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de son art magique. Mais quand ils eurent embrassé la foi à l'Évangile du royaume de Dieu que leur prêchait Philippe, tous, hommes et femmes, furent baptisés au nom de Jésus-Christ. Simon luimême crut, et, après qu'il eut reçu le baptême, il s'attacha à Philippe. Les prodiges et les signes extraordinaires dont il était témoin le frappaient d'étonnement. Cependant les apôtres, restés à Jérusalem, ayant appris que Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean. A leur arrivée, ceux-ci firent la prière eolennelle sur les nouveaux disciples, afin qu'ils reçussent l'Esprit- Saint, lequel n'était encore descendu sur aucun d'eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Les apôtres Imposaient donc les mains sur eux, et ils recevaient le Saint-Esprit. Or Simon voyant que, par l'imposition de la main des apôtres l'Esprit-Saint était conféré, leur offrit de l'argent et leur dit : Donnez-moi aussi ce pouvoir, et que celui à qui j'imposerai les mains reçoive l'Esprit. — Que ton argent périsse avec toi, lui dit Pierre, puisque tu as estimé le don de Dieu comme une chose vénale! Il n'est pour toi ni partage ni rang dans ce ministère, car ton cœur n'est pas droit devant Dieu. Fais donc pénitence de ton ini- Ouité et prie le Seigneur afin qu'il daigne te pardonner ce criminel dessem, car je te vois plongé dans un fiel d'amertume, et enchaîné dans les liens du mal. — Simon répondit alors : Invoquez vousmêmes la miséricorde divine pour moi, afin que je puisse échapper aux malhours dont vous me parlez ! — Les apôtres continuèrent à prêcher la parole du Seigneur aux habitants; ils retournèrent ensuite à Jérusalem, en évangélisant sur leur route plusieurs bourgades samaritaines '. »
46 La hiérarchie ecclésiastique, la distinction des sacrements, La faiérarcui
...■>■, apostuliqne
la diff'érence entre le ministère épiscopal et les fonctions spirituelles des diacres, la forme sacramentelle de la confirmation, le pouvoir réservé aux évêques de conférer le sacrement de l'Ordre, ces points importants du dogme catholique se montrent en action dans le récit de saint Luc *. Philippe a évangélisé les Samaritains, il les a
" « Ad., vjii. 4-25.
» Voici comment le protestantisme moderne cherche à se débarrasser de
358 rcNTiricAT de saint pierre (33-66).
baptisés au nom du Seigneur Jésus. « Mais, dit saint Épiphane, comme simple diacre il n'avait pas le pouvoir d'imposer le» mains et de communiquer le Saint-Esprit ^ » Pour constituer dans la plénitude de la vie spirituelle les néophytes de Samarie, pour appeler sur eux l'Esprit-Saint, pour les faire participer au sacrifice eucharistique ^, pour leur assurer la perpétuité de -ces
ces importantes conséquences. « Les partisans de la hiérarchie, dit-il, triom- » phent de ce fait; mais, pour l'élever à la hauteur d'un principe et d'une » règle générale, il faudrait prouver que jamais, dans l'époque apostolique, » le Saini-Esprit n'a choisi d'autre organe que les apôtres ou leurs délégué» B immédiats. Or, il est certain que le Saint-Esprit a été souvent accordé sans » leur concours aux nouveaux convertis. N'est-il pas évident que l'eunuque » éthiopien, baptisé par PhUippe, a reçu le Saint-Esprit dans le désert? La B conversion de saint Paul fut complètement achevée à Damas, et ce fut u Ananias qui lui conféra le baptême en lui imposant les mains, après que » les écailles furent tombées de ses yeux, en signe de sou illumination inté-
• rieure, très-certainement produite par le Saint-Esprit. Le vent céleste B souffle où il veut, et la grâce de Dieu n'est pas Liée à une charge spéciale.
