‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 48 sur 97 · CUAP. I. — SAINT ETIENNE, PREMIER MARTYR · texte numérisé non relu

CUAP. I. — SAINT ETIENNE, PREMIER MARTYR

réjouissaient dans l'œuvre de leurs mains. Jéhovali détourna son regard de ces sacrilèges, il les laissa se prostituer à la milice du ciel, selon qu'il est écrit au Livre des prophètes : « Maison d'Israël, m'avez-vous immolé des victimes et des hosties, durant les quarante années passées au désert? Non, vous portiez alors le tabernacle de Moloch et l'astre de votre dieu Remphara, formes idolâtriques que vous aviez fabriquées pour les adorer. Voilà pourquoi je vous exilerai par delà les fleuves de Babylone •. » Cependant. au désert, le tabernacle du témoignage fut dressé par nos aïeux, selon que Jébovah le disposa lui-même, ordonnant à Moïse de le construire sur le modèle qu'il lui en avait montré -. Sous la conduite de Josué, nos pères introduisirent le tabernacle en ce pays, prenant possession de cette terre, et chassant devant eux les nations que le Seigneur avait condamnées ^ Il en fut ainsi jusqu'aux jours de David. Ce roi trouva grâce devant Jéhovah, il sollicita l'honneur d'ériger un temple au Dieu de Jacob*. La gloire en étai* réservée à Salomon, qui éleva cet édifice ^. Mais le Très-Haut n'habite pas les constructions des hommes. Le Prophète le dit : « Le ciel est mon trône, et la terre l'escabeau de mes pieds. Quelle demeure pourriez-vous m'édifier, dit Jéhovah, quel lieu me sauriezvous assigner pour que j'y repose? Est-ce que ma main n'a pas créé tout l'univers ^? » Cervelles endurcies, incirconcis de cœur et

* Amos, V, 25-26. Nous avons dans ce passage une indicilion précieuse de l'influence exercée alors par la version dos Septante sur les Juifs hellénistes. Le nom de Rempliam est représenté dans le texte hébreu d'Aïuos par celui de "|VD. Ce sont les Septante qui traduisirent le Chion hébreu par Rniphan^ nom épyptien donné à l'étoile de Vénus. Voici !e texte grec des Septautc, qui nous a été conservé par Origène dans ses Hexaplcs : Kc.t àve) àêeTe Tr)-. Gxr,vriv roO Mo)ôx, icat tô àuxpov toù OeoO û[ji.wv 'Patçàv, toù; tOttouç aÙTwv. (Origeu., Hexapl. ; Amos, V, 26 ) En comparant la citation d'Amos faite par saint Etienne, avec le verset correspondant de ce prophète, dans la Vulgate : Por. iatis tabernnculum Moloch ventro, et imaynem idolorum vesirorum. sidus Dci sestri, qu(P fedstis vobis, une exégèse ignorante avait cru trouver une inexactitude dans le discours du saint diacre. Le texte de? Septante fait justice de oes témérités sacrilèges. (Cf. Patrol. grœc, tom. XVI ter, 2963.)

« Exod., XXV, 40; tom. I, pag. 623. — » Jos., m, 14; tom. II, pag. 28.

* I R.^g., XVI, 13; Psalm. cxxxi, 5; tom. 11, pag. 367. — » HI Reg., VI, 1 ; i raii:/i;i., XVII, 12; tom. Il, png. ini. — « Isa., T.xvî, 1.

VT

d'oreilles, vous résistez toujours à l'Esprit-Saint! Tels furent V03 pères, tels vous êtes. Quel est le prophète que vos aïeux n'aient per sécuté?IIs ont mis à mort ceux qui piéclisaientl'avénementdu Juste, et vous venez de trahir le Juste lui-même, et de vous constituer ses meurtriers, vous qui aviez reçu par le ministère des anges, une loi que vous n'avez pas gardée ! — A ces mots, la rage qui dévorait le cœur des juges éclata, et des grincements de dents interrompirent Etienne. Lui cependant, rempli de l'Esprit-Saint, leva les yeux auciel, il vit la gloire de Dieu et Jésus assis à la droite du Père : Je vois, dit-il, les cieux ouverts, et le Fils de l'homme assis à la droitô u Très-Haut! — Alors, se bouchant les oreilles, ils poussèrent des vociférations d'horreur , et tous unanimement se ruèrent sur Ini *. »

