‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 51 sur 97 · CHAI». I. — DISPERSION DES DISCIPLES · texte numérisé non relu

CHAI». I. — DISPERSION DES DISCIPLES

dait à la question posée *. Des apparitions fantastiques surgissaient parfois du milieu du brasier ardent ^. A l'approcha de l'antre magique, on voyait les brebis amenées pour l'immolation se précipiter d'elles-mêmes sous le couteau du sacriEcateur et se donner la mort 3. Le feu paraissait descendre dn ciel sur les objets que le mage avait désignés ■*. A sa voix, le bruit de la foudre se faisait entendre *. Dans un bassin rempli d'eau, il évoquait les fantômes des dieux , et le spectateur saisi d'efïrai distinguait clairement l'image enflammée d'Hercule ou celle de Diane, chassant avec sa meiite, dans les forêts sacrées •'. Souvent le mage se faisait remettre, soigneusement cachetées, les demandes qu'on voulait adresser aux dieux. Il y répondait et remettait la lettre sans que 'empreinte du sceau eût été violée ^. D'autres fois, la divinité évoquée traversait l'appartement, traçant des orbes de feu dans son vol ^. Le disque de la lune apparaissait soudain, au milieu d'un appartement clos, et dans une nuit obscm^e ^. La terre tremblait sous les pieds des assistants; et un crâne humain posé sur le sol, rendait des oi-acles, d'une voix qui semblait venir des enfers *o » . L'auteur des Philosophumena décrit longuement les procédés physiques à l'aide desquels on obtenait alors ces diverses illusions, qui ne seraient qu'un jeu pour la science moderne. Mais il distingue nettement ces opéi"ations naturelles des relations démoniaques. Encore aujourd'hui, les évûcateurs par le magnétisme, le spiritisme et les tables tournantes, ne se font pas scrupule d'emprunter aux ressources de la physique quelques-uns de leurs effets. Le double caractère de Simon le mage se retrouve ainsi dans ses successeurs. Comme lui, ils plongent dans un sommeil factice ; Us font apparaître sous le nom d'âme dos morts, ceux que le moge de Gitta nommait les dé-

* Philosophumena Magrci, liL. IV, cap. iv, § 1. — * Id., ibid., vers. fin. — Id., ibid.. § 3. — * Id., ibid., §4.-6 Id., ibid., § 5.

« Id., ibid., §8,-7 Id., ibid., §7.-8 Id., ibid., § 9. — » Id., ibid., § 10.

** Id., ibid. , § 12. Ce chapitre des Philosophumena est, on le voit, exlrêmement précieux pour la conuaissance des arts magiques dans l'antiquité. MaUieureusemeut il ne nous eu reste qu'un fragment incomplet. La partie cmù devait traiter des relations démoniaques proprement dites, manque dan'^l'unique manuscrit que nous possédions de cet ouvrage.

mons familiers. Le xix" siècle reproduîtjusque dans leurs moindres détails les ténébreuses évocations que saint Pierre frappait d'anathème à Samarie, et notre civilisation, si fière d'elle-même, se « replonge dans le fiel d'amertume et les lacs d'iniquité » du magicien Simon. A tel point qu'on croirait écrites d'hier ces lignes de Tertullien : « Les mages évoquent les fantômes, ils souillent par leurs infamies les esprits des morts ; ils font rendre des oracles par la bouche des jeunes enfants ; ils produisent des effets prodigieux en faisant tourner les objets; ils plongent dans le sommeil; et les tables devinent sous leurs mains '. »

Saint Phi- 4i. «Or, continuB le texte sacré, l'Ange du Seigneur parla à ennuqnede Philippe et lui dit : Lève-toi, et vas du côté du midi, sur la route îiDed'Etbjo- qui descend de J^usalem à Gaza, à travers le désert. — Philippe chomio'^de SB leva et s« mit en marche. Or, un Éthiopien *, chambellan de la reî le Candace ', et préposé à l'administration de ses finances, sortait de Jérusalem où il était venu pour adorer, et retournait en son pays. Assis sur un char, il lisait Isaïe le prophète. L'Esprit dit à Philippe : Avance et approche de ce char. — En approchant, Philippe entendit la lecture et dit à l'Éthiopien : Croyez-vous avoir l'intelligence de ce que vous lisez? — Celui-ci répondit : Comment le pourrai-je, si quelqu'un ne me sert d'interprète? — Et il pria Philippe de monter près de lui et de s'asseoir à ses côtés. Or le passage de l'Écriture qu'il venait de lire était celui-ci : « Tl a été traité comme la brebis qu'on mène à la mort. Semblable à l'agneau qui se tait sous le fer, quand on le dépouille de sa toison, ainsi il a gardé le silence. Dans l'humiliation d'un arrêt injuste, il a souffert le supplice. Qui racontera les merveilles de sa géné-

»Terlun., Apolog., xxiii; Patrol. laU, \, col. 411.

• E'jvoûxoî, proprie eOvtiv lyui^, lectum vel cubiculum custodiens. (Cf. Cornel. a Lapide, In Act., viii, édit. Vives; nota ad pag. 204.)

3 Saint Grégoire de Nazianze {Orat. xl; Patrol. grœc, tom. XXXVI, col. 396), et d'autres docteurs après lui (Euthym., In Psalm. cxLVii, etc.) ont cru que Cindace était le nom de l'eunuque éthiopien. Le texte grec de saint Luc supporte eu effet cette interprétation. Néanmoins on s'accorde universellement à reconnaître dans ce nom, celui de la reine d'Ethiopie. Nous en disons plu» loin les raisons.

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