‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 47 sur 97 · CIIAP. I. — SAINT ETIENNE, PREMIER MARTYR · texte numérisé non relu

CIIAP. I. — SAINT ETIENNE, PREMIER MARTYR

synagogues, cliargëes d'accueillir leurs nationaux venus dans \a ville sainte, soit pour les pèlerinages annuels, soit pour des affaires de famille ou d'intérêt , soit pour y achever leurs études. C'est ainsi que Paul de Tarse, dont le nom va bientôt s'inscrire avec tant declat dans l'histoire de l'Église, avait dû trouver, dans la synagogue des Giliciens établie à Jérusalem, un centre de relations et un protectorat précieux, pendant qu'il suivait les leçons de Gamaliel'. Peut-être prit-il une part active aux discussions de la synagogue cilicienne contre le saint diacre qu'il avait eu pour condisciple. Son. attitude, lors du supplice du premier martyr, permet cette conjecture. Quoi qu'il en soit, l'institution du diaconat nous apparaît ici comme le prolongement extérieur du ministère apostolique. Il est impossible de ne le pas reconnaître. Le premier acte du diacre Etienne, après son ordination, est l'exercice de la prédication parmi les Juifs hellénistes. Donc le ministère des diacres n'était pas restreint à des fonctions purement matérielles. Voilà pourquoi l'Eglise catholique, aujourd'hui encore, leur confère le pouvoir de prêcher la parole de Dieu, sous la direction et avec l'autorisation des évoques.

37. Les deux chefs d'accusation, relatifs à la destruction du Temple et à l'extinction de la loi mosaïque, portés contre Etienne devant le Sanhédrin, avaient déjà été formulés contre Noire-Seigneur Jésus-Christ lui-même. Il fallait que la prophétie du Sauveur, annonçant la ruine de Jérusalem, fût bien notoire, pour qu'elle ait ainsi fourni un texte à l'arrêt de mort du premier des

tait dans son sein. « Aujourd'hui encore, dit le docteur Sepp, à Rome, » métropole de la chrétieiité, cliaqce nation a son collège, son église ou sa » chapelle particulière. » (Sepp, Vie de Noù^e-Seigneur Jésus-Christ , tom. III, çag. 154.)

' Il est à peine besoin de faire remarquer ici que les écoles rabbiniquea ne ressemblaient nullement à ce que nous appelons aujourd'hui collèges, où les discifiles sont renfermés sous le même toit, dans la discipline d'une règle et d'une vie communes. Les écoliers suivaient les leçons de tel ou tel maître, mais leur logement, leur nourriture, etc., étaient indépendants. C'est à peu près ce qui a lieu maintenant, pour les cours supérieurs de nos différentes facultés.

martyrs *. « Le prince des prêtres demanda à Etienne : Les choses sont-elles ainsi? — Il répondit : Hommes, mes pères et mes frères, écoutez. Le Dieu de gloire apparut à Abraham, notre aïeul, lorsqu'il habitait encore la Mésopotamie, avant qu'il vînt se fixer à Charres. Quitte ta patrie et ta famille, lui dit-il, et viens dans la terre que je te désignerai *. Abraham quitta la Chaldée, vint à Charres, et, après la mort de son père. Dieu le transféra en ce pays que vous habitez maintenant, sans lui donner toutefois en cette terre le moindre héritage, pas même de quoi poser le pied. Mais il lui promit d'en assurer la possession à sa descendance. Or à cette époque, Abraham n'avait pas de fils. Dieu lui dit encore : Ta postérité habitera une contrée étrangère, où elle sera réduite en esclavage et opprimée durant quatre cents ans ^. Mais je jugerai moi-même les oppresseurs, ajouta Jéhovah. Tes fils sortiront de la captivité et viendront me servir en ce pays. — Ainsi parla le Seigneur. Il lui donna ensuite le testament de la circoncision, el quand Abraham fut devenu père, il circoncit Isaac; Isaac circoncit Jacob, et Jacob les douze patriarches *. Ceux-ci, guidés par un ^sentiment de haine jalouse, vendirent leur frère Joseph, qui fut emmené en Egypte ^. Mais Dieu était avec lui. Dieu l'arracha à tous les périls et lui fit trouver grâce devant le Pharaon, qui lui confia l'administration de l'Egypte et de toute sa maison royale •. Or une famine survint, qui désola les autres provinces de Mesraïm et le pays de Chanaan. La détresse était grande, et nos pères ne pouvaient trouver de quoi se nourrir. En apprenant qu'il y avait du blé dans le royaume du Pharaon, Jacob y envoya une première fois les patriarches ses fils '. A un second voyage, Joseph fut re-

1 On sait que le rationalisme moderne nie rauthenticité de la prophétie évanf-'élique, dont il attribue la rédaction à un lé,.;endaire postérieur à la ruine de Jérusalem. (Cf. dans ce volume, chap. x, iutjlulé : La semaine tainte, § 2, n»» 19 et 20.)

» Gènes., xii, 1. Cf. tom. I de cette Hist., pag. 362. — 3 Gènes., xv, 13; tom. I, p. 37à. — * Gènes., XXI, 2-i ; xxv, 2".; XXIX, 32; XXXV, 22. Tum. I, 891-439.

» Gènes., xxxvn, 28; tom. I, pag. 442.— ^ Gènes., XLi , 37; tom. I, pag. 454.

' Gènes., xui, 2; tom î, iia^j. 4uG.

