‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 18 sur 97 · CHAP. H. — LE BAISER DE JUDAS · texte numérisé non relu

CHAP. H. — LE BAISER DE JUDAS

ce qui allait se passer, 11 s'avança vers les satellites : Qui cherchez-vous? leur dit-il. — Ceux-ci répondirent : Jésus de Nazareth. — C'est moi, dit Jésus. —Aussitôt qu'il eut prononcé cette parole, la foule recula, et tous tombèrent la face contre terre. Une seconde fois, il leur demanda : Qui cherchez-vous? —Ils répondirent encore : Jésus de Nazareth. — C'est moi; je vous l'ai déjà dit, reprit-il. Et montrant les Apôtres, il ajouta : Puisque c'est moi que vous cherchez, laissez ceux-ci se retirer en liberté. — Ainsi il accomplissait sa propre parole : et Père, de tous ceux que vous m'avez donnés, je n'en ai perdu aucun '. » Alors les satellites approchèrent, portèrent la main sur Jésus et le saisirent. Cependant les Apôtres qui l'entouraient lui dirent : Seigneur, si nous frappions CCS hommes de notre glaive? — Simon Pierre, sans attendre la réponse, étendit la main et tira son cpée du fourreau. II en frappa un valet du grand prêtre, et lui coupa l'oreille droite. Ce valet se nommait Malchus {Malek, « Roi » ). — Arrêtez! dit Jésus aux Apôtres. — Puis s'adressant à Pierre : Remets, lui dit-il, ton épée dans le fourreau. Car quiconque prendra le glaive périra par le glaive. Ne me faut-il pas boire le calice que le Père m'a réservé ? Crois-tu que je ne pourrais en ce moment prier mon Père; et il enverrait, pour me défendre, plus de douze légions d'anges? Mais alors comment s'accompliraient les Ecritures, qui ont prédit tout ce qui va se passer? — Ensuite il dit à cette foule, parmi laquelle étaient des princes des prêtres, des oflBciers du Temple et des anciens : Vous êtes venus me prendre, avec des épées et des bâtons, comme si vous étiez à la poursuite d'un voleur! Chaque jour, vous m'avez vu assis dans le Temple, enseignant le peuple, et vous ne m'avez point arrêté. Mais cette heure est la vôtre; elle inaugure la puissance des ténèbres; tout s'est passé de la sorte pour que chaque parole des Prophètes fût accomplie *. »

5. La narration évangélique laisse dans l'ombre, avec une misé- Essai de ricorde ineffable, toutes les démarches de l'Iscariote, depuis sa 'de'jildaVe"

' Joan., xvn, 12. Cf. chapitre précédent, n» 33. — 'Matth., ixvi, 47*49( Marc, XIV, 43-49; Luc, xxii, 47-53; Joan., xviii, 3-11.

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dn Sanhédrin sortie du Cénacle, à neuf heures du soir, jusqu'à son arrivée au satFonaUsme, jardin des Oliviers, vers le milieu de la nuit. Le voile d'une charité silencieuse s'étend sur le traître, et couvre tous les détails de la trahison. La main qui a écrit l'Évangile se montre ainsi fidèle au Dieu qui laissa tomber une sentence de pardon sur les bourreaux. Nos modernes lettrés ne soupçonnent même pas les délicatesses divines du texte sacré. Dans tout cela, une seule chose les frappe; c'est « la haine pgirticulière que Jean témoigne contre Judas, et le zèle avec lequel les anciens amis du traître sèment dans le monde le bruit de son infamie '. » Telles sont les hauteurs où s'élève l'intelligence du rationalisme contemporain! C'est avec le même bonheur de compréhension historique qu'il résume la scène de l'arrestation du Sauveur en ces termes : « Un grand sentiment d'ordre et de police conservatrice présida à toutes les mesures. Il s'agissait d'éviter une esclandre. Comme la fête de Pâques, qui commençait cette année le vendredi soir, était un moment d'encombrement et d'exaltation, on résolut de devancer ces jours-là. Jésus était populaire; on craignait une émeute. L'arrestation fut donc fixée au jeudi. On résolut aussi de ne pas s'emparer de lui dans le Temple, où il venait tous les jours, mais d'épier ses habitudes, pour le sai» sir dans quelque endroit secret. Les agents des prêtres sondèrent les disciples, espérant obtenir des renseignements utiles, de leur faiblesse ou de leur simplicité. Ils trouvèrent ce qu'ils cherchaient dans Judas de Rérioth. Ce malheureux, par des motifs impos-sibles à expliquer, trahit son maître , donna toutes les indications nécessaires, et se chargea même (quoiqu'un tel excès de noirceur soit à peine croyable) de conduire la brigade qui devait opérer l'arrestation. Le souvenir d'horreur que la sottise ou la méchanceté de cet homme laissa dans la tradition chrétienne, a dû introduire ici quelque exagération *. Judas, par un travers ordinaire dans les fonctions actives, en sera venu à mettre les intérêts de la caisse au-dessus de l'œuvre même à laquelle elle était destinée. L'administrateur aura tué l'apôtre. Nous croyons donc que les malédic-

