‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 43 sur 97 · CHAP. I. — INSTITUTION DU DIACONAT · texte numérisé non relu

CHAP. I. — INSTITUTION DU DIACONAT

pour l'élection de la veuve, qui devait remplir les fonctions de diaconesse : « Choisis, dit-il à Timothée, une veuve d'au moins soixante ans, qui n'ait été mariée qu'une fois, dont on rende publiquement un bon témoignage, qui ait bien élevé ses enfants, pratiqué l'hospitalité, lavé les pieds des saints, servi les frères souffrants et se soit dévouée à toute bonne œuvre. » Évidemment saint Paul n'entendait point exiger la réunion de toutes ces qualités, simplement pour l'admission d'une veuve indigente aux secours de TÉglise. C est donc très-réellement un ministère spécial, qu'il destine à la veuve choisie par 1 évéque d'Éphèse; et s'il pouvait rester un doutG sur ce point, il suffirait d'en appeler à un témoignage péremptoire, celui de Pline le Jeune. Dans la consultation qu'il adresse à l'empereur Trajan, au sujet de la conduite à tenir vis-à-vis des chrétiens, Pline s'exprime ainsi : « J ai cru nécessaire pour obtenir la vérité sur le caractère de leurs assemblées, de faire mettre à la torture deux de leurs servantes, qu'ils nomment diaconesses. Mais je n'ai découvert dans leurs révélations , que l'existence d'une uperstition étrange et fanatique *. »

31. Lon comprend maintenant que le rôle des veuves, dans ofnces des 'Eglise primitive, n'était pas seulement passif, comme celui des in- j^'eurTnsU-" digentes qui reçoivent les aumônes de la charité publique. Quelques- au^™ °°^^ç unes d'entre elles, choisies parmi les plus recommandables, avaient ^''meutei?" un ministère actif, et véritablement officiel, qui constituait dans la hiérarchie, un degré distinct de celui du peuple, ou des laïques -, Belon l'expression grecque. Voilà pourquoi, chaque année, à l'Office du Vendredi saint, la liturgie romaine, dans sa prière pour tous les ordres de l'Église, s'exprime ainsi : « Prions pour notre bienheureux Pape , prions aussi pour tous les évêques, prêtres, diacres, sous-diacres, acolythes. exorcistes, lecteurs, portiers, confesseurs, veuves, et pour tout le peuple saint de Dieu ^. »

1 Quo magis necessnrium credidi ex duabus ancillis, quœ ministrœ dicebanfur, quid esse veri et per tormenta quœrere. Sed nihil aliud inveni, quam superstilionem vravam et immodicum. (Plin., Epist. , lib. X; Epist. XCVII.) L'exiiressiou Mimtrœ est la traductiou littérale du mot grec Aiaxova.

* Aaoç, peuple.

» Oremus et pro bealissimo Papa nostro N., etc. Oremus et pro omnibus ejit-

Cependant ce degré liiérarcbique de dignité, d'honneur et de sci vice spécial n'avait rien du caractère sacramentel de l'Ordre. Nulle part on ne trouve pour les veuves investies des fonctions de diaconesses, ni l'élection par l'assemblée, ni la présentation aux apôtres ou aux évéques, ni la prière solennelle, c'est-à-dire l'oblation du sacrifique eucharistique, ni l'imposition des mains. Ces trois éléments constitutifs du sacrement de lOrdre, dont les sept premiers vJacres reçurent la participation au Cénacle, et que saint Luc noie avec une précision admirable, ne se retrouvent point dans l'institution des diaconesses, décrite par saint Paul. Celles-ci sont choisies directement par l'évêque, seul juge de leurs qualités essentielles; elles relèvent de lui; il les prend ou les écarte, selon qu'il lui paraît convenable; il les dirige, leur dicte des règles de conduite, les surveille; mais ne leur confère, par aucune cérémonie, le sacrement de rOrdre. Citons encore un texte des Constitutions apostoliques qui résume parfaitement toute celte doctrine, c II n'est point permis aux femmes d'enseigner dans l'Église. Qu'elles prient seulement et qu'elles écoutent les docteurs. Car Notre-Seigneur et notre Maître Jésus-Christ, en nous envoyant nous, les Douze, pour enseigner les peuples, n'a destiné aucune femme à la prédication. Cependant il en trouvait plusieurs à ses côtés, car nous avions avec nous, outre la Mère de Jésus et ses sœurs, Marie - Magdeleine, Marie mère de Jacques, Marthe, Salomé et quelques autres. Sïl appartenait aux femmes d'enseigner, nul doute que Notre- Seigneur lui-même ne leur en eût donné l'ordre, ainsi qu'il l'a fait pour nous-mêmes. Mais l'homme est appelé la tète de la lemme; or la parlie inférieure du corps ne doit point commander à la tête *. » Ainsi, d'après les Constitutions apostoliques, les diaco-

copis, presbyleris, diaconibus, subdiaconibus , acolythis, exorcistis, lectoribus, confessoribus, vidais, et pro omni populo sancto Dei. {Collectœ 1» et 2* m Parasceven.)

^Const. apost., iib. III, cap. vi; Patrul. lat., I, 770-775. On peut lire un magnifique commentaire de ce passage, dans le livre conlre las hérésies de saint Éiiiphane. L'illustre évêque de Sulamine s'appuie de cette doctrine pour coiiibattre les tentatives effûmiiiées des Coliyridiens, qui voulaient ériger un sacerdoce et un doctorat de femmes. (Saint Epiph.. lierœs., LXX.'ï, adversus Collyridianos ; Patrol. grac, XLll, 7i0-"o6.)

il os liiaconetses.

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