• Si le Saint-Esprit ne fut accordé aux Samaritains qu'après l'arrivée de » Pierre et de Jean, nous dirons avec Néander que cela tient à une cause a toute morale. (Neander, Pflanz., pag. 104.) La prédication apostolique hâta B le développement encore imparfait des néophytes de Sichem, qui n'avaient B jusqu'alors reçu le christianisme que d'une manière extérieure. Ce n'est B pas mépriser les apôtres que d'accorder plus d'influence à leur vivante pa-
• rôle qu'à un acte extérieur et matériel, et que de se refusera leur attribuer » je ne sais quel fluide magnétique qui les rabaisserait au rang de ces ma- » giciens dont ils venaient détruire le pouvoir. » (Presseusé, Histoire des trois, premiers sièc'es-, tom. 1, pag. 399, 400.) Le « magnétisme , le vent céleste qui' B souffle où il veut, la cjuse toute morale de Néander, » quelle accumulation hétérogène ! Le protestantisme trouvera encore sur son chemin bien des déconvenues de ce genre. Ainsi, le texte sacré ne dit nulle part que « l'eu- » nuque éthiopien baptisé par Philippe ait reçu le Saint-Esprit au désert. » {Ad., VIII, 2G-40.) Quant à l'imposition des mains faite par Ananias, sur la tête de Saul, elle précéda le baptême de ce dernier, et eut précisémeut pour effet de lui rendre, par un prodige nouveau, la vue qu'il avait miraculeusement perdue. [Act., IX, 17, 18.) Cette imposition des mains n'avait donc aucun rapport avec le sacrement de Conflrmation, que saint Paul ne put recevoir qu'après son baptême. Si, comme le supj ose uettemenl le texte des Actes, le sacrement de Contirmation fut plus tard administrée saint Paul par Ananias,. il ne faut pas oublier qu'Ananias fut le premier évêque de Damas, et qu'à' f^. t'f.re il avait le pouvoir de conférer le Saint-Esprit par l'imposition des/ mains. (Lequien, Oriens Christ.)
*Epiph., Advers. hceres,, xxi; Paroi grœc, tom. XLl, 285.
•Voici ua passage de saint Justin, qui fera comprendre notre assertion.
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grâces par l'ordinalion d'un évêque, Pierre et Jean viennent de Jérusalem. Eux seuls font la prière solennelle qui précède la confirmation, eux seuls imposent les mains et confèrent le Saint-Esprit. C'est à eux, non à Philippe, auquel il s'était précédemment attaché, que le néophyte déjà apostat, Simon, adresse ses offres vénales, 11 veut être institué évêque de Samarie. Il veut acheter le pouvoir de conférer l'Esprit-Saint à quiconque il lui plaira d'imposer les mains. La démarche du père des simoniaqaes prouve jusqu'à révidence que la communauté d'es biens n'avait pas été établie par saint Philippe, dans la nouvelle Église de Samarie, et que par conséquent elle n'était pas obligatoire au siècle apostolique. Que d'argent et d'âmes tombés depuis sous l'anathème prononcé par saint Pierre ! Chacun des actes, chacune des paroles du prince des apôtres deviennent comme la forme et la règle de l'avenir. Le schisme samaritain fournit la seconde communauté chrétienne de la Palestine. C'est Pierre qui lui ouvre, comme h celle de Jérusalem, les portes de l'Église. La première ambition simoniaque apparaît à Samarie, c'est Pierre qui lanatliématise pour jamais. Sous les dehors hypocrites du magicien baptisé, se dissimulent encore les prétentions du sectaire. C'est Pierre qui les dénonce. 11 suspend sur la tête du premier des hérésiarques la menace de l'excommunication , et lui donne le premier monitoire canonique : « Fais pénitence. »
« Après que celui qui préside a terminé les prières, et que l'acclamation de » tout le peuple lui a répondu, ceux que nous appelons les diacres distribuent » à chacun des assistants le pain et le viu consacrés, et les portent aux ab- » sents. Or, cet aliment est appelé par nous Eucharistie. Nul ne peut y par- » ticiper sinon celui qui professe tous les articles de notre foi, qui a été » lavé dans le bain de la régénération instituée pour la rémission des péchés, » et qui vit selon la loi du Christ. Car uous ne prenons pas cet aliment ^> comme un pain ou un breuvage vulgaires. De même que le Verbe de Dieu » incarné, Jésus-Christ notre Sauveur a revêtu la chair et le sang de la na- » ture humaine pour notre salut, ainsi le pain et le vin sur lesquels a été » prononcée la prière eucharistique formée des paroles mêmes de Jésus, et » dont notre sang et notre chair sont nourris, sont la chair et le sang ùe » Jésus incarné. Telle est la foi qui nous est enseignée. » Justin., Apol. 1», § 66; Patrol. groec, tom. VI, col. 428.) La foi de saint Justin est-elle réellement celle du protestantisme ?