• Vie de Jésus, pag. 381 et 438. — * ;iî</.,pag. 380.

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lions dont on le charge ont quelque cliose d'injuste*. La marche que les prêtres avaient résolu de suivre élait très-conforme au droit établi. Le guet-apens judiciaire faisait partie essentielle, chez les Juifs, de l'instruction criminelle '. »

6. On nous pardonnera celte longue citation. Mais, parmi les Réfatatioa. crachats qui couvriront bientôt la face adorable du divin Maître, dans le prétoire de Caïphe, la pieuse Véronique ne fit pas de choix. Elle les essuya tous; parce que le Sauveur les avait tous subis. Celui-ci, le crachai de la dernière heure, et tous ceux qui le suivront, jusqu'à la consommation des siècles, étaient compris d'avance dans le baiser de Judas. Quoi! Jésus « ce géant sombre, qui méprisait les saines limites de la nature ^, comme disent nos rationalistes, et dont la hauteur extrême repoussait tout attendrissement personnel *, » était, dans l'habitude de la vie, un maître qui se laissait embrasser par ses disciples ! Judas, le traître, s'applaudit de trouver, à si peu de frais, un signal qui sera compris par la populace. Il paraît que les Rabbi d'Israël ne se prêtaient pas plus, de leur temps, à cette touchante familiarité, que ne le ferait aujourd'hui un professeur d'hébreu au collège de France! Mais Jésus n'était ni de la génération des scribes, ni de la race des docteurs officiels. Il était l'amour divin, incarné pour le salut du monde. 0 Jésus, victime sacrée, une grande mesure de police conservatrice présida, en effet, à l'arrestation que vous avez daigné subir ! Ce fut le décret éternel de la conservation du genre humain, rendu dans les conseils de l'auguste Trinité. Mais les princes des prêtres qui ordonnèrent l'arrestation du Fils de l'homme, violaient la loi de Moïse et toutes les lois connues. Nulle part la justice humaine , qui a conscience d'elle-même, n'exécute ses arrêts dans l'ombre de la nuit. Jamais, et chez les Juifs moins qu'ailleurs, une justice quelconque ne pouvait déléguer son mandata unvildénonciatear. Judas Iscariote était-il, à aucun titre, un officier public? Enfin qu'est-ce que cette tourbe, armée de bâtons et d'épées, peut avoir

• 1 Vie de Jésus, pag. 381, 382. — « Ibid., pag. 393. —^Ibid., pag. 310-312. — ♦7'wV/., pag. 422.

