisses (10 brumaire an XIII) la sonnerie des Albetles, ces airs naïfs et populaires, que le peuple aimait tant a entendre les clochers se renvoyer l'un à l'autre, comme annonce des fêtes de Noël. Avec de telles ingérances l'administration des paroisses devenait fort pénible. En l'année 1803 un peu plus de latitude fut laissée à l'Église; alors les processions publiques furent permises, et l'on peut dire que de cette époque data, chez nous, le rétablissement officiel du culte catholique. De suite on remit en vigueur les statuts et anciennes ordonnances épiscopales; et les fidèles se sentirent enfin en pleine possession de leur religion,

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