38. La merveilleuse unité de l'Église, plongeant ses racines dans iB Testament Ancien pour s'épanouir à la fleur du Testament Nouveau annoncée par Moïse et prédite par tous les prophètes, éclate dans le vigoureux tableau d'histoire tracé par saint Etienne. On avait trop oubhé parmi nous cette vérité fondamentale, quand on prétendait isoler l'histoire chrétienne des quatre mille ans qui lui servent de berceau ^. « Au premier abord, dit un auteur protestant, l'apologie d'Édonne semble prise de trop haut et de trop loin. On ne comprend pas immédiatement quel motif le pousse cà retracer avec tant de détails l'histoire du peuple juif. Tout s'explique dès que l'on a reconnu qu'Etienne, dans cette circonstance, comme dans toutes ks autres, s'oublie lui-même et ne

' Act., VI, 1-56.

* On conçoit d'autant moins cette tendance qui prévalait dans nos écoleS;, depuis deux cenls ans, que toute l'antiquilé chrétienne est unanime à proclamer avec saint Etienne, saint Paul {Epht. ad Unbr.), saint Clément {Epist. aa Cor inth. et décret.; PatroL grœc, tom. I), saint Ignace, Ensèbe de Césarée {Prœpar, evangel.; Patrol. grœc), saint Augustin (Decivitate Dei), l'indissolublf alliance des deux Testaments; à tel point qu'il serait impossible de lire un« page des auteurs apostoliques ou des saints Pères, sans y rencontrer une citation ou un commentaire du Testament Ancien. Notre divin Maître est venu «non pas détruire la loi, mais la porter à la plénitude de sa perfection. » fMatth,, v, 17.) 11 faut donc, si l'on veut comprendre l'œuvre de Jésus-Christ, commencer par étudier la loi mosaïque.

■ VP^ 3, — SAIKT ETIENNE, PREMIF-U MARTYR.

pense qu'ù la véritô dont il est l'organe. Il ne s'agit pas ponr lui d'être acquitté, mais uniquement de bien défendre ses principes. Il ne se soucie pas de lui-même; la cause de Jésus -Christ le préoccupe seule. A ce point de vue, rien n'est plus admirable que son discours. On l'a accusé de blasphémer contre Moïse e' contre les institutions et les révélations de l'ancienne alliance. Il prouve que le blasphème et l'impiété ne sont pas de son côté, mais du côté de ses adversaires,, dignes héritiers du peuple rebelle, qui dans toutes les époques de son histoire a opposé un cœur dur et opiniâtre à l'infatigable amour de Dieu K » C'est Là une noble protestation contre l'ignorance vulgaire, qui pourrait ne voir qu'un hors-d'œuvre dans le magnifique discours de saint Etienne. Ajoutons, cependant, que parmi les membres du Sanhédrin de Jérusalem , nul ne fut tenté de trouver l'apologie du saint diacre « prise de trop haut ou de trop loin. » Ils comprirent tous, « et immédiatement, le motif qui le poussait à retracer avec tant de détail Ihistoire du peuple juif. » Saint Etienne, depuis le premier mot jusqu'au dernier, restait au cœur même de la que-tion, non seulement sous le rapport des principes fondamentaux de la reli gion chi^étienne, mais au point de vue spécial de l'accusation formulée contre l'héroïque prédicateur. « Cet homme , avaient dit les faux témoins, ne cesse de blasphémer contre le Temple et contre la Loi. » Ces deux griefs ne pouvaient se concilier avec la profession du judaïsme. Blasphémer contre Moïse, l'envoyé de Jéhovah ; blasphémer contre le Temple, la demeure de Jéhovah , c'étaient deux crimes de lèse-majesté nationale. Des étrangers seuls pouvaient s'en rendre coupables; un fils d'Abraham jamais. Voilà pourquoi saint Etienne expose avec tant de détail, en présence du Sanhédrin, sa profession de foi hébraïque. « Jéhovah, le Dieu de gloire qui apparut à Abraham, » est aussi le Dieu d'Etienne et des chrétiens. Cette solennelle déclaration, tant de fois répétée aux Juifs par Notre-Seigneur lui-même, trouvait, dans les préjugés de la Synagogue, une résistance telle qu'aujourd'hui même les fils de

* Fresseusé, Histoire des trois premiers siècles, lora. I, pag. 386, 38'î.