de commun avec la justice ! C'est en un siècle où ie formalisme déborde qu'on a osé écrire: « Un grand sentiment d'ordre et de police conserratrice présida à toutes les mesures de l'arrestation ! » 0 Dieu, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils disent! Leur ignorance ne plaide-t-elle pas suffisamment pour eux, quand ils ajoutent ces paroles : « Comme la fête de Pâque, qui commençait cette année le vendredi soir, était un moment d'encombrement et d'exaltation, on résolut de devancer ces jours-là. Jésus était populaire, on craignait une émeute. L'arrestation fut donc fixée au jeudi? » Depuis que l'Évangile est lu et médité, c'est-à-dire depuis dix-huit cents ans, il n'a rien été imaginé, sur ce grave sujet, d'aussi complètement dénué de sens. La réflexion de nos lettrés serait tout au plus acceptable, s'il s'agissait d'une fête aux environs de Paris, à Nanterre ou à Saint-Gloud. « Le moment d'encombrement et d'exaltation » (s'il y en a) ne commence en effet, dans ces localités, que le jour même de la fête. La veille ou l'avant-veille, la foule ne gêne en rien la police de ces paisibles villages ; l'on peut y procéder, sans compromettre la tranquillité publique, h une arrestation légale. Mais « l'encombrement, » à Jérusalem, était aussi grand la veille de la Pâque que le jour même. Les pèlerins, nous l'avons vu, arrivaient durant la semaine précédente, pour avoir le temps d'accomplir sur leur personne les purifications préliminaires. Accourue de toutes les synagogues du monde, leur foule était immense. Or, la veille de ia Pâque, le jour de la Préparation, Parasceve, cette multitude innombrable, qui avait pu jusque-là camper en dehors de la Viiie sainte, était obligée, dès le matin, d'immoler l'agneau, dans l'intérieur des murs, après avoir employé toute la nuit à acheter, dans les boutiques ouvertes des marchands, les objets nécessaires à la vie pendant le grand et inviolable repos qui allait suivre. Dès lors, ce fut au moment précis où le plus grand « encombrement » et la plus grande « exaltation » régnaient à Jérusalem, qu'eut lieu l'arrestation du Sauveur. Voilà les miracles de science exégétique dont le rationalisme français ne craint pas d'offrir à l'Europe l'incroyable exhibition I II y a longtemps, pour l'honneur de la science véritable, que

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tous les interprètes ont signalé l'inconséquence du Sanhédrin, dans les mesures dont nos lettrés admirent si naïvement aujourd'hui « le grand sentiment d'ordre et de police conservatrice I » Les princes des prêtres, dans un précédent conciliabule, « cherchaient les moyens de s'emparer de Jésus, par dol, et de le nier *. » La délibération n'aboutissait qu'à constater leur lâcheté et leur impuissance. Ils craignaient la foule, et ils disaient : « Que ce ne soit point pendant la solennité *, de peur d'un soulèvement parmi le peuple ! » Dans leur effroi, loin de chercher à « devancer » l'arrestation, ils songeaient à la reculer, après la semaine pascale, quand les caravanes des pèlerins commenceraient à s'éloigner de Jérusalem. « Mais, dit Cornélius à Lapide, résumant d'un seul mot l'enseignement des Pères et l'exégèse de tous les siècles, le Conseil de Dieu avait décrété que le Christ mourrait pendant la Pâque, pour que le type divin, la victime auguste dont l'agneau pascal était la figure, fût immolé au jour de la véritable délivrance du monde, dont la Pâque et la délivrance d'Israël étaient les symboles '. » Le Testament Nouveau se fondait dans le sang du Testament Ancien. L'histoire entière se concentrait autour de la croix rédemptrice.

7. Ainsi la police conservatrice du Sanhédrin n'eut pas même MiedoJud l'ignoble courage de fixer elle-même le jour où sa haine serait sa- i^r^^^

arre:

tisfaite. Elle voulait le retarder, il fut avancé ; elle craignait « l'en- de Jé°ûs

« ut Jemm dolo tenermi et oceiderent. (Matth., xxvi, 8.) c Dans la langue latiae, dit M. Dupin, langue parfaitement bien faite pour tout ce qui exprime les termes de droit, jamais occidere, non plus que interficere, n'ont été employés pour exprimer l'action de juger à mort, mais seulement pour signifier le meurtre ou faitasstnat. Ce dol, à l'aide duquel on devait s'emparer de Jésus, ne fut autre chose que le pacte des prêtres juifs avec Judas. » (Dupin, Jéms devant Caiphe et Pilate, ou procès de Jésus-Christ, chap. m, § li : Corruption et trahison de Judas.)

