‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 46 sur 97 · CIIAP. I. — SAINT ETIENNE, PREMIER MARTYR · texte numérisé non relu

CIIAP. I. — SAINT ETIENNE, PREMIER MARTYR

Pierre » comme le chef de l'i'^glise universelle, verra « Jacques, le frère du Seigneur, » comme le pontife de la cité sainte. Une chaire ^fépiscopale au premier siècle de l'Église ! s'écrie le protestantisme. ;|Oui, malgré les récriminations de Luther et de Calvin, c'est bien une I chaire d'honneur, un trône véritable dont il. s'agit ici. « Nos frères f de l'Église de Jérusalem, dit encore Eusèbe, ont conservé et en« tourent du plus grand respect, à l'exemple des anciens, le trône de Jacques, frère du Seigneur, établi premier évèque de cette ville par les apôtres. C'était ainsi que les fidèles de la primitive Église, avaient- en vénération les saints, et leur rendaient le culte qui leur est dû, en raison de l'amour qu'ils ont eu pour Dieu *. » Ainsi parlait Eusèbe, et le Catholicisme tient le même langage. Ce n'est pas tout. Le premier pontife chrétien de Jérusalem, dont le trône apostolique s'élevait en face de la chaire du grand prêtre Caïphe; le véritable successeur du sacerdoce d'Aaron, dont le judaïsme déchu ne retenait plus que l'ombre, Jacques le Juste, dont la vie était si austère, « portait, dans ses fonctions sacrées, une lame d'or sur la tête. » C'est saint Épiphane ^ qui nous l'enseigne. Il suivait en ce point l'usage apostolique de saint Jean et de saint Marc 3. Voilà pourquoi aujourd'hui les évêques cathoHques ont un trône, portent des vêtements de lin, et une mitre sur la tète.

§ VII. Saint Etienne, premier martyr.

36. «Cependant, continue saint Luc, la parole de Oieu progressait; le nombre des disciples augmentait merveilleusement à Jérusalem, et une multitude de prêtres embrassaient la foi. Etienne, plein de grâce et de puissance, opérait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Alors quelques membres de la synagogue dite des Affranchis, d'autres appartenant à celles des Cyrénéens, des Alexandrins, des Juifs de Gihcie et d'Asie S se levèrent

» Euseb., Hisior. eccles., lib. VU, cap. xiX; Patrol. grœc. , XX, 681. 8 Epipb., H,tres.,29 elTS; Patrol. grœc, tom. XLI, 395; XLII, 722. 3 Euseb., Hist. eccles., lib. V, cap. xxiv; Patrol. gnrc, XX, col. 493. * Voir, plus haut, n» 8, la note explicative de ce terme géographique.

pour discuter avec Etienne; raai-^ ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l'Esprit divin qui parlait par sa bouche'. Us subornèrent donc des affidés qui déclarèrent avoir entendu l^tienne pro férer des paroles de blasphème contre Moïse et contre Jéhovah Ainsi ils soulevèrent à hi fois le peuple, les anciens et les scribes. qui accoururent eu tumulte, se saisirent d Etienne et l'amenèrent au Sanhédrin. De faux témoins se présentèrent et dirent : Cet homme ne cesse de blasphémer contre le lieu saint et contre la loi. Nous l'avons entendu dire que Jésus de Nazareth détruirait le Temple, et changerait les traditions que nous a laissées Moïse ! — En ce moment les juges, assis dans le conseil, fixèrent leurs regards sur Etienne, et virent son visage resplendissant comme celui d'un ange ^. »

Etienne, avant d'embrasser la foi de Jésus-Christ, avait été disciple de Gamaliel. La science hébraïque, qu'il avait puisée aux pieds du Rabbi, donnait à sa conversion une importance qui la signalait à l'attention des J uifs. Yoil<i pourquoi les s^-nagogues diverses s'émeuvent, quand, au sortir de Timposilion des mains, le nouveau diacre, investi par l'Esprit-Saint d'une puissance divine, sème les miracles sur ses pas. Les Affranchis, les Gyrénéens, les Ciliciens, les Asiatiques ' avaient à Jérusalem des associations permanentes-, ou

» Les affranchis, dont saint Luc mentionne ici la synagogue , étaient des Juifs dont les ancêtres, emmenés co.Time esclaves eu Italie, sous Pompée (Cf. tom. IV de cette H stoi-e, pag. 82, 83), avaient ensuite été affranchis par leurs maîtres et s'étaient établis en grande partie à Rome. Leur nombre s'était tellement accru que plus de huit mille d'entre eux purent se joindre aux députés venus de Judée, après la mort d'Hérode le Grand, pour demander qu'Arcbélaus fût exclu du troue. (Ibid., pag. 354.) — Les Gyrénéens étaient •.es descendants des Juifs transportés en Egypte et en Lybie par le premier Jes Ptolémée (Cf. tom. 111 de cette Hist., pag. 504,. Les Alexandrins remoniaieiit à la colonie juive qu'Alexandre le Grand avait fixée dans la ville égyptienne à laquelle il donna son nom (Cf. tom. Ill de cette Hist, pag. -88, 589).

* Ad., VI, 7 ad ultim.

3 Le Talmud fait monter à quatre cent quatre-vingts le nombre de ces synagogues. Ce chiffre nous semble exagéré à phisir par l'orgueil rabbinique. Quoi qu'il en soit, ces institutions avaient quelque analogie avec les collèges des différentes nations ou provinces qu3 l'antique Université de Paris comp-

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