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Jacob refusent encore de l'admettre. Les patriarches, dont les Hébreux aimaient à se dire les fils, sont aussi les ancêtres d'Etienne. Toutes leurs prérogatives, tous leurs titres de gloire, toutes les promesses dont ils furent l'objet, Etienne les revendique. Moïse est pour lui, comme pour le Sanhédrin, l'envoyé de Jéhovab; c'est avec bonheur qu'il le nomme : « Le serviteur si cher à Dieu. » Seulement le saint diacre note avec précision la prophétie du Rédempteur, faite par Moïse. Les pharisiens et les sadducéens du çrand conseil trouvaient, dans les instituions mosaïques, telles qu'elles étaient aloi*s, la satisfaction de tous leurs intérêts de fortune, de politique et d'ambition. Ils eussent voulu immobiliser la nation juive dans un état où ils rencontraient, pour eux-mêmes, honneur et profit. Mais la prophétie de Moïse, relative au Rédempteur, était formelle. Etienne, en la citant, réveillait toutes les espérances nationales. Les nombreuses conversions qui venaient de s'opérer parmi les lévites et les prêtres du Temple, avaient sans nul doute été puissamment secondées par ce texte si clair et si précis de l'antique législateur. En l'entendant, de la bouche du saint diacre, Gamahel dut tressaillir sur sa chaire de docteur. La question du Temple est traitée avec une égale supériorité par rillustre martyr. Il rappelle que le Temple était relativement une institution récente. Depuis Abraham jusqu'à Mo'ise, et depuis Moïse jusqu'à Salomon, c'est-à-dire durant une période de quinze cents ans, les Hébreux n'avaient point eu de Tempie. Donc cet édifice national avait un caractère essentiellement conventionnel et transitoire. Les prophètes lavaient déclaré, et la parole d Isaïe que saint Etienne invoque à ce sujet, n'admettait pas de réplique. Le silence de ses juges est ici la meilleure preuve que son argumenlaiion, au point de vue judaïque, était irréfutable. Mais quand il fait apparaître à leurs yeux la divine figure du Messie qu'ils ont crucifié, quand, en cette même salle du conseil, où, quelques mois auparavant , Jésus n'avait rencontré que des traîtres et des bourreaux , Etienne proclame l'avènement du Juste par excellence , annoncé par Moïse , figuré par la loi et prédit par tous les prophètes, quand il imprime sur la face de ces hypocrites de légalité

CIIAP. I. — SAINT ETIENNE, PREMIER MARTTR.

les stigmates d'une flétrissure immortelle, en leur disant : « Vous avez trahi le Juste, et vous vous êtes constitués ses meurtriers, » alors des clameurs unanimes s'élèvent, et l'on se rue sur le martyr, comme on s'était précipité sur son divin Maître.

39. Dans le tumultueux emportement d'une rage inexprimable, ^Mar^y;«^d^ il ne saurait plus être question ni des atermoiements conseillés ^^Saui^^^^ naguère par la prudence de Gamaliel, ni même des mesures- de J^néram^^ précaution politique à concerter avec le gouverneur romain Pila te. saintEUenne. D'ailleurs ce fonctionnaire avait, dans une occasion solennelle, reconnu uu Sanhédrin le droit d'appliquer, en matière de rehgion, les pénalités de la loi mosaïque ». « Dans leui- fureur, dit le texte sacré, ils entraînèrent Etienne, hors des murs de la ville, pour le lapider *. Les témoins déposèrent leurs manteaux \ aux pieds d'un homme jeune encore *, dont le nom était Saul. Ils lapidèrent

1 Pilate avait dit aux princes des prêtres qui déféraient Jésus à son tribunal : Accipiteeum vos, et secundum legem vestramjudicateeum. (Joan..xvin, 31. Cf. dans ce volume, chap. xi, a° 14.)

» Le texte de la loi mosaïque ne permettait pas de procéder au supplice de la lapidation dans l'intérieur du camp. Educ blasphemum extra castra, et ponant omnes qui audierunt manus super caput ejus, et lapidet eum populus universus. (Levit. xxiv, 14.) La même prohibition fut maintenue par le législateur, pour l'intérieur des villes.

3 D'après une autre disposition de la loi, que nous avons eu précédemment l'occasion de rappeler, les témoins accusateurs devaient procéder les premiers & la lapidation. Educes virum ac muUerem, qui rem sceleratissimam perpetraruni, ad porlam civitatis tuœ , et lapidibus obruentur. Manus testium prima iuterficiet eum, et manus reliqui populi e^trema miitetur. {Deuter., xvii, 5-7.) C'est donc pour accomplir leur horrible ministère que les faux témoins, subornés par les synagogues hellénistes contre saint Etienne, se débarrassent de leurs n.antenux, et les confient à la garde de Saul. « Quand on sort de Jérusalem pour venir dans la vallée du Cédron, » dit MB' Mislin, on passe par la porte de saint Etienne. C'est en ce lieu que » les Juifs le lapidèrent. On montre le rocher sur lequel Etienne tomba, en n priant pour ses persécuteurs, et le lieu où ceux-ci mirent leurs vêtements » aux pieds de Saul. » (Saints Lieux, tom. Il, pag. 459.)