* Mii hx% ioç>x%. La fête pascale durait huit jours. Voilà pourquoi les prêtres juifs se serrent de l'expression générale de « solennité. » Nos lettrés devraient savoir assez de grec pour ne pas confondre une semaine tout entier» avec un iour en particulier.

» Cornélius a Lapide, Comment, in Seripc. saer., édit. Vives, tom. XV, pag. SU.

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coiaisrementi et l'exaltation u de la scknnité pascale ; elle fat obligée: de les subir. Dès que Judas apparaît, c'est lui qui s'empare du premier rôle; la terreur du grand Conseil s'abrite sous le manteau du traître. Judas a entendu le Sauveur dire aux Juifs : « Je m'en Tais, et vous ne pourrez me suivre. Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus. » 11 était là, quand Jésus donnait à Pierre et à Jean l'ordre d'anticiper l'heure de la préparation de la Cène, « parce que son temps était proche. » Il avait recueilli cette autre exclamation significative ; a J'ai désiré, d'un désir immense, célébrer avec vous cette dernière Pâque ! En vérité, je vous le dis, je, ne la partagerai plus avec vous que dans le royaume de Dieu. » Judas eut peur que sa victime lui échappât, et qu'aussitôt après le festin du Cénacle, Jésus quittât définitivement Jérusalem. Dès lors, le complot ourdi par le traître serait déjoué. Voilà pourquoi, l'heure du crime fut avancée. L'Iscariote se hâta de courir aux princes des prêtres, aux pharisiens, qui lui avaient promis le prix du sang. Ce qu'il leur dit, dans cette dernière entrevue, l'Évangile le passe sous silence ; mais il nous est facile de le conjecturer. Jésus vient de célébrer la Pâque. Depuis deux jours, il n'était pas rentré à Jérusalem. Sans doute il va s'éloigner encore, avec ses apôtres, aussitôt qu'il aura accompli le rite solennel de la loi. Où le retrouver, où le saisir, après son départ? Qu'on profite donc de cette circonstance suprême. Qu'on se bâte, sinon l'occasion sera perdue pour jamais! Tel dut être le langage de Judas. Aussitôt quelques soldats romains, mis à la disposition du grand prêtre par le gouverneur Pilate, pour maintenir l'ordre, au miUeu de tant d'étrangers, sont requis. On leur adjoint les valets des pontifes, les satellites du grand Conseil, et cette hcrrde innommée, qui se tient, dans toutes les grandes agglomérations, aux gages de quiconque veut la soudoyer. Quelle sera, le lendemain, l'attitude du véritable peuple de Jérusalem, en présence de cet attentat? nul ne saurait le prévoir. Mais on n'a plus le loisir de s'en préoccuper. La victime va échapper à ses bourreaux; le temps presse. Qu'on se précipite à sa recherche ! Les scribes et les anciens auront toute la nuit pour concerter le moyen d'assurer leur vengeance, travailler r

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l'opinion populaire, et au besoin rejeter sur Pilate la responsacilité du fait accompli. Mais il faut saisir le fugitif! On allume des torches et des lanternes ; on s'arme de bâtons, d'épées, de tout ce qui tombe sous la main ; et cette foule ignoble court, sur les pas d'un traître, à la poursuite du Dieu qui l'attend. "Voilà « les grands sentiments d'ordre et de police conservatrice, » que salue l'admiration rétrospective de nos lettrés ! Voilà ce que rexécration des siècles a flétri, sous le nom de a baiser de Judas! »

§ III. Anne et Calphe.