42. Simon le mage, que le prince des apôtres rencontre pour la première fois à Samarie, et qu'il retrouvera plus tard à Rome, était né à Gilta ', ville ancienne du territoire samaritain, déchue au siècle évangélique de son antique splendeur et réduite au rang d'une pauvre bourgade. Jusqu'ici le défaut de renseignements suffisamment complets 2 avait égaré le jugement des historiens sur le rôle de Simon ; on considérait ordinairement cet hérésiarque comme nn imposteur vulgaire, comme un empirique de bas étage, sans portée dans l'esprit, sans relations avec le mouvement intellectuel du passé, sans influence sur l'avenir. La récente découverte du manuscrit des Philosophumena, nous a mis sur la trace du vaste système gnostique organisé par Simon le mage. Des fragments considérables textuellement extraits de l'Évangile de ce pseudomessie, par l'auteur inconnu des Philosophumena, nous permettront d'apprécier dans son ensemble la doctrine du patriarche de l'hérésie. Sous le titre de Révélation, Apophasis„ Simon le mage avait fondu en une ambitieuse synthèse, les principales erreurs du zend persan,
i Philosophumena, lib. VI. § 7 ; Patr. grœc, XVI ter, col. 3200. Cette édition esl la reproduction de l'édition princept, publiée à Oxford, par notre savant compatriote M Miller. Une autre édition fut publiée, en 1860, à l'imprimerie impériale, avec quelques corrections importantes, par M. l'abbé Cruice, au« jourd hui évéqm de Marseille. Du reste, l'auteur des Philosophumeni noua demeure encore inconnu. Très-certainement, cet ouvrage n'est pas d'Origène comme M- Miller l'avait cru.
« Cf. Consl. apost., lib. VI, cap. vii; Patrol. grœc, l, 924; Justin., Apolog. Iryph.; Patrol. grœc, VI, col. 307, 412, 467; Irénée, Adv. hœres., lib. I, cap. XXUi ; Patrol. grœc, VII, 670; Epiphau., Hœres., XXI; Patrol. grœc, XLl, 28o; Euseb., Hist. eccles., lib. I, cap. xiii; Patrol. grœc, tom. XX; Gregor. Nazianzeni, Orat. XXV, cap. viii ; Patrol. grœc, XXXV, 120S; Theodoret, Hœres. fahul., lib. 1, cap. i; Patrol. grœc, LXXXIIl, 362; Joan. Damasceu., de Hœresibus, 21 ; Patrol. grœc, XCI V, 690 ; TertuU., Prœscript., XLVl ; Patrol. lat., Il, 61 ; Augustin., de Hœres., 1 ; Patrol. lat., XLII, 25. Telle est la liste à peu près complète des docteurs et des [lères qui ont parlé de Simon le mage. Mais ils s'étaient préoccupés surtout de la flagrante immoralité du sectaire et des pratiques occultes de sa magie qui offrent plus d'ua trait de ressemblance avec le spiritisme actuel. Le système philosopbicothéurgique de l'hérésiarque restait ainsi pour nous dans l'ombre. Les Philosophumena sont venus combler cette lacune et donner la clef de certaines expressions qui paraissaient obscures dans les analyses de son système qui nous avaient été précédemment transmises.