^Neavîou, Adolescentis. Nous savons très-exactement l'âge que Saul avait alors. En effet, les monuments de la tradition chrétienne nous apprennent que saint Paul consomma son martyre, âgé de soixante- huit ans, l'an 6G de notre ère. Or, le martyre de saint Etienne ayant eu lieu le 26 décembre de l'an 33, Saul était par conséquent alors dans sa trente -quatrième année. (Cf. De Principibus apostolorum, Oratio Encom. , Mer opéra S. Chrysostom., V. 23

Etienne. Celui-ci priait en disant : Seigneur Jésus, recevez mon esprit! ensuite il s'agenouilla, et s'écria d'une voix forte : Sei^ gneur, ne leur imputez point ce péché! — Et après avoir prononoé ces paroles, il s'endormit dans le Seigneur. Or Saul était là, donnant son assentiment à cette mort *. Une grande persécution sévît alors contre l'Église réunie à Jérusalem, et tous, à l'exception des apôtres, se dispersèrent dans les régions de la Judée et de la Samarie. Or les hommes craignant Dieu prirent soin d'ensevelir Etienne, et lui rendirent les honneurs du grand deuil. Cependant Saul dévastéiit le champ de l'Église, il entrait à force armée dans les maisons des fidèles, saisissait hommes et femmes et les traînait en prison '. »

Quels furent les hommes « craignant Dieu » qui prirent soin d'ensevelir Etienne, pendant que lu persécution, dont son martyre fut le signal, dispersait tous les fidèles de Jérusalem? Le sang du généreux diacre ne fut pas le seul à couler sous la main des bourreaux. Saul s'était fait l'exécuteur des sentences capitales prononcées contre les disciples par le Sanhédrin. « Je portais, dira-t-il » après sa conversion, les ordres en vertu desquels on mettait les » fidèles à mort ^. » Aussi une tradition enregistrée au iv' siècle, dans la Synopsis attribuée à saint Dorothée '*, fait monter à deux mille le nombre des victimes de « la grande persécution » de Jérusalem. Le corps du premier martyr, abandonné sous le monceau de pierres dont la rage des Juifs l'avait accablé, gisait au heu même du supplice, au bord du torrent de Cédron, sur la route fréquentée

Patml. grcpc, tom. UX, 49i, 493.) L'expression de veavfac doit donc s'entendre dans le sens que lui donne toute l'antiquité hébraïque, grecque et latine. Brutus fut fait préteur à quarante ans, et Cornélius Nepos lui donne encore l'épilbète d'adolescens. Daas son comiiieotaire sur les leltres de Cicéron, Paul Manuce fait observer que les Grecs appelaient vtavCai des hommes de trente ans et plus. Quand Joseph fut présenté au Pharaon, qui le choisit pour premier ministre, le texte hébreu le nomme : enfant, et spécifle immédiate» ment après son âge réel : Triginla autem annorum erat. On comprend donc que Saul, disciple de Gamaliel, et qui siégeait vraisemblablement parmi les jeunes assesseurs du grand conseilj soit appelé Ac/olescens.