8. (( La cohorte, le tribun qui la commandait , et les satellites Arresiation juifs, continue l'Évangile, saisirent Jésus, eî, le garrottèrent. Les Le jeune di; disciples, l'abandonnant tous, prirent la fuite. Cependant un jeune '"^ °' homme, couvert dune simple tunique, s'était mêlé au corlége, et suivait Jésus. Les soldats voulurent l'arrêter; mais, laissant sa tunique entre leurs mains, le jeune homme s'enfuit nu, et leur échappa *. »

(( Éveillé peut-être par le passage de la foule, dit le docteur Sepp, ce jeune disciple, en apprenant le but de l'expédition nocturne, avait quitté la natte où il dormait, se couvrant à la hâte du vêtement qui protégeait son sommeil, et que les Arabes appellent encore aujourd'hui heik. Gomme saint Marc est le seul évangéliste qui raconte cette circonstance, les Pères de lÉglise en ont conclu que c'est lui-même dont il est ici question. La mère de Marc avait en efïet dans ce faubourg de Jérusalem, une maison où elle demeurait avec son fiis, et où les apôtres et les disciples se réunirent après la mort du Sauveur ^. » Quoi qu'il en soit, la tentative des soldats, pour s'emparer de ce jeune homme, prouve que l'arrestation des apôtres leur avait été commandée par les prêtres. Les évangélistes ne prennent pas même le soin de mentionner cette circonstance atténuante. Sous la dictée de Pierre, saint Marc écrit :

« Matth.j XXVI, 56 ; Marc, xiv, 50-52; Joan., xviii, 12. — «Sepp, ViedeNok»' Seigneur Je'sus-Christ, tom. II, pag. 388.

S24 HISTOIRE DE L'ÉGLISE. — l" ÉPOQUE (AN 1-312).

« Tous les disciples , l'abandonnant alors , prirent la fuite. » II a souci d'amoindrir aux yeux de l'univers, par un mot d'explication, cet acte de lâcheté. Le rationalisme connaît-il beaucoup d'exemples d'un tel sentiment d'impersonnalité, parmi les écrivains? lésnichei 9- « Jésus, garrotté par les soldats, continue le texte sacré, fut remilre'ré- amené d'abord dans la maison d'Anne, car Anne était le beaul«re°et*dei P^re dc Caïphe, grand prêtre de cette année. Anne donna l'ordre °c^phe!'" ^^ ^® conduire chez son gendre, où tous les prêtres, les scribes et les anciens élaientréunis. Or, Pierre et Jean ' suivaient de loin leur Maître. Jean était connu dans la maison du pontife. D put donc entrer, avec Jésus, dans l'Atrium. Mais Pierre fut contraint de rester dehors, près de la porte. Jean dit un mot à la portière, qui fit entrer Simon, dans la cour du grand prêtre. On y avait allumé du feu, car il faisait froid. Pierre prit place au milieu des satellites, assis en cercle autour du foyer; il se chauffait en attendant la fin. Cependant le grand prêtre Caïphe procédait à l'interrogatoire de Jésus. Il le questionnait sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit : J'ai parlé publiquement au monde; j'ai constamment enseigné dans les synagogues et dans le Temple, en présence de tous les Juifs; jamais je n'ai prononcé une seule parole d'enseignement occulte. Pourquoi m'adressez-vous ces questions? Demandez quels étaient mes discours, à ceux qui les ont entendus. Ceux-là savent ce que j'ai dit. — Quand il eut ainsi parlé, l'un des valets donna un soufflet à Jésus, en s'écriant : Est-ce ainsi que tu réponds an grand prêtre? — Jésus reprit : Si j'ai mal parlé, prouvea-le. Si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous? — Or, les princes des prêtres et tous les membres du Conseil cherchaient à provoquer un faux témoignage contre lui, pour le condamner à mort. Mais ils n'en trouvaient point qui fût concordant, malgré le grand nombre de faux témoins qu'ils produisirent. Les dépositions mensongères se contredisaient. Enfin, deux nouveaux accusateurs se succédèrent devant le tribunal. Le premier déposa en ces termes : Nous l'avons entendu dire : Je puis renverser le Temple de Dieu, et le reconstruire en

* Joan., zvu, IB.

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