‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 45 sur 97 · CIIAP. I. — INSTITUTION DU DIACONAT · texte numérisé non relu

CIIAP. I. — INSTITUTION DU DIACONAT

ne trouvent pas, dans les paroles de saint Lnc, saint Ignace d'Antioche, le disciple des apôtres, l'y voyait clairement : « Les diacres, dit-il, sont les dispensateurs des mystères de Jésus-Cbrist, non pas les distributeurs d'un aliment et d'un breuvage vulgaires, mais les ministres de l'Église de Dieu '. » « Ils sont, disent les Const il niions apostoliques, les yeux et le bras de l'évêque *, » et cette parole a été insérée dans le Co7'ps du droit canonique.

33. (c Parmi les diacres, dit saint Augustin, Etienne est nommé Saint. lacqnf

' "-^ le Mineur,

le premier, comme Pierre parmi les apôtres 3. » Ce titre d'bonneur, ,1',^"^"^''^^ que tous les Pères grecs et latins exprimèrent par le titre darcbi- Jérusalem, diacre, maintenu jusqu'à nos jours au sein de 1 Église catbolique, répondait à une primauté réelle. Aussi nous lisons, dans un monument fort ancien, ces paroles remarquables : « A l'image des puissances angéliques, les diacres assistent l'évêque et lui prêtent un ministère pur et sans tacbe , pendant la célébration de la liturgie. Tels furent Etienne pour le bienheureux Jacques, Timolhée et Lin près de Paul, Anaclct et Clément pour Pierre ^. » Le ministère (fue remplit saint Etienne vis-à-vis du bienheureux Jacques suppose que, dès l'année qui suivit l'Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Chnst, saint Jacques fut établi par les apôtres évêque de Jérusalem - Le livre des Actes garde le silence sur ce fait important, mais la tradition, appuyée sur des témoignages authentiques, le confirme d'une manière incontestable. « Immédiatement après l'élection des sept diacres, dit Eusèbe de Césarée , la tradition nous apprend que les apôtres choisirent pour premier évêque de Jérusalem, Jacques, celui qui est appelé dans l'Evan-

1 Voici ce texte important. Nous l'empruntons à l'une des Épîtres de saint Ignace universellemeut reconnue pour authentique , et que nul soupçon d'interpolation ne saurait atteindre : Asï Si xat toijç 6iay.6voyç ovraç (xuir/ipiwv 'lYlGoy XpiaTOÙ xaxà uâvra TpoTiov tiôctiv àpeaxsiv. Où yàp [5pw[xàTtov if-A ttiotwv eiai eiày.ovoi, SlIV Ey.xXïiaîa; Qzov ùuripérai. (S. Ignat., Jîyn' '/o/* Genuince. Ad Jiallianos, cap. Il; Patrol. grœc. , V, 676.) Voir pour les fonctions des diacres : Dyouis. \reopag., De hierarch. eccles., cap. ni; Patrol. grœc, III, -125 et seq.

2 Constit. apostoL, lib. II, cap. lvii et lib. IV, cap. xix; Patro/. grœc, 724 et 0?. Corpus /uris, Decreti Dist. 93.

3 S. Augustin., Serm. CCCXVI ; Patrol. lat., tom. XXXVIII, 1432.

*S. Ignat., Epistol. interpolatœ. Ad Trallianos; Patrol. grœc, tom. V, 787.

gile le frère du Seigneur, et que l'antiquité a surnommé le Juste, à cause de rexcellence de ses vertus. Clément d'Alexandrie, au VI® livre de ses Hypotyposes, s'exprime ainsi : « Après l'Ascension du Sauveur, Pierre, Jacques et Jean, que le Seigneur avait honorés d'un amour de préférence, loin de disputer entre eux sur le premier rang, élurent Jacques, surnommé le Juste, [iour évêque de Jérusalem*. » — Au V^ livre de ses Commentaires, dit encore Eusébe, Hégésippe, auteur presque contemporain du siècle apostolique, nous a transmis à ce sujet d'intéressants détails. Voici ses paroles : «Jacques reçut la charge d'administrer conjointement avec les apôtres l'Eglise de Jérusalem. C'est celui qui est appelé le frère du Seigneur, et qui, depuis l'époque du Christ jusqu'à nos jours, a été constamment surnommé le Juste. On le distingue ainsi de plusieurs autres qui portèrent le même nom -. Celui-ci avait été consacré à Dieu, dès le sein de sa mère. Il ne but jamais ni vin ni boisson fei mentée ^, et s'abstint toute sa vie de l'usage de la viande. Jamais le ciseau ne toucha ?a chevelure ; on ne le vit jamais se parfumer le corps, ni entrer aux bains publics, comme le faisaient les Juifs. Seul, de tout le peuple "*, il avait le privilège de pénétrer dans le Temple , car il avait toujours des vêtements de lin, comme les prêtres. Là il avait coutume de prier à genoux, pour les péchés du peuple. Son éminente sainteté l'avait fait surnommer le Juste, et les Hébreux l'appelaient Oblias : Rempart du peuple ^. » Ainsi fut érigée la chaire de Jérusalem, et saint Jacques le Mineur s'y assit le premier. C'est pour cela que, plus tard, Paul converti, en même temps qu'il «viendra voir

1 Eu?eb., Uist. eccles., lib. II, cap. i; Patrol. grœc, XX, 176; Clem. Alex., Fragment. IJypotypos.; Patrol. grœc, tom. IX, 745.

' Saiut J:icqnes le .Majeur, frère Je saiut Jean et fils de Zéhédée , saiut Jacques, fils d'Alphée, tons deux du nombre des Douze. (Cf. Boll., Act. sanct. Mail, tom. 1. De S. Jacoho.)

3 Ainsi saiut Jacques le Mineur était, comme saint Jean-Baptiste, Nazaréen.

* Les expressions d'Hégésippe font parfaitement comprendre que rexceptioQ dont saint Jacques était l'objet n'avait d'autre motif que sa vertu éminente, et non sou caractère sacerdotal, comme plusieurs écrivains l'ont avancé par cireur.

» Euseb., Histor. eccles., lib. VI, cap. xxin; Patrol. grœc, XX, 197.

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