1 Ad., VII, 57 ad ultim. — ^ Acl., vin, 1-3. — s Ad., xxvi, 10. — »GorQôl. a Lapid., In Ad., vu, 60; VHi, 1.

CIIAP. T. — SAINT triZn^Hj PREMIEU MARTYR. 1}oD

alors de Jérusalem à Jériclio. Comment dissimuler aux Juils Ids soins pieux rendus aux restes vénérés du martyr? Où trouver d'ailleurs, dans une Église décimée par la persécution et éparse loin de Jérusalem , ces hommes craignant Dieu qui ensevelirent Etienne? Cependant le texte des Actes est formel sur ce point. « Un grand deuil fut mené sur Etienne , écrit M. de Pressensé. Les hommes pieux qui l'ensevelirent avec un tendre respect, obéissaient à l'un des sentiments les plus légitimes du cœur humain. Ils ne savaient pas que ce sentiment, exagéré plus tard dans son expression , devait donner naissance à de déplorables superstitions, €t se traduire en définitive par l'adoration du corps des martyrs '. » Nous ne savons si le protestantisme « adore le corps des martyrs, » mais nous savons que FÉglise catholique ne les a jamais adorés et ne les adorera jamais. Jl faut certes ignorer profondément ce dont l'on parle, pour se permettre une insinuation de ce genre. Cependant la doctrine catholique n'est ni si obscure, ni si secrète qu'on ne puisse, dans le premier venu de ses catéchismes, apprendre que l'Église vénère les reliques des saints mais ne les adore pas. Elle reste donc fidèle « anx sentiments légitimes et au tendre respect des hommes pieux qui ensevelirent Etienne. » Leur nom, voilé dans le récit des Actes, se manifestera plus tard avec gloire, et les ossements bénis du premier martyr sortiront avec éclat du tombeau. Les miracles accomplis par Etienne pendant sa vie se renouvelleront après sa mort. Nous ne voulons pas anticiper sur les temps que le Seigneur avait fixés luimême. Qu'il nous suflSse de constater que les apôtres, réunis en secret SOT la tombe da premier martyr, commencèrent dos lors à inscriKf son nom dans les prières du sacrifice eucharistique. Ce fait mérite rattention du protestantisme. Toutes les liturgies orientcdes et occidentales ^, depuis celle qu'on attribue à saint Pierre

* Pressensé, Hisi. des hvis premiers siècles, tom. I, pag. 390.

* Dlgnare e.tiam, Domine, meminisrc sanctœ et prœclarœ semper virgvùs beatœ Murice, et benti Joannis prœcursoris et Baptistœ , et sancti prwclari Stephani primi diaconorum et protoivartyris atque omnium sandorum. {LiUirgia s/mdi Pétri prindpis apostolorum. Renaudot, Liturgiar. orient., tom. I^ pag. i50.) J/e-

«âge.

jusqu'à celles qui portent le nom de saint Basile et de saint Jean Ghrysostôme, contiennent une invocation au premier martyr, saint Etienne, et disent avec l'Église de Rome : « Daignez Seigneur, nous donner une part dans votre royaume avec vos saints apôtres et martyrs, Jean le Précurseur, Etienne, etc. *. »

§ ¥111. Dispersion des disciples*

F«»4«Mon 40. a Cependant, continue l'historien sacré, les fidèles dispersés Le diacre ' par la persécution, passaient d'une contrée à l'autre, évangélisant à Samâm^° la parolo de Dieu. Philippe ' étant descendu dans la ville de

flAist Pi6rr6

t» Simon le Samario, prêchait le Christ aux habitants. Les multitudes prêtaient une oreille attentive à ses discours ; tous venaient l'entendre et admirer les prodiges qu'il opérait. Car, à la voix de Philippe , les esprits impurs sortaient en hurlant du corps des possédés ; un grand nombre de boiteux et de paralytiques étaient guéris. La joie était donc grande dans la ville. Or il s'y trouvait un mage, nommé Simon, qui avait auparavant séduit le peuple de Samarie et se faisait passer pour un prophète. Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, tous l'écoutaient en disant : Celui-ci est la grande vertu de Dieu. — Depuis longtemps il les trompait ainsi par les prestiges

moriam agimus et beati Joannis Baptistce prcecursoris gloriosi, S. Stephani primi martyris, ac primi dùiconi. {Liturg. S. Jacobi apostoli fratris Domini. Id., ibid., pag. 36.) Pour ne pas multiplier inutilemeut des citations toutes identiques, il nous suffira de noter seulement les pages où le lecteur les pourra vérifier lui-même dans le savant ouvrage de Renaudot, tom. l, pag. 129, 173, 195, 221, 249, 266, 251, 292, 304, 316, 363, 376, 404, 415, 464, 482, 500, 518; tom. Il, pag. 18,34, 126, 514. Cet ensemble de monuments embrasse toutes les liturgies, depuis le canon éthiopien jusqu'aux missels de Bysance. Partout le nom du premier martyr saint Etienne est invoqué avec ceux de la bienheureuse Vierge Marie, et du précurseur snint Jean-Baptiste. Nous sommes donc fondé à dire qu'une tradition aussi unanime, dans toutes les Églises du monde, est nécessairement d'origine apostolique.

* Nobis quoque peccatoribus famuHs tuis partem aliquam et societatem donan digneris cum tuis sanctis apostoli» et martyribus : cum Joanne, Stéphane. {Missal. Roman., can. miss.)

• Philippe est nommé immédiatement après saint Etienne, dans la liste de» sept premiers diacres. {Ad., vi, 5.)

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