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connu par ses Irrrcs, et son origine découverte au Pharaon *. Joseph manda près de lui Jacob, son père, et toute sa famille, qui se composait alors de soixante-quinze personnes. Jacob descendit alors en Egypte, où il mourut, lui et ses enfants ^. Leurs 30rps, transportés au pays des Sichimites, furent déposés dans le sépulcre acheté par Abraham aux descendants d'Hémor, le fils de Sichem ^. Cependant l'époque où devait se réahser la promesse faite par le Seigneur était proche ; la population d'Israël, multipHée en Egypte, avait pris un développement considérable "*. Un roi, qui n'avait pas connu Joseph, occupait le trône. Celui-ci , circonvenant notre nation par ses cruels artifices, accabla nos pères de mauvais traitements, et voulut les contraindre à exposer tous leurs enfants mâles, pour exterminer notre race. Dans ces circonstances naquit Moïse ^, ce serviteur si cher à Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père. On dut enfin l'exposer aux flots du Nil; mais la fille du Pharaon le recueillit et l'adopta. Ainsi Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens; il "était puissant en paroles et en œuvres. Quand il eut atteint l'âge do quarante ans, la pensée de visiter ses frères, les enfants d Israël, lui monta au cœur. Il en vit un qu'on maltraitait injustement, il prit sa défense, et le vengea, en tuant l'Égyptien ^. 11 espérait faii-e comprendre à ses frères que Dieu les sauverait par sa main. Mais ils ne le comprirent pas. Rencontrant le lendemain deux Israélites qui se querellaient entre eux, il voulut les réconcilier : Vous êtes

1 Gènes., XLV, 3; tom. I, pag. 461-464. — « Gènes., XLVi, 5; tom. I, pag. 465; Gènes., xix, 32; tom. 1, pag. 472.

s Gènes., xxiii, 16; tom. I, pag. 398. Cf. Cornel. a Lapide, In Ad., vu, 16. Oa sait que la grotte sépulcrale achetée par Abrahaiu était située à Hébron, dans la vallée de Marubré. Jacob acquit plus tard et laissa à son fils Joseph w campemeut de Socoth où il avait établi ses tentes , sur le territoire des SI" cbimites. (Gènes., xxxiii, 19.) Ou a cru trouver une inexactitude historique et une confusion de noms^ dans la rapide indication de ces faits par sain' Etienne. Nous croyons, avec saint Augustin, que le bienheureux diacre, rappelant des événements connus de tous ses anditeiirs ^ n'avait nuUementà ?e préofscuper d'entrer ici dans un plus long détail. 11 lui suffisait en quelques mots de résumer les grands traits de l'histoire.

* Exod., I, 7; tom. I, pag. 523. - s Ezod., u, 2; tom. 1, pag. 526. — « Exod^ II, 12; toui. I, pag. 529.

frères, leur dit-il, pourquoi vous injurier '? — Mais celui des deux qui était l'agresseur le repoussa en disant : Qui t'a établi prince et juge au-dessus de nous? Veux-tu me tuer aussi, comme hier cet Égyptien? — Moïse s'enfuit à celte parole; il habita, comme étranger, la terre de JMadian,.où il. eut deux fils *. Quarante ans après un ange lui apparut dans les flammes du buisson ardent, au désen du mont Sina ^. Moïse contemplait avec admiration le prodige. Il se rapprochait de la flamme merveilleuse, quand le Seigneur fit entendre sa voix : Je suis, dit-il, le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. — Tremblant defFroi, Moïse n'osait plus lever les yeux. Détache la chaussure de tes pieds, reprit le Seigneur, car le sol que tu foules est une terre sainte. J'ai vu l'affliction de mon peuple esclave en Egypte, j'ai entendu ses gémissements, je vais le délivrer. Et maintenant viens, je t'enverrai en Egypte. — Ainsi ce Moïse qu'ils avaient renié, à qui ils demandaient ironiquement : Qui t'a constitué prince et juge? ce fut lui que Dieu leur envoya comme prince et comme rédempteur, par la main de l'Ange, dans la vision du buisson aident. Ce fut lui qui les délivra, en multipliant les prodiges et les signes, sur la terre d'Egypte, sur les flots de la mer Rouge, et au désert pendant quarante années '*. Ce fut Moïse qui dit aux enfants d'Israël : <i Jéhovah vous suscitera, du milieu de vos frères, un prophète comme moi. Écoutez-le ^. » Pendant que le peuple campait au désert, Moïse, dans les solitudes du Sinaï, s'entretenait avec un Ange. Il reçut, pour nous les transmettre, les paroles de vie ^. Cependant nos aïeux révoltés le repoussèrent; leur cœur se retournait vers l'Egypte. « Fais-nous, dirent-ils à Aaron, des dieux qui marchent à notre tête. Aussi bien ce Moïse, qui nous a fait sortir d'Egypte, nous ne savons même pas ce qu'il est devenu ^. » Ils érigèrent en ces tristes jours un veau d'or, oÛrirent des sacrifices à l'idole, et ils se

» Exod., u, 13 ; tom. I, pag. 529. — « Exod., ii, 2i, 22; tom. I, pag. 530. -

3 Exod., m, 2; tom. I, pag. 532.

* Exod., vu, XIV; lom. I, pag. 538 ad uUim. — ^ Deuterun., xvni, 15; tom. I, pag. 72:j. — 6 Exod., xw, 3; tom. I, pag. 59i. — '' Exod., xxxn, 1; tom. I, pag. 656.

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